‹ Reims: ses rues et ses monumentsChapitre 17 sur 34 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Quartier do faubourg Orès. — Porte Crrès. — Esplanade Cérès. — Rues du Faubourg- Gérés, — Coquebert , — de B^tbeny, — deSaToie, — Maquart, — Saint-Audré,

. — Clicqaot-Blervache, — Jaéqaart, -^ de la Barre, — de Geroay, — des Moiasons, — des Gobelins.

<5\) B faubourg Cérès, humble serlA viteur de la cité , luifutsacrifié maintes fois. Dépourvu de vieux édifices , il est riche de ruines ensevelies sous terre à toutes les époques.

\J^% Nous commencerons son histoire par celle de la porte qui le sépare de la me flérès.

Elle ouvre aujourd'hui la route d'Allemagne. Du temps des Romains, elle était la tète du chemin qui menait à Trêves. Aussi, le premier nom sous lequel

elle est connue est-ii : porte de Trêves, porta 3Vevirensium» La voie romaine qui venait y aboutir existe encore, et se trouve à la droite de la route actuelle en sortant de Reims : on ne la distingue qvHk Tissue du faubourg. Au nom de porte de Trêves succéda celui de porta Regalis. Sans doute elle servit aux entrées triomphales des rois des deux premières races , et Ton consacra par une épithète le souvenir des royales visites.

Notre porte était alors un arc-de*triompbe élevé par les Romains. Son architecture était plus simple et moins riche de détails que celle de la porte Mars. Les Barbares , au v" siècle , Favaient détruit en partie en saccageant Reims. Le temps acheva leur ouvrage. La raine de cet antique monument ne fut complétée qu'à la fin du siècle dernier. Capron, architecte de la ville vers 1773, étudia ses dernières reliques, rapprocha des fragments encore debout, les débris épars qu'il put réunir. Il constata que le monument avait dû être décoré de huit pilas* ires d^ordre composite, divisés deux par deux, surmontés de chapiteaux corinthiens ; une architrave , une frise et une corniche le couronnaient. Il devait être plus considérable dans tous les sens que Tare de la porte de Mars.

Soûs les deux premières races, on y ajouta des fortifications lourdes et massives. Elles continrent une prison. Tilpin y renferma, dit-on, par ordre de Charlemagne, Oger le Danois, le brave paladin.

rillostre compagnon de Roland et d'OKvier. Ce soayenir des temps de ehevalerie a laissé dans Reims des traces qui lui donnent de la vraisemblance.

Aprôs Oger le Danois, la priton de la porte Gères reçut d'autres hôtes non moins brades et non moins malheureux. L'archevêque Vulfar j fit conduire les otages saxons, dont Charlemagne lui confia la garde ; et , certes, ce n'est pas la mmndre des gloires de la porte Gérés , que celle d'avoir vu dans ^n sein ces héros du patriotisme allemand qu'un puissant empereur écrasa, mais ne fit pas plier.

Après eux d'autres vinrent encore habiter les cachots de l'ancienne porte de Trêves. Aussi son nom avait-il fini par changer : c'était la porte de la Prisetî , porta CareerU, ¥Xie est ainsi désignée dans un titre de 1150.

Le livre de la Taille de 15% nous parle du qaarrel de porte Ghacre , commençant au pignon de la ruelle en allant vers la porte de Ghacre ; de Garcer on avait fait Gharcer^ et de Gharcer, Ghacre. |

Au xvii® siècle, on se ràpprodie de f'ancien nom, I

et sur le plan de i665 on voit la rue de la Porte- j

Gère ; ce dernier mot nous prouve que l'ancienne dénomination n'avait pas péri entièrement au milieu des mutilations qu'on lui avait fait subir. De Gère on refit Gérés ; on eût mieux fait de revenir à l'ancien nom de porte de Trêves.

Bidet pense que le nom déporte Gérés était usité

sotts la seconde race. Il se trouve aussi, ditK>n, dans la vie de Saint Albert , écrite en 1246 par Gilles de Liège. Reconnaissons qu'on le lit dans un titre de 1262, publié par M. Varin. Le nom de porta CererU ne peut être moderne ; il doit remonter à répoque gallo-romaine.

