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tronpes, tous les officiers fîirent prisonniers de guerre. La cavalerie allemande, dispersée en divers endroits, se retira vers Brisack sous la conduite de Roze, et prit ses quartiers d'hiver dans la Lorraine et dans TAlsace.
Aussitôt que la nouvelle en fut arrivée à la cour, le vicomte de Turenne eut ordre d*aller l'ecueillir le débris de cette armée et d'en prendre le commandement. Il passa tout l'hiver à la rétablir; mais, quelque soin qu'il en prit, elle ne fut pas en état de s'opposer aux Bavarois, dont l'armée s'étoit grossie depuis la défaite de Ranzau.
Merci, qui la commandoit, se voyant mal^ tre de la campagne, alla investir Fribourg qui n'étoit pas en état de soutenir un long siège.
Le duc d'Enghien en apprit la nouvelle à Amblemont proche de Mouzon , et reçut ordre de la cour d'aller joindre l'armé^
d*JdlemagDe ponr tâcher de seGoorir cette place. Il marcha le vingtième de juillet du côté de Metz, où ses troupes passèrent la Moselle et laissèrent leur gros bagage.
En treize jours de marche il fit soixantehuit lieues, et il se rendit à Brisack avec six mille hommes de pied et quatre mille chevaux.
Le prince sut par les chemins que Fribourg s'étoit rendu aux Bavarois , que le vicomte de Turenne étoit campé assez près d'eux, et que Merci ne faisoit paroître encore aucun dessein de changer de logement Sur cet avis, il s'avança vers le vicomte de Turenne avec le maréchal de Gramont, et en même temps il donna ordre àMarsin de passer le Rhin à Brisack avec Farmée, le troisième d*août.
Le duc d'Enghien ne demeura au camp du vicomte de Turenne qu autant qu il falloit pour reconnoître le poste des Bava-.
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rois et pour réisoudre de quelle façon il les attaqueroit. Il retourna à son armée le même jour quelle passa le Rhin, et le lendemain il marcha pour exécuter Tentreprise qu'il avoit formée avec le vicomte de Turenne.
Frihourg est situé au pied des montagnes de la Forét-Noire. Elles s'élargissent en cet endroit en forme de croissant, et au milieu de cet espace on découvre auprès de Fribourg une petite plaine bornée sur la droite par des montagnes fort hautes , et entourée sur la gauche par un bois marécageux. Cette plaine est arrosée d'un petit ruisseau qui coule le long du bois et qui tombe après sur la gauche de Fribourg dans l'enfoncement d'une vallée étroite et coupée de marécages et de bois. Ceux qui viennent de Brisack ne peuvent entrer dans cette plaine que par des défilés au pied d'une montagne presque inaccessible
qui la oommaiide de tons côtés, et par les aolres, chemins rentrée en est encore plus difficile.
Biorci s*étoit posté dans on lien si a^antageoz ; et comme c'étoit on des plosgrands capitaines de son temps , il n avoit rioi onblié pour se prévaloir de cette sitnation.
Son armée étoit composée de huit mille hommes de pied et de sept mille chevaux.
Il avoit étoidu son camp le long du mis* seau; mais, outre cette défense et l'avantage qu'il tiroit du bois et des marécages, il Favoit fortifié du côté de la plaine par un grand retranchement. On ne ponvoit aller à lui que par le chemin de Brisack à Frihourg , et par conséqueirî il falloit passer an pied de cette montagne que défendoit la meilleure partie de ses troupes. C'est pourquoi ce général employa toute son industrie à mettre cet endroit de son camp en état de n'être pas forcé.
Dans la pente du côté de la plaine, il fit faire un fort palissade où il mit six cents hommes avec de Tartillerie. Par ce moyen , il s'assura du lieu le phis accessible de cette montage. De là, il poussa une ligne le long d'un bois de sapins en montant vers le sommet, jusqu a un endroit où il étoit impossible de passer. Cette ligne étoit défendue par des redoutes de deux cents pas en deux cents pas, et pour donner encore plus de peine à ceux qui la voudroient forcer, il Et coucher tout du long de cet ouvrage quantité de sapins , dont les branches étoient à demi coupées et entrelacées les unes dans les autres, et faisoient le même effet que ces pieux qu'on appelle chevaux de frise.
Entre cette montagne que l'armée françoise trouvoit sur la droite, et une autre qui étoit plus proche de Fribourg, il y avoît un enfoncement par lequel on pou-
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voit entrer dans le camp des Bavarois; mais, pour y arriver, il falloit faire un grand tour et passer par des lieux qui navoient jamais été reconnus. Cet endroit étoit naturellement fortifié par une ravine large et profonde, et Merci s'étoit contenté d'y faire faire un abattis de bois couchés en travers de la ravine. Enfin jamais camp n'a été dans une assiette plus forte, ni mieux retranché que celui-là.
