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entretenoil-il auprès de lui un docteur de Sorbonne, nommé Faure, qui passoit pour un des plus habiles qu'il y eût en France dans les matières de l'antiquité ecclésiastique et des canons, d'ailleurs dans la connoissance générale des livres, et ainsi qui, par tous ces endroits, ne pouvoit être que d'un grand secours à ce prélat dans les rencontres. Et comme j'ai vu fraîchement des avis de Paris dans les gazettes, qui parlent de la mort de ce docteur ^ que j'avois eu occasion de voir et de connoître durant mon dernier séjour en France , on peut croire que la perte en aura été sensible à son patron et son bienfaiteur.
DE l'ÉVÊQUE de MEAUX.
Il y a encore un prélat en cour distingué par son mérite, par son savoir et par ses emplois, et connu au dehors par ses ouvrages. C'est l'évêque de Meaux, ci-devant évéque de Condom et précepteur du Dauphin, et à présent premier aumônier de Madame la Dauphine. Ce fut aussi peu avant qu'il fût choisi pour instruire le Dauphin , qu'il composa le livre de V Exposition de la foi catholique, qui a fait assez de bruit en France par quelques prétendues conversions, et entre autres celle de M. de Turenne, qu'on attribua à la lecture de ce petit ouvrage, et au dehors, parmi les protestants, par les diverses réfutations qu'on en a faites. Gomme tout le but de ce livre ne tendoit qu'à plâtrer la doctrine de l'église romaine par tous les adoucisse-
1. Antoine Faure, prévôt de l'église métropolitaine de Reims, mort dans cette ville le 30 octobre 1689. — Son nom est écrit Favre dans le manuscrit. • o
ments qu'il crut d'y pouvoir apporter, ce même livre ne put aussi que servir de prétexte aux conversions ^ comme on parle en France, de ceux qui avoient déjà pris le dessein d'embrasser la religion romaine et ne cherchoient plus que des prétextes et des couleurs pour ce changement. Cependant un succès apparent de cet ouvrage attira les applaudissements de la cour à son auteur. Il s'étoit d'ailleurs rendu recommandable à la cour, et ce qui avoit aussi fait la planche de sa promotion à son premier évéché de Condom, par le don de la prédication, n'étant encore que l'abbé Bossuet, comme il s'appelle de son nom, et que je l'ai vu dans ce temps-là, dans mes envois passés en France, 1666 et 1668, comme aussi par la régularité de la vie et des mœurs, et par l'ardeur même d'un zèle qu'il faisoit paroître à reprendre hardiment les vices de la cour et des courtisans sans distinction de personne. Son assiduité qu'il apporta ensuite à instruire le Dauphin durant qu'il fut chargé de ce soin n'auroit pu aussi être plus grande.