Quoiqu'il en soit, T arc-de-triomphe, et aprè^ lui la porte de la Prison, occupait à peu près la place où se trouve aujourd'hui la grille de la porte Gérés. Une herse était suspendue à sa voûte ; audessus s'élevait un bâtiment à deux étages ; dans la partie inférieure , entre les piliers , étaient des pièces dont on fit des celliers quand l'édifice ne fut plus une prison.

Ce ne fut qu'à la fin du siècle dernier que les dé-* molitions et les nivellements projetés depuis Joa^ temps s'achevèrent. En 1801, on planta les boulevards et Tesplanade qui précèdent la nouvelle porte. M. Henri Coquebert, lieutenant des habitants, avait eu le premier l'idée de ces grands travaux, et, en son honneur, l'esplanade reçut le nom de Coquebert. Aujourd'hui on lui a substitué celui de Cérès, nous ne savons trop pourquoi. A chacun doit rester r honneur de ses œuvres.

Près de la porte Cérès fut , jusqu'au règne de Louis XI, une antiqne chapelle connue sou3 le nom de Saint-Marc, ou de Sainte-Marie-aux-Cachots ; ce nom confirme la tradition qui place des prison^ dans le monument dont nous^ parlons. La chapelle

parait «Toir été entamée lors da siège de 1558 ; elle fut détruite par Raulin-Cocbinard, et lors de son procès, on Taccusa d'en avoir profané les débris. Près du saint lieu s'élevait un hôpital destiné aux pèlerins. Cette circonstance, dont nous avons déjà parlé, peut aussi faire présumer que cette chapelle se trouvait du côté de la rue de T Hôpital, entre cette rue et Fancienne porte Cérès.

Près de ces barricades s'élevait une croix marquée sur le plan de 1665. Elle indiquait la place où fut une chapelle élevée en l'honneur de Saint Crépîn et de Saint Crépinien. Saint Remî, Saint Sonnace, l'archevêque Landon la désignent dans leur testament; ils la placent ad portam Trevericam, Son cimetière était à l'angle des barrières de l'ancienne porte, du côté du faubourg.

Nous avons dit que le faubourg Cérès avait été détruit^n 1558 ; nous trouvons dans le livre manuscrit de 15% quelques détails sur son ensemble, avant sa ruine ; il était connu sous le nom de Bourc de Porte-Chacre ; c'était aussi celui du quarrel qui commençait aux fossés, et allait jusqu'à la rue de la Barre ; là se trouvait une porte dite porte de la Barre.

En 1528 le faubourg avait son enceinte ; une autre porte se trouvait du côté de Béthenj. Quand cette partie de la ville fut relevée, on n'oublia pas de reconstruire le mur d'enceinte ; ce quartier, de nouveau rasé en 1476 et sous la Ligue, fut encore reconstruit sur ses anciennes fondations.

Le monument le plus important de la rue du Faubourg-€érè8 est , sans contredit , Téglise de Saint-André. On ne sait à quelle époque elle fut bâtie pour la première fois. Nos archevêques n'en parlent pas dans leur testament. On sait seulement qu'elle fut démoHe en I55S, quand Tintrèpide Gaucher de Ghàtillon se préparait à repousser les Anglais. Elle portait alors le nom de Saint-Andrien. Elle dut tomber avec les maisons de ses paroissiens, qui se réfugièrent en ville avec leur pasteur. Nous ne savons si Tèglise avait été reconstruite quand Raulin Gochinard fit de nouveau raser le faubourg. Depuis les maisons se relevèrent encore, et vers 152ëi ou 1529, les habitants, las d'aller à la paroisse Saint- Symphorien , qu'en leur avait assignée , résolurent de reconstruire celle de Saint-André. Elle fut érigée en paroisse en 1569 (1), par Charles de Lorraine. Les chanoines de Saint^ymphorien, comme curés primitifs, nommaient à cette cure et se réservaient le droit de dire la messe le jour de la fête patronale.

En 1791, cette modeste église fut épargnée comme paroisse. Quand la religion catholique fut supprimée, elle fut vendue, mais achetée par Tanden conseil de fabrique , qui la sauva en l'ouvrant aux assemblées de section. On lut encore long-temps après, sur la travée de la porte, ces mots histo-

(t) M. VariD place en 1686 seulement rërecUon de cette paroisse.

riques : « AMemblée sectioaoaire. d Elle finit par être rendue au culte. Les réparations qu^on y opéra en 1819 firent disparaître une partie des objets antiques qu'elle contenait.

