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DE l/AMBASSADE AU KHAREZM l3g
pour donner à ceux de nos compagnons de route qui étaient restés en arrière le temps de nous rejoindre.
Le 23 (9 novembre). Nous prîmes la résolution d'aller visiter Kohnèh Ourguendj et ses anciens monuments et d'aller en pèlerinage au tombeau du pôle des initiés, le Cheikh Aboui Djennab, Thammet el Koubra, Nedjm oud Din Ahmed ben Amr de Khiva, qui est un des Cheikhs les plus célèbres.
Le Qadi Abdoullah de Khoqand avec lequel j'étais lié depuis longtemps et qui exerçait à Ourguendj les fonctions d'Imam m'accompagna ainsi que Mohammed Cherif Bay. Nous nous rendîmes au tombeau du Cheikh Nedjm oud Din Koubra où nous récitâmes le Fatihèh. Nous y méditâmes sur les révolutions du temps et sur les changements qu'apporte la succession des jours et des nuits.
Les bouleversements, les guerres se présentèrent à notre esprit et nous récitâmes ce vers de Khaqâny, stupéfaits de voir qu'il ne restait aucun souvenir de Djenguiz Khan, aucun vestige du Sultan Mohammed Kharezm Chah.
Vers. — a Tu me demandes où sont allés ces potentats ? Les voici, leur corps est rentré dans le ventre de la terre qui les portera éternellement. »
Récit succinct des événements lamentables du règne de Sultan Mohammed Kharezm Chah.
Qouthb oud Din Mohammed fils de Tekich Khan, était le septième prince de la dynastie des Sultans Kharezmiens. Sa puissance et sa magnificence lui avaient fait donner le surnom de second Alexandre; on lui écrivait en lui donnant le titre de « l'ombre de Dieu sur la terre, » Il secoua l'autorité du Khalife
de Bagdad Nacir et les ulémas de l'époque rendirent un fetva déclarant que les Abbassides s'étaient emparés violemment et abusivement du khalifat qui, en droit, appartient aux enfants du lion de Dieu toujours victorieux, Aly fils d'Abou Thalib. Le sultan Mohammed fit supprimer le nom du Khalife sur la monnaie et dans la récitation du Khoutbèh. Son pouvoir s'étendait depuis le Touran jusqu'à la province de Fars et il avait une armée de trois à quatre cent mille cavaliers. Enfin, ainsi que le fait est consigné dans l'histoire, la poussière de la discorde s'éleva jusqu'au ciel entre lui et Djenguiz Khan. Bien qu'il eût quatre cent mille soldats bien armés, il prit la fuite devant l'armée de Djenguiz et il répandit la poussière de l'opprobre sur la tête des Persans. Il envoya sa mère Turkan Khatoun dans le Mazenderan.
Djebèh Nouyan et Soundan Behadir passèrent le Djihoun, à la tête de trente mille cavaliers. Le Sultan, l'esprit bouleversé, s'enfuit de ville en ville et s'arrêta enfin à Esterâbad. Il se réfugia ensuite dans l'île d'Abiskoun située non loin du bord de la mer Caspienne. Il y mourut l'an 5g2 (1194) et on l'enterra revêtu de ses habits. Les Mogols massacrèrent tous les habitants de Samarqand, de Hérat , de Kharezm et de Rey, et ils détruisirent ces villes. En somme, le Kharezm fut englouti dans cette catastrophe. Le Cheikh Nedjm oud Din Koubra y cueillit la palme du martyre l.
1. Les chroniques orientales abondent en détails sur l'invasion du Kharezm et sur la prise de sa capitale. Cf. V Histoire du Sultan Djelal oud Din Mangouberty par ChehaboudDin Mohammed Nessawy, le Djihan Konchz de Ala oud Din Mohammed Djouweïny, \cDjami out tewarikh de Rechid oud Din, et le Kamil fit Tarikh d'Ibn el Athir. M. Mouradja d'Ohsson a condensé les récits de ces historiens dans son Histoire des Mongols. Amsterdam, 1862, tome I, pages 175-216.
