‹ Relation d'une épidémie de rougeole observée à la clinique des maladies des enfantsChapitre 11 sur 26 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Marie As... âgée de huit ans, enfant assistée à l'Hôpital Général. Entre le 28 novembre 1900 aux contagieux, service de M. le professeur Baumel.

Cette enfant présente une éruption rubéolique très peu marquée sur la peau et le devant de la poitrine. Elle se plaint, depuis la veille seulement, de mal à la tête. Les yeux, légère- ment rouges, ne sont pas larmoyants. Le voile du palais et les amydales sont congestionnés. Pas de diarrhée, Elle tousse: très peu. À l’auscultation, quelques râles sonores disséminés dans les deux poumons. T. du soir : 38°.

Le 29 novembre. — L’éruption est très pâle sur la poitrine ; on remarque quelques taches sur les membres inférieurs. T'du matin : 37; T. du soir : 3709.

Le 30 novembre. — L'éruption a disparu. T. du matin, 36°6 : T. du soir : 36°8.

Le 1° décembre. — T. du matin: 36°5 : T. du soir: 36°8.

A partir de ce jour, la température se maintient au-dessous de 37°. La convalescence s'effectue rapidement.

Dans la plupart des autres cas, les symptômes ont été plus accentués. Le catarrhe des muqueuses des yeux, du nez et du larynx se traduisait par des sécrétions abondantes.

La toux était fréquente et lauseultation révélait des râles de bronchite.

Nous avons observé plusieurs fois de la diarrhée. Nous

n'avons jamais vu de vomissements,

Chez une petite fille, nous avons noté une vulvite assez

intense accompagnée d’un écoulement muco-purulent.

La température, qui oscillait, pendant les périodes d’invasion et d'éruption, entre 39° et 40° {une seule fois, au début de l'éruption, elle a atteint 40°5), descendait brusquement aux environs de 37°, après la disparition de lexanthème.

L'éruption n'a pas présenté de caractères particuliers. Plus ou moins abondante chez les différents sujets, elle a suivi dans son apparition sa marche normale. Sa durée a été de trois à quatre Jours.

La durée de la période d’invasion nous a paru plus courte que le signalent ordinairement les auteurs: elle à rarement dépassé trois jours. Dans un cas même, le malade n’a éprouvé de malaise que quelques heures seulement avant l'apparition de l’éruption.

Quant à la période d’incubation, nous ne saurions pré ciser quelle a été sa durée. Pour les premiers malades, nous ne savoris pas exactement quel jour ils ont été en contact avec des rougeoleux. D'un autre côté, ces malades sont entrés pour la plupart à la salle des contagieux en pleine éruption ; ils ont donc été en rapport avec leurs camarades pendant toute la période d'invasion, et il est difficile de se rendre compte du moment où s’est faite la contagion. La dernière série de malades, c’est-à-dire ceux qui ont contracté la rougeole à la clinique des maladies des enfants à la suite de l'entrée de Charles Guib... dans ce service, nous montre que le premier enfant contagionné a eu les symptômes de la rougeole onze jours après l’apport du germe dans les salles, le second a présenté l’éruption au bout de seize jours:

a] 3 Re) ES

On peut admettre que la période d’incubation a été dans ces cas de dix à onze Jours.

OBSERVATION Il

André Ag..., T ans, enfant assisté à l'Hôpital Général. Entre à la salle des contagieux, service de M. le professeur Baumel, le 17 novembre 1900.

Cet enfant présente depuis la veille une éruption rubéolique, marquée surtout à la face ; on aperçoit quelques taches sur le thorax. Les yeux sont très rouges et il existe du catarrhe oculo-nasal. L'enfant se plaint d’avoir mal à la tête. Il tousse souvent.

À l’auscultation, an perçoit de nombreux râles de bronchite disséminés dans les deux poumons.

T. matin : 39°2 : soir : 39°5.

Le 18 novembre. — L’éruption est beaucoup plus accusée que la veille sur le thorax, et apparaît sur les membres. Le malade continue à tousser. À l’auscullation, mêmes signes. J'ématim:381:-soir 38 0:

19. — L’éruption a pâli. Les râles sont moins nombreux. T. matin : 38°8 ; soir : 36°9.

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