‹ Relation de l'expedition de Chine en 1860Chapitre 8 sur 30 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Le ministre de la guerre avait jugé ne'cessaire que le général Monlauban, son état-major et les chefs de service prissent la voie de Suez, afin de précéder en Chine les troupes de l'expédition et d'y préparer la campagne.

Le 1 2 janvier i 860, le général et ses officiers s'embarquèrent u cnmmandani

PII rupf

à Marseille sur le Pmilhor, de la compagnie péninsulaire, qui s,.mk.rqueà

, 1** 1 • lAi i*r\i''i 1** Marseille.

les conduisit en quelques jours a Alexandrie. Ue la, ils se din- (i2ja„vieri86o.'

gèrent, en passant par le Caire, vers Suez, et montèrent à hord

de la Némésis, pour traverser la mer Rouge. Ce bâtiment, qui

devait se rendre définitivement à Bombay, les déposa à la

pointe de Galles, où, après une relâche de quelques heures,

ils prirent un autre navire à destination de Hong-kong.

lis débarquèrent dans cette île le 26 février; six semaines iidéh.uque S étaient écoulées depuis leur départ de rrance. ic q6 février.

Le commandant en chef, ayant mis pied sur la terre du Céleste Empire, était dès lors en plein exercice des pouvoirs qui lui avaient été conférés.

Le jour même de son arrivée, il reçut la visite du contreamiral Page, commandant la division navale des mers de Chine, et se mit en relation avec l'amiral Hope, qui exerçait les mêmes fonctions dans l'escadre anglaise.

visit<> à Macio Le 28,11 j)artit pour Macao et Canton , où il visita la {rarnison

et à Canton. . r i i- p * r^ 1 *i 'iii"

et les établissements Irançais. Lette dernière ville lui ayant paru trop insalubre pour y conserver des malades, etHong-kong n'offrant pas, sous ce rapport, des conditions meilleures, il reconnut la ne'cessité de maintenir l'hôpital déjà établi à Macao et donna des ordres à la marine pour le renouvellement d'un bail qui était près d'expirer.

Discussion De l'ctour de son excursion, le 3 mars, le commandant en

(lun*^ point chef eut avec les amiraux une entrevue dans laquelle fut agitée

«lerassemblement i -i ,• r l'ii" Jl'J "i

ouriescoD'i !& première qucstiou posec par les instructions, le choix nu point cspéd.tionnaires. j^ rassemblemeut des corps expéditionnaires.

De l'avis de tous, Hong-kong était trop éloigné du théâtre des opérations définitives, et il fallait adopter un emplacement plus avancé vers le nord, pour y former les magasins de la marine et les centres d'approvisionnement de l'armée.

Les amiraux désignaient la grande île de Ghusan, dont la rade offre un excellent mouillage à l'abri de tous les vents; mais le général insista vivement sur les raisons qui lui faisaient préférer Shang-haï. Suivant lui, Chusan, exclusivement occupée par les Chinois, ne pouvait être attaquée qu'après une déclaration de guerre et avec des forces suffisantes, tandis que l'établissement de troupes sur les concessions européennes de Shang-haï s'opérerait sans résistance et n'amènerait aucune modification dans les rapports avec le gouvernement de Pékin. Il fit ressortir les avantages du port de Woosung, qui, placé à l'embouchure du Wampoo et à la kilomètres de la ville, lui sert véritablement de rade pour les gros bâtiments et tient en échec toute la province de Kiang-sou.

Les conditions de salubrité passaient d'ailleurs pour être

plus favorables à Shan{j-haï qu'à Chusan. Cette considération ajoutait iin nouveau |)oids à ro|)iiiion du ge'néral, qui finit par déclarer que, dans aucun cas, il ne consentirait à la tentative d'un coup de main incertain, dont les suites pourraient compromettre Finfluence morale des alliés.

Cette discussion, qui, en l'absence de sirHope Grant, ne j)oiivait recevoir de solution définitive, se renouvela [)lMsieurs fois dans la suite, soit à l'instijjation des amiraux, soit sous l'empire de certaines pensées politiques des Anglais, à (jui Ion pouvait supposer des vues sur Chusan, déjà occupée par eux en 1 8/io.

Un rapport du contre-amiral Protêt, envoyé en reconnaissance à quelques jours de là, donna surtout matière à de vifs débats sur la question. Ce rapport représentait en effet, et avec raison, les habitants de l'île comme désireux de voir arriver des troupes, dont la présence serait pour eux la source de grands profits, en même temps qu'elle les protégerait contre les irruptions continuelles des pirates. Mais, à côté de la population, il y avait une force de 9,000 hommes, dont /ioo tartares et 1,600 miliciens ; et, quelque peu de valeur qu'on attribuât à cette garnison , on ne pouvait supposer qu'elle céderait facilement devant 5 ou 600 Français et Anglais tirés de Canton, suivant la proposition de l'amiral Hope. D'ailleurs, était-il prudent de dégarnir cette ville, peut-être à la veille d'entrer en hostilités avec le gouvernement chinois, qui pourrait tenter de remuer toute la province de Kouang-toung?

Le général Montauban, tout en exprimant l'intention de se soumettre à l'avis de la majorité et de sacrifier son opinion à l'intérêt de l'entente et du concours des deux puissances , ne cessa

d'insister sur l'importance de ces considérations, et, en fin de compte, comme le prouvera la suite de ce re'cit, Chusan ne fut occupée qu'après la guerre de'clarée.

I,. Rendrai Rii chef Le commaudant en chef, à la suite de son entrevue avec (nmars.) lesamiraux, s'était embarque le 5 mars surir rorbtn, aviso à vapeur, mis à sa disposition, se dirigeant sur Shang-haï, où il arriva le i a et retrouva une partie de son état-major et des chefs de service, qui ne l'avaient pas accompagné à Canton.

Le corps expéditionnaire devait emprunter à la Chine même une partie de ses moyens d'action avant d'ouvrir la campagne; c'était princi[)alement pour assurer la prompte réalisation de ces dispositions que l'arrivée du quartier général avait dû précéder celle des troupes.

siiuatioi. Au point de vue des préparatifs, les deux puissances alliées

(iifférenle . . i • rï" '

(les deux années 86 trouvaient datts dcs conditmns ditierentes.

En effet, l'armée anglaise, tirée presque entièrement des Indes, n'ayant à effectuer qu'une courte traversée, pouvait en quelque sorte se constituer chez elle avec tous ses éléments, avant de se transporter dans l'empire chinois, où, d'ailleurs, des établissements anglais considérables lui fourniraient toutes facilités pour compléter son organisation définitive.

L'armée française, au contraire, avait dû, en prévision d'une longue navigation, s'alléger autant que possible avant son départ; elle arrivait dans un pays où la France ne possédait presque rien qui pût être mis à sa disposition, et où, par conséquent, il y avait, à force de soins et d'intelligence, à créer des ressources temporaires de toute espèce.

Le géiu'ral se mil h Wrwwc sans retard; les cIkîIs do ser- imtaiiniion vice, arrivés seuls de leur personne, fonctionnèrent activement ,, sh,„|.-hii. sous son ardente impulsion.

On parvint ainsi, mais avec beaucoup de peine, à installer le trésor, le campement et les subsistances. La cherté des loyers et la diniciilté de se procurer un emplacement convenable firent renoncer au projet d'établir à Slian{j-liaï les ateliers de l'artillerie . et le général se réserva de les porter à la presqu'île deTche-fou, qu'il songeait dès lors à occuper.

Il fit en même temps préparer des approvisionnements de bambous, de nattes, de sacs à terre, confectionner des échelles et réunir des bois de fascinage, qui, d'après les renseignements jiarvenus sur la nature vaseuse et dénudée du terrain autour des- forts du l'eï-ho, pouvaient être d'une grande utilité en prévision des opérations de siège.

Ces travaux furent confiés en entier au colonel d'artillerie, en l'absence d'un chef du génie : le lieutenant-colonel Déroulède- Dupré avait été tué dans une affaire contre les Cochinchinois, et son successeur, le lieutenant-colonel Livet, ne pouvait arriver que plus tard (vers le fîo avril), pour prendre ses fonctions.

Indépendamment des questions ordinaires de subsistances Remonte. et d'établissement, le commandant en chef, dès son arrivée à Shang-haï, eut à s'occuper de la remonte.

Comme on avait dû renoncer, en France, à l'embarquement des chevaux, il fallait, à tout prix, se procurer 1,200 bêtes de selle et d'attelage pour les besoins du corps expéditionnaire.

La Chine malheureusement en est presque absolument dépourvue. A peine la maison Remy-Schmidt, bien posée dans le pays, avait-elle pu, à la suite d'un marché passé avec le capi-

Reninntf au J;ij)oii.

— U — taine])esmar(|iiais. en roiii'iiir nno cinquantaine do constitution passable; les Anglais eux-mêmes, malgré lëtendue de leurs relations, n'avaient pu réunir plus de deu\ cents chevaux, dont (piel([ues-uns d'une taille inférieure à celle de nos ânes.