Récit abrégé de la vie et du martyre de Nedjm oud Din Koubra.
Ce cheikh était originaire de Khiva. Pendant sa jeunesse, l'étendue de sa science le portait à provoquer des discussions de controverse théologique d'où il sortait toujours vainqueur, ce qui lui fit donner le surnom de Thammet el Koubra (le jugement dernier) ; on supprima Thammet et il ne lui resta que le surnom de Koubra. On l'appelle aussi plus fréquemment Aboul Djennab, parce qu'il avait renoncé au monde. On dit que le Prophète lui apparut en songe et lui donna ce nom. Ce fait est rapporté par Yafey dans sa chronique l et par Abdour Rahman Djamy dans le recueil des biographies des saints personnages intitulé : Nefehat. J'ai dit dans mon « Hidayet Namèh: (Le livre de la bonne direction).
Distique. — « Une nuit, Nedjm oud Din vit en songe le prophète Mohammed l'Élu; il reçut de lui le surnom d' Aboul Djennab. »
Le cheikh quitta sa ville natale et fit de nombreux voyages. 11 entra en relations avec les cheikhs ses contemporains } tels que : Aboul Faradj Medjzoub, le cheikh Ismayl Qasry^ le cheikh Ammar Iasir Bedlissy et Rouzbehan Misry 2. Après avoir acquis la connaissance complète des doctrines du mysticisme, il retourna dans le Kharezm. Douze de ses disciples sont parvenus au degré de Murchid (directeur spirituel). Ce sont le
1. Yafey donne, dans sa chronique sub anno 618, une courte biographie du Cheikh Nedjm oud Din. Djamy n'a fait que traduire en persan le récit fait par Yafey de la mort du Cheikh.
2. Tous ces personnages étaient les disciples du cheikh Chehab oud Din Aboul Nedjib Abdoul Qahir Souherverdy. Djamy a consacre à chacun d'eux une notice dans son Nef chat oui ouns, édition de Calcutta, pages 478-480. Chehab oud Din est le fondateur de l'ordre religieux des Souhervcrdys.
cheikh Nedjm oud Din Razy connu sous le nom de Dayèh, le cheikh Nedjm oud Din Bakherzy, le cheikh Saad oud Din Hamawy, le cheikh Rezy oud Din Aly Lalay, natif de Ghaznah et cousin de Hekim Senay », Baba Kemal Djendy, Djemal oud Din Souheyl du Guilan, Nour oud Din Abdour Rahman Esferayny, le cheikh Ahmed Djouzqany^ Mewlana Beha oud Din Mohammed, père de Mewlana Djelal oud Din Mohammed Balky, auteur du Mesnevy 2.
Le récit des actes de chacun de ces personnages est consigné dans les annales de la communauté religieuse à laquelle ils appartenaient. Pour moi, je n'ai d'autre dessein que de rapporter les circonstances du martyre du cheikh Nedjm oud Din Koubra.
Lorsque, par ordre du Sultan Mohammed Kharezm Chah, Mejd oud Din Baghdady fut jeté dans le Djihoun, le cheikh Nedjm oud Din appela sur le Sultan la malédiction divine. L'armée des Tatars envahit peu de temps après le Kharezm, tuant et pillant tout sur son passage. Six cents hommes se dirigèrent à Gourgandj sur le couvent du cheikh et l'assaillirent. Le cheikh prit les armes pour la cause sainte, fut tué, et acquit ainsi la félicité du martyre. Cet événement eut lieu l'an 617 (1220) 3. Lé
1. Senay naquit à Ghaznah dans les dernières années du règne de Sultan Mahmoud. 11 commença à se faire connaître sous le règne du Sultan Ibrahim fils de Messoud. Il eut pour maître dans le mysticisme le cheikh Abou Youssouf Yaqoub Hemdany. Il jouit de la plus grande faveur auprès du sultan Behram Chah qui voulut lui faire épouser sa sœur; mais Senay ne voulut jamais consentir à cette union. Il mourut en 576 (1180).
