A, dans le manuscrit. — 2. Acquis
si régulières et si achevées. Je ne toucherai ici, en passant, que celles dont elle s'est emparée ou qu'elle a fait construire depuis ces mêmes traités, comme Strasbourg, le fort de Kehl, Huninghen sur le Rhin, le fort Saint-Louis sur la Saar, d'autre part Luxembourg et Casai en Italie, ou qu'elle a fait faire encore depuis au préjudice de la trêve et contre les traités de Westphalie, comme le fort vis-à-vis de Huninghen, le fort Louis et Mont-Royal sur la Moselle, et, en dernier lieu, par la prise de Philipsbourg. Je ne doute pas même que, quelque injuste qu'en ait été le projet et l'exécution, M. de Louvois ne s'applaudisse aujourd'hui d'en avoir été l'auteur et le promoteur, comme ayant par là taillé bien de la besogne aux alliés, et dans leur propre pays, et mis autant de barrières à leur empêcher ou leur disputer l'entrée en France. Mais, comme les ressorts de la Providence divine sont bien différents de ceux de la politique du monde et ont coutume même de la confondre, surtout quand elle est aussi injuste et violente que celle dont je viens de parler, il y a lieu aussi, à cet égard, d'en attendre et d'en espérer des effets conformes en faveur des alliés. Déjà il lui a plu de bénir leurs armes, et en particulier celles de Son Altesse Électorale, à enlever, dans la première campagne qu'on a faite l'an passé, toutes les places fortes que la France occupoit sur le bas Rhin, comme Nuys, Raiserswerth, Rhinberghen, et Bonn en dernier lieu, sans parler de Mayence sur le haut Rhin, quoique l'une et l'autre de ces deux dernières places fussent gardées par des corps d'armées, et des meilleures troupes que la France ait sur pied. Tout cela ne peut être qu'un bon augure pour attendre des suc-
ces non moins avantageux de la campagne prochaine , outre qu'on ne jugera pas peut-être nécessaire, du côté des alliés, de s'embarrasser du siège de plusieurs places qui pourroient emporter beaucoup de temps et consumer bien du monde, qu'on se contentera apparemment d'ôter à la France, du côté de l'Empire, Mont-Royal et Trêves sur la Moselle , et , si on peut ou y voit jour , Philipsbourg , Huninghen et son fort vis-à-vis : le tout pour délivrer les pays du même Empire du joug et des ravages de la France, et au besoin se faire un passage d'autant plus avantageux et plus sûr pour y entrer ; ce que je touche en passant, sans prétendre de régler ici les opérations de la campagne prochaine ou des suivantes, qui dépendent même souvent des conjonctures imprévues qu'on peut tirer de la conduite de son ennemi, outre que je m'en rapporte aux gens du métier ou aux ministres, qui sont instruits et autorisés pour en délibérer et pour en résoudre.