Des résolutions énergiques durent être prises en présence de ces dilficultés. ITabord. pour se conformer aux ordres du ministi'e de la guerre, une commission de remonte fut institue'e. ayant pour président le colonel d'artillerie deBentzman, dont le service était plus particulièrement intéressé au succès de ses opérations. La maisonRemy-Sclnnidt vit son marché rompu, et, à partir du i5 mars, elle dut ne plus opérer (ju'à titre de courtage, et présenter des chevaux à lacceptation des officiers acheteurs. La taille minimum des bètes, destinées la plupart à l'artillerie, fut fixée à 1 mètre ^o centimètres; condition (jui. à part l'insuffisance de la production, ne pouvait être remplie sur le territoire chinois.

Les choses ainsi réglées, le général se décida à mettre à contribution les ressources chevalines du Japon, sur lesquelles il avait eu des renseignements favorables. L'intendance reçut Tordre de passer de nouveaux marchés pour tirer de cette contrée la plus grande partie des clievaux nécessaires; MM. les capitaines de Cools et Montauban . munis d'une lettre de recommandation pour M. de Bellecourt, consul général de France à \édo, furent envoyés en mission pour assurer un bon résultat à ces dispositions.

En même temps, le sous-intendant Blondeau, appelé à Manille pour les besoins de l'administration, fut chargé d'en expédier les bêtes d'attelage et les charrettes (jui pourraient s'y trouver.

?>?> — La mission delà remonte au Japon eut, à surmonter de grands Diiiin.uc»

. , , . (:l succès

obstacles opposés à la sortie des animaux par les autorités, qui ,|,. ,„ ,„■,,,;„„, se j)laiî;naient de l'épuisement du pays, déjà exploité par les Anjj^lais, et se montraient fort iiupiiètesdes conséquences de la guerre de (Ihine. Néanmoins l'énergique persistance des olliciers et le concours dévoué que leur prêta le consul général dans leurs rapports avec le gorogio (conseil des ministres) finirent par triom|)liei' du mauvais vouloir du j'^ouvernement, dont les hésitations furent d'ailleurs combattues par l'envoi d'un aviso à vapeur dans les eaux de Kanazawa.

La maison Vauclier, de Sliang-haï, opérant à Kanazawa, et le représentant de la maison Remy-Schniidt agissant à Nangasaki, dans File de Kiou-siou. parvinrent à acquérir environ 1,100 chevaux, qui, avec ceux achetés en (Ihme et à Manille, complétèrent la remonte de l'armée.

Les bêtes du Japon commencèrent à arriver le i" mai , et les umée convois se succédèrent à Shang-haï pendant tout le mois. Les des derniers furent conduits directement à Tclie-fou, au moment

.lu .1.

où le corps expéditionnaire y installait son campement.

Le prix moyen d'acquisition ne s élevait qu'à 2 1 0 francs par tête; maisilfalluty ajouter la somme exorbitante de 2^10 francs pour la traversée.

Ainsi se trouva résolue une question qui avait causé d'abord de bien vives préoccupations au commandant en chef, et à laquelle était intimemement lié le sort de la campagne.

Gomme complément aux mesures prises à Shang-haï pour cwiies. les besoins de l'expédition, le général, se conformant aux usages du pays [)our en utiliser les ressources, ordonna la formation d'un corps de transports auxiliaires de l'armée, composé de

— 30 ~ 1,000 coolies, qu'il avait primitivement fait venir de Canton dans le but dépargnor à ses troupes les rudes travaux si funestes aux Européens sous le ciel brûlant de la Chine.

Ce corps fut partage' en 5 compagnies, chacune de 200 hommes sous les ordres d'un lieutenant; le commandement supérieur en fut conOé au lieutenant de vaisseau Rouvier et l'administration, au sous-intendant chef des services administratifs.

Éléments (il. l'i'"' Tous ces soins d'organisation n'empêchaient pas le commandant en cliei de préparer son plan de campagne. A laide du procureur général des Lazaristes et des Pères Jésuites, il était parvenu à se procurer des agents du pays et à faire partir deux Chinois chrétiens, porteurs d'une lettre adressée à monseigneur Mouly, évéque du Pe-tche-li. Dans cette lettre il demandait des renseignements sur les ouvrages du Peï-ho et sur le nombre des défenseurs chargés de les conserver. La réponse de ce prélat, qui n'arriva que longtemps après, fournit surtout des détails intéressants sur la constitution du gouvernement de Pékin, accoutumé à se défendre par la mauvaise foi, et dont il ne fallait attendre de réparation sérieuse qu'après l'y avoir contraint par un triomphe éclatant.

iicconnaissiincc D'uu autre côté, le contre-amiral Protêt avait été envové

contpe-i..nin,i pour rcconnaitro la presqu'de de Tche-fou, où le général avait

l'intention de compléter définitivement l'organisalion de son

armée, et pour rechercher un point de débarquement au sud

du Peï-ho.

Le projet d'attaijue des forts qui défendent l'entrée de cette rivière donna lieu à une divergence d'opinion entre les généraux alliés. Sir Hope Crant était d'avis de débarquer vers le nord, aux enviions du Peh-tang-ho, et de se dirigerensuite sur les forts de

la rive gauche ; mais le {jcnéral Montauban objectait que les loris (lu nord étant dotninc's par ceux du sud, l'enlèvement des premiers n'entraînerait pas l'évacuation des seconds, et qu'un nouvel assaut deviendrait ainsi nécessaire.

Le rapport de l'amiral Protêt, dont les informations devaient être plus tard contredites par une dernièrere connaissance, confirmait d'ailleurs la |)ossibilité d'une descente au sud sur la rive droite du Peï-lio; le chef français se promit donc de faire prévaloir son opinion dans les conseils qui seraient tenus ultérieurement.

Cependant le moment approchait où la position des alliés vis-à-vis du gouvernement chinois allait changer de caractère.

Dès le 8 mars, les ministres de France et d'Angleterre, uiiiinaium

11 r> ■ 1 /Il ir»ri" ii'lressé à l.i cour

MM, de Bourboulon et iJruce, avaient adresse a la courdePelvin ,ie Peki,,. un ultimatum pour protester contre l'acte de perfidie acconipli à l'embouchure du Peï-ho en juin iSSg.

Cette pièce officielle portait que, si, dans le délai d'un mois, les satisfactions demandées n'étaient pas accordées, ce déni de réparation serait considéré comme devant produire une situation hostile entre les puissances intéressées et l'empire chinois.

Depuis cette époque, des bruits pacifiques avaient circulé à diverses reprises; mais les nombreux préparatifs de résistance accumulés au Peï-ho les démentaient suffisamment.

En effet, le 8 avril, la réponse du gouvernement de Pékin Réponse arriva sous la terme d un relus net, peremptoire, témoignant de la confiance que lui inspirait la concentration de troupes considérables à l'entrée de la rivière.

La phase des hostilités commençait, un peu [)rémature'e pour le géne'ral Montauban, qui n'avait encore aucune nouvelle de ses troupes, accueillie avec satisfaction parles Anglais, dont les forces étalent déjà en partie réunies à Hongkong, et qui pensaient avoir leur corps expéditionnaire au complet dans les premiers jours de mai, lorsqu'à peine nos premiers transports pourraient arriver dans les mers de Chine.

JNos alliés manifestaient d'ailleurs depuis longtemps le désir de hâter le commencement des opérations ; et le clief de notre expédition, décidé en tous cas à maintenir le principe qu'aucun acte militaire ne serait entrepris sans le concours des deux armées, avait cru voir dans cette tendance la pensée d'écarter par tous les moyens possibles l'influence française, et de conserver aux Anglais la supériorité que leur avaient créée l'activité de leur commerce et la vue de leurs vaisseaux. Le miliisire La répousc du gouvemement chinois suspendant le rôle de

remet la diplomatie, M. de Bourboulon remit au commandant en

au commandant i(>ii-,- i iv • i i- ■ "f

en chef chet la direction des aiiaires, devenues exclusivement mili-

la direction , •

des affaires. tairCS.

ivunion Sir Hope Grant était arrivé le 6 à Shang-haï, et, le l 'i , une

militaires conféreucc , où figuraient avec les généraux alliés les contreministres des amiraux Page et Jones (ce dernier en remplacement de l'amiral """'^."jTv^ii.r' Hope resté à Hong-kong) et les ministres des deux puissances, eut lieu pour fixer certains points préalablement aux opérations. Détermination La première question traitée fut celle de la détermination du territoire chinois terHtoire sur lequel les faits de guerre devaient être concen-

snr leqnel ,

les opérations H "5.

