Pages
PAR ÉZÉCHIEL SPANHEM. 331
attachement à la cour, et en particulier à M. de Louvois, joint à son humeur commode et docile, et de l'autre, son poste de gouverneur des villes et pays conquis dans le Pays-Bas. Cependant, suivant les derniers avis publics, il doit rester cette année en son gouvernement à Lille, sans avoir le commandement de l'armée de Flandres, qui est destiné* au duc de Luxembourg, et en échange se contenter de l'honneur d'avoir été fait duc et pair, avec le brevet de la même dignité après lui pour son nouveau gendre, le fils puîné du duc d'Aumont. Ce changement à l'égard du commandement de l'armée ne peut venir que de ce que sa conduite dans la campagne passée, et surtout dans l'affaire [de Valcourt] 2, n'a pas trop plu à la cour ; qu'on ne le croit pas assez alerte, ni assez agissant, ni assez entreprenant où il en est besoin, et dans une grosse affaire, ni où il peut avoir une forte armée d'ennemis en tête. Et en effet c'a été plutôt la faveur de la cour et la complaisance de feu M. de Turenne pour Mme d'Humières, qui lui procura le bâton de maréchal, que pour s'être dès lors fort signalé ou distingué dans la guerre. Le grand ménagement qu'il a continué depuis d'avoir pour la cour, et en particulier pour M. de Louvois, et le manège de la maréchale d'Humières ont contribué dans la suite à appuyer son crédit, et à lui procurer même, non seulement le gouvernement des pays conquis en Flandres et autres du Pays-Bas espagnol, mais encore la charge de grand maître d'artillerie, qui lui fut conférée par le Roi en