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la température à 30°, et ilfittrès-froid. Le temps ne changea guère le lendemain, et le 31 le thermomètre était à 26°.
Pendant la plus grande partie de ce mois, ilne fut possible que très-rarement de travailler hors du vaisseau, et nos hommes ne purent prendre de l'exercice que sur le tillac. Pendant trois semaines nous eùmes un grand vent ou des ouragans, ce qui fit paraître le froid encore plus âpre. Cependant la température moyenne ne fut que de 27° au-dessous de zéro, c’est-à-dire, deux degrés plus bas qu'en janvier 1831. Le plus haut point du thermomètre fut 8° au-dessous de zéro, et le plus bas 47°. Nous cherchâmes quelque consolation dans l'espoir que les vents du nord chasseraient les glaces de la baie de Baffin.
Le temps nuisit tellement à nos observations qu'elles furent à peu près nulles pendant le cours de ce mois; d'ailleurs nous n'avions pas d’almanach nautique pour 1832. Tout ce que j'ai à dire sur l'aurore boréale dont j'ai parlé, c'est qu'elle affecta l'aiguille magnétique à un degré extraordinaire.
Le rapport du chirurgien sur l’état de la santé de l'équipage commencait à être différent de ce qu'il avait été jusqu'alors. Tous nos hommes étaient fort affaiblis, et il y avait beaucoup d'’indispositions, sansaucune maladie prononcée. Une ancienne blessure à mon côté s'était rouverte et avait saigné ; et je savais parfaitement que c'était
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un indice de scorbut. Que nous fussions tous fort inquiets sur l'avenir, c'est ce qu'il est inutile de dire; et celui sur qui pesait toute la responsabilité ne pouvait pas être le moins tourmenté. Mais il faudrait être dans la situation où nous nous trouvions , pour pouvoir apprécier ce que chacun de nous éprouvait.
Le mois commenca par un ouragan furieux 4 su 1
qui dura deux jours et se calma le troisième. Le thermomètre remonta de 24° à 18°. Nous coupâmes la glace, et nous lui trouvâmes une épais seur de cinq pieds et plus. Le lac à la même profondeur, était gelé jusqu'au fond. L'état desespéré du vaisseau nous rendait déjà suflisamment prisonniers; mais il semblait destiné à être pour nous littéralement une prison; car la rigueur du froid et la force des ouragans nous permettaient rarement d'en sortir. Il n'est donc pas étonnant que l'ennui nous gagnt.
Une forte brise, venant de l'éternel nord le dimanche, se changea en ouragan, dura les deux jours suivans et ne se modéra que le mercredi. Enfin, la nuit suivante, le temps devint calme, et le thermomètre descendit à 35°. De là jusqu'au samedi , le temps fut assez beau pour permettre à nos hommes de travailler à la tranchée, et à nos chasseurs d'aller se promener à terre, mais ils n'obtinrent aucun succès.
Un nouvel ouragan éclata pendant la nuit, dura tout le dimanche, et referma les portes de
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notre prison. Le calme se rétablit le lundi, et nos hommes purent continuer à travailler jusqu'au jeudi soir. Une forte brise, le vendredi, interrompit encore tous nos travaux pour le reste de la semaine, et après sept jours de temps variable , la température, pendant la nuit du samedi, fut de 41°.
Le temps fut froid et orageux le dimanche, et il devint encore pire le lundi. Dans la matinée de ce dernier jour, un glouton vint à bord et se mit à dévorer la nourriture préparée pour nos chiens. Tuer cette pauvre créature affamée, eût été un accueil peu hospitalier ; mais c'était le premier échantillon de cette espèce d'animal que nous eussions encore pu nous procurer. La vie et le bonheur d’une bête sauvage ne peuvent entrer en comparaison avec le plaisir qu'on éprouve en voyant sa peau remplie de foin fi:
21 au 25 gurer sous une Cage de verre. Après le 21, nos ev.
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26 au 29 Œu'au vendredi soir ; mais le samedi le vent redefév. vint impétueux, et nous fùmes encore une fois
emprisonnés. La température la plus basse de cette semaine avait, varié de 34° à 39°.
Les trois jours suivans, le temps fut incertain sans être mauvais, et l’on put travailler hors du vaisseau. Le 29, nous mesurâmes la glace, et nous lui trouvâmes plus de six pieds d'épaisseur. Elle avait augmenté de 16 pouces pendant le cours de ce mois.
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Ce fut un mois très-rigoureux. Si le thermomètre ne descendit pas aussi bas que dans le même mois des années précédentes , la température fut plus uniformément basse, et les ouragans fréquens rendirent le froid plus sensible. La moyenne du thermomètre fut de 34° au-dessous de zéro. le point le plus haut 12°, et le plus bas 44° 112.
L'épaisseur de la glace autour du navire était telle qu'elle ôtait tout espoir de pouvoir l'en dégager, quand même nous aurions persisté à vouloir nous en servir, ce qui était impossible d’après l’état de nos provisions, et la santé de nos hommes. Buck, qui avait eu tout à coup une nouvelle attaque d'épilepsie avec un degré de violence extraordinaire, était devenu aveugle.
Le charpentier termina les traîneaux pour les barques , et se disposa à en faire d’autres pour transporter les provisions. C'est un court résumé pour ce nois. Les autres doivent chercher à s'imaginer ce que nous éprouvions, et ce qu'ils ne pourront jamais apprécier.
