Relation de l'expedition de Chine en 1860
L'expédition de Cliino ([ui, en 18G0, j)orta jusqu'à Pékin les forces alliées de la France et de l'Angletern», a été entreprise dans un but de réparation commnne. Avant d'en commence)- le récit, il est nécessaire de jeter un coup d'œil rapide sur les faits qui ont précédé et suivi le traité de Tien-tsin du 27 juin 1808, dont la violation par les (îhinois arma les deux puissances.
Le 96 août i8/i2, après une brillante campagne, les An- naités
(If i843 à i8't4.
glais, arrivés dfvant Nankin pour faire le siège de celte ville, avaient, à la suit»' de leurs succès, imposé aux Chinois un traité qui leur livrait en toute propriété l'île de Hong-kong et leur ouvrait les cinq grands ports de l'empire : Canton, Shang-haï, Fou-lcheou-fou, Amoy et Ning-po. Les Français et les Américains réclamèrent bientôt les mêmes avantages commerciaux, et se les virent assurer, à la lin de lHk^. par des traités ])articuliers.
du
vice-roi (l(t Canton.
Mauvais vouloir Los autorilés fliiiioiscs se montrèiriit Méiiéralcmciit favorables aux éti'aiijjei's; seul, le vice-roi de Canton lenr t/'nioijjna le plus mauvais vouloir, cl prétondil, au mépris des conventions, leur interdire Tentrée de la ville. Dix années, de luttes diplomatiques n'avaient amené aucun changement dans cette situation, (le fut alors que les gouvernements de France, d'Angleterre et d'Amérique, résolurent d'envoyer des commissaires extraordinaiies pour demander, après la période de'cennale. la revision des traités qui avaient piévu cette éventualité. Un certain nombre de bâtiments de guerre furent réunis dans divers ports pour appuver la réclamation.
conHii Sur ces entrefaites, un conflit s'éleva entre les autorités de
entre les Aii|;l.'iis i i i • t\ i i
et les Chinois. C'auton et les Anglais. Douze matelots de cette nation, naviguant sous pavillon anglais, furent arrêtés, sous prétexte de piraterie et de contrebande dopium, et conduits dans les prisons de la ville.
Les instances du consul britannique les firent mettre en libi'ilé, mais le vice-roi refusa de faire des excuses.
A ce refus, l'amiral Seymour répondit en attaquant les forts situés entre Wampoa et Canton, et. après un bombardement de quarante-huit heures, entra dans la ville, où le vice-roi ne voulut pas consentir à traiter verbalement. Les Anglais, n'étant pas en force pour se maintenir dans 1 intérieur, se retirèrent par prudence.
Des proclamations furent alors affichées sur tous les murs, poussant les Chinois à ICxtermination des Européens et à l'incendie de leurs factoreries. Les consuls de France et d'Amérique protestèrent, et le vice-roi \eh leur fit répondre que les actes de rigueur ne seraient exercés que contre les Anglais ; néanmoins . le
s — 1 8 (léceinltrei 85G, toulesles (acloreries européennes ruronlhi-Mlées , et les étrangers durent se réfugier à bord de leurs vaisseaux.
Cette perfidie généralisait les hostilités; et les Français durent s'unir aux Anglais dans la voie de la répression.
Telles furent les causes qui déterminèrent la campagne de campagne
• 1 de 1857.
1857, à laquelle le commodoro Elliot préluda par la j)rise de plus de cent jonques de guerre.
L'expédition anglo-française fut confiée aux contre-amiraux Embaniucment
et pris6
Seymour et Rigaull de Genouilly. Le bombardement et la prise de canion. de Canton, le 39 décembre, en furent la conclusion '.
De tels événements infligeaient un cruel démenti à l'orgueilleuse présomption des Chinois. Le vice-roi Yeh, chef suprême des deux Kouang, avait été fait [)risonnier; et l'administration de la province de Kouang-toung n'avait été laissée au gouverneur Pih-kwe que sous le contrôle d'une commission des alliés.
Il send)lait que la cour de Pékin dût songer à un arrangement. Les plénipotentiaires de France et d'Angleterre, le baron Gros et lord Elgin, auxquels s'étaient réunis les représentants (le la Russie et des Etats-Unis, firent parvenir simultanément au prenner ministre de l'empereur l'invitation d'envoyer à Shang-haï, avant le 1" avril i858, des commissaires dûment autorisés pour régler les dilficultés pendantes.