L";ij)pllcation d'un blocus et la suppression du cabotage, à

doivent être concentrées.

partir du \ ang-tse-kiang jusqu'au golfe du Pe-tche-li et de

L('ao-lon{5[, élalcnl ronncllcmcnt cxpriinécs dans les iiislniclions (In miiiislrc et des clicfs anglais. I^c ponoral Monlaiiliaii . au conli'aiii', iiayaiil reçu aiicimc pnîscriplion à ccl rpard, jiduvait s'inspirer liltrenieni , dans la discnssion, de ses projjros observations el des avis recneillis auprèsde l'amiral Pa{je elde M. de Houi-ljoulon. D'ailleurs ces mesures oll'raienl de lels dangers, au point de vue de la sécurité de's personnes et des intérêts du commerce européen, (jue le ministre d'Angleterre en avait fait l'objet d'un mémorandum à son gouvernement. Elles devaient en ell'et avoir pour résultat de jeter dans l'intérieur des terres plus de loo.ooo Chinois restés sans travail, el. [)arsuile. disposés à troubler partout l'ordre qu'on voulait maintenir; d'un autre côté, le but principal qu'on se |)ro|)Osait d'atteindre par le blocus, et qui consistait à couper les vivres au gouvernement impérial, était déjà hors de portée, puisque les approvisionnements du nord avaient été rassemblés et e\j)édiés à Pékin.

Ces considérations entraînèrent l'opinion génc'rab' des membres de la réunion, et, malgré la [)récisioii des instructions anglaises, il l'ut décidé qu'aucune démonstration hostile n'aurait lieu contre les populations paisibles.

L'occupation de Chusan devait être le premier acte d'agrès- l'iéparatus

Il f • r I * • Il .lie l'expédition

sion: elle était prévue, et la situation nouvelle ne permettait ,ie chus,™. plus d'objection sérieuse à son accomplissement. Il ne restait donc qu'à s'entendre sur les dispositions à adopter et sur la date de l'opération.

Les Anglais tenaient à Hong-kong une force toute préparée pour l'expédition, et leur ministre, M. Bruce, prévoyant son remplacement par lord Elgin, son frère, n'attendait, pour lancer sa déclaration de guerre, que l'arrivée prochaine de la malle qui

— /iO — •levait l(^ fixer sur sa position. Aucun retard stMisible ne pouvait donc provenir de nos allies, (jui se montraient au contraire impatients de commencer les hostilités.

Il n'en était pas de même du général Montauban, dont les premiers navires étaient encore éloignés de plus de trois semaines de navigation. Désirant toutefois donner aux Anglais une preuve de son bon vouloir, sans se départir du principe des opérations entreprises en commun, il se décida a faire venir de Canton deux compagnies d infanterie de marine, formant un effectif de 2 00 hommes, et destinées à figurer dans l'occupation de Chusan.

Ces compagnies devaient être renvoyées plus tard à leur garnison, quil importait de ne pas affaiblir, en prévision des événements; elles turent en effet relevées à Chusan, le 8 mai, par deux autres arrivant de France.

Sur la demande du commandant en chef, auquel ce délai était nécessaire pour faire ses dispositions, l'expédition de Chusan fut remise au -2 i avril, et 1 île de Kintang désignée pour le lieu de rendez-vous des contingents des deux puissances.

Le contre-amiral Page, chargé de l'opération, arriva le 9 o au mouillage convenu, à la tête d'une flottille composée de la frégate amirale leDuchayJa, des canonnières l Avalanche et l'A larme, et du Saï^ou, portant les 200 hommes d'infanterie de marine sous les ordres du lieutenant-colonel desPallièresde même arme. Le général anglais sir Hope Grant et le contre-amiral Jones attendaient en rade les troupes venant de Hong-kong; elles parurentle soir même, formant un effectif de plus de deux mille hommes, et composées de deux régiments, le 67^ et le Qg*", de 260 marine's, d'une batterie d'artillerie, de quelques sapeurs et de marins des équipages.

— /il —

Le 9 1 nu malin, los deux divisions firent routo vers la {grande Etpi.iiiion

fil? Oliuk.'in.

Chusan : la |)elite escadre IVançaise tenait la lète. Elles défi- (so.nrii.) lèrent devant les forts (jiii défendent la raile de Ting-liaë, ville caj)ilale de l'île, et les trouvèrent désarmés.

Les bâtiments furent alors amarrés, et les chefs des deux forces alliées envoyèrent des officiers de terre et de mer pour exiger des autorités chinoises la reddition de l'Ile. Cette condition ayant été acceptée sans opposition, les deux mandarins civil et militaire s'empressèrent d'apporter leur soumission abord du vaisseau de sir Hope Grant.

Toutes les conventions relatives à l'occupalion furent réglées par les chefs anglais et français dans les termes d'un accord parfait.

Uneproclanialion, destinée à rassurer les habitants, avaitété rédigée à l'avance à Shang~haï par les soins de la légation britannique; le contre-amiral Page, qui n'en avait point eu connaissance avant son départ de Woosung, ayant cm y découvrir une certaine tendance de nos alliés à s'attribuer une importance un peu exclusive, fit dans ce sens des observations auxquelles le général Grant se rendit sans difficulté. La proclamation fut modifiée, et il resta décidé que, suivant les idées du général Montauban, le partage du territoire, en ce qui concernait les établissements militaires à occuper, serait effectué sur les bases de l'égalité la plus absolue, sans tenir compte de la différence des contingents expéditionnaires.

Le soir même du 21, les troupes françaises occupèrent les Prise forts de Jost-Hill et les portes du nord-est de Ting-haë; les deiaviiie

, 11" ' 1' • I ■ •, r 11 'le TinR-biic.

troupes alliées, 1 ancienne caserne anglaise, située sur la [«lage, ,21 avrij.i et les ports de la rade.

La mortalité qui avait décimé le régiment anglais Camr'ronlcn, campé dans l'intérieur de la ville en 18^0, et le danger (jui pouvait exister, au point de vue militaire, à renfermer ainsi des troupes, avaient déterminé le choix d'une installation en dehors des murs, coaventioiis Lcs points pHucipaux de la convention passée entre les com-

tes rhefs auiés maudants des forces françaises et anglaises et les mandarins

el les .

.liiiuiarinsdenie. portaient :

1° Ohligation, de la part des autorités de l'ile et de la ville de Ting-haë, de remettre entre les mains des alliés, sous pavillon neutre, les armes, les postes militaires et le gouvernement desdites ile et ville ;

9° Licenciement de tout corps militaire chinois, avec liberté pour les individus de se retirer où bon leur semblerait ;

3° Nomination de quatre commissaires, dont deux pour la France et deux pour l'Angleterre, chargés d'exercer un contrôle supérieur sur tout acte des autorités constituées dans l'ile ;

li° Maintien des mandarins civils dans l'exercice de leurs fonctions, soit municipales, soit judiciaires, soit administratives, soit relatives à la collection des impôts, sous la surveillance des commissaires placés eux-mêmes sous la direction des commandants supérieurs des troupes ;

5° Ordre assuré dans la ville el dans l'ile par les troupes alliées, à l'aide d'une police prise dans leurs rangs.

Le lieutenant-colonel Martin des Pallières fut installé comme commandant militaire français; M. de Méritens, attaché à la légation de France, fut nommé commissaire.

Le brigadier Reaves fut constitué commandant supérieur an-

glais, ayant pour commissaires le vice-consul (le Ni n{j-|)0, ancien interprèle, et un caj)itaine.

I\ir suite de la faiblesse des mandarins, la prise de possession s'étant bornée à une installation de troupes, le ge'ne'ral sir Hope (jrant ne séjourna que vinp,t-(piatre heures dans l'île et partit pour Hong-kong après avoir prescrit quelques mesures provisoires.

Dès le lendemain de Toccupation, tous les services fonctionnaient avec régularité et sans entraves; les commissaires alliés, établis dans une même maison, avec un prétoire commun, s'entendaient pour toutes leurs relations avec l'autorité chinoise civile, et en référaient aux conmiandants supérieurs pour les questions importantes; la j)olice, placée sous leur direction, assurait la tranquillité; les populations se montraient satisfaites de ce régime de protection, et les troupes, placées dans les meilleures conditions possibles de l)ien-être et de salubrité, étaient prêtes à toute éventualité.

Ce travail d'organisation fit grand honneur à l'amiral Page, visUe ,iuj!ei,n;,i pariaitement seconde par le lieutenant-colonel des l'allieres. àchusan. Le commandant en chef, lors d'une visite qu'il fit à Ghusan, le 8 mai, leur en témoigna toute sa satisfaction.

Il constata à cette occasion que les conditions de l'occupation avaient été réglées de manière à laisser toutes les réserves possibles au gouvernement français, pour le cas où la question d'un établissement permanent dans l'île deviendrait plus tard l'objet d'une discussion.