Cependant le duc d'Ënghien résolut d'en chasser Merci, et disposa son attaque de cette sorte. Il devoit marcher avec toute son armée contre la ligne du haut de la montagne le long du bois de sapins, laissant le fort sur la gauche et s'appliquant uniquement à emporter les redoutes qui la défendoient, afin qu'ayant gagné la hauteur qui commandoit sur tout le reste, il pût se rendre maître du fort et descendre en bataille dans le camp des Bavarois.
Le vicomte de Turenné devoit attaquer l'abattis d'arbres qui défendoit le vallon, et pourvu que les deux attaques se fissent eh même temps , il y avoit lieu d*espérer que l'ennemi, étant séparé en deux endroits, seroit embarrassé à se défendre; et que s'il arrivoit qu'il fût forcé du c6té de la ravine, le duc d'Enghien venant par les hauteurs et le vicomte de Turenne entrant en même temps dans la plaine. Merci ne pourroit leur résister.
Dès que les troupes furent arrivées, le duc d'Enghien donna ordre qu'on se préparât pendant la nuit pour combattre le lendemain. Le vicomte de Turenne, ayant un grand tour à faire, partit avant le point du jour; mais les difficultés qu'il rencontra dans sa marche retardèrent les attaques que les deux armées dévoient faire en même temps.
Le duc d'Enghien disposa la sienne de
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cette sorte. Son infanterie étoit composée de six bataillons de huit cents hommes chacun. Espenan, maréchal-de-camp, fut commandé avec deux bataillons des rég^i* ments de Persan et d'Enghien pour donner le premier. Le comte de Toumon , maréchal-de-camp, se mit à la tête des régiments de Gonti et de Mazarin pour soutenir Persan. Le duc d'Enghien réserva deux régiments pour les employer où l'occasion le demanderoit, et le maréchal de Gramont, Marsin, Léchelle, et Mauvilli, demeurèrent auprès de sa personne. Palluau, maréchal-de-camp, soutenoit toute Fattaque avec le régiment de cavalerie d'Enghien , et les gendarmes furent postés à l'entrée de la plaine dans un lieu fort serré pour empêcher que les Bavarois ne prissent l'infanterie par le flanc.
Pour aller aux ennemis , il falloit monter sur une côte fort escarpée au travers
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d'une vigne, dans laquelle il y avoit d espace en espace des murailles de quatre pieds de haut qui soutenoient les terres et qui servoient comme d'autant de retranchements aux Bavarois. Les troupes commandées ne laissèrent pas de monter dans cette vigne et de pousser jusqu'au retranchement de bois de sapins, derrière lequel les Bavarois faisoient un feu extraordinaire. L'infanterie françoise ne put forcer ces arbres entrelacés sans perdre beaucoup d'hommes et même sans se rompre.
Le duc d'Enghien , qui s'étoit approché pour voir l'effet de cette attaque, observa que la première ligne de ses gens se ralentissoit et qu'ils étoient en partie entre ce retranchement de sapins et le camp des ennemis, et en partie dehors, ne fuyant ni n'avançant. Ils commençoient même à couler sur la droite le long du camp deê Bavarois, pour les aller prendre par le
haut de la montagne ; mais le pHnce, ayant reconnu auparavant lui-même qu'on ne pouToit forcer cet endroit, jugea bien que le succès de son entreprise ne dépendoit plus que d'emporter la ligne des ennemis par le milieu.
C'est pourquoi il résolut de recommencer une nouvelle attaque avec ce qui restoic des premiers régiments, bien qu'il n'en eût plus que deux auprès de lui que cet exemple avoit presque découragés. D'abord il sembloit que ce fût une espèce de témérité d'entreprendre avec deux mille hommes, rebutés du combat, d'en forcer trois mille bien retranchés et enorgueillis de l'avantage qu'ils venoient de remporter. Mais il étoit impossible de dégager autrement ceux qui avoient passé le premier retranchement de sapins ; car, en les abandonnant, le duc d'Enghien se retiroit avec le déplaisir d'a- • voir manqué son entreprise et sacrifié in-
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Utilement la meilleure partie de son infanterie; outre que toute l'armée bavaroise auroit été tomber sur les bras du vicomte de Turenne, n'ayant plus à se défendre que contre lui.