Le gouvernement impérial ajant rejeté la proposition, les i.es chinois plénipotentiaires français et anglais décidèrent en commun de ,ies commissaires, se rendre le plus tôt possible dans les eaux du Pe-tche-li avec les deux escadres, pour faire céder cette obstination. Arrivés, le 9 0 avril, à l'embouchure du Peï-ho. ils eurent immédiatement à subir les effets de la politique chinoise, dont tout l'art
. ' Voir j)l;iiu-he n" II.
se résume en quelques mois : louvover devanl les ililHculle's, g^agner du temps, et manquer à la loi jurée. D'abord ce furent deux fonctionnaires verl)alement désignés': pour traiter avec les ff nations qui se trouvaient dans le poit" ; puis, sur les instances plus vives des alliés, (jui réclamaient l'envoi de plénipotentiaires à Takou, le gouverneur général du Tche-li fut nommé commissaire impérial, mais avec simple mission de r savoir ce -que voulaient les ministres de France et d'Angleterre et d en -référer à Pékin-.
Nouveau refus Voulaut épuiser jusquau bout toutes les chances d une solu-
rfcs Chinois. . . t r • ■ • i \
tion pacifique, les plénipotentiaires accordèrent un nouveau délai jusquau i ■> mai. l ne réponse ambigui', équivalant à une fin de non-recevoir, fut le seul résultat de cette nouvelle preuve de modération. Il devenait indispensable d agir avec vigueur contre un mauvais vouloir vainement voilé sous toutes les formes que peut emprunter la déloyauté la plus subtile.
Le 3 0 mai, le baron Gros et lord Elgin , à bout de |)atience, font prévenir le commissaire impérial quils ont décidé de savancer vers la capitale pour traiter directement avec le gouvernement, et que, pour garantir leur sécurité personnelle ainsi que leurs communications avec la flotte, ils exigent la remise des forts des deux rives et du coude de la rivière aux amiraux, dans les deux heures qui suivront leur sommation. Prise des ibiis dette démarche étant restée infructueuse comme les autres,
du Peï-lio. ...
i8ô(*. lexécution de la menace qu'elle renfermait ne se fit pas attendre. A l'heure dite les forts furent attaqués, et, après une résistance courte, quoique énergique, tombèrent au pouvoirdes deux amiraux, qui avaient en commun dirigé la lutte du haut d un même bâtiment portant les pavillons de France et d'Angleterre. Un tel
succès, qui assurail la l)as(' des opérations ultérieures, n'avait pas e'te' obtenu sans de douloureux sacrilices; et, au moment même du triomphe, l'explosion d'une poudrière avait causé des pertes sensibles parmi les Français dans la colonne dassaut.
Les plénipotentiaires étaient résolus à ne plus traiter cpi'à i.es
, . . , . . , pliMiipolentiaires
Tien-tsin; on se pré|)ara a remonter la rivière jusqu a cette ;, Tien-tsin. ville. De grandes diflicultés étaient à surmonter, et il fallut, sous un soleil brûlant, subir les conséquences de nombreux échouages pour conduire jusqu'au point désigné trois canonnières et des bâtiments légers portant des troupes d'infanterie de marine. Le gros de la flottille put enfin mouiller à quai, au point d'intersection de la rivière et du grand canal imj)érial'.
Cette navigation s'était opérée sans opposition de la part des (ihinois, quelques obus ayant sulb pour éloigner les détachements de cavalerie qui s'étaient montrés le long du Peï-ho, et en même temps plus de six cents jonques chinoises, dont la présence dans la rivière pouvait être un danger, s'étant soumises à l'ordre qui leur avait été intimé de descendre jusqu'à la mer.
D un autre coté, les amiraux alliés avaient pourvu à la défense des forts, de sorte ([ue la communication était assurée depuis 1 embouchure du Peï-ho jusqu'à la ville de Tien-tsin, véritable grenier de la capitale de l'empire, dont elle n'est éloignée que de vingt-([uatre lieues. Le baron Gros et lord Elgin purent alors se rendre au mouillage de la llottille, où ils furent bientôt rejoints par le comte Poutiatine et M. Reed, ministres de la Russie et des Etats-Unis.
