DU CONSEIL DE CONSCIENCE
DE LA NATURE DU CONSEm DE CONSCIENCE.
11 n'en est pas du Conseil de conscience comme des trois autres dont j'ai parlé jusqu'ici. Je veux dire que ce n'est pas un conseil réglé ni établi par patentes ou par commissions, et dépendance expresse de la charge de ceux qui y assistent. C'est un choix que le Roi a fait de son confesseur, le Père la Chaise, et le plus souvent encore de l'archevêque de Paris, pour conférer avec eux à un certain jour de la semaine, et à quoi il a destiné le samedi, des affaires de la religion, ou d'ailleurs des matières de dévotion et qui peuvent intéresser sa conscience, ou enfin de collations de bénéfices. C'est aussi à ce sujet que le Père la Chaise a coutume de se rendre de Paris à Versailles tous les vendredis après midi.
Comme l'affaire de la Religion, savoir : de n'en avoir qu'une dans le royaume, et par conséquent d'en extirper la religion réformée, est, de tous les desseins du Roi, celui qu'il s'étoit le plus fortement imprimé il y a longues années, auquel il étoit disposé de tout sacrifier plutôt que d'en démordre, et pour lequel on n'attendoit que des conjonctures favorables, qu'on crut enfin d'en * avoir trouvé par le rétablissement d'une paix aussi avantageuse à la France que celle qu'on venoitde conclure à Nimeguen et ensuite à Paris, aussi est-ce dans ce Conseil de conscience que les pro-