Ci-dessus, p
PAR ÉZÉCHIEL SPANHEM. 139
je veux dire du caractère et du mérite particulier de ce duc, outre qu'il est assez public ; tout ce qu'on lui peut trouver à redire, c'est un peu trop d'entêtement et de prévention dans ses^ jugements, trop de roideur dans sa conduite, et trop peu de réflexions sur les mouvements ordinaires des cours et les biais qu'il est souvent question d'y prendre pour s'y régler avec prudence, sans blesser pourtant, ni intéresser même les devoirs de l'honneur et de la conscience. Il est même assez extraordinaire qu'avec autant de vertu, de probité, de droiture, et avec aussi peu de complaisance, de souplesse et d'indulgence, et ainsi sans qualités qu'on requiert ordinairement des courtisans, il a su s'élever, dans une cour pareille à celle de France, aux premières charges et dignités de la cour et du royaume, comme de duc et pair, de gouverneur de l'Angoumois, d'où il est originaire, ensuite de la province de Normandie, dont le gouvernement ne s'étoit guère donné qu'aux princes du sang ou plus grands seigneurs du royaume ; après, de gouverneur du Dauphin^, dont il a exercé la charge dès l'âge de sept ans jusques à son mariage, et enfin de celle de premier gentilhomme de sa chambre, qu'il exerce encore, comme j'ai déjà dit. D'ailleurs, comme, en cette qualité de gouverneur du Dauphin^, il avoit 30,000 livres annuelles'^ du Roi pour tenir table, il l'a aussi toujours tenue fort bonne et ouverte à ceux qui s'y présentoient : ce qui ne pouvoit même