La prise des forts du Peï-ho et la marche des alliés jus- Traité
7, m- • • 1 • 1 1 1 (le Tien-tsin.
qua lien-tsin avaient produit un tel mouvement de stupeur a
' Voir planche n" III.
Pékin, tjue lo gouvernement chinois parut enlin décidé à accepter IVanchement les négociations. Dès le 9 juin, deux grands dignitaires de Tempire, mandarins du plus haut rang, kouci et Hoiia, revêtus des pouvoirs les plus étendus, eurent une entrevue officielle avec le plénipotentiaire français, et, après plus de quinze jours perdus à épuiser les tergiversations de la diplomatie chinoise, un traité de paix, donnant satisfaction à toutes les demandes des puissances, fut signé le 97 juin i858. Le baron Gros, dans un rapport adressé au ministre des affaires étrangères à Foccasion de ce traité, annonce que le vaste empire de la Chine s'ouvre au christianisme, et, sur plusieurs points, au commerce et à 1 industrie de l'Occident.
Mauvaise foi Lc gouvemement de Pékin avait plié devant l'énergique résolution des ministres de France et d'Angleterre et les succès terrifiants des amiraux; mais la leçon, toute sérieuse quelle était, n'avait pas suffi pour réduire son orgueil ni décourager sa perfidie. En souscrivant aux conditions imposées par les deux puissances, il s'attachait au point principal, l'éloignement immédiat des Européens, demandant à l'avenir quelque circonstance favorable pour échappera ses obligalions. L'occasion devait bientôt surgir de lune des clauses du traité, portant que les ratifications ordinaires seraient échangées dans la capitale de l'empire.
Eipwiiiiou Lo 20 juin 1869, M. de Bourboulon. ministre de France,
des ratific;.iions. st M. Brucc , miulstre d'Angleterre, chargés par leurs gouvernements de l'accomplissement de cette formalité, arrivèrent à l'embouchure du Pei-ho : le premier était à bord du vaisseau de la marine impériale lo Dncluujla, assisté du bateau à va-
|)eur \oi:aj>-(U(iii; le second maniait la Maiiinrniir. assistée du (Joroinandel.
D'après les assurances pacifiques des autorite's chinoises ef t'ré|.,.raiii> les déclarations très explicites des commissaires iinpc'riaux. on ,i„, (iiinnis. devait penser qu'il ne serait pas fait d'opposition à la mission des envoye's français et anglais à Pékin. Cependant l'amiral Ho|)e, qui avait préce'dé de ([uelques jours les plénipotentiaires dans les eauK du Pe-tclie-li, annonçant leur arrivée aux autorités du pays, avait déjà |)u se convaincre, par les réponses évasives faites à sa notification, aussi bien que par l'apparition de nouveaux travaux de défense, que le gouvernement chinois sétail préparé à la résistance.
Sous le pavillon anglais, se trouvaient alors en (lliine des i-orces des auiés. forces navales considérables, et en particulier une trentaine de canonnières; mais l'escadre du Peï-ho, composée seulement dans le but de faire escorte aux ministres français et anglais, ne comprenait, outre la Maipciointc el le Corommdcl, que le Chempoake, monté par l'amiral Hope, sept bateaux à va[)eur, di\ canonnières et deux bateaux de transport. Néanmoins l'amiral se croyait, avec ces ressources, en mesure de triompher de tous les obstacles; il fut donc décidé que l'entrée de la rivière serait forcée, si, comme cela paraissait probable, cette mesure extrême devenait nécessaire.
Le 2'j, une sommation, adressée par le commandant de la sonmi.ni,.,, Hotte anglaise aux autorités locales, leur enjoignit de débar- n,„„,,il,i:i"i-rasser le passage, faute de quoi lui-même y procéderait, futce par la force. Aucune réponse ne donnant satisfaction à cette exigence, les journées du a 3 et du a 4 furent emplovées aux préparatifs pour une lutte désormais inévitable, et il fut cuii-
venu, dapW^s les intentions du plénipotentiaire Irançais, qnen cas d'attaque le \or:ai>ai(ii/ et la compagnie de débarquement installée à bord du Dnchnijln. commandant Tricault, se placeraient sous les ordres de l'amiral anMais.