Le capitaine Dabry, du 5 i - de ligne, qui l'avait accompagné, fut d'abord adjoint à M. de Méritons; mais bientôt, le i 5 mai, par suite (lu départ de cet attaché, rappelé à Shang-haï par son

( 8 mni. |

— H — ministre, il resta seul investi des fondions de commissaire. Il fit preuve dans celte position de beaucoup de zèle el d'intelligence, et fut plus tard félicité pour le concours énergique qu'il prêta au commandant militaire dans l'accomplissement des actes relatifs à la poursuite et à la destruction de la piraterie. LcBénérai Daus les premiers jours du mois d'avril, et pendant qu'il se

,m„i le liire préparait a 1 expédition de Lhusan, le gênerai Montauban avait

î coimnaiulanl . i r a i i • • i 1 I ri:'

on chef appris, par une dépêche du ministre de la guerre, que i limcspe. non. ,g^j.^ ^Q^^^ ^^ j^jj couservaut la direction des affaires sous le

nouveau titre de commandant en chef de l'expédition, avait nommé l'amiral Gharner commandant en chef des forces navales dans les mers de Chine.

Position Dans ces conditions, l'amiral Charner n'était pas un subor-

de

laniiiai Charnel- douué commc Ic coutre-amira! Page, mais bien un auxiliaire, et,

au gênerai si le coucours de la marine restait toujours acquis, il ne pouvait

Montauba

être réclamé que sous forme de réquisition, et non plus d'ordre.

Cette situation nouvelle ébranla d'abord la confiance du général, qui prévoyait la possibilité de tiraillements entre les deux pouvoirs et la destruction de luiiité du commandement, si nécessaire à la marche des opérations.

Il était, de son côté, disposé à entretenir les meilleures relations avec l'amiral, et croyait pouvoir compter sur la réciprocité de ces sentiments; mais, dans le cas où une circonstance quelconque ferait passer l'autorité dans les mains du commandant en second, le grade du général Jamin serait-il sullisanl pour maintenir le commandementintacten présence du grade plusélevédu commandant des forces de mer? C'était douteux el inquiétant. Considérations On ue prévovait pas sur les lieux que l'action de la marine

surlerùie \ i • • i r ■ i''l'

de la marine, piildeveuir assoz isoloe pour exiger un partage d atlrinutions

— ir, — dans une guerre qui n'offrirait probablement pas Toccasion d'un combat naval. Le n*)le de la flotte paraissait devoir se réduire à des transports de troupes et de mate'ricl, et, loi-squ'il y aurait à remonter les rivières, véritables routes des convois do l'armée, la direction exclusive de la marche des petits bâtiments devait appartenir au commandant en chef.

Telles étaient les idées (jui préoccupaient certains esprits et en particulier le général; mais la prudence du ministre de la guerre avait heureusement tout pesé et prévenu, en conservant dans l'ensemble au commandant des forces de terre les pouvoirs qui lui avaient été dévolus dans le principe. Le commandant de la Hotte avait même accepté l'éventualité du commandement du général Jamin, sacrifiant ainsi à l'intérêt général toute prétention de corps et toute susceptibilité personnelle.

Des instructions précises et détaillées fixaient enfin les responsabilités et les rapports de service d'après ces bases.

L'amiral Charner, arrivé à Shang-haï le i 9 avril, était entré Arrivée

de

immédiatement en fonctions et s'était installé dans la rade de l'amirai chamer Woosung, à bord de la Rcnoinmce. {19 avril. 1

La meilleure entente s'établit entre les deux chefs; et, si, dans le cours de la campagne, des questions particulières de compétence ont été quelquefois soulevées, l'esprit de conciliation et le dévouement à l'œuvre commune ont toujours empêché qu'elles ne prissent des |)roportions regrettables.

A peu près à l'époque où le vice-amiral Charner prenait pos- Nomination

des ambassadeurs

session de son commandement, les gouvernements de France lordEigin

,... 1/' • IPIII'I • ^^ baron Gros.

et d Angleterre désignaient comme cheis de la diplomatie et leurs représentants en Chine le baron Gros et lord Elgin, les auteurs du traité de i858, dont ils étaient chargés de deman-

— liG — der l'exécution en même temps que les réparations dues pour la conduite des Chinois à l'embouchure du Peï-ho. Nouveau caractère L'ouvoi de CCS porsonuages changeait le caractère de Texpédi-

(le

l'expédition. tioH ; elle devenait plus diplomati([ue que militaire. Les instructions remises aux ambassadeurs étaient rédigées dans ce sens, et circonscrivaient l'emploi des mesures de rigueur dans la limite de celles indis])ensables pour forcer le gouvernement de Pékin à remplir ses engagements solennels. Toutefois les deux gouvernements avaient bien senti que le rôle des chefs militaires devait être respecté parles ministres plénipotentiaires eux-mêmes: si, à leur arrivée , les diplomates trouvaient les hostilitéscommencées, Is ne pourraient ni les faire cesser ni les suspendre, à moins que cette cessation ou suspension , de l'avis des généraux , n'engageât aucune opération ultérieure et ne compromît en non le salut des soldats; dans le cas contraire, les menaces ou sommations adressées aux Chinois devraient être mesurées sur les moyens d'action des corps expéditionnaires, dont les chefs militaires resteraient toujours les seuls juges.

Ainsi furent réglés les rapports mutuels de la diplomatie et de l'armée, et, afin de constater l'union de ces deux pouvoirs, il fut décidé plus tard que, lorsque le gouvernement chinois , contraint par la force des armes, consentirait à recevoir à Pékin les représentants des deux puissances, les chefs militaires les accompagneraient dans cette capitale de l'empire et partageraient ainsi avec eux les honneurs du succès, après lavoir assuré.

La notification officielle de l'envoi des ambassadeurs ne parvint que dans les derniers jours de mai au généraHlontauban, qui reçut en même temps du ministre de la guerre communication des instructions données au baron Gros. Ses préoccupations au

sujet de la situation nouvelle qui lui e'tait faite par la nomination (Fun commandant en chef fie la marine, et surtout par le chanjjement de politicpie des gouvernements alliés, cédèrent, dans son esprit, au sentiment du devoir et du dévouement au pays. Il pensait d'ailleurs que, trouvant l'occupation de Cliusan accomplie et les dispositions pour l'expédition dn nord fort avancées, les diplomates devraient laisser toute liberté à l'action militaire.

Le commandant en chef attendait donc avec impatience les bâtiments chargés des troupes et du matériel de l'expédition. Ses services étaient organisés et ses dispositions prises de telle façon, qu'aussitôt après le rassemblement des transports il n'aurait plus, pour être prêt à entrer en campagne, qu'à recevoir les chevaux du Japon et à faire ajuster à leur taille les harnachements de Tartillorie.

Vers la fin du mois d'avril, une lettre du général Jamin, datée de Singapour, à bord de l'Enlirpronantc, apporta les premières nouvelles de la flotte. Tous les bâtiments, à l'exception du Jura et de l'Isère, qui navaient pas encore été signalés, avaient touché au Cap de Bonne-Espérance du 9 3 janvier au i 5 février, et, après une relâche de quinze jours en moyenne, avaient été dirigés sur Singapour; ceux qui n'avaient à bord que des troupes de marine faisaient route directement du Cap sur Hong-kong.

Le r' mai, ïEnlreprmanU et la Garonne firent leur entrée dans la rade de VVoosungavec environ 1,700 hommes du 10 i*" et du 1 0 9*^ de ligne.

Ces troupes, malgré les conditions favorables dans lesquelles Désir dVcuper

ir, -, 'ri • ,• r ■ , i i • -ri immédiulemenl

S était opérée la navigation, éprouvaient ie malaise qui résulte la presquiie d'un long séjour à la mer. 11 importait donc de les débarquer Tcbe-rou.

Premières

nouvelles

(le la floUe.

Arrivée

(les premiers

(ranspor(s

à Woosuni,'.

Mission

Hong-kong

du chef d'état-major

général.

Késullal de sa mission.

— ^8 — lo plus lot possible; mais le littoral des environs, qu'on avait eu le temps d étudier avec soin, ne présentait pas, sous le rapport de la salubrité, des garanties suflisantes pour une installation prolongée.

Aussi le général Montauban était-il décidé à faire occuper immédiatement la presqu'île de Tche-fou, reconnue par l'amiral Protêt et cboisie comme lieu de réunion et d'organisation définitive pour le corps expéditionnaire avant les opérations du Peï-lio. Déjà l'ordre de mouvement était donné pour le i o mai, lorsque ^J. Bruce, le ministre anglais, fit observer que l'occupation de Chusan avait été retardée principalement sur la demande du chef français, afin que les drapeaux alliés pussent flotter en même temps sur les murs de Ting-haë, et qu il était juste, d après le même principe, que les deux armées marchassent parallèlement vers le nord.

Le général se rendit à ces observations et écrivit au commandant des troupes anglaises pour le prier de lui faire connaître ses intentions; il joignit même à sa lettre, dans un sentiment de loyauté, la copie de toute la reconnaissance faite dans le golfe du Pe-tche-li.

