DES BIENS DE M. DE LOUVOIS
Au reste, les enfants de M. de Louvois ne pourront qu'en hériter un jour des grands biens, vu ceux qu'il possède déjà, qu'on fait monter à des sommes immenses et qui le font passer pour le plus riche particulier de l'Europe. On le recueille moins des grandes et belles terres qu'il a acquises, comme de la baronnie de Meudon, entre Paris et Versailles, avec un château magnifique qu'il y a réparé ou bâti, avec un grand et beau parc qui l'environne, ou d'autres seigneuries en Champagne et dans le duché de Bourgogne, que d'ailleurs des grandes sommes d'argent comptant qu'il auroit ou mis en rente sous des noms empruntés, et qui lui reviennent ou de l'héritage du chancelier [le] Tellier, son père, ou des acquêts certains de ses importantes et lucratives charges, comme du maniement de tout l'argent requis pour le département de la guerre, de celui qui est destiné pour les bâtiments et jardins des maisons royales et de ce qui en dépend, et des droits qui lui en reviennent, et enfin de son emploi de surintendant général des postes.
Je ne parle pas ici du seul frère qu'il a, et qui est ecclésiastique, savoir : l'archevêque de Reims, et ainsi dont les grands biens qu'il a de sa famille passeront aussi un jour aux enfants de M. de Louvois et à ceux de leur sœur, la feue duchesse d'Aumont.
1. Ce titre a été ajouté après coup par Spanheim, mais sans qu'il 7/ ait aucune indication d'alinéa.
PAR ÉZÉCHIEL SPANHEM. 201