Défenses Lcs défcuses des Chinois consistaient en loris détachés sur
du Pei-iio. les deux rives et reliés entre eux par une ligne continue de parapets en terre, garnis de batteries rasantes. En outre, des obstacles placés en travers de la rivière présentaient trois barrages successifs : le premier l'orme de chevaux de frise fixés dans le fond: le deuxième, de madriers reposant sur l'eau, réunis par de fortes chaînes de fer, et assujettis à des pilotis; le troisième figurait un immense radeau, de ^o à h^ mètres de largeur, que des pilotis soutenaient également.
Le a3, le ^ovzairarmj franchit la barre sans accident. Les parapets de l'ennemi restaient déserts et silencieux; les Ijatteries étaient masquées par des rideaux de nattes. Cette attitude, si peu en rapport avec les habitudes chinoises, dénotait une discipline inquiétante; mais il n'était plus temps de reculer.
Dans la nuit du au au 25, des embarcations envoyées par l'amiral passèrent entre les intervalles du premier barrage, et parvinrent, au moyen d'artifices, à faire sauter quelques madriers du second; le résultat de cette opération fut d'ailleurs insignifiant.
Le ai), le gouverneur général du l'e-tche-li, par une lettre
ambiguë adressée au ministre anglais, essaya sans succès
d arrêter les iioslililés. Le moment définitif de l'attaque était
arrivé.
Efforts coiiiic Les bâtiments avaient été disposés vis-à-vis des forts, et l'.v
les . , . ,
b.irra0es. luiral, uionté lui-même sur Ir Plon-r, donrja Tordre à cette ca-
— <) iioiimôre el à / Ojiossiiin di.' s ainanor loiiciiiciil ;'i I un des clievtiiiv (le frise ch; la première estac.ide et de lâcher de Tarraclier. On nhissit ainsi à pratiquer une ouverture suflisaiito pour le passa^j^e des deux canoMiiières; niais, en ce moment, les Chinois commencèrenl à lirer des loris et des batteries rasantes, (|iii jus(pn^-là n avaient cessé d'être nias(jU(;es. Tous les bàlinienls delà flotte répondirent à ce feu, et la canonnade fut enjjajjée suitoute la ligne. Cependaiil les lioulets de Tennemi étaient princi- |)alement dirij^és sur les canonnières, et avec une telle précision, cpie bientôt dix-sept hommes étaient atteints sur le l'hirrr. dont les chaînes furent brisées, ainsi que celles de /"Oy^o.s.s»/».l'une et l'autre furent entraînées à la dérive. Lainiral dut alors se faire conduire dans la baleinière du commandant Tricault, qui, pendant le combat, s'était tenu à ses côtés sur II' CoriHoran.
Vers la fin de la journée, le feu des ouvrages ennemis s'étani ralenti, l'amiral crut être |)arvenu à l'éteindre, et tenta, par un suprême efl'ort, de déterminer le succès.
Les troupes de débarquement, ayant à leur tête le comman- \ii,,que .les f«Hs dant ïricault, furent jetées à terre pour enlever les forts de .iv^taûcbe. la rive gauche; mais à peine eurent-elles touché le rivage, qu'elles furent assaillies par d'effroyables décharges. Pour parvenir aux fortifications, elles avaient à traverser un terrain vaseux, où elles enfonçaient jusqu'à la ceinture, et à franchir trois fossés dont le dernier, large de quatre mètres, avait deux mètres de profondeur d"eau. Ces obstacles, augmentées par le feu violent des batteries, n'ébranlèrent ])as le courage des hommes; mais un petit nombre d'entre eux seulement purent parvenir jusqua 11 pied des ouvrages. Les forces étaient épuisées,
HtHriiile.
Les alliés
se retirent
à Sbang-li.iï.
Consé<|ueit(-es lies .■tfl"airo> (lu IVï-lu'.
\e> munitions mouillées et hors de service, les échelles d esciilade brisées par les projectiles : Théroïsme ne pouvait triompher d'une résistance trop supérieure, et il fallut songer à la retraite. Grâce à la nuit et à l'irrésolution des Chinois, (jui n'osèrent pas sortir de leurs retranchements, elle s'opéra sans trop d'accidents.
