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de se retirer pendant le jour derrière une masure proche de l'ouverture de la tranchée.
La nuit fut assez paisible , et les assiégés , qui ne savoient encore où Ton travaiUoit, n'interrompirent point l'ouvrage des assiégeants. Mais, dès que le jour parut et qu'ils virent la terre qu'on avoit remuée^ ils voulurent essayer de ruiner par une sortie le travail qui s'étoit avancé pendant la nuit. Ils détachèrent deux cents hommes de pied et cent chevaux qni s'avancèrent contre la ligne; et, bien qu'elle fût encore pleine de travailleurs, Espenan se prépara pour les recevoir, et commanda aux gendarmes de s'opposer à la cavalerie des assiégés.
Cet escadron marcha aux ennemis avec un tel désordre qu'il fut entièrement rompu au premier choc, et La Boulaye y fut Xni $9r la place. Néanmoins Espenan miX
là ligne en si bon ordre que les assiégée n'osèrent l'attaquer ni pousser plus loin ce premier avantage qu'ils venoient de remporter. De sorte que les gendarmes eurent lé temps de se rallier et de revenir à la charge. Ils s'en acquittèrent si bien la seconde fois que, malgré le feu des bastions, tout ce qui restoit de cette sortie fut chassé jusque dans la contrescarpe.
Ainsi les assiégeants continuèrent leur travail sans interruption ; mais leur infanterie étoit tellement diminuée que celle de l'armée d'Enghien ne montoit qu'à trois mille hommes, et l'autre n'étoit pas de plus de deux mille. Avec si peu de gens, le prince eut des peines incroyables à gar' der une si grande circonvallation et à fournir les hommes qu'il falloit pour la garde de la tranchée et pour tous les autres travaux.
. Son infanterie étoit composée de quatre
hatailimig- Cefad qoi soitoît dc la trandiée aDotcàla garde < m Hi^imin da caHB|».
Les deux antres trxvaiiloient aux approches, et le dernier amassent des foscnacs pour mnplîr le fossé. PaUoan, airec le légûnent d'Ekighien, ideva la sccoode nmt Espenan et Persan; il avança beanconp la ligne et acheva la redoute. Tonmon et Ifarsin , les deox nuits suivantes , poussé* rent les travaux fort avant et firent nne batterie de six canons.
Le vicomte de Tnrenne n'avoit pas fût moins de diligence de son côté : la cinquième nuit, les deux attaques firent leur logement sur la contrescarpe. Bambergne s'étoit opposé à tons ces travaux que par le feu du canon et du mousquet. Le duc d'Enghien n'avoit eu aucune nouvelle de Tarmée de Bavière; il savoit seulement que Jean de Wert marchoit avec mille chevaux et autant de mousquetaires pour essayer
de jeter du secours dans Philisbourg, et cet avis l'obligea d^edoubler la garde des ligues et même de faire faire le bivouac toutes les nuits.
Aussitôt que les deux attaques eurent fait leur logement sur la contrescarpe, les travailleurs commencèrent à la percer et à faire des batteries pour ruiner les défenses de la place. La descente du fossé ne fut pas fort difficile ; mais on eut bien de la peine à lassurer, car, comme Teau étoit presque de niveau à la contrescarpe, les assiégeans ne pouvoient pas y aller sous terre, et il eût fallu trop de temps pour faire une galerie couverte de madriers.
Ainsi le duc dISngbien se contenta de faire tirer une ligne droite qui aboutissoit an fossé et qui étoit couverte avec des fascines sur des blindes et des cbandeliers.
Espenan et Palluau, pendant les deux nuits de leur garde, mirent leur travail en
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état de pouvoir combler le fbssé. Le comte de Toumon y avoit déjà fait jeter quantité de fascines; mais, en passant par cette ligne enfilée qui conduisoit au travail, il fut tué d un coup de mousquet.