Le premier jour de mars fut doux, quoique {* su 6
sans beaucoup de changement dans la température, et le même temps continua jusqu'au samedi. À cette époque, la glace sur le lac se trouva de sept pieds d'épaisseur, et le thermomètre descendit à 42°. Le même temps continua les trois jours suivans, et, les deux derniers, nos hommes purent travailler hors du vaisseau, il. 26
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quoique le thermomètre füt à 48°. Ils continue-
7 au 14 rent à en faire autant par intervalles les deux mars. jours suivans ; mais, le 9, il y eut une brise
fraiche qui se modéra le samedi. Ainsi se termina une semaine de temps variable, sans être trèsmauvais. On tua un lièvre et quelques ptarmi-
gans.
Nos hommes, en se promenant après l'office
mars. divin, virent, pour la première fois de la saison,
des traces de rennes, et celle d’un glouton. Le lundi fut très-beau, malgré une température de 38° pendant la nuit. De là jusqu'au 16, des vents impétueux du nord-ouest nous retinrent tous en prison. Le beau temps ne revint que le samedi soir, et le thermomètre ne fut qu'à 20° pendant la nuit.
Le temps ne fut ni beau ni mauvais le dimanche, mais il n'empêcha pas nos hommes d'aller se promener après le service divin. Ils virent les traces de plusieurs animaux, et entre autres d'un ours blanc. Le mauvais temps et notre emprisonnement recommencerent le lundi, et durèrent jusqu'au samedi qui se termina par une belle soirée. Pendant tout ce temps on ne put rien faire hors du navire. Le thermomètre varia entre 31° et 37°; et la prise d'un renard fut le seul événement de cette insipide semaine.
Il yeutle dimancie un ouragan, qui ne se mo-
M: déra quele lundi après midi. Une barque, qui ne
pouvait plus nous ètre utile, fut mise en pièces.
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Le temps s’adoucissait graduellement ; le 28, le thermometre remonta à 4° au-dessous de zéro, et il tomba un peu de neige. Pendant ces quatre jours, nos hommes transportèrent sur le rivage nos approvisionnemens. Le 29, le vent fut assez violent pour empêcher ce travail, et ils s’occupérent à bord à faire quelques préparatifs pour notre voyage.
Le vent se modéra le 30, et le thermomètre descendit à 16°. Il y avait alors assez d'ouvrage à bord à préparer des sacs de peau pour la nuit, à travailler aux traiîneaux, et à faire une foule d’autres apprèts de voyage. On coupa la glace sur la mer le samedi, aprèsavoir dressé une tente; car le vent aurait rendu impossible de travailler sans cela, et on lui trouva une épaisseur de sept pieds : elle avait augmenté de neuf pouces pendant le cours de ce mois. La nuit du 31, la température fut de 20°.
La température moyenne de la première quinzaine fut plus basse que celle de la même époque des années précédentes, car elle fut de 42° audessous de zéro. Mais le temps s’adoucit peu à peu vers la fin du mois, de sorte que la moyenne de la totalité du mois fut à peu près la même qu'en 1830 et en 1831, c’est-à-dire 31°; le plus haut point fut de 4° 112 et le plus bas 48° 1p2.
Mais de même que février, ce fut un mois pendant lequel nous fmes très-sensibles au froid, par suite des grands vents qui régnèrent
30 et 31
fréquemment ; il est certain que l’état de faiblesse croissante de nos corps, et le changement survenu dans notre nourriture, contribuaient à nous le faire paraître plus rigoureux.
Toutes ces causes nous avaient empêchés de terminer la tranchée dans laquelle nous devions cacher nos approvisionnemens, et avaient retardé la construction des traîne ux. Mais nous avions été occupés à bord à arranger et à préparer tout ce que nous devions emporter avec nous, et ce n’était pas peu dechose; car, indépendamment des vivres, des armes, des munitions et des outils, il nous fallait des combustibles, quand ce n’eût été que pour fondre de la neige, et nous ne pouvions nous passer de nos instrumens et des effets à notre usage personnel.
Nousavions alors un aveugle dans notre équipage, et l'enseigne Taylor boitait encore tellement qu'il ne pouvait marcher que très-peu.
Trois autres hommes n'étaient pas en très-bonne santé, et aucun de nous n'avait la même vigueur que l’année précédente. Dans cet état de choses, je jugeai que le plus prudent était de remettre tout le monde à ration entière, et j'en donnai l’ordre.
Nos observations sur le magnétisme avaient continué, mais elles sont de peu de valeur à cause de la position de l'aiguille à proximité de hautes montagnes et au milieu de rochers. Ce que Saussure avait originairement découvert,
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les observations du docteur Mac-Culloch l'ont encore mieux démontré, en prouvant que le granit, aussi bien que plusieurs autres pierres, et non moins que le basalte, exerce sur l'aiguille magnétique une influence qui produit des déviations semblables à celles qu’occasione la présence du fer dans un navire. Cette influence sur des instrumens aussi délicats que les nôtres, et quand il s'agissait de pareilles expériences, de-
vait probablement nuire à la vérité des résultats.
Comme il était tombé peu de neige en comparaison des mois précédens, et qu'il avait fait beaucoup de vent, il n’en restait presque pas sur les montagnes. Nous ne pouvions être surpris de n'avoir vu aucun Esquimaux. Nous n'avions eu presque aucun succès à la chasse.
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