Néanmoins la journée avait coûté cher : une quinzaine de marins de débarquement et un oflicier avait été mis hors de combat du ccUé des Français; les Anglais avaient eu plus de 43o hommes atteints par le feu. L'amiral Hope et le commandant Tricault avaient eux-mêmes été blessés; en outre, trois canonnières avaient été coulées.
Recommencer le combat dans des conditions aussi inégales était impossible. Les alliés durent se retirer à Shang-haï, laissant à leurs gouvernements le soin d'arrêter les mesures propres à punir cet acte de perfidie.
Lap[)rol)ation donnée publi(|uement par 1 empereur de la Chine au\ autorités de Takou , à la suite de ces événements, témoignait l'intention arrêtée, de la part de son gouvernement, de saflranchir des obligations du traité de Tien-tsin et d'anéantir ainsi les résultats de notre première campagne. D un autre côté, les malheureuses affaires de Pei-ho ne pouvaient manquer d'être présentées sous un jour qui affaiblirait l'autorité des puissances européennes dans les mers de l'Inde, de la Chine et du Ja[)on : la marche de nos opérations, entreprises dans la Cochinchine avec le concours de l'Espagne, pouvait être ainsi entravée; le traité conclu avec le Japon, le 9 novembre i858, à la faveur de celui de Tien-tsin, pouvait être également compromis.
(If-s Fi'.iriniix
l't la l'ipine il'Aiii^li'-
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iiotivello
Llioiiiieiir (lu (Iraj)L'aii, 1 iiiirri'i nalioiial, la j)()lili(|ii('. l(jiil i.Km|icT™r se réunissait pour commandiM' une nouvelle ex[)éclilion. Il l'ai- ..t'il lait i[u'entre|)rise avec des Ibrces suffisantes elle inllijjeât au\
Cihinois le châtiment de leur perfidie, qu'elle les contraimill à ""'''"""
i ' l O pour une 110)
donner satisfaction aux justes exigences de la France et de 'M"'''"'" l'Angleterre, et qu'elle pût assurer pour l'avenir, dans ces parages lointains, le respect du droit des gens et la conservation des grands intérêts de la civilisation européenne. L'Empereur des Français et la Reine de la Grande-Bretagne ne tardèrent pas à se concerter dans ce but.
CHAPITUE PllEMIKIJ.
Le a novembre i85c), l'Empereur arrêta ia composition des forces françaises qui devaient prendre part à la campagne; il prescrivit en même temps toutes les dispositions de nature à assurer le bien-être et la santé des troupes, soit pendant leur longue traversée, soit après leur débarquement en Chine.
Par décret du i3 du même mois, l'expédition fut confiée au Lei;(n.iai gênerai de division CiOusin-Monlauban, avec le titre de com- est nomuR mandant en chef des forces de terre et de mer. Ce double pou- ^„ei,ei
r i*. 1 • ii'ill" 1' ' i ' \ 1 l'.des forces de lerre
voir répondait au besoin d établir 1 unité dans la conduite „, j„,,„.
I et de mer.
d opérations entreprises à une si grande distance du siège du '''""*''"''"■''■' gouvernement.
Le succès de la mission était attendu bien moins des eflorts caiacitie
I 1 1 • I • 11 • 1 T • militaire
de la diplomatie que de la puissance des armes. Les instruc- de lexpédition. lions remises par le ministre de la guerre au général avant son départ ])rouvent en effet (pie, dar.s 1 origine, l'action attribuée au commandement militaire était tout à fait prépondérante.
remises ^la coiuiun i.ii chef.
— u — insiiuciions L aiiulj se (Ji' ces iiistriiclions, sanctionnées par rEmpereur et ndont conformes, autant que j)ossible, à celles que donnait le gouvernement anglais à ses agents, suflit pour faire comprendre imme'diatement le sens de Texpe'dition , tel qu'il fut d'abord de'fîni. En voici les points principaux :
coiiiiuaîidemeni Lc titro do comuiaudant en chef des forces de terre et de mer comporte une autorité générale et la plus grande part de responsabilité; mais le caractère mixte des opérations impose une certaine réserve au commandant.
