SCÉNE III
LES PRÉCÉDENTS. — LOUISE (Elle entre par le fond)
LOUISE (D'une voix très émue)
Mon entrée, au salon, peut vous sembler bien indiscrète, mais je vous savais tous réunis dans cet appartement, et la démarche que je fais doit être excusée par les circonstances...
= 10 — Me CHAPUY (Avec bonté) Rassurez-vous, parlez sans peur, Mademoiselle ! LOUISE (D'une voix plus ferme) Je comprends mieux que jamais les raisons qui vous poussent à m'éloigner du château : il n’a pas dépendu de moi que mon départ n’ait précédé l'éclat d'hier, et je regrette vivement la facon dont mon oncle a pris les choses, mais ma détermination n’en est pas moins irrévocable. Je refuse la dot, Madame Budois! Je renonce à votre fils, Madame de la Chénaiel Il y a quelque chose de plus fort que mon amour : c’est ma dignité personnelle. Je ne mendie, à qui que ce soit, ni mon argent, ni mon bonheur ! Dieu a mis des consolations profondes dans l’accomplissement du devoir : ce sont les seules que je réclame !...
Me CHAPUY (Bas, en lui serrant la main) Cest bien, Mademoiselle Louise ! LOUISE Je me charge de faire comprendre à mon oncle la nécessité de
mon départ...
(Elle sort par le fond).