LA VIOLETTE
MADRIGAL
[E txint de fleurs par qai la France iPeut les yeux et l'ame rauir, : Vue seule ne me deuance ^ Au juste soin de te ser\'ir;
Que si la rose en son partage
Fait gloire de quelque auanti^e
Que le ciel daigne luy donner.
Elle a tort d'en estre plus fiére,
l'ay l'honneur d'estre la première
Qui naisse pour te couronner.
De M. DE Malle%'ille.
LES LYS
MADRIGAL
^ERiTEiLLE de DOS jouTs doot les charmes
vainqueurs ^RaTÎssent les esprits et régnent dans les cœurs ,
Rare présent du ciel, adorable Ivlie, Lors que toutes les fleurs d'vn email précieux Viennent rendre à l'euvy ta coyronne embellie, Cest sur moy que tu dois arrester tes beaux yeux.
De la reyne de l'air ie suis la fleur diuine, Ma blancheur de son lait tire son origine, Il se fait voir encor sur mon teint sans pareil; Et le dieu dont les loix forment la destinée Veut que le plus grand roy qu éclaire le soleil Ayt de moy seulement la teste couronnée.
An temple de Thémis ie préside auec luy;
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Son throsne glorieux est mon illustre appuy ; La valeur de ce Mars fait pour moy des mirades, Et ie dois espérer (pie par son bras puissant S'accompliront bien-tôt ]es célèbres oracles Qui me promettent place au dessus du croissant.
Mais parmy ces grandeurs le bruit de ton mérite A me donner à toy si fortement m jnnite , Que ie veux de ma gloire enrichir ta beauté; En vain toutes les fleurs dans leur pompe suprâne Se vantent de t'omer d'un royal diadème , Leur plus superbe éclat n'a point de majesté :
Nulle autre ^e le lts sans audace n'aspire A te rendre vn honneur qui soit digne de toy; Elles parent ton front, et ie t*ofFre vn empire. Puis qu'en te couronnant ie t'égale à mon roy.
De m. d'Audiixt.
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LES LYS
MADRIGAL
;e plus ardent de tons mes voeux (Est de couronner tes cheueux; 'Et ie croy , si ie ne me flatte, ' Que ie puis aspirer à cet honneur nouueau :
Car par moy ton visage est beau , Et par moy de nos roys le diadème éclatte :
Mais i'ay plus de gloire cent fois Et ie tire plus d'auantage D'éclatter dessus ton visage Que dessus la teste des roys.
De M. le marquis de Momtausier.
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LES LYS
MADRIGAL
.EçoT les LTS que ie te donne .Pour eu former vue couronne tPar qui ton pouuoir soit dépeint; 'c'est l'ornement que ie t'apreste :
Pour rendre ce qu'on doit aux lts de ton beau teint. Il t'en £aut mettre sur la teste.
De M. DE Malleyille.
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LE LYS
MADRIGAL
EUANT VOUS ie pers la victoire Qae ma blancheur me fit donner, Et ne preten plus d'autre gloire Que celle de vous couronner.
Le ciel , par un honneur insigne , Fit choix de moy seul autres fois Comme de la fleur la plus digne Pour faire un présent à nos roys.
Mais si i'obtenois ma re({ueste, Mon sort seroit plus glorieux D'estre monté sur vôtre teste Que d'estre descendu des cieux.
De M. DES Reaux Tallem ant.
^ TO>(^ t XLVIII ^!Vtr ^'
LE LYS
MADRIGAL
E puis mettre entre les louanges Qui me rendent si glorieux , lyauoir fleury dedans les cieux, 'Cultivé de la main des anges; Mais certes c'est y retourner Que de vous pouuoir couronner.
De M. Martin.
LE LYS
MADRIGAL
UE i'ay de gloire à cette fois Que i'ombrage ces belles tresses !
le ne couronnois qile les roys , Et ie couronne les déesses.
De M. Martin.
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LE LYS
MADRIGAL
N diaîn oracle autres fois |A dit c£Ue ma pompe et ma g^loire Sur celle du plus grand des roys 'Pouuoit emporter la victoire;
Mais si i'obtieus, selon mes vœux.
De pouuoir parer vos clieueux,
le dois, ô IvLiE adorable,
Toute autre gloire abandonner;
Car nul honneur n'est comparable
 celuy de vous couronner.
De M. CONRART.
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LES LYS
MÂ.DRIGAL.
ELLE, ces LTs (jue ie vous donne Auront plus d'honneur mille fois De servir à vôtre covronne Que d'estre couronnez aux armes de nos roys.
De M. DES Marests.
LA TVLIPE,
MADRIGAL
>E fus Tn berger antres fois >Qai, poussé d'vne belle audace.
Alla cueillir dibssus Parnasse ^Des lauriers plus fameux que les lauriers des roys.
Ce généreux désir dVne étemelle gloire Ne m'empêcha pas de seruir Allée les filles de Mémoire Les mortelles beautez qui me sçeurent rauir.
Mais mon ame fut si volage , A tant d'obiets diuers elle rendit hommage.
Et les bergères si souuent, En me reprochant leurs caresses , Se plaignirent que mes promesses Se perdoient parmy l'air dessus l'aile du vent, Qu Amour vint d'vne main puissante
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Me transformer en cette fleur,
Qui, comme feus l'ame inconstante,
Est inconstante en sa couleur.
Miracle de nos iours , si mes yeux t'eussent veuë Ayee tous ces appas dont le ciel t*a pourueuë,
Mon cœur n'eut point esté léger; Mais mon sort me console , et pour ma gloire
ordonne , Depuis que i'ay l'honneur d'embellir ta coyronne , Que mes yiues couleurs ne pourront plus changer.
De M. GoDEAU.
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LA TVLIPE.
MADRIGAL
E suis le plus brillant oaurage ^Dont le pinceau de Flore embellit
les estez , *Et sur les autres fleurs fay le même auantage Qu a le feu de tes yeux sur les autres clartés.
Mais dans l'éclat qui ni enuironne , £t qui de cent couleurs reléue mes beautez, La gloire que le ciel me donne D'estre vne fleur de ta covronne A pour moy de si doux appas Que , bien que de ma mort ma gloire soit suiuie , Pour mourir d'vn si beau trépas l'ayme mieux la mort que la vie.
De M. Arnaud de Corbeville.