Cette église est d'ailleurs peu remarquable. La nef méridionale parait plus moderne que celle du nord. A Fendroit où finit la nef et où commence le cbœur , s'élève , au*^essous de la voûte , un arc de bois qui supporte un crucifix. Dans la nef droite étaient des verrières représentant Saint Nicolas rendant la vie à trois petits garçons , Saint André portant sa croix. Devant lui un moine était à genoux. Au-desisous était cette légende : c( Deu» meus ]^apitiu8 e$to. JUuttum pe^avi. 1560. p Dans la nef gaucbe on voit encore une verrière représentant le martyre de Saint Sébastien. Au-dessous se lisait une inscription à moitié détraite aujourd'hui, qui Élisait connaître que ces vitraux étaient faits aux frais des arciers (i) de Saint-André» les-Bourgs en 1560. Une riche verrière, feite à la même époque, représentait la Vierge , Saint Ëloi , Saint André et d'autres pensonnages. Une autre verrière était partagée en quatre tableaux. L*uii d'eux représentait le baptême du Christ, avec cette légende : Hk est filius meus dUeetus; in ipso cornplacui. Au-dessous de la verrière on lisait : « L'an mil cinq cent trente Henri Livernier, Pierre Faillet,

(<} Archers.

Thomas Colbert, Guillaume Bérault et Jehan Marquel, demeurant au-dehors dé la porte Chèque de Reims, m'ont &it fiiire.» Cette verrière remontait à la fondation de Téglise. Tous ces vitraux ^ qui n^étaient plus que des débris , ont été encore endommagés ou détruits en partie vers 1819, quand on répara Fédifice. Encore quelques jours peutr-ètre,et la vieille église n'existera plus. Le temps Fa sapée de toutes parts. La sécurité publique demande sa chute définitive. Mais elle renaîtra de ses ruines, et se relèvera sur un autre point du faubourg, près de Fabreuvoir qui longe la rue de Béihenj. Nous espé^ rons que la ville fera les sacrifices nécessaires pour créer un monument digne d'elle.

C'est de ce côté que s'élève la maison de Beth-^ léem, fondée dès 1837, dans Reims, par le chanta» ble abbé Charlier. Ce digne ecclésiastique consacre son savoir, son avenir, sa vie tout entière à sauver du naufrage les pauvres enfants abandonnés de leurs parents ; les jeunes garçons qui sont sur le point de Esdllir à Fhonneur, qui restent sourds aux remontrances paternelles, insensibles aux pleurs de leurs mères ; les malheureux qu'a déjà flétris la justice des hommes.

Au bout d'une impasse qui^ vient aboutir près de Fesplanade Cérès, est un corps de bâtiment connu sous le nom du Petit-Temple. C'était jadis une ferme dépendant de la commanderie de Reims ; des constructions considérables la composaient; leurs greniers servaient de magasins à blés.

les derniers mois disparurent , et il ne fut plus ques^ tion que de T église Sain t-Symphorien.

Ce qui tend à établir que cette basilique avait été cathédrale, c'est que sa tour servait encore de beffroi dans le siècle dernier. Lorsque les évèques réunissaient à la puissance spirituelle le pouvoir temporel, la cloche de police, cdle qui appelait non-seulement les fidèles, mais encore les citoyens, devait être à leur disposition immédiate. Pour qu^on ait laissé à Saint^jmphorien le privilège d'avoir celle du beffroi à une époque où la ville était riche d'édifices plus importants et plus élevés, il a fallu que le rooyenr^e et les institutions qui lui succédèrent aient trouvé la position faite et consacrée par les rièdes. .

La tour du beffroi et la façade de Téglise étaient au nombre des monuments les plus antiques de Reims. Elles remontaient plus loin que le xi® siècle. Vers 1096, on commença à réparer ces parties de l'édifice. Ce ne fut que le 20 décembre 1 140 que Milon, èvèque de Térouanne,en fit la dédicace. Dans le mar^ tyvologe de l'Ë^iseon lisait cette mention : ^edicata est ùôehsia iUa secundà à domino Milone morinmti episoùpo , repoêitis in altare dieaio reli^^nis 8a$u>^ torum duodecimApo8tolorum,yf On place quelquefois eetteconsécratijon en 1104. Mais comme on l'attribue toujours à MHon, on se trompe sur- là date. En 1104 il n'était pas évèqlic. Il parait que les constructions furent incomplètes . ou mal exécutées, il fiiUut les

recommencer en partie , et yers 4209 Tarchevèque Albéric de Humbert autorisa des quêtes dont le montant devait être employé à relever et à achever l'église.

