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Ic trentième de ToaTerture de la tranchée.
De deux mille hnit cents hommes qni composoient la garnison au commencement du siège, elle étoit réduite à douze cents. Le gouverneur avoit été tué, et la plus grande partie de ce qui restoit d'officiers étoient blessés ou malades. Le duc d'Enghien les fît conduire à Luxembourg, où Beck avoit toujours demeuré pendant le siège avec le corps qu'il commandoit.
La saison étoit avancée, l'infanterie Françoise étoit fort diminuée, et les mines avoient tellement ruiné la place qu'il falloit beaucoup de temps pour la rétablir.
Ainsi larmée ne fit autre chose pendant trois semaines que remettre les fortifications en état et combler la circonvallation.
Le duc d'Enghien renvoya le gros canon à Metz, pourvut la place de vivres et de munitions, et ea donna le gouvernement à MaroUes.
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Mais afin d'assurer davantage cette conquête et de se rendre entièrement maître dé la Moselle, le prince passa le reste de la campagne à prendre Sierck et quelques châteaux entre Trêves et Thionville. Sierck est une petite ville dans la Lorraine, située sur le bord de la Moselle, en un endroit où les coteaux resserrent extrêmement son lit.
Elle n*a aucune fortification, et toute sa sûreté dépend d'un château qui commande sur la ville. Il est flanqué par de grosses tours fort épaisses , et il passe pour le meilleur château qu'il y ait dans toute cette contrée. Le duc de Lorraine y tenoit une garnison de cent hommes. Le soir même que le duc d'Enghien y arriva, il fit emporter la ville et dresser une batterie devant le château. En même temps il fit attacher un mineur à la muraille. Le gouverneur, étonné de cette attaque, se voyant sans eS" pérance de secours, ne voulut pas se mettre
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au hasard de perdre les hommes qu'il cornmandoit ; de sorte qu'api'ès s'être défendu ving[t-quatre heures, il capitula et sortit avec une composition honorable.
Le duc d'Enghien envoya prendre d autres châteaux le long de la rivière, qui ne firent point de résistance; et, après cette expédition, il ramena ses troupes en France dans des quartiers de rafraîchissement. Espenan et Dandelot demeurèrent à l'armée, et le prince leur ordonna de marcher vers Es tain, pendant qu'il feroit une course avec deux mille chevaux dans le fond du Luxembourg. Il alla même jusqu*aux portes de la ville capitale, et la cavalerie de Beck fut obligée de se renfermer dans la place. Il marcha ensuite alentour d'Arlon sans trouver d'ennemis, et ses troupes ayant fait un butin considérable, il vint rejoindre son armée à Villers-la-Montagne.
Alors il remit le commandement gêné-*
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rai au duc d' Angouléme, qui avoit été pendant la campagne avec un petit corps d*armée sur les frontières de Champagne et de Picardie. Après avoir donné ses ordres , il revint à la cour dans la pensée d*y pouvoir demeurer quelque temps en repos ; mais il n y fut pas plus tôt arrivé c[ue les affaires d'Allemagne Tobligèrent de retourner à Farmée.
Merci avoit pbussé le maréchal de Guébriant }usqu*au-deçà du Rhin. Son armée étoit si foible que, sans un prompt et puissant secours , elle ne pouvoit tenir la campagne plus long-temps. Il falloit même une personne de la qualité du duc d*£ngbien pour mener ce renfort et pour empêcher les troupes de se débander, parce qu'elles craignoient de passer en Allemagne.
Le comte de Ranzau fut choisi pour conduire cette armée qui devoit joindre le
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maréchal de Guébriant. Le duc d'Enghien ne demeura que quinze jours à Paris , et s*en alla en poste rejoindre Ranzau en Lorraine. Il le trouva à la côte de Delme où étoit le rendez-vous général, et, marchant par Sarrebourg, il joignit enfin le maréchal de Guébriant à Dachstein, auprès de Strasbourg, avec cinq mille hommes efFectifs.
Après avoir vu toute larmée ensemble, et Tavoir assurée qu'il y reviendroit aussitôt qu'il feroit bon mettre en campagne, il alla visiter les places du Rhin et il se rendit par le chemin de Sainte-Marie-aux- Mines à Neufchàtel, où il distribua les quartiers d'hiver. Enfin il retourna à la cour, ayant gagné dans une seule campagne une grande bataille, forcé une place très-importante, et mené un puissant secours en Allemagne.