Son divan contient trente mille distiques. Il a composé, en outre, six Mesnevys dont les vers ont tous la même mesure. Ce sont : i° Hadiqat oui Haqiqah (Le jardin de la vérité); 20 Seïr oui ibad ilalmiad (La marche des serviteurs de Dieu vers la vie future); 3° Kar Namèhi Balkh (Le récit de ce qui s'est passé à Balkh); 4» Thariq oui Tahqiq (La voie à suivre pour arriver à la connaissance de la vérité); 5° Ichq Namèh (Le livre de l'amour); 6° Aql Namèh (Le livre de l'intelligence). Il a également mis en vers les aventures de Bèhrouz et de Behram. Medjma oui fousseha, page 254.
2. Mewlana Mohammed Djelal oud Din, surnommé Molla Hunkiar, mourut à Qonièh en 672 (1273). Il est le fondateur de l'ordre des Mevlevys.
3. Je crois devoir insérer ici le récit de la mort de Nedjm oud Din tel qu'il est donné par Djamy :
d Lorsque les infidèles Tatars envahirent le Kharezm, le cheikh rassembla ses com-
cheikh est auteur de rissalèh (opuscules) remplis ch préceptes utiles \ Il a composé, en outre, de nombreux quatrains. Ceux que Ton va lire sont dus à sa plume.
Quatrain. — « Puisque, de tout ce qui n'existe pas matériellement, nous n'avons entre les mains que du vent, puisque tout ce qui existe n'est que néant et fragilité, suppose que tout ce qui n'existe pas dans ce monde existe et que tout ce qui s'y voit est illusoire. »
Quatrain. — « Il faut, pour s'engager dans la voie de Dieu, trouver quelqu'un qui soit déjà arrivé au but et qui se soit com-
pagnons qui étaient au nombre de plus de soixante. Sultan Mohammed Kharezm Chah s'était enfui ; mais les Tatars supposaient qu'il était encore dans le Kharezm. Nedjm oud Din appela donc quelques-uns de ses compagnons comme le cheikh Saad oud Din Hamawy, Rezy oud Din Aly Lalay et quelques autres, et leur dit : o Partez vite et allez dans votre patrie. 11 s'est élevé à l'Orient un feu qui brûlera tout jusqu'à l'Occident. C'est pour ce peuple une immense calamité qui n'a point eu sa pareille. » Quelquesuns de ses compagnons lui dirent : « Que la sainteté du cheikh élève vers Dieu un vœu, et ce malheur sera peut-être alors détourné des pays de l'Islamisme! » — « Non, répondit-il, c'est une destinée inévitable! Des vœux ne sauraient nous y soustraire. » Ses compagnons lui dirent alors : « Des montures sont préparées; si le cheikh veut bien se joindre à nous, nous l'accompagnerons et nous gagnerons le Khorassan. Ce projet ne semble pas difficile à réaliser. » — « Je dois subir ici le martyre, répondit-il, et je n'ai pas la permission de m'éloigner. » Ses compagnons se mirent en route pour le Khorassan. Lorsque les infidèles entrèrent dans la ville, le cheikh réunit ceux de ses disciples qui étaient restés auprès de lui, et il leur dit : « Debout, au nom de Dieu! Nous allons combattre dans la voie de Dieu! » Il entra dans sa maison, se revêtit de son froc, se ceignit les reins et remplit de pierres les deux côtés de sa robe qui était ouverte sur la poitrine. Il sortit, tenant une lance à la main. Lorsqu'il se trouva en face des infidèles, il leur jeta les pierres qu'il portait, jusqu'à ce qu'il ne lui en resta plus une seule. Les infidèles firent pleuvoir sur lui une grêle de flèches : une d'elles atteignit sa poitrine bénie; il l'arracha et la jeta loin de lui. Il recula alors et, au moment de mourir, il saisit la mèche de cheveux d'un infidèle avec tant de force, qu'il fut impossible de faire lâcher prise à sa main et que l'on fut obligé de couper la touffe de cheveux. »
Le cheikh mourut de la mort des martyrs dans le courant de l'année 618 (1221).
