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Relation de la prise des forts de Choueguen ou Oswego [microforme]

La plaquette qu'on a reimprimée ici à petit nombre appartent à Mr. Samuel EL. M. Barlow de New York, et a été retrouvée par Mr. FL Harrifle parmi d'autres pièces fur le Canada, imprimées à Grenoble de 1754 jusqu'à 1760 par Cuchet, et fort probablement de ses prefles,

Le Marquis de Montcalm en s'addreflant au Ministre de la Guerre dit : “ Les dispositions que j'avois arrêtées sont si fortes contre les regles ordinaires que l'audace qui a été raise dans cette entreprife doit pañfer pour téméraire en Europe.” C'etoit en effet l'action la plus hardie de la guerre et a produit un effet indicible en France.

Cette feuille volante à du être tirée pour repandre la nou:

velle d'un triomphe si complete.

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RELATION De la prife des Forts de CHOUEGUEN, 0% Osweco; © de ce qui s'eft passé cette

année en Canada.

Le nouveaux préparatifs que les Anglois ont faits pour envahir le Canada, malgré les mauvais fuccès de leurs entreprifes de l’année derniere, ont été aufli publics en Europe qu'en Amérique, L'on s'y étoit attendu; & indépendamment des difpoñitions qui ont été faites dans cette Colonie pour fa défenie, le Roi y a envoyé un renfort de Troupes avec des provifions de toutes les efpeces.

Dès la fin de la Campagne de l'année derniere, le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieutenant Général de la Nouvelle France, prit des arrangements pour faire harceler continuellement les Anglois dans leurs propres Colonies. Il a tenu, durant tout l'hyver, en campagne des Détachements de Canadiens, de Soldats & de Sauvages. Ces Détachements ont fait des incurfions de tous les côtés. Les Sauvages ont tué beaucoup de monde, On a enlevé une quantité confidérable de beltiaux. Il y a en un grand nombre de maifons & de magafñins brûlés. Les campagnes ont été abandonnées dans plufeurs endroits des frontieres des Colonies Angloifes; & tous ces mouvements ont fervi efficacement, nonfeulement à augmenter le mécontentement qu'avoit caufé parmi elles l'injuftice des projets de leurs Gouverneurs, mais encore À faire naitre des embarras & des difficultés qui ont empêché l'exécution de ces projets dans le printemps.

Le Marquis de Vaudreuil ne s'en est pas tenu là. .En prenant toutes les autres précautions qui lui ont paru praticables pour pourvoir à la fûreté de toutes les frontieres du Canada, il à formé le projet d'attaquer les Anglois eux-mêmes dans leur Etabliflement de Choueguen fur le Lac Ontario.

Tout le monde fait que cet Etabliffement eit une invafñon

qu'ils ont faite en pleine paix. Il n'étoit queltion d'abord de leur A

part que d'une fimple Maifon de commerce, C'eft fous ce feul point de vue qu'ils en firent la propofñition en 1728, aux Sauvages Iroquois, qui ne les auroient pas vus tranquillement fe fortifier tout-d'un-coup dans le voifinage de leurs Habitations. On fentit cependant dès-lors en Canada quel étoit leur véritable objet dans cet Etabliflement, qui devoit les mettre à portée nonfeulement d’envahir le commerce des Lacs que les François n'avoient jamais partagé avec aucune Nation Européenne, mais encore de couper, par le centre même de la Colonie de Canada, la communication des poltes qui en dépendent. Les Gouverneurs François fe contenterent cependant de reclamer contre cette ufurpation, Le Roi en fit porter dans le temps des plaintes à la Cour Britannique, où elles ont été conftamment renouvellées dans toutes les occafions. Mais les Anglois, fans fe mettre en peine de la juftice de ces plaintes, & abufant toujours de l'efprit de paix qui a réglé dans tons les temps la conduite de la France, fe font fortifiés peu à peu à Choueguen; de maniere qu'ils y avoient établi trois Forts, favoir:

1, Le Fort Ontario placé à la droite de la Riviere, au milieu d'un plateau fort élevé. Il confiftoit en un quarré de trente toifes de côté, dont les faces brifées par le milieu étoient flanquées par un rédent placé à l'endroit de la brifure. Il étoit fait de pieux de 18 pouces de diametre applanis fur deux faces, parfaitement bien joints l'un à l’autre, & fortants à terre de 8 à 9 pieds. Le foffé qui entouroit le Fort avoit 18 pieds de largeur fur 8 de profondeur. Les terres qu'on en avoit tirées avoient été rejettées en glacis fur la contrefcarpe & en talus fort roide fur la berme. On avoit pratiqué des creneaux & des embrafures dans les pieux à fleur de terre rejettée fur la berme; & un échaffaudage de charpente régnoit tout autour, afin de tirer par deflus. Il y avoit huit canons & quatre mortiers à doubles grenades.

2, Le vieux Fort de Choueguen, fitué fur la rive gauche de la Riviere, confiftant en une Maïfon à machicoulis & crenelée au rez de chauffée & au premier étage dont les murs avoient trois pieds d'épaiffeur & étoient entourés à trois toifes de diftance d'une autre muraille de 4 pieds d'épaifleur fur 10 de hauteur, crenelée & flanquée par deux groffes tours quarrées. Il y avoit de plus un retranchement qui entouroit, du côté de la campagne, le Fort où les Ennemis avoient placé 18 pieces de canon & 15 mortiers & obufers,

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3. Le Fort Georges, fitué à 300 toifes en-delà de celui de Choueguen fur une hauteur qui le dominoit. Il étoit de pieux & affez mal retranché en terre fur deux faces.

C'eft principalement du moyen des avantages que cet Etabliffement donnoit aux Anglois, qu'ils s'étoient flattés d'envahir le Canada. Leur deflein étoit d’abord de s'emparer du Fort du Niagara & de celui de Frontenac. Maîtres de ces deux postes, ils auroient coupé abfolument la communication, non-feulement des Pays d'en haut, mais encore de la Louisianne : ils auroient fait tomber une des principales branches du commerce de Canada: & en enlevant à cette Colonie une partie de fes Sauvages alliés, ils fe feroient trouvés à portée de l’attaquer de toutes parts dans tous fes Etabliflements,

Le Marquis de Vaudreuil fut informé, des le commencement de l’hyver, que pour l'exécution de ce projet les Ennemis faisoient raflembler des Troupes avec des provifions confidérables de munitions de toutes efpeces dans les Forts de Choueguen. I fit d'abord marcher un Détachement de troupes de Canadiens & de Sauvages fous le commandement du Sieur de Lery, pour aller attaquer un Fort où étoit le principal entrepôt de ces approvifionnements. Ce Fort fut enlevé d'aflaut au mois de Mars, & détruit avec tous les Bâtiments qui en dépendoient ; & toutes les munitions, qui s'y trouvoient en grande quantité, furent enlevées, brulées ou jettées dans la Riviere. Le Marquis de Vaudreuil fit un autre Détachement de 700 hommes, fous les ordres du Sieur de Villiers, Capitaine de la Colonie, pour aller intercepter les transports qui devoient fe faire fur la Riviere de Choueguen; & ce Détachement y détruifit en effet, dans les premiers jours de Juillet, un Convoi d'environ 200 Bâtiments, où plus de 500 Anglois furent tués on faits prisonniers.

Le fuccès de ces expéditions confirma le Marquis de Vaudreuil dans fon projet contre Choueguen. Il ne pouvoit efpérer d'y reufir, qu'autant qu'il ne feroit pas pénétré par les Ennemis, & qu'il ne leur donneroit pas le temps de faire pañler dans ce poite les nouveaux fecours qu'ils deftineroient pour l'attaque des deux Forts François. Ainf, dans la diftribution qu'il a faite au commencement du Printemps, des forces de la Colonie pour la défenfe de toutes fes fronticres, il a porté fes principales attentions du côté du Lac Ontario.

