Louvois
de ménagement qu'il y apporte, et surtout par la nature et l'importance des affaires dont il doit être nécessairement accablé dans une conjoncture pareille à celle de la guerre présente, on peut dire aussi que sa perte, si elle arrivoit dans une telle situation, ne pourroit que faire faute et embarrasser beaucoup l'état de la guerre en France ; elle ne pourroit surtout que faire une peine extrême au Roi, qui se repose entièrement sur lui du conseil et du détail des opérations de la guerre et de tout ce qui peut y être requis à l'égard ou des personnes ou des moyens qu'on y emploie, et qui d'ailleurs n'est guère d'humeur à s'en rapporter de même à tout autre avec lequel il n'auroit pas la même habitude, ni en qui il ne prendroit pas la même créance. A l'égard de l'autre ministre^, qui a le département de la mer, et qui n'est pas le moins important de. la guerre présente, on peut dire sans lui faire tort qu'il est plus propre à s'y gouverner dans le calme que dans l'orage ; qu'il y a véritablement de l'application et du zèle dans sa conduite, mais aussi bien de l'emportement et de la présomption. Quant au ministre des affaires étrangères^, elles ne peuvent pas lui donner beaucoup d'occupation dans la guerre présente, hors celle de ménager et de gagner, si on peut, le nouveau pape, de tenter la même chose auprès des deux couronnes du Nord et de la cour et république de Pologne ; on y peut joindre hardiment le Turc après ce qu'on sait des mesures que la France a prises pour le porter à continuer la guerre avec l'Empereur. D'ailleurs,