La Pomme , ingénieur fort expert à faire des mines et à passer des fossés, avoit entrepris de faire des ponts de fascines ; mais il y trouvoit beaucoup de difficultés à cause du canon de la place, sur qui celui des assiégeants n avoit pu prendre le dessus, parce que les assiégés en avoient un si grand nombre qu'une de leurs pièces né-" toit pas plus tôt démontée qu'ils en poussoieni une autre à la place ; et outre celles^ qu'ils avoient dans leurs flancs dont ils battoient le pont en travers, ils en avoient un rang sur la face des bastions qui l'enfiloient et qui ruinoient tout le travail.
Il est vrai que leurs flancs étoient si petits qu'ils n'y pouvoient mettre que trois
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pièces. C'est le défaut ordinaire des meilleures places d'avoir les flancs trop serrés ou trop découverts ; mais le premier de ces défauts est le pire, parce qu'entre deux batteries opposées le plus grand nombre de canons l'emporte toujours. En effet, les assiégeants , ayant dressé deux batteries de quatre pièces chacune, firent taire celles des flancs; mais les assiégés en placèrent tant sur la face des bastions , dont le rempart est fort bas, qu'ils ruinèrent celles des assiégeants. C'est pourquoi le duc d'Enghien fut obligé de faire élever des épaulements pour enterrer ses batteries et se couvrir des faees des bastions. Par ce moyen , son canon se rendit le maître, et les assiégeants travaillèrent avec plus de sûreté à leur pont.
Bamberg reconnut alors qu'il n étoit plus en son pouvoir d'empêcher que le fossé ne fût comblé, et comme sa garnison étoit
foiMe, il ne omt pas dcrmr attendre que le mmenr fût attaché, cs|i éiaut de faire aiiparavant nne capitnlation pins atvantagcftse. Il fit battre la diamade, les otages furent donnés, et la garnison sortit le douzième de septembre an nombre de cinq cents hommes aTec denz pièces de canon.
Le dac d^Eoghien fit entrer le régiment de Persan dans la place, et y mit Espenan pour gonTemear.
Cette conquête, quoique plus facile que le prince ne Favoit prévu, donna une grande réputation aux armes de France.
Plusieurs villes envoyèrent des députés.
Spire n avoit pas attendu que d'Aumont Feôt fait sommer, les magistrats en avoient porté les clefs au duc d*£ngbien. Il les reçut honorablement; et, après avoir confîrmé leurs privilèges, il les renvoya pour faire sortir les Impériaux et recevoir la garnison françoise que d'Aumont eut ordre d y faire entrer.
Mais le duc d'Enghien ne pouvoit pas recueillir lui-même les fruits de la prise de Philisbourg, ni s'en éloigner avant que de Tavoir remis en défense. Les ennemis s'approchoient, ses troupes étoient affoiblies et fatiguées, le canon avoit fait de grandes ruines qu'il falloit réparer; ce prince nétoit pas en état de se présenter devant Merci , qui avoit rafraîchi et augmenté son armée depuis sa retraite de Fribourg. Cest pourquoi le duc d'Enghien se contenta d'établir si bien ses quartiers dans les places le long du Rhin, qu on ne put lui enlever sa conquête, ni le forcer à un combat général.
Il avoit la rivière d'un côté, la ville de l'autre, le fort du Rhin devant lui, le mar rais et les bois derrière. Son armée étant campée dans un poste si avantageux, il détacha le vicomte de Turenne pour aller attaquer Worms. Cette ville ne cède ni en
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dignité , ni en nombre d^habitants à ancone des villes d*Allemagne; elle est placée sur le bord do Rbin, et fortifiée autant qae sa grandeur et sa situation Font pu permettre.
Le duc Charles de Lorraine y tenoit garnison, et, depuis la perte de ses états, il n'avoit presque point d*autre retraite que celle-là.
Le vicomte de Turenne fit descendre par la rivière Finfanterie, le canon, et toutes les choses nécessaires pour son dessein. Il marcha ensuite par le Palatinat avec deux mille chevaux, et défit six cents hommes que le général Beck envoyoit à Frankendal. Les habitants de Worms ouvrirent leurs portes et en firent sortir les Lorrains. De là le vicomte de Turenne poursuivit sa marche vers Mayence, et détacha Roze pour aller attaquer Oppenheim. G est une petite ville située dans une plaine, mal fortifiée, mais défendue par un très-bon cbâ-