Le prince fait toutes ces réflexions en un instant, descend de cheval, se met à la tête du régiment de Conti, et marche aux ennemis. Le comte de Tournon, suivi de Castelnau-Mauvissière, en fait de même avec le régiment de Mazarin ; le maréchal de Gramont, Marsin, Léchelle, Mauvilli, La Moussaye, Jerzé, les chevaliers de Chabot et de Gramont, Isigni, Meilles, La Baulme, Tourville, Barbantane, Desbrotteaux, Aspremont, Yiange, et tout ce qu*il y avoit d'officiers et de volontaires, mettent pied à terre. Cette action redonne cœur aux soldats ; le duc d'Enghien passe le premier l'abattis de sapins, chacun à son exemple se jette en foule par dessus
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ce retranchement, et tous ceux qui défendoient la ligne s'enfuient dans le bois à la faveur de la nuit qui s*approchoit.
Après ce premier avantage, le duc d*Enghien monte dans une redoute qu il trouve abandonnée ; mais Tétat où il se voit n est guère moins périlleux que Faction quil vient de faire. Une partie de son infanterie avoit été tuée; Fautre s*étoit débandée à poursuivre les fuyards du coté du bois.
Les ennemis tenoient encore le fort où ils avoient placé de Fartillerie, et Merci pouvoit venir charger les troupes du prince dans le désordre où elles étoient; mais peut-être que la nuit qui s'approchoit Fempêcha d*en profiter.
Pendant qu'il restoit encore un peu de jour, le duc d'Enghien rassembla son infanterie, munit les redoutes quil vesioit d'emporter, et, malgré les difficultés du chemin , il fit monter sa cavalerie jusque
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sur la hautear qu'il occupoit. Après que toutes ses troupes l'eurent joint, il fit faire un grand bruit de trompettes et de timbales pour apprendre au vicomte de Turenne que son armée avoit achevé de gagner lë haut de la montagne, et il disposa toutes choses pour recommencer le combat le lendemain.
Le vicomte de Turenne de son c6té avoit attaqué avec beaucoup de vigueur l'abattis d'arbres qui étoit dans le vallon, entre la montagne que le duc d'Enghien avoit emportée et celle qui étoit proche de Fribourg. Mais Merci, n'ayant pu s'imaginer que l'on forceroit son camp par la montagne du côté de Brisack en l'état qu'il Favoit mis , avoit porté ses principales forces du côté du vallon; et c'est ce qui arrive d'ordinaire à l'attaque des lignes , ce qu'on avoit cru le plus fort est emporté le premier. Le lieu étoit assez spacieux derrière
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son retranchemeot pour mettre ses troupes eD bataille; et quand Farmée du vicomte de Turemie anroit poussé rinfanterie qui en défendoit Feutrée, toute la cavalerie bavaroise pouvoit la soutenir sans rompre ses escadrons. Le vicomte de Tufenne, ayant trouvé une résistance si vigoureuse, ne put jamais forcer les Bavarois. Tantôt il gagnoit quelques postes , tantôt il les perdoit ; ainsi son attaque se passa en escarmouches sans pouvoir entrer dans leurs retranchements, bien qu'il montrât en cette occasion tout ce que la valeur et la conduite d'un grand capitaine peuvent faire pour surmonter le désavantage du nombre et du lieu.
Le duc d'Enghien entendoit du haut de la montagne le bruit de cette attaque et se préparoit pour le combat du lendemain.
Son dessein étoit de marcher par les hauteurs contre le camp des Bavarois et dei
les faire tourner vers lui avec une partie de leurs forces pour faciliter au vicomte de Turenne l'entrée de la plaine. Chacun se disposoit à cette entreprise comme à une victoire assurée, étant presque impossible que Merci soutînt deux attaques en même temps, dotit Tune viendroit d'en haut et en queue fondre sur son armée, pendant que Tautre Tattaqueroit en tête.
P^éanmoins Merci sortit d'un pas si dangereux avec une diligence extraordinaire.
Il retira ses troupes sur la montagne proche de Fribourg, et avant le jour il fit sortir son canon de ce fort qui étoit audessous de l'armée du duc d'Enghien, sans que les généraux françois en eussent aucune connoissance. De sorte qu'ils furent surpris le lendemain de voir les Bavarois se retrancher sur cette montagne voisine de Fribourg et de trouver leur camp dé^ sert et leur fort abandonné.
Le chic d'EngliieD voyant les tAmpes du vicomte de Torenne répandues dans la plaine y descend aussitôt; Farmée le suit, et à peine a-t-il reconnu les lieux de plus près que les coups de canon tirés du nou« veau camp des Bavarois lui apprennent qn*ils ont achevé d'occuper la montagne voisine de Fribourg. A ce bruit, le duc d*Enghien , fâché d'avoir manqué son entreprise, fait mettre son armée en bataille, malgré la pluie qui n avoit point cessé pendant la nuit ; mais , voyant combien ses troupes étoient fatiguées des combats passés et du mauvais temps , il remet au lendemain à chasser les ennemis de leurs nouveaux retranchements. Ainsi larmée eut le reste du jour et toute la nuit pour prendre un peu de repos et pour se préparer à la plus périlleuse action qui se soit vue dans les dernières guerres.