La réponse se faisant attendre, le chef d'état-major,lieutenantcolonel Schmitz, fut envoyé le 1 6 mai en mission à Hong-kong, pour determinerlasilualion.il obtint un ])lein succès auprès du général et de l'amiral anglais, qui se montrèrent très sensibles à cette démarche. Dans une conférence qu'il eut avec eux le 2 o , les conclusions suivantes furent adoptées :

"Le commandant en chef français pouvait occuper Tche-fou rr quand et comme il le voudrait; l'armée anglaise, renonçant à ff occuper cette position, serait réunie dans le nord, du 10 au

'• i5 juin, à Ta-licn-liouaa, à la |)oiiite méridionale du Leao- "tong, à vingt lieues de l'autre côté du golfe. •»

Cette solution tranchait toute dilliculté et laissait ainsi à notre disposition un emplacement sur lequel nos troupes et notre matériel ponnaieut être établis à Taise, dans un pays abondant en ressources; si, au contraire, nos alliés avaient persisté à l'occuper conjointement avec nous, comme ils en avaient manifesté l'intention dans l'origine, l'espace et l'eau auraient fait défaut.

Le lieutenant-colonel Sclimitzs"em|)ressa d'écrire au comman- N.iuir.ni;e dant en chef pour lui faire part du résultat de sa mission ; mais r/«,e. avant de le rejoindre lui-même à Shang-haï , il se lit arrêter sur sa roule, à quatre-vingt lieues nord de Hong-kong, dans le |)ort d'Amo), où l'hhr venait de faire naufrage.

Le 17 mai, ce transport avait touché sur une roche à marée basse, au moment où le commandant donnait l'ordre d'arrêter la machine pour mouiller dans la rade ; malgré le peu de vitesse de sa marche , il s'était tellement engagé sur Técueil , qu'il refusa d'obéir à la barre lorsqu'on voulut lui imprimer une autre direction. L'eau envahissant les cales, il fut bientôt évident que le bâtiment était perdu, et l'on procéda de suite au sauvt;tage de l'équipage et des passagers militaires, qui furent recueillis sur la Saotip et sur deux trois-màts anglais nolisés à cet effet.

Le sauvetage de la cargaison s'organisa ensuite, mais dans des conditions difficiles. Le transport était à cheval sur le rocher, l'arrière complètement submergé, l'avant seul élevé au-dessus des eaux : le flot, à marée haute, arrivait jusque sur le pont et suspendait alors tout travail.

Beaucoup dobjels furent avarie's et mis hors de service; mais, maigre les obstacles, tout le mate'riel put être débarque'.

Le chef d'état-major dirigea ces opérations avec un zèle et une fermeté qui lui valurent . plus tard , les témoignages de satisfaction du général. Il eut soin de faire charger sur son propre bâtiment, pour le transporter immédiatement à Shang-haï, le harnachenienl de lartillerie, si impatiemment attendu et dont le naufrage de l'Lsrir pouvait, priver l'expédition. siiuaiioii Cependant le nombre des trans[)orts français grossissait de

sur la rade . • i i i T\r 'ICI

(lewoosuni; jour OH jour dans les eaux de VVoosung, et, a la tin du mois,

le a8 mai. . , • . i j- r- • i /^

11 comprenait, outre I hniieprenatilp et la iiai-onnc :

LaDnjade (ayant à bord le général Coilineau.) ,

Le Rhône arrivés le i ;).

Le Calvados '

La Forte arrivée le 2 i .

La Vengeance arrivée le 93.

Le Juta arrivé le a.j.

Le Rhin \

Et la Saône (avec le personnel et une partie v arrivés le 28.

du matériel de Cfshe) )

ob.-eivatuM» Grâce au nouvel ordre établi à Toulon pour faire disparaître

sur la traversée . . 1 » 1

de ces 1 encombrement des navires . grâce aussi aux relâches prescrites . bâtiments, j^ traversée s'était achevée dans les meilleures conditions. D'ailleurs aucune précaution n'avait été négligée pour soustraire le moral des trou[)es de terre aux influences d'une si longue navigation. Les marches militaires exécutées sur les bâtiments mêmes, l'exercice des jeux, dont la prévoyance du Ministre les avait pourvus, les bals improvisés, les concerts périodiques des musiques régimentaires, les pièces de théâtre, représentées avec la verve comique qui distingue nos soldats, avaient, par un heu-

reux concours de distractions successives, soutenu la gaieté IVançaise contre les ennuis du régime de mer. L'état sanitaire avail dabord été assez vivement compromis jusqu'au Cap, par la fièvre typhoïde, le scorbut et la petite vérole: mais le si'jour à cette stationavaitgénéralementfaitdisparaitre toute trace de maladie. En somme, 33 hommes' seulement avaient succombé en mer :

A 1)01(1 (II' T Euli-epreninile lo hommes.

A bord (lu Rhiu 8

A l)or(l de la Vengeance 5

A bord (lu Colmiilos 3

A l)or(l de la Dri/ade 3

A bord du Jura i

A bord d(! la Forte 3

Total 33

Ce dernier transport, par suite de Fimpéritie du pilote, avait Avî.nes échoué sur un banc, à l'entrée de la rivière de Shang-haï. Il ne résulta, d'ailleurs, de cet accident, d'autres conséquences que l'envoi du bâtiment dans le bassin, pour y réparer ses avaries. pendant que son chargement était réparti sur les autres navires.

Le général Montauban, aussit(jt après avoir reçu le consen- Dpiiaii

IIP I • 1 • • / I • ''•■' |i''«i"iei's

tement des chels anglais a notre occupation immédiate et exclusive delà presqu'île de Tche-fou, s'était empressé d'organiser un premier départ. Le t^'juin, l'Entreprenante, la Garonne, la Bnjade, le Calvados et le Hlmie, escortés de la Gironde, transport de matériel, quittèrent la rade de Woosung pour la destination convenue.

La flotte était sous les ordres de l'amiral Protêt, et le général

' Représentant la proportion de 1/2 p. 0/0 environ.

liàlimerils

|>imr ïflie-foii.

(1 ' juin.)

Jaiuin, à bord de rEntirpirnaiitc était charge du coiniuandement de l'expédition.

Débm-.|uemeni Lc 8, les troiipos, parvenues au point de de'barquement, '(/juhiT descendirent dans des chaloupes rangées parallèlement au nord-est de la ville de \en-tai, et, au signal donné par le général et l'amiral, débarquèrent, sans rencontrer la moindre résistance, aux cris de rirr l'Empereur^ '.

Les mandarins avaient abandonné la ville; mais les habitants, restés dans leurs demeures, ne manifestèrent aucune disposition malveillante. Le marché était approvisionné par leurs soins dès le lendemain même de l'installation du camp. i)q«.i successif Les diverses fractions du corps expéditionnaire furent sucautres hàiiments. cessivemeut dirigées vers le nord, au fur et à mesure de leur arrivée et après une relâche de quelques jours à Woosung; ainsi /'• l\hin fit voile vers ïche-fou le 5, et la \ièrre le 9; le Jura . chargé d'une batterie de montagne , et d'abord retenu pour laisser aux canonniers débarqués à Shang-haï le temps de nettoyer et de remettre en état le harnachement de l'artillerie sauvé du naufrage de l'hère, reprit la mer le 1 4 , avec un premier convoi de 1 1 ^ chevaux du Japon. Le ah, la Loire. après avoir déposé l'hôpital qu'elle avait à son bord, appareilla à son tour, emportant le reste de son matériel et '100 chevaux tout harnachés, avec leurs conducteurs.

Le Calvados et la Garonne, de retour à Woosung, (piittèrent de nouveau la rade vers la fin du mois avec un chargement de chevaux. Le complément des animaux fournis par le Japon fut transporté directement à Tche-fou sur des bâtiments spécialement nolisés à cet effet.

' \oir planche 1\ .

Le ]\vH('i\ le .lapon *•[ I hiirojii'dii , transports chartjés des canonnières, mouillèrent dans la rade de la |)res(|ii ile le ("> juillet et les jours suivants.

Le Dnpcrré et la lîcnir des (flippers, partis les dcrnn'rs de i,, France, devaient leruicr la marche des bâtiments portant les ;;,,„.,/« ay^m.. troupes de terre; mais la llniicdcs Clippcrs, comme /"/.sht. élail '' '"'"' perdue pour l'expe'dilion.

Ce beau transport, frété par le g^ouvernement, portant environ 'loo hommes et plus de 900 tonneauv d'effets de cam- |)ement, avait été incendié, le 3 juin, auprès de Macao. Un matelot, descendu dans la cambuse avec une lumière, pour y prendre le rhum de distribution, fit sauter la bonde, et le feu prit immédiatement au liquide, qui se répandit dans la cale en ruisseaux enflammés. Tous les efforts pour maîtriser Tincendie étant impuissants, le commandant n'eut plus bientôt dautre ressource, pour sauver le personnel, que de venir s'échouer à la pointe d'une dos îles du g'roupe de Ladrone.

Les troupes, composées principalementd'artillerieetde génie, furent recueillies sous des tentes avec l'équipage , puis transportées à Hong-kong sur le Dcroulklo et la Duraiicc, et de là à \\osung sur k Shaiig-liaï, expédié dans ce but par les soins de laniiral Charner; quant à la cargaison, elle fut presque entièrement la proie des flammes.

