‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 254 sur 360 · DANS LE NOMBRE ET VALEUR DE SES GÉNÉRAUX ET OFFICIERS · texte numérisé non relu

DANS LE NOMBRE ET VALEUR DE SES GÉNÉRAUX ET OFFICIERS

En sixième lieu, par le nombre et la qualité de bons officiers, et ensuite de bons généraux qu'on a vus en France jusques ici, et qui résulte particulièrement de ce que je viens de dire de l'application aux armes de la noblesse ou autre jeunesse françoise, dès qu'elles sont en état de porter les armes ; et à quoi n'a pu encore

que contribuer le grand soin qu'on a pris en France, sous ce règne, de plusieurs établissements et règlements beaux et utiles qui n'ont eu pour but que l'apprentissage en temps de paix et l'exercice de l'art militaire, le maintien de la discipline, le travail presque continuel des troupes, et par là l'éloignement de l'oisiveté, de la débauche et du relâchement dans le devoir. Il n'est pas nécessaire de parler ici en détail de ces règlements ou usages introduits pour l'apprentissage ou l'exercice des officiers et des soldats, qu'on a rendus publics, qui sont d'ailleurs assez connus, et que leurs voisins ou autres ont tâché d'imiter et d'introduire dans leurs troupes. Il suffit de remarquer qu'il n'y a point de place en France où il y ait garnison où cette école de l'art militaire ne se pratique avec un grand soin et une grande exactitude, où il n'y ait des officiers qui en sont particulièrement chargés. C'est dans cette même vue qu'on y a introduit, depuis dix ou douze ans en çà, l'établissement des compagnies des cadets, qui sont autant de jeunes gentilshommes qui y étoient entretenus et élevés dans tous les exercices militaires, et pour en faire comme une pépinière de jeunes officiers. A quoi on peut joindre les revues fréquentes des troupes, tantôt particulières de certains corps, comme des troupes de la maison du Roi ou autres, tantôt plus générales, comme celles qui donnèrent occasion au voyage du Roi en 1 683, et dont il se fit une revue de douze mille chevaux vers la Saône, à quelques lieues de Dijon, et une autre de vingt mille à vingt-deux mille [hommes] d'infanterie vers la Saar, au dehors de Bockenheim. Je vis l'une et l'autre de ces revues, ayant eu ordre de suivre le Roi dans ce voyage.

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