A main droite de Fribourg, en venant
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de Brisack, il y a une montagne qui n est pas extrêmement roide jusqu*au tiers de sa hauteur, mais dont le reste est fort escarpé. En approchant du sommet, on trouve un espace de terrain assez uni et capable de contenir trois ou quatre mille hommes en bataille. Au bout de cette petite plaine il reste encore quelques ruines dune tour, au pied de laquelle la plus haute montagne de la Forêt-Noire commence à. s'élever insensiblement. Mais comme elle se recule fort loin à mesure quelle s'élève, sa hauteur ne commande que bien peu sur cette plaine.
Merci avoit posté le plus grand corps de son infanterie aux environs de cette tour, le reste étoit campé derrière un bois sur la droite en approchant de Fribourg, sa cavalerie étoit placée depuis le bois jusqu'aux murailles de la ville ; enfin ce général avoit aussi bien ménagé les avantages
du lieu dans ce poste que dans le précédent.
Il y avoit encore ajouté pour le défendre toutes les inventions que Tart de la guerre et la commodité des bois lui pouvoient fournir en si peu de temps. Les lignes qu il avoit faites durant le siège lui servirent en partie pour fermer ce nouveau camp, et il n'eut à fortifier que le côté qui regardoit le vallon ; il fit mettre en cet endroit plusieurs rangs d'arbres abattus avec leurs brancbes entrelacées; sa meilleure infanterie étoit derrière ce retranchement soutenue de sa cavalerie, dont les escadrons occupoient tout le reste du terrain entre ces rangs d'arbres et la ville.
Dès qu'il fut jour, le duc d'Enghien s'approcha du pied de la montagne où Merci s'étoit retranché, et prit en chemin quelques redoutes que les dragons des ennemis gardoient encore dans le vallon. L'armée de Turenne avoit l'avant-garde ce jour-là
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et devoit faire le plus grand effort. D'Aumont, lieutenant -général, commandoit l'infanterie. Léchelle, maréchal de bataille, niarchoit à la tête de tout avec mille mousquetaires détachés des deux armées; il étoit commandé pour attaquer le retranchement qui couvroit le plus grand corps d'infanterie des Bavarois auprès de cette tour ruinée. C'étoit le lieu le plus accessible par où l'on pouvoit aller à eux ; c'est pourquoi le vicomte deTurenne fit marcher de ce côtélà tout le canon des Weymaricns.
Le corps d'infanterie du duc d'Enghicn, sous la conduite d'Espenan, étoit commandé pour forcer l'abattis d'arbres. Entre ces deux attaques, on en devoit faire une fausse avec peu de gens , et seulement pour favoriser les deux véritables attaques. Roze soutenoit l'infanterie avec la cavalerie weymarienne. Le maréchal de Gramont avoit ordre de se tenir en bataille dans la plaine
avec la cavalerie Françoise, pour prendre le parti que 1 événement conseilleroit.
Le camp des Bavarois leur donnoit de grands avantages, soit pour se défendre, soit pour attaquer. Leur infanterie étoit couverte de tous côtés. Une de leurs ailes étoit appuyée du canon et de la mousqueterie de la ville. L autre aile étoit placée sur une montagne, dont la hauteur seule suffisoit pour la sûreté des troupes qui l'occupoient. Mais ils avoient une si grande étendue de retranchements à défendre que leur infanterie, affoihlie par les fatigues du siège et des combats précédents, ne suffisoit pas pour garder leur camp.
Léchelle faisoit déjà tirer rartillerie de son attaque, et n'attendoit plus que l'arri- ^ vée de l'arrière-garde et le signal pour commencer le combat. Le duc d'Enghien avoit commandé que toutes les attaques se Bssent en même temps. Léchelle avoit ordre
de ne point marcher aux ennemis jusqu'à ce que le bruit des mousquetades eût commencé vers l'abattis d'arbres et vers la fausse attaque du milieu. Mais un accident imprévu (comme il arrive très^souvent dans les plus sages entreprises de la guerre ) renversa tous les ordres du duc d'£nghien, et sauva les Bavarois d'une défaite générale.
Pendant qu'on attendoit l'arrière-garde qui n avoit pu joindre à cause des mauvais chemins, le duc d'Engbien, suivi du vicomte de Turenne et du maréchal de Gra- -inont , étoit monté sur la plus haute montagne pour découvrir le derrière de l'armée des ennemis et voir leur ordre de bataille.
En son absence, Espenan détacha quelques hommes à dessein de faire une fausse attaque contre une petite redoute qui étoit sur son chemin pour aller aux Bavarois. Quoiqu'il n'y eût d'abord envoyé que très-peu