‹ Relation de l'expedition d'Afrique en 1830 et de la conquête d'AlgerChapitre 1 sur 16 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

VICTOR PALMÉ, LIBHAIRIS-ÈDITKUR

35, EUE DB GaBHBLlC'SAlRT'OIftMÂIV» 35

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PRÉFACE

L'origine de cette Relaiion remonte à neuf articles que j'ai publiés en 1831 dans le journal V Avenir y fondé en 1830 par Tabbé de la Mennais. A la demande des lecteurs de ce journal^ ces neuf articles furent réunis en mi petit volume de 148 pages in-6% qui fut vendu à trois mille exemplaires au prolit des blessés nécessiteux de la conquête d'Alger. Obligé de iiiu reuiui mer dans les bornes d'un journal quotidien, j'ai dû m'abstenir, dans cette première publication, des ^ développements qu'elle réclamait de moL Ëlle n'a donc été que le sommaire d^une relation de la campagne de 1830 en

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VI PRÉFACE

Afrique. Ce sont mes auciens compagnons d'amies avec lesquels je suis resté en constantes relations qui m'oiiL invite, encouragé et déterminé à donner, dans une deuxième édition de ma première Relaiioriy l'étendue convenable au récit des faits dont j'ai eu la bonne fortune d'être témoin, dans une positiou toute particulière.

Attaché à Tétat-major du général, puis maréchal comte de Bonrmont, dès son entrée au ministère de la guerre en 1829, et pendant la campagne de la conquête d'Alger en 183Û, à titre d'officier d'ordonnance, adjoint au comte

Louis de Bourmont, son fils aîné, chef de son cabinet, et son aide de camp, j'ai été associé à l'expédition de toutes les pièces confidentielles et officielles, dépêches, ordres et documents relatifs à cette grande entreprise que le succès a si glorieusement couronnée. II m'a donc

PRÉITACB. VU

suffi de recourir à mes souvenirs soigneusement consignés dans le journal que j'ai tenu des opérations de la campagne^ et à ceux qui sont re^té^ gravés dans ma mémoire, pour être le narrateur exact de tout ce que j'ai entendu ordonner et vu exécuter. Possesseur de la majeure partie des documents fondamentaux nécessaires à raccomplissement de celte tâche, j'ai été mis en mesuic d'en cuuipléter la réunion par la communication que mes anciens camarades et amis, le comte Louis et le comte Charles de Bourmont, m'ont faite de ceux qui me manquaient en très-petit nombre. J'ai pu ainsi avoir continuellement sous la main les pièces originales et les attestations irrécusables qui, citées, analysées ou résumées, concourent à assurer le caractère de la plus parfaite authenticité à la Relation de Vexpédition d'Afri-que en 1830 et de la conqucle d'Alger,

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PRÉFACE

augmentée de toutes les additions qu'elle a reçues dans cette nouvelle édition. € Votre récit est un témoignage, et com- <i porte des détails intimes qui ne peu- « vent se trouver nulle part ailleurs, m'écrivait M* le duc des Gars, dans une des dernières lettres d'encouragement qu il m adressa avant d'avoir été enlevé par la mort^ au commencement de cette année 1868, aux sympathies qu'inspire Funion des plus solides qualités à la générosité du caractère et à la fidélité à toutes les nobles traditions liançaises.

La mission que je me suis imposée a donc été de laisser parler les iaiLs, dans toute leur exactitude, pour apporter devant la j ustice de rhistoire mon impartiale déposition, et j'ai la confiance ne n'avoir pas làilli à ce devoir. Alin que cette Relation lut complètement un témoignage^ je n'ai appelé à y intervenir que des témoins, comme je Fai été moi-iuùme,

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PRÉFACE* IX

des événements acomplis sous nos yeux^ le lieutenant général duc des Cars, qui a commandé avec la plus remarquable

diiàtincliou la tioisième divibiou de lurmée expéditionnaire (Journal maniLScrit des (Opérations de la troisième division tenu par le duc des Cars, et Lettres où il a bien voulu répondre à toutes les ques^ tiens qu'il m'avait autorisé à lui adresser); le lieutenant général Desprez, chef d'étatmajor général de Tarmée (Journal d'un officier de Varmée d^ Afrique^ et Lettres écrites du théâtre des opérations de Parmée au marquis, plus tard duc de Clermont-ïonnerre) ; le lieutenant général baron Bertiiezène, commandant la première division de l'armée expéditionnaire {Dix^huit mois à Alger); le maréchal de camp baron Clouet, commandant la troisième brigade de la première division de l'armée (Lettre relative à la bataille de Staouéli, adressée au duc