Cette perte portait un coup sensible au corps expédition- iviu dtjsLisencs

.., ..-1 I , i*»!!'!! (riiabilleiiicnt.

naire; elle le privait de toutes les reserves d habillement, ressources qui, suivant les ordres du ministre, auraient dû être réparties sur les diflerents l)àtiments, d'un hôpital pour 5oo malades et de presque toute la pharmacie vétérinaire.

Un état de demande de remplacement fut aussitôt adressé en

A Shaiig-hai ( 18 juin.)

France, et, pour répondre aux besoins les plus urgents, l'orclre fut donné de faire confectionner immédiatement et sur place 800 vareuses.

Le Dupcnr, a|)rès avoir pris à Hong-kong la 7'^ batterie du 8'' régiment d artillerie, primitivement embarquée sur la Reine (les Clipprrs, toucha le 29 juin à l'embouchure du Yang-tsekiang et arriva le 1 0 juillet, un peu avant k Sliang-haï , fjui avait recueilli le reste des naufragés de ce transport.

La Forte, la Vengeance, tAnchomaque et la Persévérante, avaient de leur côté, débarqué les troupes de l'infanterie de marine, de sorte qu'à cette époque toutes les forces de l'expédition étaient réunies au point de rassemblement général. Conférence Pendant ce mouvement des bâtiments vers le nord, une con-

férence avait eu lieu. C'était le 18 juin, à Shang-haï, que le général Montauban, l'amiral Gharner, venu de Woosung, le général sir Hope Grant et l'amiral Page, arrivés depuis deux jours de Hong-kong, s'étaient réunis.

l'ian K^nérai Lc pLiu général dcs opérations à entreprendre dans les parages duPeï-ho fut discuté dans cette réunion, et les résolutions principales ainsi arrêtées furent consignées dans un procès-verbal :

rrLes deux corps expéditionnaires s'étant rendus, chacun de "leur côté, à leur poste de rassemblement et s'y étant constirrtués, le général Montauban, avec les forces françaises, irait r débarquer dans les environs de Ghi-kau, tandis que sir Hope "Grant débarquerait sur la rive gauche du Peh-tang-ho; ces "deux points pouvant être d'ailleurs modifiés par suite de nou- "velles reconnaissances qui seraient faites par la marine;

«Le double débarquement aurait lieu le 1 5 juillet, ou à une rdate postérieure, aussi rapprochée que possible:

(les opérations (lu Pei-ho,

«Dix jours avant Ttipoque qui serait iiltorieurenient fixéo, on ffse concerterait définitivement j)Our assigner aii\ llotlcsun icn- «dez-vous tel, que les doux drapeaux parussent en minne temps ff devant les forts du Pei-ho. -^

A la suite de cette conférence, le général et lamiral anjjlais avaient quitté Sliang-haï pour se rendre àTa-lien-liouan, où \o corps expéditionnaire de nos alliés était déjà réuni.

Le général Montauhan, qui de son côté avait liâlc de rejoindre ses troupes à Tche-fou, arrêtait les dernières mesures nécessaires pour compléter les ressources de l'expédition.

Dans les derniers jours do juin, il rendit une visite au baron Amv,e {.iros, qui venait d arriver dans les eaux de Vv oosung et de s in- àsi.ai.i;-iuii. staller sur /(' Diicli(n/I<i : il olVrit à 1 ambassadeur son concours empressé pour l'exécution de la mission qui lui était confiée.

Enfin, le g juillet, il s'embarqua sur h Forinn, et, le 6, il LeCumnuMKh.ni arriva à Tcbe-fou, où l'avaient précédé les chefs de service; pom Tihe-i..,,. mais, avant son départ, il avait dû pourvoir à la sécurité de Shang-haï et des concessions européennes situées près de la ville, contre les éventualités qui menaçaient de surgir pendant que l'armée opérerait dans le nord.

Les dispositions qui furent prises, dans ce but, de concert Disposiiiuns

ll*f i' ^1* • !•• 11 prises

avec nos allies, se rattachant a la situation politique des deux ,,our.assu.ei

Kiang, où les rebelles exerçaient toute espèce de brigandage, il .i^ shanfi-i. .v. est indispensable, pour en faire ressortir l'importance, d'exposer les fails qui s'étaient produits dans ces provinces depuis l'arrivée du commandant en chef.

Vers la fin du mois de mars, les rebelles s'étaient emparés de nebciics

. , . 1 11 ' I n 1 iliiiislesprciviiii:es

Hang-tcheou, qui domine toute la vallée du neuve de ce nom, et d.s.iPuxKun,;;. qui est le centre d'un comineire considérable de soieries et de

laine avec les Européens; de là ils menaçaient Sou-lcheoti el Ning-po. Tout le pays était ravagé; des gens sans aveu s'étaient même introduits jusque dans Shang-haï , et leur présence y avait semé la terreur.

Dans ces circonstances, les ministres de France et d'Angleterre avaient demandé au général s'il consentirait à faire garder la porte de la ville touchant la concession française. Ils finirent par obtenir son adhésion sous la condition expresse que nos marins seuls seraient chargés de l'occuper, et que leur secours serait réclamé directement par le tao-taï (gouverneur); mais ce fonctionnaire, tout en témoignant sa reconnaissance, n'osa accepter cette situation, dans la crainte de se compromettre vis-àvis de son gouvernement.

On en était là, quand la nouvelle de la reprise de Hang-tcheou par les troupes impériales et de la retraite des rebelles sur Nankin vint, en apparence, rétablir la tranquillité, sans faire néaiimoins disparaîti'e les inquiétudes de la population, lin.iis |>a. iiiqups. Au milieu des préoccupations, des agents anglais répandaient le bruit que le gouvernement chinois n'était pas éloigné d'accepter les conditions de l'ultimatum; nos alliés paraissaient d'ailleurs désirer la paix. Une telle solution était évidemment dans lintérêt de leur commerce: il n'était donc pas déraisonnable de supposer, avec quelques esprits prompts à s'alarmer, qu'une auj)mentation de leur armée , prochaine, disait-on . avait été décidée en vue de chasser les rebelles de Nankin et d'occuper, dans les mémesconditions que€anton , cette seconde capitale de l'empire. Déinarciies Lc tao-taï dc Shaug-liaï. très dévoué aux Anglais, avait an-

,\o shai,,;-hai uoncé contideutiellement qu'il se ferait volontiers l'intermédiaire entre les deux parties, mais qu'auparavant il voulait savoir si

SOS démarches stîraieni ajjrées par le corninamiaiit on cliel français. A ces avances, ipii Ini furent transmises |iar monsei- {Tiiour Borguet, vicaire aposlolique du Kiang-soii, le général répondit que cette proposition était hors do sa compétence, et que son devoir i'ohiigeait à entrer en campagne aussitiM après l'expiration des déhiis.

Les démarches en restèrent a ce point; mais bientôt, le a avril, i.e lou u.i sin-iiu« l'arrivée à Shang-haï de Sin-hué, grand dignitaire do l'empire, revêtu de la charge de fou-taï (gouverneur de province), donna une certaine consistance aux nouvelles pacifiques. Les honneurs qui lui furent rendus, la coïncidence de son vovage avec le terme fixé par 1 ultimatum, firent supposer que ce mandarin était chargé d'une mission importante et avait [)leins pouvoirs pour traiter. Le tao-taï donna un grand retentissement à ces apparences de dispositions conciliatrices; mais bient()t, malgré lui, dos renseignements particuliers firent connaître que le fou-laï Sin-hué avait eu, avant son départ, une conférence avec leseng-wangSan-ko-li-tsin,onclede l'empereur, chef du Peï-ho et représentant du parti de la guerre, et que ce dernier avait réuni à l'entrée delà rivière des forces considérables, en grande partie composée de Tartares. 11 fut dès lors évident que les Chinois, en l'envoyant, n'avaient ou d'autre idée que de jouer une de leurs comédies habituelles, pour tromper les Européens.

La date du 8 avril approchait, et les principales autorités du iiiqiHHii,i« pays s'inquiétaient vivement de l'attitude que prendraient les ,mtorités locaios allies en cas de rupture des négociations. Le gênerai Montauban ,ies aiiie*. répondit au supérieur des Jésuites, chargé de lui transmettre l'expression de ces craintes, que l'intention de l'Empereur des Français était de localiser la guerre dans le nord; une procla-

— :->s — niatioii, rédigée dans ce sens [)ar les ministres des deux puissances, fut allicliée dans la ville pour rassurer la population. i:ni„|,ii™ii,.iis Dans les premiers jours de mai. les aflaires politiques de la .1.-. |iiovi,..e<. province se compliquèrent de nouveau; le camp des impériaux devant Nankin fut enlevé par les rebelles, après une lutte au résultat de laquelle la trahison ne fut pas étrangère. La prise de Hang-tclieou suivit bientôt ce, coup de main, et Sou-tclieou, le point le plus important de la province par ses richesses et par ses relations avec les Européens, fut à son tour menacé. (>i;;uHis.,ii„„ Les rebelles avançaienl, mettant tout à feu et à sang sur leur

lies . 1 ■ • 1 1 • • • 1

icheiips. passage, suivant le principe de leur organisation, qui parait être celle d'une véritable jacquerie. On les disait divisés en (juatre Ijandes. sous les ordres de deux chefs, qui s'intitulaient les lieutenants deTaï-ping-houang. le problématique empereur de la dynastie des Ming. Chaque bande, distincte par la couleur de sa bannière, avait reçu sa mission spéciale: la bannière noire, de tuer; la rouge, d'incendier; la blanche, d'assurer les vivres: et la jaune, de procurer l'argent nécessaire à la solde.

