POUR LA NIÈCE DU CARDINAL MAZARIN
Et pour commencer par celle-ci, qu'il a fait aussi éclater la première, ce fut la Mancini, une des nièces du cardinal Mazarin, qui, dans la grand ^ jeunesse du Roi et avant son mariage, fut le premier objet de son inclination. Elle pensa même aller si loin, qu'il auroit consenti à l'épouser, si la Reine mère, quelque considération ou prévention même qu'elle eût témoignées jusque-là pour le Cardinal, ne l'en eût détourné, et si le Cardinal lui-même ne fût entré dans ces sentiments : ce qui fit résoudre l'oncle à marier la nièce hors du royaume, au connétable Colonne, porta le Roi, encore sensible à sa première flamme, à accompagner de ses larmes le départ de sa maîtresse, et donna lieu à celle-ci de lui faire là-dessus ce reproche connu de toute la France : « Sire, vous pleurez, je pars, et vous êtes roi ! »
Le mariage de Sa Majesté, qui se fit quelque temps après avec l'infante d'Espagne, en 1 660, qui fut précédé, et un gage, de la paix des Pyrénées, et suivi de la naissance du Dauphin l'année d'après, et ensuite encore de celle de quelques autres enfants de France,