‹ Relation des campagnes de Rocroi et de FribourgChapitre 18 sur 18 · CL · texte numérisé non relu

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Au bas de la ville , sor le bord du Rhin , est un château assez magnifique où logent les électeurs ; dans le temps que cette ville avoit été sous la puissance du roi de Suède, il avoit fait bâtir, à lendroit ou les deux rivières se joignent, un fort de six bastions qui portoit le nom de Gustawbourg; mais à la fin les Impériaux ayant repris Mayence, le fort fut abandonné par les Suédois , et les électeurs Font laissé ruiner.

Quand le vicomte de Turenne entra dans les faubourgs , il y avoit encore dans la ville une garnison impériale de huit cents hommes ; néanmoins,rélecteurn ayant pas cru y pouvoir demeurer en sûreté, s*étoit retiré à Hermestein ; de sorte que le chapitre, qui a Tautorité du gouvernement en Fabsence de Farchevéque, fit assembler tous les corps de la ville, et, après plusieurs délibérations , ils résolurent de députer vers le duc d*Enghien et de ne don*

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ner les clefs qa a lui-même, afin de rendre en quelque sorte leur capitulation plus honorable par la qualité de celui qui les recevroit.

Le vicomte de Turenne envoya cette réponse au duc d'Ënghien qui étoit toujours avec son armée à la vue de Philisbourg. Il en partit aussitôt avec une escorte de quatre cents chevaux, et se rendit en un jour et demi proche de Mayence. Pendant qu on travailloit aux articles du traité. Merci, avec Farmée de Bavière, s'étoit posté sur des hauteurs entre Hailbron et Necker- &ulm , et avoit laissé le Necker devant lui.

Hailbron n'est qu à quatorze lieues de Philisbourg; Merci prétendoit arrêter de là tous les progrès du duc d'Ënghien. Il détacha Wolfs, colonel célèbre parmi les Bavarois, avec deux cents chevaux et cinq cents dragons pour se jeter dans Mayence ; mais Wolfs n'y put arriver qu'un quart

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d'heure avant le duc d'Enghien. Le trompette, que ce prince envoya aux habitants pour les avertir de sa venue, trouva Wolfs qui les haranguoit pour leur persuader de .

se défendre, offrant le secours qu il avoit laissé de l'autre côté du Rhin, et celui de toute Tannée bavaroise qui le suivroit en peu de temps.

Mais les habitants de Mayence, sachant que le duc d'Enghien étoit en personne dans leur faubourg, tinrent la p^ole qu'ils avoient donnée au vicomte de Turenne; et, après avoir fait sortir Wolfs de la ville, ils envoyèrent leurs députés au duc d'Enghien pour achever le traité de leur capitulation. Le chapitre s'obligea de faire sortir la garnison qu'il tenoit dans Binghen , petite ville avec un bon château sur le Rhin, et d'y recevoir des troupes françoises. Le duc d'Enghien donna le gouvernement de Mayence au comte de Gourval,

et y établit une forte garnison avec ce qui étoit nécessaire pour réparer les anciennes fortifications et en faire de nouvelles.

Le vicomte de Turenne prit en passant Greutznak, et d*Aumont alla investir Landaw avec douze cents hommes de pied et quinze cents chevaux. G*est une ville située dans une plaine à quatre lieues de Philisbourg; elle est assez peuplée ; son rempart n est flanqué que par des tours à l'antique avec un fossé défendu par quelques demi* lunes et un chemin couvert. Il y avoit dedans quatre cents honunes des troupes lorraines, et c étoit la seule place que les Impériaux eussent conservée dans le Palatinat au-deçà du Rhin, excepté Fi-ankendal où les Espagnols tenoient une forte garnison.

Pendant que d'Aumont prenoit ses quartiers et commençoit ses travaux devant Landaw, le duc d'Enghien vint rejoindre

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