Nedjm oud Din est le fondateur et le patron de l'ordre des derviches Koubrawys.
1. Le plus célèbre de ces opuscules (Rissalèh) traite de matières théologiques et porte le titre de a Rîssalet oui hdym il khayf min loumet il laiym, » (Opuscule de celui qui est en proie à l'étonnement et qui craint les reproches de la critique.)
Qazwiny trouvait cet ouvrage si remarquable qu'il dit que le texte devrait être copié en lettres d'or. (Açar oui bilad, édition de M. Wustenfeld, Gottingen, 1848, page 355.)
plètement retiré du monde. Fortifie ta vue, car tout, dans l'univers, représente Dieu et sa toute-puissance. »
Quatrain. — « Lorsque l'amour pénètre dans le cœur, le cœur en ressent une vive douleur. Cette douleur rend l'homme fort. L'homme (voué à Dieu) est dévoré par le feu de son amour, mais il adoucit pour les autres l'ardeur des flammes de l'enfer. (Il obtient de Dieu le pardon des fautes des pécheurs.) »
Quatrain. — « Si j'imprime sur un pain le tableau de mes actes de piété; si je place ce pain sur une table devant un chien rongé par la faim et qui est resté pendant toute une année enfermé dans un grenier, la répugnance (que lui inspireront mes fautes et le peu de valeur de ma dévotion) l'empêchera d'y mettre les dents. »
Quand nous eûmes terminé notre visite pieuse au tombeau du cheikh, le gardien du mausolée nous fit savoir que la tombe du cheikh Medj oud Din Baghdady l se trouvait aussi dans les environs. Je m'y rendis et j'y récitai le Fatihèh. Cependant, d'après mon opinion, le tombeau de ce Cheikh ne doit point se trouver en cet endroit, parce qu'il fut précipité dans le Djihoun, et, si son cadavre a été retiré de l'eau, il est probable qu'il a été enterré sur les bords du fleuve. On lit dans le Nefehat que, dans l'année 607 (12 10), ou, suivant une autre
1. Abou Sayd Medj oud Din Cheref Ibn Moueyyed était le fils d'un médecin que le Khalife de Bagdad avait envoyé à Sultan Mohammed Kharezm Chah sur sa demande. Il exerça lui-même la médecine. Lorsqu'il eut embrassé la vie religieuse, il reçut souvent la visite de la mère du Sultan qui se plaisait à entendre ses prédications. Des envieux persuadèrent à Sultan Mohammed que sa mère avait épousé ce cheikh. Ce prince ordonna, dans un moment d'ivresse, de le précipiter dans le Djihoun. Les biographes orientaux prétendent qu'en apprenant ce crime, le cheikh Nedjm oud Din Koubra aurait prédit la chute de Mohammed Kharezm Chah et les calamités que devait causer dans son royaume l'invasion des Mogols. Ncfehat, édition de Calcutta, pages 4^7-492-
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version, en l'an 616 (12 19), Medjd oud Din reçut la palme du martyre. Sa femme qui était originaire de Nichabour fit porter son corps dans cette ville. On le transporta ensuite à Esferayn en 833 (1429) \ Medjd oud Din a composé des quatrains pleins de charme :
Quatrain. — « Demain , lorsqu'arrivera le terme de ce monde, de droite et de gauche, les têtes surgiront de la terre. Mon pauvre corps, martyr et baignant dans le sang, se lèvera de la terre sur laquelle est bâtie ta demeure. >
Quatrain. — « Le limon qui a servi à former l'homme a été pétri avec la rosée de l'amour ; la création de l'homme a rempli le monde de troubles et de discordes. On a donné un coup de lancette sur la veine de rame, et elle a laissé échapper une goutte de sang qui a reçu le nom de cœur. >
Quatrain. — « Je plongerai dans l'Océan; ou je périrai, ou je rapporterai une perle. Je tenterai une œuvre pleine de dangers, mais j'aurai le visage ou le cou rouge. (Je recueillerai de l'honneur ou je mourrai à la peine). »
De là, nous allâmes voir un autre tombeau, celui de Khadjèh Aly Rametiny, surnommé Khadjèhi A\i\an (le maître des chers amis, des derviches). Ce personnage était originaire du village de Rametin2 qui relève de Boukhara; il fut un des disciples
1. On voulut déposer ses restes à côté de ceux de Saad oud Din Hamawy, d'Aly Lalay et d'Abd our Rahman Esferayny qui avaient été ses compagnons. (Heft Iqlym. fol. 298 V.)