En regardant Téglise, on avait à sa gauche Tancien cloître des chanoines et à sa droite le cimetière. Il avait deux entrées fermées de grilles : Tune ouvrait sur la rue des Trois-Raisinets ; l'autre donnait près du portail de l'église.

Le clergé de Saint-Symphorien varia avec les siècles et les destinées de l'église. Quand Saint-Nicaise abandonna le siège de ses prédécesseurs pour élever Notre-Dame , il établit à Saint-Symphorien des diacres dont la mission fut de prier Dieu et de distribuer des aumônes.

On ne sait à quelle époque F église dont nous parlons fut érigée en collégiale ; on présume qu'elle était déjà desservie par des chanoines dès le xie siècle.

Parmi les hommes qui ont illustré le Chapitre de Saint-Symphorien, nous citerons Regnault, auteur d'une Histoire des Sacres ; Nicolas Legros, ce savant théologien partisan des doctrines de Port-Royal ; le5 littérateurs Trippier et Dessaulx ; Chesneau , le premier traducteur de Flodoard; et enfin, l'illustre cardinal Guillaume Fillastre , une des gloires de l'église romaine, le bienfaiteur de Notre-Dame, le fondateur de la bibliothèque capitulaire.

Parallèlement à la rue Saint-Symphorien vient aboutir à la rue Sainte-Marguerite celle des Trois-

Uaisinets. Elle devait son nom à une des sculptures que nous aimons à retrouver sur un sol fameux par ses vins. Un cep , chargé de trois grappes de raisin que becquetait un oiseau gourmet, était sculpté audessus de cette rue. Du côté où elle tend vers la place de Saint-Pierre-les-Dames, elle porta longtemps le nom de rue Saint-Pierre et Saint-Paul. Une maison ornée des statues des deux apôtres et située derrière Saint-Symphorien, lui avait donné son nom. Aussi fut-elle débaptisée en 1793. On en fit la rue des Stoïciens.

La troisième rue qui tombe dans la rue Sainte- Marguerite est celle de SainUYon.

Elle devint en 1795 celle du Désintéressement. Nous ne pouvons dire d'où lui vient l'ancien nom qu'elle a repris. Saint Yon est un saint peu connu. 11 était compagnon de Saint-Denis, Tapôtre des Parbiens. Peut-être y eut-il, dans le couvent des Cordeliers qui avait son entrée sur la rue dont s'agit, une chapelle ou une statue à lui dédiée. Il y avait en France une famille de Saint-Yon. Peut-être un de ses membres demeurait-il dans ce quartier.

La rue dont nous parlons nous conduit aux deux petites rues Màcon et Marqueuse. Nous n'avons rien à dire de la première ; la seconde doit son nom à une cour désignée dans le manuscrit de 15S8. Le quarrel de cour Marqueuse comprenait les maisons placées devant la porte Neuve, c'est-4-dire la Poterne, alors ouverte derrière l'abbaye de Saint- Pi erre-les-Dames.

Revenons par la rue Sainte-Marguente| à celle de Saint-Symphorien. Elle est coupée par un carrefour où vient aboutir la rue d'Artois. Elle porta jusqu'au sacre de Louis XYI un nom obcène que nous ne reproduirons pas.

Dans le. carrefour dont nous avons parlé, mais à gauche, est la rue des Gordeliers. Le couvent auquel elle conduisait lui donnait son nom.

Vers iââO, Farchevèque Guillaume de Joinville fit venir à Reims les Gordeliers; ils s'établirent d'abord au pied du château de porte Mars ; là s'élevèrent leurs cellules et leur modeste oratoire. Saint François d'Assises eut la satisfaction de voir ses disciples établis aux bords de laVesle avant sa mort. Il les avait recommandés à l'archevêque Albéric de Humbert, prédécesseur de M. de Joinville. Leur première maison fut détruite dans les troubles de 1254-1355. Ils avaient su se rendre agréables au peuple par leur charité et leur obligeance à rendre des services. Ils obtinrent, vers 1245, la permission de s'établir près de Saint-Symphorien ; l'archevêque Ivelle, la bienfaisance des Rémois, les aidèrent à construire une église et un couvent. En 1450, un incendie brûla leur bibliothèque, riche en manuscrits précieux, et détruisit leur second établissement. Dès 1451, le désastre était réparé.

