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Parmi celles-ci, la plus commune el aussi la plus grave est la broncho-pneumonie. TFrousseau (1), à l'hôpital Necker, a pu observer cette complication 22 fois sur 24 rougeoleux ; Rilliet el Barthez (2), 58 fois sur 1957 cas de rougeole ; Blankaert (3), 15 fois sur 38 malades.
Dans notre épidémie, elle est survenue chez quatre de nos malades.
Quelle est la cause de cette complication si fréquente ? Rilliet et Barthez admettent, dans quelques cas, l'influence du froid. Barrier partage aussi cette opinion.
Pour Grancher (4), le froid, tout en étant un facteur des complications broncho-pulmonaires,est moins redoutable qu'on ne le croit. « Il peut favoriser l’auto-infection, la provoquer même. Mais le grand péril vient de la contagion et du défaut de propreté des régions occupées habituellement par les streptocoques, les pneumocoques, tels ja bouche, le nez, le pharynx ». L
Si la broncho-pneumonie est la conséquence d’une infection surajoutée, 1l faut reconnaitre que le catarrhe morbilleux facilite singulièrement cette infection. En même temps, les mauvaises conditions d’hospitalisation des malades, les rougeoles malignes, constituent également des prédispositions dont on doit tenir compte.
La broncho-pneumonie peut apparaître à toutes les périodes de la rougeole. Elle est cependant plus fréquente
(1) Trousseau. — Cliniques de l'Hôtel-Dieu.
(2) Rilliet et Barthez. — Loc. cit.
(3) Blankaert. — Thèse de Paris, 1875.
(4) Grancher. — Art. Rougeole in Traité de Médecine et de Thérapeutique de Brouardel.et Gilbert.
au début de la maladie, pendant la période d’invasion et d’éruption.
Chez nos malades, elle est survenue dès les premiers jours de l’éruption. Elle s'est manifestée par ses symptômes ordinaires. Pendant son évolution, la température a oscillé autour de 40°. Le pouls était rapide et battait de 120 à 140 pulsations à la minute. Les mouvements respiraboires étaient accélérés, la face cyanosée. À lauscultation, on percevait des ràles sous-crépitants fins et du souffle tubaire.
Dans un cas, la broncho-pneumonie s’est terminée par la mort. L'enfant qui a succombé était, du reste, dans des conditions ne lui permettant pas d'offrir une longue résistance à l'affection. Cet enfant, issu de parents tuberculeux, était rachitique; de plus, il était sevré depuis quelques jours seulement lorsqu'il a contracté la rougeole, et était dans un état de faiblesse très accentué.
Nous devons dire aussi que, dans le cours de sa broncho-pneumonie, ce malade s’est trouvé dans des conditions hygiéniques défectueuses ; par suite d'un accident survenu dans l'appareil de chauffage et produit par lPaceumulation des neiges, la température de la salle n’a pas été suffisamment élevée, à un moment donné, et le malade à pu subir l'action du froid. Sans faire de cette circonstance la cause véritable de la terminaison fatale de la bronchopneumonie, M. le professeur Baumel pense qu'elle a pu y contribuer.
Dans les autres cas, la broncho-pneumonie s’est terminée par résolution.
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