‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 9 sur 360 · CElrichs, Entwurf^ etc., p · texte numérisé non relu

CElrichs, Entwurf^ etc., p

3. La Gazette mentionne cette réclamation dans une correspondance datée de Varsovie le 17 avril 1694, p. 229.

4. Ce manuscrit est en ma possession. L'auteur est un secrétaire de l'abbé de Polignac à qui l'on doit également les Mémoires et anecdotes sur la cour de Pologne publiés en 1759 dans le tome !«' des Curiosités historiques, p. 169-346; il y parle, p. 339, de sa mission à Berlin, et, en un autre endroit, p. 232, qualifie Spanheim « un des ministres d'Europe le plus délié. »

%XX INTRODUCTION

a M. Spanheim a un mérite qui fait honneur à toute l'Allemagne. C'est un homme qui n'ignore rien. Sa bibliothèque est toute des plus belles : on l'aime mieux que celle de l'Électeur, quoiqu'elle ne soit pas si nombreuse. Tout y est choisi et de bon goût. C'est là qu'il passe les plus doux moments de sa yie, car on lui donne peu de part dans les affaires. Son mérite fait peur à M. Dankelman, qui lui ôte la connoissance de tout. M. Spanheim est de nos bons amis, toujours prêt à nous obliger. Lorsque l'équipage de M. l'ambassadeur de France fut arrêté, il fut le seul à opiner à la restitution, et parla si fortement, que l'Électeur ne fut pas content et lui en fit des reproches. « Je m'étonne , M. Spanheim , lui dit - il , que vous parliez « comme vous faites ; vous avez bientôt oubUé l'affront qu'on « vous fit en sortant de France, lorsqu'on arrêta votre équipage a malgré les passeports que vous aviez. Je vous croyois plus de a mémoire 5 mais je m^en souviendrai pour vous. C'est à moi « que l'affront fut fait, puisque vous étiez mon ministre '. »

a II n'est pas riche -, il est le moins accommodé de tous ceux qui sont dans le ministère. Il voudroit de tout son cœur que la paix fût faite, car il espère qu'on l'enverroit encore en France, où il se plait fort.... L'Électrice a une estime singuhère pour M. Spanheim. »

Les diverses fonctions qui lui avaient été confiées après

1. Quand l'embarras de ses affaires détermina Spanheim à vendre sa bibliothèque, il présenta au roi Frédéric !«•• deux mémoires qu'il intitulait : Considérations sur la vente de ma bibliothèque, et : Considérations qui me portent à me défaire de ma bibliothèque. Nous voyons, dans cette dernière pièce, que, lorsqu'il voulut expédier, en 1689, ses bagages à Rouen et les faire embarquer pour Hambourg, ils furent saisis et visités à Paris « par ordre du roi T. G., sous des prétextes et faux rapports que mes ballots fussent remplis de bardes de prix pour des réfugiés françois hors du royaume. » (J. Wilken, Geschichte der Koeniglichen Bibliotliek zu Berlin, Berlin, 1828, p. 188-189; cf. les Mémoires et anecdotes sur la cour de Pologne, p. 102-104.) Dangeau ne mentionne pas ce fait; mais on le trouvera peut-être dans les Mémoires du marquis de Sourches.

INTRODUCTION. XXXJ

son retour à Berlin lui laissèrent assez de loisir pour pouvoir mettre au jour une nouvelle édition des œuvres de l'empereur Julien et faire paraître le grand travail historique et critique de VOrhis romanus, dont Chaufepié a donné une notice détaillée dans les notes de son supplément au Dictionnaire de Bayle^.

Quand les traités de Ryswyk eurent rendu la paix à l'Europe, l'Électeur ne crut pouvoir mieux faire que de confier encore à Spanheim le soin de soutenir ses intérêts à la cour de France : Spanheim y revint pour la quatrième fois, et présenta ses lettres de créance à Versailles le 18 février 1698^. Trois années ne s'étaient point encore écoulées lorsque Frédéric, prenant le titre de roi de Prusse, le désigna pour remplir auprès de la pour d'Angleterre les fonctions d'ambassadeur extraordinaire. Il reçut de Louis XIY , le 25 janvier 1701, son audience de congé^. La même année, au mois de mai, Bayle ajoutait ces lignes élogieuses à l'article consacré par lui au père de Spanheim^ :

a Frédéric Spanheim laissa sept enfants, dont les deux aînés sont devenus très illustres. Le premier (Ézéchiel) est consommé dans la science des médailles et dans toute sorte de littérature , et d'ailleurs ses ambassades lui donnent un rang glorieux parmi

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