La date a été omise par le copiste
jamais dans les fêtes qu'on y fait ou dans les occasions de cérémonie, au sujet du traitement qu'elle n'y auroit pas conforme à tout celui qui seroit justement dû à la veuve d'un prince souverain de l'Empire. Cette princesse avoit été destinée au feu électeur palatin Charles, son cousin germain, alors prince électoral, en 1 668 ; mais, cela ayant été rompu par Charles- Louis, son père, cela donna lieu ensuite au feu duc de Hanover de la demander et de l'obtenir : ce qui se fît par l'envoi en France, dans le même temps, de M. de Groot, ensuite résident et ministre de Hanovre. Si cette princesse eût été mariée au susdit prince électoral , M. de Groot devoit demander la sœur aînée, mariée depuis au prince de Salm ^.
On peut dire à peu près la même chose de la duchesse de Meckelbourg^, bien que celle-ci ne puisse prétendre le droit de princesse souveraine, ou même étrangère, que du côté du duc de ce nom son mari, étant fille du comte de Bouteville, d'une branche cadette de la maison de Montmorency (et qui, à cause de ses duels en dépit des défenses de la cour, fut décapité en Grève, à Paris, en 1 629), et veuve du duc de Chàtillon, qu'elle avoit eu pour premier mari. Ce dernier ayant été tué à la bataille de Charenton, durant la guerre de Paris, en 1652, et, peu de temps après, le seul fils qu'elle en avoit étant mort , et dont elle hérita le duché de Chàtillon, [elle] se trou voit veuve sans enfants, et bien avant dans les intrigues de la cour et
1. Ce paragraphe a été ajouté en marge par Spanheim, avec la mention : Vid. supra p. 188 (p. 90 de notre texte).
2. Ici, le nom est écrit selon la forme généralement adoptée en France au xva« siècle. Plus haut, nous avons : Mecklenbourg.
de la galanterie; épousa ensuite le duc de Meckelbourg-Swerin^ qui en devint amoureux dans un voyage qu'il fit en France en 1 661 ^ ; mais, comme leur humeur et leur génie avoient peu de rapport, leur union ne fut pas de longue durée, en sorte qu'ils ne demeurèrent pas longtemps ensemble, et que, malgré même les voyages et le séjour que le duc son époux faisoit à Paris, et toutes les avances qu'elle faisoit de son côté pour se raccommoder, ils n'en demeuroient pas moins séparés l'un de l'autre et sans se voir ni se parler : ce qui dura jusques à l'emprisonnement de ce duc, au château de Vincennes, en 1684, qu'elle prit le parti de solliciter en cour sa liberté, qu'elle en tira occasion de le voir dans sa prison, et depuis qu'il en fut délivré, quoiqu'elle fût séparée des biens d'avec lui, et ainsi sans qu'il eût de son côté aucune part à ceux de ladite duchesse, et qui étoient d'ailleurs assez considérables, et quoique déjà âgée^, joint à la petite vérole dont elle a été atteinte, en ruinant les traits de cette grande beauté dévisage qui a brillé longtemps et fait bien du bruit en France, sous le nom de la « belle duchesse de Châtillon » , n'a rien diminué des avantages de sa taille et de sa bonne mine , ni d'ailleurs de la beauté de son esprit et des charmes de son entretien, en quoi on peut dire, sans la flatter, qu'il n'y a rien encore à la cour de France qui l'égale. Elle est sœur du duc de Luxembourg, et dont lui ou ses enfants seront les héritiers.