LETTRE DU CONSUL DES ETATS-UNIS
La lettre ci-jointe de M. James W. Taylor, Consul Américain à Manitoba est eztraite d'un journal des Etats-Unis de l'Ouest. Onl'offre comme témoignage d’un Américain occupant une position officielle, pour l'information de ses compatriotes, sur les avantages qu'offre Manitoba et ses produits.
f Consulat des E.-U.
À Winnpe6, A. B. N, 11 Sept. 1672.
Moxsieur,—[En réponse à votre lettre dans laquelle vous me demandiez des échantillons des produits agricoles de Manitoba pour l'Exposition de l'Etat du Minnesota, je vous envoie des spécimens du blé de 1871, du blé d'hiver de 1872, du blé d'Inde, de l’avoine et de quelques légumes.
La saison des récoltes est ici au moins de deux semaines en retard de celle du Minnesota. Votre Exposition a lieu aussi plus à bonne heure que d'ordinaire et les moissons de Manitoba ne sont pas encore battues. Nous pouvons d'ici à un mois envoyer une liste complète des grains et légumes de cette année.
J'ajouterai quelques mots d'explication au sujet des échantillons ci-joints.
Lo blé semé par John Flett (un demi-minot) a été importé d'Angleterre, il ya quarante ans ; c'était à cette époque une des espèces du blé d'automne on d'hiver, mais en s’acclimatant, il est devenu du blé de printemps, connu sous le nom de blé anglais.
&Il indique certains signes de dégénérescence à Ja suite d'une culture constante sur les mêmes terres durant près d'un demi siècle, mais néanmoins une certaine quantité que j'ai expédiée au Département de l'Agriculture à Washington fut si bien appréciée que le Commissaire se propose d’en répandre beaucoup dans
les Etats-Unis sous le nom de “ Blé du printemps de Manitoba’ La Ferme de M, Flett est située sur la rive est de la Rivière Rouge à trois milles au nord de Fort Garry.
& J'envoie un tiers de minot du blé de printemps provenant de la terre de John Matheson, À Keldocaan, (paroisse écossaise) à quatre milles au nord de Winnipeg. Ce blé est principalement de l’espèce anglaise. Une troisième variété de blé du printemps peut être appelée ‘ Blé du Printemps de Minnesota.” La graine en fût envoyée par M. N. W. Kitson à l’hon. James McKay durant l'hiver de 1868, et la semence d'un minot et quart produisit 44 minots par acre, en 1869, et depuis la moyenne du rendement par acre est de 30 minots.
Vous remarquerez quelques épi: de blé barbelés : ils proviennent de la Ferme de John Matheson, de Kildoonan, et d’un champ de blé du printemps, de 1871, dont le rendement a été considérable,
Je vous envoie aussi un épis du blé anglais du printemps.
J'attire surtout votre attention sur les échantillons de blé d'hiver de 4 Fultz” cultivé à St. Boniface par M. Jean Mayer ct provenant de la graine fournie par M. Fred Watts, Commissaire d'Agriculture des E.-U. Il fut semé le 2 octobre 1871 et coupé le 10 août 1872. Lorsque la neige disparut ce printemps, les plantes étaient à peine visibles, mais elles grandirent à merveille et le rendement fut de 72 minots par acre, ce qui est extraordinaire. La culture du blé “Fultz” par l'hon. James McKay, de la paroisse St, Jacques, et M. John Matheson a donné des résultats vraiment remarquables,
Encouragé par ces faits, le Département d'Agriculture des Etats-Unis se propose de distribuer, bientôt dans cette province, une quantité de blé d'hiver de
‘Tappahanock” et “Forzelle’” et de seigle d'hiver.
Je suis heureux de voir que le Commissaire Watts assistera à l'Exposition de de l'Etat du Minnesota et prendra la parole. Je vous demanderai de vouloir bien lui adresser les remerciments des cultivateurs de Manitoba pour la distribution de nouvelles et précieuses graines dans cette province.
“ La nouvelle espèce de blé-d'inde qui est envoyée est celle connue sous le nom de Squaw et est cultivée à la Mission du nord du Minnesota. Ce blé-d’inde n'atteint qu'à la hauteur de trois pied, mais son rendement est considérable.
“ Cet échantillon a été semé par M. Hugh Polson de Kildoonan, le 15 de mai et recuelli le 4 septeribre,
“La gerbe de blé d'hiver de “Fultz”’ servira à indiquer Ja croissance et l'apparence de cette plante.
“Je n'ai aucun doute que les produits des districts situés au loin dans le nord de la limite de votre chemin pourraient soutenir avantageusement la comparaison avec ceux des mêmes districts du nord de l'Europe.
“Je suis, Monsieur, “ Votre, &c., &c.