Sous prétexte des fecours néceffaires à la défenfe particuliere

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des Forts de Niagara & Frontenac, il y a raffemblé des Troupes & y a fait pañler de l'Artillerie avec des munitions de guerre K de bouche. Il a fortifié le Détachement du Sieur de Villiers fur la Riviere de Choueguen: & après s'être affuré de la fituation actuelle de l'Etabliffement Anglois & de la réunion des Troupes qu'il deftinoit pour l'expédition, & de tout ce qui leur étoit néceffaire pour l'exécuter, il a rappellé le Marquis de Montcalm de la frontiere du Lac Champlain, où il l'avoit deitiné comme dans le pofte où devoient fe pañer les opérations les plus intéreflantes, & il l'a fait partir fur le champ pour le Fort de Frontenac, avec les ordres & les instructions néceflaires pour l'expédition de Choueguen dont il devoit être chargé.

Le Marquis de Montcalm, à fon arrivée à Frontenac le 29 Juillet, y a trouvé tout raffemblé, à l'exception du Détachement du Sieur de Villiers, que le Marquis de Vaudreuil avoit fortifié , & dont le Sieur Rigaud de Vaudreuil, Gouverneur des trois Rivivres, avoit été prendre le commandement. Ce Détachement s'étoit déja porté fur la Riviere même de Choueguen à la Baie de Niaouré, où le Marquis de Vaudreuil avoit marqué le rendezvous général.

Les Troupes deftinées pour l'Expédition, compofoient environ 3000 hommes, y compris le Détachement commandé par le Sieur de Rigaud, & qui devoit fervir d'avant-garde.

Le Marquis de Montcalm n’a pas perdu de temps pour fe mettre en état de partir du Fort Frontenac. Après avoir pourvu aux difpoñitions néceflaires pour affurer la retraite, en cas que des forces fupérieures la rendiffent inévitable, il a donné ordre à deux barques armées fur le lac Ontario, l’une de 12, & l’autre de 16 canons, de fe mettre en croificre dans les parages de Chouéguen : Il a établi une chaîne de découvreurs, Canadiens & Sauvages, fur le chemin de cette Place à la Ville d'Albanie pour y intercepter les Couriers; & dès le 4 Août, il s'est embarqué à Frontenac avec la premiere divifion de fes Troupes, compofée du Bataillon de la Sarre & de celui de Guyenne avec 4 pieces de canon, & elt arrivé le 6 à la Baie de Niaouré, où la feconde divifion compofée du Bataillon de Béarn, de Miliciens, & des Bateaux chargés de l'Attillerie & des vivres, s'eft rendue le 8.

Le même jour, le Marquis de Montcalm fit partir l’avant-garde, commandée par le Sieur de Rigaud, pour s'avancer à trois lieues de Choueguen dans une Anfe, nommée l'Anfe-aux-Cabannes. La

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premiere Divifion y étant arrivée le 10 à deux heures du matin, l'avant-garde fe porta quatre heures après, par terre & au travers des bois, à une autre Anfe, fituée à une demie-lieue de Choueguen, pour y favorifer le débarquement de l'Artillerie & des Troupes, La premiere Divifion fe rendit à minuit dans cette même Anfe, Le Marquis de Montcalm parvint à faire établir aufli-tôt une batterie {ur le Lac Ontario, & les Troupes pañlerent la nuit au bivouac à la tête des Bateaux,

Le 11, à la pointe du jour, les Canadiens & les Sauvages s'avancerent à un quart de lieue du Fort Ontario, fitué, comme on l'a dit, fur la rive droite de la Riviere de Choueguen, & en formoient l'inveftiffement, Le Sieur de Combles, Ingénieur, qui avoit été envoyé à trois heures du matin pour déterminer cet inveltiffement & le front d'attaque, fut tué, en revenant de fa découverte, par un de nos Sauvages qui l'avoit efcorté, & qui dans l'obfcurité le prit malheureufement pour un Anglois. Le Sieur Defandrouins, autre Ingénieur, traça à travers des bois, en partie marécageux, un chemin reconnu la veille, pour y conduire de l'Artillerie ; & ce chemin, commencé le 11 au matin, fut pouflé avec tant de vivacité, qu'il fe trouva perfectionné le lende nain, On avoit en même temps établi le Camp, la droite ar à au Lac Ontario, couverte par la batterie établie la veille, À qui mettoit les Bateaux hors d'infulte; & la gauche à un marais impraticable,

La marche des François, que la précaution de n'aller que de nuit & d'entrer pour faire halte dans les rivieres qui les couvroient, avoit jusqu'alors dérobée aux Ennemis, leur fût annoncée le même jour par les Sauvages, qui allerent fufiller jusqu'au pied du Fort. Trois barques armées fortirent à midi de la Riviere Choueguen, vinrent croifer devant le Camp, firent quelques décharges de leur Aïttilierie ; mais le feu de notre batterie les força de s'éloigner.