Accord Les diflicultés nautiques, les conditions à remplir par la ma-
avec la iiiaiine. . i' i i i • '
rine pour l ordre de combat exigent qu aucun mouvement ne soit ordonné sans avoir recueilli et pris en considération l'avis du commandant de la flotte, lequel devra, toutes les fois qu'il sera présent sur les lieux, assister aux conseils. ucord Pour assurer l'unité des vues et l'ensemble des efforts, l'en-
0V6^ les \DR'1(US.
tente avec le commandant des forces anglaises et les bonnes relations à entretenir avec les généraux alliés sont recommandées comme un point de première importance.
Butàaiieiiidie. Lc but dc rex|)édition est ainsi tracé :
1° Dépasser le point où la marche des ambassadeurs a été arrêtée (c'est-à-dire lembouchure du Peï-ho);
2° Prendre, à portée de la capitale, une position solide et menaçante, marquée d'avance vers Tien-tsin par la disposition géographique des lieux et les études déjà faites.
Marche a suivre. La uiarche générale des opérations devra consister à déterminer, de concert avec les amiraux, un rendez-vous pour les bâtiments, y réunir les forces nécessaires, et s'emparer successivement de 1 ile de (îhusan et de quelque autre lieu de débar- (juement dans le golfe du Pe-tche-li; forcer ensuite les posi-
- K) — lions {|ui (léreiidenl l'entrée du IVi-lio, en délriiir(! les onviajres, et marcher snr ïien-tsin; se rendre maître de ceU(! ville et s'y établir assez solidement |)Our n'avoir pas à reculer.
Cette altitude devra décider le gouvernement chinois à accepter nos conditions; sinon, Tien-isin sera occupé de ma nière que les troupes de terre et de mer y puissent prendre leurs quartiers d'hiver.
Dans le cas enfin on, contrairement aux prévisions, il pal'aîirait nécessaire aux commandants des forces françaises et anglaises, aussi bien qu'aux ministres des deux puissances, de se porter sur Pékin, des mesures seraient adoptées en commun pour le succès définitif de cette dernière attaque.
Au point de vue de la conduite de la guerre, les principes Base d'opérations. généraux se résument dans celui-ci : les navires devront être, en toute circonstance, la base des opérations inévitablement enchaînées à la ligne des eaux navigables; les bâtiments seront des citadelles flottantes, puissants auxiliaires de combat, et en même temps des hôpitaux, des dépôts d'approvisionnements et des moyens de transport.
Le dernier point, et peut-être le plus délicat à régler, \proni
, , !• I • 111» 1 ' ■ 1 ' ' .ivccladiploiiialic.
était la part de la diplomatie. Il lut décide quau commandant des forces de terre et de mer appartiendrait plus [)articulièrement de fixer à (|uel moment et à quelles conditions il conviendrait d'ouvrir les négociations et de conclure un armistice; que. pendant les opérations, la diplomatie se bornerait à éclairer le commandant sur les concessions à obtenir du gouvernement de Pékin; et qu'aussitôt que l'action des armées alliées aurait rendu opportune l'intervention du ministre de l'Empereur, ce haut fonctionnaire reprendrait les attributions de sa
mission avt'c les pleiii|joteiitiaires chinois, sous lobligalion tle
se concerler avec le ministre de la Gran(le-Breta{';ne, et de
s'entendre avec le commandant en chef des forces françaises.
i.ci;t-neiai.iimim. Le général Jamin, nommé commandant en second, était
riiiniHiiii(lai]| . , , , • 1 r- 1 I
en secomi. dosignc jîonr prendre ie commandement en cnet, dans le cas où une circonstance quelconque empêcherait le général Montaulian de l'exercer; il devait, par suite, prendre connaissance des instructions et être admis dans les conseils. i:oinposiiioi. Il avait été décidé, dès le [irincipe. que le corps expédiexpéditioniKiiie. tionnaire, sous les ordres d un gênerai de division, compren- <lrait deux brigades d infanterie avec des troupes de différentes armes, portant l'effectif à environ 8,ooo hommes.
Après quelques modifications de détail, l'organisation fut définitivement arrêtée de la manière suivante, et notifiée au général .Montauhan par le ministre de la guerre (91 novembre 1809).