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des Cars) ; le baron Denniée, intendant en chef de larmée ( Précis historique et administratif de la campagne d'Afrique); le chef de bataillon d'état-major Femel, attaché à rétat-major général de l'armée (Campagne d/ Afrique en le baron Barchou de Penhoën, capitaine d'étatmajor, aide de camp du lieutenant général Berthezène (Mémoires d'un officier d'état-major) ; le comte de la Myre-Mory, capitaine ofûcier d'ordonnance du ma-réchal de Bouimont (Lettres publiées dans le journal la Guienne, correspondance avec le maréchal Bugeaud, duc d'Isly, et communications écrites et verbales) ; le capitaine d'état-major comte de Ligniville, attaché à l'état-major général de l'armée (Lettre écrite d'Âlger au muiciuis, plus tard duc de Glermont- Toiincrre] ; le lieutenant d'état-major comte Théodore de Quatrebarbes^ attaché au 34e régiment d'infanterie de

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PBÉPACB.

* ligne iSouvenirs de la camijugne Afrique); le lieutenant iii^ouicur géographe Rozet, attaché à rexpédition (Relation de la guerre d'Afrique), et le prince Frédéric deSchwaizenberg^majordecavulerie au service d'Autriclie, envoyé par son souveruia pour assister à rexpédition (Rûckblicke auf Algierund dessen Eroberung durch die kOniglich-franzOsiS'chen Truppen im jakre iSâO). J'ai dû aussi des communications verbales importantes à rinlimité anùcuic dont m honorait le baron d'Haussez^inuiistrede la marine^ qui a puissamment concouru à préparer l'expédition*

Madame la duchesse de Glermont- Tonnerre a eu l'obligeance de mettre à ma disposition, par rintermédiaire de mon ancien camarade et excellent ami, le .comte de la Myre-Mory, le remarquable Rapport présenté au roi, le 14 octobre 1827, par le marquis, plus tard duc de

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PRÉFACE

Glermont-Tonnerre ^ ministre de la guerre, pour engager Charles X à tirer vengeance de l'insulte faite à la France par le dey en envoyant contre Alger une armée de débarquement, afin de s'emparer de la capitale et du territoire de la Régence algérienne.

V Introduction qui précède le récit de la campagne présente un Aperpu hi^Lorique sur l'Algérie depuis les temps les plus anciens jusqu'à la conquête fran^ çaise, révèle ce qu'était rhorrible Régence d'Alger, terreur de la Méditerranée, et fait voir que la destruction de la piraterie barbaresque, dernier service rendu à rbuiiiuiiité et à la civilisation par la France sous le glorieux drapeau de sa vieille monarchie, avait été ambitionnée, mais tentée sans succès, dans des expéditions mémorables, par Charies- Uuiut, par Louis XIV, par l'Espagne en 1775, et par rAngieterre eu 181 G.

PRiFAGE.

Uae biographie sommaire du maré* cluil deBoui mont le montre luttant, avec rinébranlable fermeté de principes qm était la règle de sa conduite, contre Fins* tabiiité et les vicissitudes des temps de révolution, et s'élevant sur les champs de bataille, par une suite d'actions d'éclat et au prix de son sang ré^iandii, jusqu'au sommet de la hiérarchie des grades militaires, avant d'arriver, par la même voie, à la dignité de maréchal de France, en attachant glorieusement soa nom à la conquête d'Alger. L'acharnement des passions et des haines poUtiques contre l'homme de devoir, que le retour de l'adversité retrouve invincible à toutes les épreuves, attriste la iin de cet intéressant épisode particulier de l'époque contemporaine.

Il est acquis à l'histoire, et j'en apporte les preuves incontestables, que le gouvernement du roi Charles X n'entendait

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