XJAMES W. TAYLOR.
LETTRE DE L'ARCHI-DIACRE McLEAN,
Cette lettre de M. Taylor a été soumise, par le Département d'Agriculture au Vén. Archi-Diacre McLean, à l’occation d'une visite qu'il faisait à Ottawa, le priant en même temps, lui, un ancien résident de l'endroit, de donner son opinion sur l'exactitude des renseignements qu elle contient. Ila répondu par la lettre suivante :—
‘Ottawa, ce 10 février, 1873.
Joux Lowe, Ecr.
Secrétaire du Département d'Agriculture,
4 Monsieur, —Je désire vous informer que les renseignements contenus dans la lettre de J, W, Taylor, Ecr., Consul des E..U. à Winnipeg, au sujet du blé de
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Manitoba, et de la moyenne de minots que donne l'acre, s'accordent parfaitement avec ce que j'ai constaté d'après mes propres observations, pendant un sérour de presque sept ans dans Manitoba. Il n'y a pas de doute, qu'avec un soin ordinaire dans la culture, le blé ne donne à Manitoba, quarante minots l'acre. Je ne parle ici que de la récolte du blé du printemps. Il n'est pas venu à ma connaissance qu'on ait fait l'essai du blé d'Automne ; mais, je ne vois rien qui puisse empécher que la récolte n’en soit aussi abondante que celle du blé du printemps.
‘“ Quant à ce qui concerne les légumes ordinaires, je ne pense pas qu'il soit possible de surpasser, ailleurs, les produits de Manitoba.
&“ Vers la première semaine d'octobre j'assistais à une exposition agricole provinciale à Fort Garry. Nulle part je n'ai vu une aussi belle variété de produits agricoles. La grosseur des patates, des navets, des choux, des betteraves et des oignons, et leur qualité indiquaient un sol d'une richesse peu commune.
4 Qu'il me soit permis de rappeler à votre mémoire qu'après tout, Manitoba n’est qu'une petite portion de la Grande Zone Fertile de la Puissance,
“ La Vallée supérieure de l'Assiniboine avec celles des rivières qui l'alimentent, larivière aux Rapides ou la Petite-Saskatchewan, la rivière 4 Shed,” la rivière du Cygne et plusieurs autres rivières—et la Vallée de ja Saskatchewan—s’étendant à l’ouest vers les Montagnes Rocheuses, renferment des millions et des millions d’acres d'un terrain aussi riche que celui de Manitoba, possèdent un climat très avantageux et en un mot tout ce qui peut assurer la santé et la prospérité matérielle d'une nombreuse population.
« Je ne puis parler du climat et du sol de ces portions de la zone fertile que je n'ai pas explorées, avec autant de connaissance de cause que je l'ai fait de Manitoba, où j'ai résidé de longues années.
“Je me suis beaucoup appliqué à converser avec les missionnaires, et les officiers de la Baie d'Hudson qui ont passé une partie de leur vie dans ces parages. J'ai suivi cette pratique pendant plusieurs années, recueillant de ces sortes de conversations, des notes que je prenais par écrit. De temps à autre je comparais les renseignements donnés par les uns avec ceux des autres, eë aujourd'hui je suis fermement convaineu que la Vallée de la Saskatchewan est destinée à être un vaste champ pour l'immigration.
“ Le terrain dans la Vallée de la Saskatchewan est, dans son ensemble, beaucoup semblable a celui de la Rivière Rouge, quoi qu'un peu moins égal.
“ L'hiver, le thermomètre, descend plus bas, mais comme les grands vents sont fort rares, le froid se fait moins sentir.
“ Les gelées fortes brisent le sol et rendent Le labour plus facile au printemps.
“ Le blé qu'on y récolte est de la plus riche qualité, il se coupe dans la der. nière quinzaine d'août,
“ Les terrains avoisinant les bas-fonds sont exposés à la gelée blanche : mais en général les plateaux élevés y sont peu exposés.
‘ On a vu quelquefois les santerelles faire leur apparition à la Rivière Ronge ; jusqu'ici cependant, elles n'ont jamais causé de dégats serieux dans la Vallée de la Saskatchewan. En 1866 elles sont abattues sur Carleton, mais elles ne se sont pas répandues plus de quinze milles à l'est. La Vallée de la Rivière Rouge a été visitée par les sauterelles ainsi que les prairies des Etats-Unis. Il y a tout lieu de croire que le danger, sous ce rapport, cessera, ou au moins sera bien peu à craindre lorsqu'une grande partie du pays sera livrée à la culture.
& Je demeure, Monsieur.
& Votre, etc.
& Joux MocLegaw, D.D. D.CL,.,
& Archi-Diacre de Manitoba.”