La nouvelle de leur approche avait répandu dans Shang-haï une frayeur que ne pouvaient diminuer ni les précautions prises par les alliés ni le sentiment de la supériorité des forces européennes; la panique fut à son comlile. lorsqu'on apprit que Sou-tcheou venait d'être définitivement pillé et que ses faubourgs avaient été brûlés, tant par les rebelles ((ue par les impériaux, réunis à leurs adversaires dans cette œuvre de destruction.

Sur la demande du tao-taï, ([ul avait obtenu une entrevue

.1.. ,iéf.ns, du général Montauban en présence du commandant des forces

anglaises de Shang-haï. et de concert avec les ministres des

lieux puissances, un plan de défense avait été organisé; mais

l';inii[u<> Sliaii|j-!i;ii,

iriiri |d.-in

tti- Sli;ni''-li;ii.

— 5<) — les habiliuits, dans leur terreur, avaient émigré pour se retirer lie Faulie côté du Heine cm sur des jonques qui couvraient le Wampoo. Là se trouvaient des lamilles entières avec lesquelles étaient entassés à bord, en même temps que les objets les plus précieux, les lits, les tables et les principaux meubles. La ville, abandonnée, restait déserte.

Le '.\ juin, la canonnière française la Milraillc et le vapeur anglais le \riiir<)(l avaient remonté le Wampoo jusqu'à 35 milles de distance auprès de Sung-kiang-fou, dans le but d'observer des jonques arrivant cliaque jour en quantités considérables avec des fuyards appartenant aux rebelles et dont la présence inijuiétait la population. En outre, deux cents hommes .avec deux pièces de montagne, commandés par le lieutenantcolonel Favre, avaient pris position à Si-ka-we, à deux lieues de Shang-haï; ([uatre cents hommes d'infanterie de marine, débarqués de la Vcii/'caiirc. avaient occupé trois pagodes, l'une sur la concession française, la deuxième sur les remparts à l'intérieur de la ville, et la troisième à ïan-ka-dou, à l'extrémité des faubourgs.

Les Anglais, de leur côté, avaient pris des dispositions analogues; les portes de louest leur avaient été confiées, tandis que nous gardions celles de l'est. On décida en même temps l'ouverture d'une nouvelle porte, aux frais de la ville, en face de la concession française.

Ces préparatifs parurent sulTisants pour le moment; ils de- «^ valent d'ailleurs, tout en protégeant l'autorité chinoise contre .ii-posiiio.H les rebelles, s'arrêter au point déterminé par la limite de nos propres intérêts, et ne point favoriser outre mesure un gouvernement avec lequel nous étions en guerre.

niili'i-e Io.mI les

Le vice-r..i Ho L'interveiitioiî des alliés, ne garantissant ainsi que Shang-haï

.••p r('-fu|;ie , . , , ,, . .

à siu,n(;-haï. ct Ics concessions européennes, n apporta aucune amélioration iincues. j^^^^ j^ situation des troupes impériales. ^ ers le milieu de juin, les deux Kiang étaient au pouvoir des Taï-piug, et le vice-roi Ho, fuyant de ville en ville, après avoir perdu sa capitale, ne trouvait de refuge quà Shang-haï. Ce grand personnage, rappelé à Pékin, dont il pensait bien ne plus sortir \ivant, chercha à se sauver par quelque intrigue. 11 envoya au ministre de France. M. de Bourboulon, une pièce |)ar laquelle l'empereur laiirait constitué plénipotentiaire pour traiter, et fit demander au général une entrevue. Or, s'il s'agissait de négociations sé- ^ rieuses, il v avait lieu d'attendre larrivée prochaine de l'ambassadeur baron (iros: s'il n'était question (jue d'une simple visite de courtoisie, le moment était mal choisi pour nouer des relations d amitié avec un commissaire impérial, lorsque les troupes étaient déjà dirigées vers le nord pour combattre la cour de Pékin. L'entrevue devait donc être refusée.

Après des instances réitérées de la part du vice-roi, des

cartes furent échangées; et, de part et d'autre, on s en tint à

cet acte de politesse.

!..■ i;.iiérai Ce fut à cctte époque que cessa. ])ar ordre du gém-ral, un

faitresspi- scrvice iic distribution assure a nos troupes, depuis le a juin,

1111 service . . , . . .

.ip distribuiion par Ics autoHles chuioises.

par lêrcbinois. Lcs dispositious prises pour la sûreté de Shang-haï avaient d'abord fait débarquer d'urgence un nombre assez considérable d'olliciers et de soldats, sans que les approvisionnements nécessaires eussent pu être préparés. Dans ces circonstances, les offres du tao-taï avaient été acceptées; et chaque jour, par ses soins, des vivres étaient portés sur les divers |)oints occupés par

les Français cl par les Aiijjlais; mais aussil()l (jik; la silualioii l'ut (levonue |>lus calme cl rinstallalion dos troupes plus réfj'ulière et |>lus com|)lèle, cet état île choses dut cesser; le soldat reçut sa ration de campagne à |)artir du i (i. Les efforts du tao-taï et des mandarins, qui continuaient à fournir des prestations en nature aux Anglais et insistaient pour que nos troupes continuassent à être traitées sur le même pied, ne purent modifier la résolution du commandant en chef. Il comprenait que ces autorités n'avaient d'autre but, en nourrissant les forces débarquées, que de les faire considérer par la population comme placées sous leur direction.

Ce fut aussi à ce moment (pie les chefs anglais arrivèrent à comnii-^iur, Shang-haï. Dans la conférence qui eut lieu entre les alliés, il fui i,,,,!", ,'■•",, .i,,résolu dun commun accord, quune commission composée des ,,^,

l'iiiees,

deux consuls et de deux officiers, choisis dans les deux marines, ^"'"'"'"' ' procéderait à la visite des jonques armées dont la présence était signalée dans les eaux mêmes de la ville. Cette commission fonctionna le i 9 juin; dans la soirée du même jour, toutes les barqiies(jui pouvaientêtreun objet d'inquiétude avaient disparu.

Les nouvelles de la province devenaient chaque jour plus fà- i.es ivbeiies cheiises. Les rebelles, après s'être emparés de Tia-king, ville de <ie siiaii,;-h,,i' troisième ordre, à dix-huit lieues de Shang-haï, s'étaient approchés à quatre lieues de cette dernière place.

Sur la demande des mandarins et d'accord avec les Anglais, Dénx.risir.ii,. six cents hommes et quatre pièces d'artillerie, tirés des deux corps expéditionnaires, furent envovés à Sin-zou, gros village situé à la jonction des routes de Shang-haï et de Woosung; en même temps, l'amiral Chanier avait dirigé cent marins et une canonnière vers la tête de la rade.

les îiliic"il Siii -/ou.

— G-2 — ii,.i,,iit,. Les rebelles pre'venus davoir à suspendre leur marche sous

.lis lobelles. • jv,, , • . 1 ' Ji 1 ' ]

peine d être repousses vifjoureusement, se décidèrent a la retraite. Les impériaux profitèrent de ce mouvement [)our les poursuivre jusqu'à Tia-king. dont ils s'emparèrent à leur tour. iiii.|..i On ne voulait rien de plus pour le moment, et. le 3o juin.

«lu tlft;irhoinolil ^ , ...

.1,. siri-zn,,. le détachement de Sin-zou, qui devait être embarqué |)our Tche-fou, rallia le corps expéditionnaire.

Tel était 1 état des Kiang-, lorsque le général, appelé dans le nord par de plus sérieux intérêts, s'éloigna de Shang-haï. A l'exception de cette ville, il n'existait pas un point dans toute la splendide vallée du \ang-tse-kiang et sur le parcours du canal impérial, depuis Nankin jusqu'à \\oosung, (|ui ne fut au pouvoir de hordes de pillards.