2. « Rametin, village bien fortifié, possède une vaste citadelle, et son ancienneté remonte plus haut que celle de Boukhara. Le nom de cette localité se trouve cité dans quelques-uns des ouvrages qui traitent de l'histoire de cette ville. Rametin était, dans l'antiquité, la résidence des rois : lorsque Boukhara fut élevée au rang de capitale, les grinces passaient l'hiver à Rametin, et cet usage s'est conservé pendant l'Islamisme. Quand Abou Mouslim, que Dieu lui fasse miséricorde! vint à Boukhara, il s'établit dans ce village et il y séjourna.
Rametin a été fondée par Afrassiab qui, lorsqu'il venait dans la contrée, ne résidait
de Khadjèh Mahmoud Faghnèwy l et il était membre de la I secte des Naqchbendy. De Boukhara, il se rendit dans le Kha- I rezm et il s'y fixa. Le grand nombre de ses disciples donna de l'ombrage au Sultan Mohammed Kharezm Chah. On prétend ] que ce saint personnage avait, dans sa jeunesse, exercé le métier de tisserand. Djelal oud Din, auteur du Mesnewy, a dit pour le | caractériser :
Distique. -- « Si la morale, dans sa pureté, n'était pas supérieure à la science des choses terrestres, comment les notables de Boukhara auraient-ils rendu hommage au maître qui fut tisserand? »
Ces deux distiques sont également attribués à Khadjèhi Azizan :
Quatrain. -- « Le sentiment est un oiseau enfermé dans la cage du cœur : prends-en bien soin 3 car l'oiseau est beau et son chant est mélodieux. Ne romps pas le lien qui attache sa patte, de peur qu'il ne s'envole, car, une fois échappé, tu ne pourras le rattraper. »
point ailleurs. On lit dans les livres des Parsis que ce roi vécut mille ans et qu'il e'tait adonné à la magie. Il tua son gendre Siavech, dont le fils KeyKhosrau envahit le pays à la tête d'une nombreuse armée, pour tirer vengeance du meurtre de son père. Afrassiab fortifia Rametin qui, pendant deux ans, soutint les attaques de l'armée de Key Khosrau. Key Khosrau bâtit en face de Rametin un village qui reçut, à cause de l'agrément de sa situation, le nom de Ramich (lieu de repos). Ramich est encore aujourd'hui dans un état florissant. Key Khosrau fit construire un pyrée à Rametin et les Mough (Mages) assurent qu'il est plus ancien que tous ceux de Boukhara.
Après deux années de guerre, Key Khosrau s'empara d'Afrassiab et le mit à mort. Le tombeau d'Afrassiab se trouve à Boukhara à Dervazèhi Ma'bed (la porte de l'oratoire), sur la grande colline d'Abou Hafs Kebir. Les habitants de Boukhara ont composé sur la mort de Siavech de curieuses complaintes qui sont appelées par les chanteurs de profession Kini Siavech (la vengeance de Siavech). Mohammed, fils de Djafer, dit que ces événements se sont passés il y a trois mille ans. Dieu connaît mieux toutes choses.))— Tarikh- Boukhara d'Abou Bekr Mohammed Nerchakhy, traduite en persan par Mohammed Ibn Zefer. Ms. de mon cabinet, fol. 1 5 .
1. Khadjèh Mahmoud Faghnèwy avait recueilli la succession spirituelle et la direction de Tordre des Naqchbendy, de Khadjèh Arif Riveguirewy, qui était lui-même le disciple de Khadjèh Abdoul Khaiiq Ghoundjouwany.
