‹ Régulus: tragédie en trois actesChapitre 55 sur 61 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ATTILIE, MANLIUS, LICINIUS. RÉGULUS, AMILCAR, PUBLIUS, Licteurs, Peuple, Soldats.

AITILIK.

Mon père , 6 ciel ! eat-ce bien vous ?

Souffrez que votre fille embrasse vos genoux.

Viens sur mon cœur. Consul^ amis, enfans, patrie, Qu'il m'est doux de revoir cette terre chérie ; Ces murs , ce Capitole habité par nos dieux , Et ces champs paternels qu'illustraient nos aïeux ; Venez tous , dans mes bras venez que je vous presse.

O ma fille ! 6 mon fils ! objets de ma tendresse , J'oublie en vous yoyant ma longue adversité.

Voilà donc ces remparts , cette noble cité Où rhomme libre et fier n*a , sous un ciel propice , Pour maitre que les Dieux ^ pour frein que la justice. Salut, digne berceau des plus rares vertus,

* Où triomphait Horace , où conspirait Brutus ! C*est là que nous jurions , pleins d^espoir et de zèle. Ou de vaincre pour Rome ou de périr pour elle ;

* Au retour du combat c'est là que nos exploits

* Offraient aux immortels la dépouille des rois !

* Hélas , pour mon pays renaitrez-vous encore ,

* Jours dont le noir déclin n'a pu ternir l'aurore ^

* Jours de gloire !.... Que dis-je? en d'autres régions

* La foudre a sous mes yeux frappé nos légions !

* lia sont morts ces guerriers > fils de la République!

* Leurs débris ont couvert les plaines de l'Afrique !

* Orgueil de la patrie, ils sont morts en héros...

* On leur doit des autels, ils n'ont pas- de tombeaux.

* Sous un ciel ennemi leurs cendres exilées

* Par vos vœux chaque jour sont en vain rappelées ^

* ils sont morts je respire > et suis vaincu!

AHILCAR.

Romains, Ce jour de deux États peut changer les destins. A mes vœux les plus chers que le Sénat réponde^ Et bientôt la Discorde , en désastres féconde , Cessera d*envahir et nos champs et nos mers.

Rome d'un vrai Romain verra tomber les fers.

Que la paix s*accomplisse , et Régulus est libre.

MANLIUS

, Daignez donc l'approuver, dieux protecteurs du Tibre.

* Rendez un chef à Rome.

PUBLIUS

Un guide à nos soldats ,

Liamus.

Aa peuple un défenseur.

Pourquoi ces yains éclats?

Le «ort d*un peuple entier dépend-il d*un seul homme ?

( Il Dût un pai rers le C«pitoI«. )

Ne veiUez, dieux puissans» qu*à la gloire de Rome ^ Faites que tout conspire au salut de l'État.

Inspirez les consuls, le peuple et le Sénat.

Hetrouyant des grands cœurs la sainte idolâtrie , N'ayons qu*une pensée , un seul cri : la patrie ! Soit qu'elle nous commande ou la guerre ou la paix , Sachons tout immoler à ses seuls intérêts.

Enfans de ces héros , demi-dieux sur la terre , Gardons-nous de flétrir leur gloire héréditaire ; Du nom qu ils nous ont fait soutenons la splendeur. Malheureux, soyons grands, même par le malheur.

* Ainsi que les succès les rcyers ont leur gloire ;

* Les revers, sont parfois beaux comme la victoire !

LIGINIUS.

Tu Vas prouvé.... Mais quoi, dans ces remparts chéris. D'un peuple adorateur n*entend8-tu pas les cris ? Réponds à ses transports, viens....

BÉGULUS.

Une loi sacrée De Rome k tout captif doit défendre l'entrée.

Il faut nous séparer j A paraître au Sénat je dois me préparer.

* Quels que soient nos destins, mon fils, qu'il te souvienne,

Héritier de mon nom, que ma gloire ett la tienne j Que la patrie est tout pour un vrai citoyen.

Et que tu dois à Rome un cœur digne du mien.

vm nss YAviAiiTBs nu pasMisa acts.

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