Le 12, à la pointe du jour, le Bataillon de Béarn arriva avec les Bateaux de l'Artillerie & des vivres. La décharge de ces Bateaux fut faite fur le champ, en prefence des Barques Angloifes qui croifoient devant le Camp: La batterie de la greve fut augmentée: Le parc de l'Artillerie & le dépôt des vivres furent établis ; & le Sieur Pouchot, Capitaine au Régiment de Béarn, reçut ordre de faire fonction d'Ingénieur pendant le fiege. La difpofition fut faite pour l'ouverture de la tranchée le foir même: Le Marquis de Montcalm en donna la direction au fieur de Bourla-

maque, Colonel d'Infanterie, & commanda fix piquets de Travailleurs de cinquante hommes chacun, pour cette nuit, avec deux compagnies de Grenadiers pour les foutenir.

Avec toute la diligence poflible, on ne peut commencer qu'à minuit le travail de cette tranchée, qui étoit plutôt une parallele d'environ 100 toifes de front, ouverte à go toifes du foflé du Fort, dans un terrein embarraffé d'abattis & de troncs d'arbres, Cette parallele achevée à cinq heures du matin, fut perfectionnée par les Travailleurs du jour, qui y firent les chemins de communication, & commencerent l'établiffement des batteries, Le feu des Ennemis qui depuis la pointe du jour avoit été très-vif, ceffa vers les fix heures du foir; & l'on s'apperçut que la Garnifon avoit évacué le Fort Ontario, & pañlé de l’autre côté de la riviere dans celui de Choucguen. Elle abandonna, en fe retirant, 8 pieces de canon & quatre mortiers.

Le Fort ayant aufli-tôt été occupé par les Grenadiers de tranchée, des Travailleurs furent commandés pour continuer la communication de la parallele au bord de la Riviere, où, dès l'entrée de la nuit, on commença une grande batterie placée de façon à pouvoir non-feulement battre le Fort de Choueguen & le Chemin de ce Fort au Fort Georges, mais encore prendre à revers le retranchement qui entouroit le premier de ces Forts. Vingt pieces de canon furent chariées à bras d'hommes pendant la nuit; & ce travail employa toutes les Troupes, à l'exception des Piquets & Gardes du Camp.

Le 14, à la pointe du jour, le Marquis de Montcalm ordonna au Sieur de Rigaud de pañler à gué de l’autre côté de la Riviere avec les Canadiens & les Sauvages, de fe porter dans les Bois, & d'inquieter la communication au Fort Georges où les Ennemis paroifloient faire de grandes difpoñitions. Le fieur de Rigaud exécuta cet ordre fur le champ. Quoiqu'il y ait beaucoup d'eau dans cette Riviere, & que le courant en foit très-rapide, il s'y jetta, la traverfa avec les Canadiens & les Sauvages, les uns à la nage, d'autres dans l'eau jusqu'à la ceinture ou jusqu'au cou, & fe rendit à sa deitination, fans que le feu de l'Ennemi fût capable d'arrêter un feul Canadien ni Sauvage.

A neuf heures, les Affiégcants eurent neuf pieces de canon en état de tirer: & quoique jusqu'alors le feu des Afliégés eût été fupérieur , ils arborerent à dix heures le Drapeau blanc. Le Sieur de Rigaud renvoya au Marquis de Montcalm deux Officiers que

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{ le Commandant du Fort lui avoit adressés pour demander à capi-

tuler, La Capitulation fut fur le champ arrêtée ; & les conditions furent que la Garnifon feroit prifonniere de guerre, & que les Troupes Françoifes prendroient dans le moment poñeilion des Forts, On a déja dit qu'elles avoient occupé la veille celui d'Ontario, Le Sieur de Bourlamaque, nommé Commandeur des Forts Georges & Choueguen, en prit poñfleflion avec deux Compagnies de Grenadiers & les Piquets de la tranchée; & il fut chargé de la démolition de tous les Forts & du déblaiement de l'Artillerie & des munitions de guerre & de bouche qui s'y trouverent,