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Quatrain. - - « Prends garde! éloigne-toi de toute personne dont la fréquentation ne donne point le calme à ton esprit, et dont la société ne procure point le repos à ton être, sinon les âmes de ton père et de ta mère ne te reconnaîtront point comme leur fils légitime l. »
Quatrain. — « Lorsque la mention de l'unité de Dieu pénètre ton cœur, elle lui cause une vive douleur. Cest cependant cette mention qui donne à l'homme la force et le courage.
« Bien qu'elle ait la vertu du feu pour brûler ton cœur, elle refroidira cependant pour lui les deux mondes. (Elle te détachera des biens de la terre et te préservera des flammes de l'enfer.) »
On nous montra ensuite un autre tombeau qu'on nous dit être celui de Fakhri Razy 2.
Fakhr oud Din A bon Abdillah Mohammed Ibn Hassan el Qourachy et Temimy el Bekry.
Fakhr oud Din était, de son temps, l'un des personnages les plus avancés dans la dévotion et dans l'étude de la philosophie. Il naquit Tan 544 (1149) et mourut en 606 (121 1). Son tombeau est à Kohnèh Ourguendj.
1. On peut traduire également ainsi le dernier membre de phrase: « Sinon les âmes des chers amis (des derviches) ne te reconnaîtront pas comme un compagnon digne d'eux.
2. L'Imam Fakhr oud Din Razy, surnommé Khatyb our Rey (le prédicateur de Rey), l'un des plus illustres docteurs de la secte chafeïte, appartenait à une famille du Thabarestan. 11 naquit à Rey en 543 (1148). Il jouit de la faveur du Sultan Ghouride Ghias oud Din Mohammed qui fit construire pour lui un medressèh à Hérât. Il dut quitter cette ville à la suite de ses discussions avec le Qadi Abdoul Medjid, pour lequel le peuple avait pris parti. 11 fut plus tard rappelée Hérât et il y mourut en 606 (121 1).
Fakhr oud Din Razy est l'auteur de plusieurs traites sur des matières philosophiques
Il a composé de nombreux ouvrages qui jouissent d'une grande célébrité; il se livrait quelquefois à la poésie persane et il a composé des quatrains,
Je citerai ceux-ci :
Quatrain. — « Jamais mon cœur n'a cessé de s'occuper de la I science; il y a peu de mystères dont je n'ai pénétré le secret.
« Pendant soixante et douze ans, j'ai travaillé nuit et jour, et | je suis arrivé à savoir que je ne savais rien. »
Quatrain. — « Je quitterai cette terre, je le crains, sans en avoir rien vu; je rendrai l'âme sans avoir rien aperçu du monde caché. Quand, abandonnant le monde terrestre, j'irai dans la sphère des esprits, je n'aurai rien vu du monde spirituel dans le monde matériel. »
Quelques personnes assurent que ce tombeau n'est point 1 celui de Fakhr oud Din Razy I. On nous montra aussi le mauso- j lée d'Ibn Hadjib 2; mais nous n'eûmes pas le désir de le visiter. I
Tous les environs (de la ville actuelle) sont couverts des : ruines d'un grand nombre de superbes édifices. Il existe un I minaret dont la hauteur est de soixante coudées et la circonférence de quarante. On dit que les Mogols l'aperçurent de la I distance de deux ou trois journées de marche, quand ils rava- I gèrent le Kharezm et Gourgandj. Au bout de deux ou trois i jours, ils arrivèrent au pied de ce monument. Furieux de voir
et religieuses; mais le plus important de ses ouvrages est un commentaire du Qoran intitulé Me fat i h oui ghaïb (Les clefs de ce qui est caché) qui a été imprimé au Caire (1289-1871) en huit volumes petit in-folio. — La biographie de Fakhr oud Din Razy a été écrite par Ibn Khallikan; elle se trouve dans le tome Ier (pages 676-678) de l'édition de Boulaq, 1275 (1875), et dans le tome II, page 652 de la traduction de M. de Slane.