La grande salle du couvent avait ses jours sur le préau du cloître. Elle servait de lieu de réunion aux assemblées du peuple pour faire les élections

et délibérer sur les affaires de la cité, à F époque où le conseil de ville consultait les habitants. Plusieurs délibérations furent considérées comme clandestines, et comme telles, annulées pour avoir eu lieu ailleurs qu'aux Cordeliers. Dans cette grande salle, la Ligue tint ses saturnales.

L'ordre de Saint-François y convoqua des assemblées provinciales, par exemple en 1611 ; pendant huit jours il y eut sermon. On fit une procession dans Reims ; les rues étaient tapissées ; le conseil de ville prit part à la cérémonie, et alloua à cet effet du vin et de Targent.

En 1793 s'installa dans le couvent une assemblée populaire. Le district de Reims y établit ses bureaux pour procéder à la vente des biens nationaux.

Enfin, tous les bâtiments furent vendus et devinrent des propriétés particulières.. Nous les retroi»vons rue des Trois-Raisinets et rue Mâcon. L'église, après avoir servi de grange, fut démolie en 1813.

La rue de l'Isle n'a de remarquable que les ruines de l'église des Cordeliers. Une maison particulière les absorbe , et ses planchers coupent en deux les voûtes et les arcades ogivales. Quelques-unes de ces arcades sont à plem-cintre, et font supposer qu'une portion de l'édifice avait été rebâtie dans les siècles derniers.^

Près de là nous trouvons encore la rue Rainssant. Son nom rappelle le savant médecin que Louis XIV mit à la tète de son cabinet de médailles.

et fit entrer Tan des premiers à T Académie des Inscriptions. Il était enfant de Reims.

Dans la rue Saint-Symphorien , du côté de l'ancienne abbaye Saint-Pierre, vient aboutir la rue des Filles-Dieu. Une communauté lui donna son nom (i). Nos anciens plans n'indiquent pas remplacement qu'elle occupait : les traditions sont muettes sur ce point , et cependant son existence ne peut être ré^ Yoquée en doute.

Les Filles-Dieu paraissent avoir été fondées en France en 1226. Leur institution avait pour but d'arracher au vice les femmes de mauvaise vie. Nous ne savons si elles reçurent à Reims la même mission. Elles sont citées dans nos titres du xiii* siècle.

Au xii^ siècle, vers 1170, furent fondées en Flandre et en France des congrégations destinées à protéger les pauvres filles, les femmes et les veuves contre les séductions du monde et la brutalité des passions. Elles sont encore connues en Belgique sous le nom de Béguinages. Ce nom venait de celui de leur fondatrice, Sainte Bègue. La règle suivie dans ces pieuses retraites tenait de la vie religieuse et de la vie séculière. Les Béguines n'étaient pas toujours cloîtrées. Dans certains pays elles pouvaient vaquer en ville à des travaux de leur sexe , et ne rentrer qu'aux heures fixées. Quelquefois le couvent était remplacé par une agglomération de petites maisons

l) La révolution en fit la rue Gornëlie.

isolées, indépendantes, entourées de jardins, groupées autour de Féglise , de Fhôpital commun , des salles où elles prenaient ensemble leur repas. Tel est encore le Béguinage de Gand. Ceux de Reims ne lui ressemblaient pas tous : celui de Claîrmarais parait avoir été un couvent ; les autres se composaient de petites maisons dispersées dans les différents quartiers de la ville. Nous en avons déjà rencontré plusieurs. L'institution des Filles-Dieu n'est peutêtre que celle des Béguines. Peut-être se confond-elle avec les Sœurs pavoir Dieu, ou pauvres de Dieu, que nous avons déjà trouvées sur nos pas. Ce qu'il y a de certain , c'est que le livre de la Taille, tout en nommant le quarrel des Filles-Dieu , n'y désigne que des maisons de Béguines.

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