La célérité de nos Ouvrages dans un terrein que les Ennemis avoient jugé impraticable, l'établifement de nos batteries fait fi rapidement, l'idée que ces travaux ont donnée du nombre des Troupes Françoifes, la mort du Colonel Mercer, Commandant de Choueguen, tué à huit heures du matin, & plus que tout encore, la manœuvre hardie du fieur de Rigaud, & la crainte des Canadiens & des Sauvages oui faifoient déja feu fur le Fort, ont fans doute déterminé les Aiicégés à ne pas faire une plus longuc défenfe,

Ils ont perdu cent cinquante-deux hommes, y compris quelques Soldats tués par les Sauvages en voulant fe fauver dans les Bois. Les nombre des prifonniers à été de plus de seize cents, dont quatre-vingt Officiers, On a pris auf fept Bâtiments de guerre, dont un de dix-huit canons, un de quatorze, un de dix, un de huit, & les trois autres armés de pierriers, outre deux cents Bâtiments de transport ; & les Officiers & Equipages de ces Bâtiments ont été compris dans la Capitulation de la Garnifon qui étoit compofée de deux Régiments de Troupes réglées de Shirley & Pepperel, & du Régiment de Milices de Shuyler. L’Artillerie qu'on a prife confifle en cinquante-cinq pieces de canon, quatorze mortiers, cinq obufiers & quarante-fept pierriers, qu'on a enlevés avec une grande quantité de boulets, bombes, balles & poudre, & un amas confidérable de vivres,

Le Marquis de Montcalm n'a perdu que trois hommes, favoir un Canadien, un Soldat & un Canonier, outre la perte du fieur de Combles ; & il n'y a eu dans les différents Corps de Troupes qui étoient fous fes ordres, qu'environ vingt bleflés, qui tous le font fort légérement, Le fieur de Bourlamaque & les Sieurs de Palmarol, Capitaine des Grenadiers, & Duparquet, Capitaine au Régiment de la Sarre, font de ce nombre.

Le 21 du même mois d'Août, toutes les démolitions étant achevées, le tranfport des Prisonniers, de l'Artillerie & des vivres fait, le Marquis de Montcalm fe rembarqua avec fes Troupes, & {e rendit, fur trois divifions, à la Baie de Niaouré, d'ou les dif férents Corps fe font portés aux deftinations refpectives que leur avoit indiquées le Marquis de Vaudreuil, qui à fait dépofer dans les Eglifes de Quebec & des trois Rivieres, avec les cérémonies ordinaires, les quatre Drapeaux des Régiments de Troupes réglées de Shirley & Pepperel, & celui du Régiment de Milices de Shuyler.

Le succès de cette expédition a répandu une joie générale dans la Colonie, où l’on en connoit, plus qu'ailleurs, tous les avantages. Elle fe trouve par-là delivrée des juites inquiétudes que lui donnoit l’établiffement de Choueguen. Elle voit la communication avec le pays d'en-haut & avec toutes les Nations Sauvages {es alliées, à l'abri des troubles auxquels elle étoit expofée. Elle ne craint plus d'être attaquée de ce côté-là, du moins avec la fupériorité que donnoit aux Anglois l'établiffement qu'on vient de leur enlever, & qui les mettoit en état de dominer fur les Lacs, où ils avoient déja formé une Marine. Elle eft en état déformais de réunir fes forces pour la défenfe de fes Frontieres; & elle a la fatisfaction de devoir cet heureux changement, dans fa fituation, aux fecours puiflants que le Roi a eu la bonté de lui envoyer.

Elle a fait éclater les fentiments les plus touchants de respect & de reconnoiflance pour ces nouvelles marques de la protection de Sa Majesté ; & elle feconde, avec tout le zele qu'on peut attendre du peuple le plus fidele & le plus attaché à fon Prince, les foins infatigables que fe donnent, pour fa defenfe, le Marquis de Vaudreuil, ainfi que le Marquis de Montcalm, & les autres Officiers qu'en font chargés fous les ordres de ce Gouverneur.

AvaC PERMISSION, 1766,

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