‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 240 sur 360 · DE LA SITUATION AVANTAGEUSE ET DES PORTS DE FRANCE SUR LES DEUX MERS · texte numérisé non relu

DE LA SITUATION AVANTAGEUSE ET DES PORTS DE FRANCE SUR LES DEUX MERS

En premier lieu, dans la situation que je viens déjà de toucher, savoir : d'une longue étendue de côtes sur l'Océan et sur la mer Méditerranée, et vu les bons et divers ports qu'elle a sur l'un et sur l'autre. Par la première, savoir : ladite étendue des côtes sur les deux mers, la France a également la facilité et la commodité de l'abord et du transport de toutes les denrées ou du pays ou étrangères, et des navires qui

PAR ÉZÉCHIEL SPÀNHEIM. 301

en peuvent être chargés, et ainsi tout ce qui peut contribuer pour l'entretien du commerce en temps de paix, ou pour être toujours en état de donner bien de l'occupation à ses ennemis en temps de guerre ; et par l'autre, savoir : par les divers ports qu'elle a, et quelques-uns d'entre eux très bons ou très forts, sur l'une et sur l'autre mer, ou enfin de difficile abord pour y faire des descentes. Calais est de ce dernier rang, de même que Dieppe et le Havre, qui ont une mauvaise rade, ou sans abri, ou capable seulement de contenir de petits bâtiments, hors le bassin à écluse qu'on a fait à ce Havre, qui peut contenir quinze ou seize vaisseaux, de soixante pièces de canon chacun. La Rochelle est un bon port, mais pour les bâtiments médiocres. Rochefort, qui est à quelque distance de la mer, est incommode pour entrer et pour sortir. Les deux meilleurs ports qu'il y a sur la côte de Bretagne sont Blavet ou le Port-Louis, qui sert de retraite aux vaisseaux des Indes orientales, et Brest. Tous ces ports sont sur l'Océan, de même que Toulon et Marseille sur la Méditerranée. D'ailleurs, de tous les ports de France, Dunquerken [est] peut-être le plus remarquable pour les prodigieux ouvrages qu'on y a faits, par les esplanades des montagnes et des dunes, par les écluses, par la ville et la citadelle, revêtues de brique jusques au haut du parapet, par des tours sur un banc de sable pour la défense de la rade, enfin tant par les fortifications de la place que pour le havre, et dont on fait monter la dépense qu'on y a faite, comme j'ai dit un peu auparavant', jusques à douze milHons de livres. Gepen-

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