L'autorité de 1 empereur était anéantie dans toute cette province, véritable joyau de la Chine, et qui ne comptait pas moins de 07 millions d'habitanis. On ne peut s'expliquer comment le gouvernement de Pékin put être assez aveugle pour refuser, au milieu de si déplorables complications, les satisfactions que nous lui avions demandées.

lin lueiii La dernière mesure prise par les alliés, pour assurer la pro-

a siii.iic-iiaï. tection des établissements européens, fut la nomination de deux commandants supérieurs à Shang-haï, ayant chacun deux cents hommes environ sous leurs ordres. Le colonel Marsh fut désigné pour ce poste . au titre de l'armée anglaise ; le lieutenant-colonel Favre, de l'infanterie de marine, au titre de l'armée française. Le général Montauban donna à ce dernier ses instructions avant son départ, et le chef détat-major resta quelques jours en arrière, pour le mettre complètement au courant de la situation.

— (ilJ —

Les rebelles, après la défaite de Tia-kiiijj, sétaiil empare's de la jjrande ville de Sun^j-kiang-fou, à huit lieues au sud-est de Sliaii{j-haï, et ayant même paru par bandes aux eii\ irons de Woosuny, le vice-amiral Ciiarner prit des dispositions pour la sécurité' du port, et, malgré le peu de forces restées disponibles, un détachement fut envoyé à Si-ka-\ve pour protégei" l'établissement si intéressant fondé sur ce point par les Jésuites.

Une petite troupe de quatre cents hommes environ, laissée aux commandants supérieurs de Shang-kaï, ne leur permettait pas d'occuper un grand nombre de positions; deux portes de la ville furent donc murées dans le sud, et les Français restèrent chargés de la porte de l'est, tandis (pie celle de l'ouest était confiée aux Anglais. De celte façon les rebelles, ne comptant plus sur des intelligences à l'intérieur, se virent réduits à s'arrêter sur le terrain de leurs derniers envahissements et s v fortifièrent.

La marche des Anglais vers le nord s'était opérée à peu près parallèlement à celle du corps expéditionnaire fi-ançais. Les premiers bâtiments avaient en effet quitté Hong-kong vers la fin de mai, et, comme presque toutes leurs forces étaient réunies sur ce point, leur mouvement avait pu s'effectuer sans autre interruption que celle occasionnée par le mauvais étal de la mer. D'un autre coté, la question des remontes, qui jusqu'au dernier moment avait été pour nous une cause d'embarras et de retard, avait été résolue dune manière fort simple par nos alliés. Ayant amené des Indes leurs bètes de selle et dattelage, ils n'avaient eu à se procurer en Chine que des chevaux de bât, de sorte que les préparatifs de départ avaient été pour eux beaucoup plus rapides que pour nous.

M^iivl,,.

vor-- !'• iiiirii.

Le premier convoi de leurs Iroiipes se composait de la presque totalité de l'infanterie. Le comple'ment de l'expédition, comprenant lai'tillerie, la ca\alerie, les moyens de transport et les différents services auxiliaires, avait été embar({ué et mis en route au commencement de juin; mais la mousson nordest avait ('té tellement violente, que les bâtiments, remorqués pour la plupart, avaient dû rentrer à Hong-konget y attendre pendant quelques jours un temps moins défavorable. D.-|.ari Sir Hope Grant et l'amiral Hope avaient paru d'abord ne

.le Hoiifr-konn .-il ' > I' • ' J 1 1 T7I '

,iesir Hope Grant vouloir partir dc leur personne qu après 1 arrivée de lord mgin;

rni.ii'r.ni'Hope. mais, il la nouvelle d'un accident survenu à la malle qui portait l'ambassadeur, ils cédèrent à l'impatience naturelle de rejoindre la flotte et peut-être au désir de commencer les hostilités le plus lot possible, et s'embarquèrent successivement le 9 et le 1 1 pour Sliang-haï,où, comme il a été rapporté plus haut, ils discutèrent avec le général Montauban les projets d'opérations du Peï'ho.

A la suite de ces conférences entre les chefs des deux armées, sir Hope Grant, précédé de quarante-huit heures par l'amiral Hope. continua sa route vers la baie de Ta-lien-houan, lieu de rendez-vous des vaisseaux anglais.

Il visita en passant la baie de Wei-ha-vvei, située à l'est de Tche-fou et sur laquelle il paraissait avoir des vues pour nu débarquement; mais la seule inspection du mouillage insignifiant el la médiocrité des ressources du pays le firent renoncer à cette rade, exposée d'ailleurs aux vents du nord-est el incapable de contenir la flotte.

Sir iinpo (,n,„t II se rendit de là à Tche-fou, où il fut reçu par le général Jamin et put vériher quen effet, dans le cas d une occupation

— or, — simultanée paries deux corps expéditionnaires, loau, qu'on n'obtiendrait (ju'en creusant des puits, n'aurait pu sulllre aux animaux rassemblés sur ce point.

dette (juesliou d'un approvisionnement d'eau suffisant était sir iinpe gimmi

1 / • I r ' 1 1 • Il • • (lc''sireoiTu|ipi-

une des grandes préoccupations du gênerai anglais. Il craignait, umuMunnueui a ce sujet, de ne pouvoir trouver dans la liaie de la-iien-riouan ,|„ |.,.|, i,,„,,.|,„. un point favorable pour sa cavalerie ; aussi se décida-t-il , avant de quitter Tche-fou, à laisser dans les mains du général Jamin, pour le général Monlauban, une demande tendant à oblenir l'autorisation d'occuper immédiatement les bouches du Peh-tang-ho.

Déjà, dans les conférences de Shang-haï, ce même désir, i:,m,e. d,. ihus

. (In j^éiHTiil

appuyé sur les mêmes raisons, et, en outre, sur 1 avantage de \i»„i,mi..iri. s'assurer une base d'opérations non encore défendue, avait été manifesté par le commandant des forces anglaises. Le général français avait objecté qu'à cause du voisinage des entrées du Peh-tang-ho et du Pei-ho, le débarquement au premier de ces points pourrait donner lieu à des hostilités; que, d'une position toute d'expectative, les Anglais pourraient être entraînés à un rôle offensif, dont le résultat serait peut-être 1 évacuation des forts de Pei-ho; et alors les instructions qui prescrivaient l'attaque de ces forts par les deux armées réunies souffriraient une grave atteinte.

Ces observations conservaient leur caractère d'actualité et devaient motiver un nouveau refus, quoique cette fois les Anglais proposassent de faire concourir une force française à l'occupation, offrant de nous fournir de l'artillerie, si la nôtre n'était pas prête, ou au moins les chevaux qui nous seraient nécessaires.

— 6f. — sir iiupe urnni Sir Hope Grafit s'éloigna de Tchc-fou sans intention bien

|i;irl poui- ^ , •11/1 1 vi

Ta-iiei.-iio.in,,. aiTeteo au sujet du débarquement de ses troupes, qu il trouva, le 26 juin, re'unies dans la baie de Ta-lien-houan, sur une flotte imposante de près de 9 00 bâtiments de toute sorte, dont 5o à 60 de guerre. Contrairement à l'attente ge'ne'rale et aux renseignements fournis jusqu'à ce jour par une reconnaissance de canonnières anglaises, dont la présence permanente dans le golfe remontait cependant à plus de trois mois, on trouva dans le pays des ressources en eau, sinon considérables, du moins siilïïsantes , et supérieures à celles de Tche-Fou.

Débm-quenieni Cette circoustauce , qui ùtait d'ailleurs tout caractère d'uràTa-uen-hoiiaii. geucc à la demande du général anglais, le détermina à faire débarquer immédiatement son corps expéditionnaire, qui fut installé en trois camps: les deux brigades de sir John Mitchell à Victoria-bay ; celle de sir Kobert ÎNapier h Hands-bay ; la cavalerie et l'artillerie à Odin-bay. Ta-lien-houan fut choisi pour l'emplacement du <[uartier général.

T;.-iier,-iiou«i.. La baic de Ta-lien-houan est une baie superbe, quoique un peu ouverte et exposée aux vents du S. E. Elle offre un excellent et vaste mouillage, avant en\iron 8 milles de largeur sur 1 9 à 1 3 de longueur, avec de nombreuses criques permettant aux bâtiments de trouver un abri par tous les mauvais temps. Sous le rapport de la marine, elle est de beaucoup préférable à Tche-fou et à Wei-ha-wei ; mais, au point de vue des ressources générales, la province de Leao-tong est inférieure à celle de Chang-toung. Le territoire sur lequel Tarmée anglaise installa ses camps, réparti autour de la baie, bien que d'un aspect des plus accidentés et des plus arides, n'en est pas moins partout cultivé par la population chinoise, si éminemment laborieuse et pacifique.

Des marchés furent aussitôt établis; les liai)ilants, rassurés par les mesures prises tant pour la police que pour la réparation des dégâts commis , apportèrent des a[)provisionnements de toute nature. Les bestiaux surtout étaient en telle abondance, que le commissaire pensa pouvoir y acheter assez de bœufs pour fournir à l'armée de la viande fraîche deux fois |)ar semaine et peut-être ])lus souvent.

Le corps expéditionnaire anglais, définitivement constitué coips par sir Hope brant, commandant en chel, présentait alors 1 or- ;„ii;ii,is. ganisation suivante :

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