‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 99 sur 121 · VE LS · texte numérisé non relu

VE LS

LE l At

er +

A mb

€ < se SR 5 nés ie RE LÉ oi ah à. cdi rh en

“ as Le o3 Ets 16 TRS

Ho PE a

RE Pre a 58

98 avril.

journée , quand même ce n’eût pas été dimanche ; le thermomètre était le matin à 30° au-dessous de zéro, et il ne monta pas un instant audessus de 3°. Je dois expliquer que notre projet était d'aller jusqu’à une certaine distance avec des provisions et les barques, et de les y déposer, afin d'avancer plus facilement ensuite. L’abandon du navire avait cessé depuis long-temps d’être un sujet d’hésitation ; et notre but, en ce moment , était de nous rendre à la pointe de /a Furie, non-seulement pour y trouver des vivres, mais pour y prendre les barques de ce vaisseau ; à défaut desquelles les nôtres seraient mises en état de pouvoir nous servir.

Quoique la température ne fût pas moins basse , le temps était calme et serein. Nous partimes donc à neuf heures, et nous arrivâämes à la première de nos barques, qui avait déjà été transportée jusqu’à la mer du Nord, à environ quatre milles du vaisseau. Nous la traînâmes ensuite à deux milles plus loin, où étaient la seconde barque et notre dépôt de provisions.

Nous distribuâmes le fardeau également sur les deux barques, et nous avançâmes avec beaucoup de fatigue et de difficulté sur une glace si raboteuse que nous fümes enfin obligés de laisser une barque en arrière, et de retourner sur nos pas pour aller la reprendre, quand nous fümes arrivés à une certaine distance. |l en résulta qu'après cinq heures de travail, nous n'avions

mandest aurojet avec oser, banemps en ce de /a vres, eau ; es en

noins pars à la été iron âmes nt la ions.

r les eauce si isser nos mes sulta ions

pas fait plus d’un mille. Le vent alors devint si violent et chassa la neige avec une telle force, que nous fûmes obligés de faire halte et de nous construire des huttes de neige. Nous les couvrimes de toile, et au moyen des peaux qui nous servaient de lits, et de notre cuisine portative, nous nous trouyâmes, au nombre de quatorze , aussi bien qu’il était possible, quoique la température de Ja hutte pendant la nuit ne füt que de 15° au-dessous de zéro, tandis qu'elle était à 30° à l'extérieur.

Les degrés du thermomètre font peu d’impression sur les lecteurs ; et ceux qui n’ont pas vécu dans des pays semblables à celui dont il s’agit, font surtout peu d'attention aux degrés de l'échelle descendante. Le nombre de trente degrés au-dessous de zéro peut frapper leurs yeux sans leur rappeler que c'est soixante-deux degrés audessous du point de congélation. La température de notre chambre à coucher en cette occasion, était donc de quarante-sept degrés au-dessous de ce point. Comment peut-on dormir, continuer à dormir , avec une telle température ? C’est ce que j'ai déjà cherché à expliquer, mais sans beaucoup de succès , à ce que je crois, puisque, dans le cas en question, il n’y avait pas d'exercice pour engendrer la chaleur, ou pour contrebalancer les effets du froid. Je dois donc encore une fois laisser ce sujet aux physiologistes, puisqu'il est convenu qu'ils n'ignorent rien.

Æ if

21 avril.

25 avril.

Nous partimes peu après midi, sur une glace semblable à celle de la veille, et au bout de quatre heures, nous arrivâmes avec une de nos barques sur le bord de la mer. Là nous trouvâmes une terrasse de glace formée par les marées hautes, et qui offrait une surface unie entre les monticules qui la hordaient de chaque côté. Notre marche y devint beaucoup plus facile, et à six heures nous étions à environ sept milles de la pointe du nord. Laïssant la barque en cet endroit, nous retournâmes où nous avions passé la nuit précédente.

Le lendemain, nous nous mîmes en marche de bonne heure, avec la seconde barque et un traîneau chargé de provisions, et, en dépit d'un vent très-contrariant qui chassait beaucoup de neige, nous arrivâämes à l'endroit où nous avions laissé la première barque la veille. Nous conduisimes ensuite le tout un peu plus loin ; et à huit heures du soir , nous nous fimes une “habitation semblable à celle de la veille. Notre viande était tellement gelée, que nous ne pûmes la couper qu'en nous servant d’une «cie, et nous la fimes dégeler dans notre cacao bouillant, pour ménager nos combustibles. La neige que le vent chassait cauvrit presque entièrement notre hutte, et nous eùmes en outre le désagrément encore plus grand de trouver notre chemin obstrué par des rochers qui s’avancaient dans la mer, et sur lesquels les glaces s'étaient

glace it de le nos trou-

s maentre côté. le , et les de et enissé la

arche et un dépit beauit où reille.

plus fimes reille.

us ne scie, pouilneige ièrere Île otre aient aient

St neue à à.

Lee nd mt

accumulées jusqu'à la hauteur de cinquante pieds.

Les repas si souvent décrits par le vieil Homère ont fait sourire bien des gens, et les critiques ont pris sa défense. Homère « dormitavit » en plusieurs occasions ; cela peut être, mais sur ce sujet du moins, il n'a jamais dormi. Cependant «Je bon homme » n'avait pas besoin de s’inquiéter beaucoup des diners et des soupers de ses héros. Ils ne manquaient jamais d’une vache ou d’une chèvre qu'ils faisaient griller sur des charbons aussi bien qu'ils le pouvaient, et qu'ils découpaient ensuite avec leurs sabres. Si la description de leurs repas nous a quelquefois fatigués, et surtout quand nous n’étions pas en appétit, il y a peu de gens qui, à jeun ou bien repus, n'aient pris intérêt aux dîners et aux déjeuners de Gil Blas et de don Quichotte, et peut-être aussi aux repas de Scott, qui , comme ses prédécesseurs , savait parfaitement quel profond intérêt ce premier objet de la nature humaine inspire à tout ce qui appartient à l'humanité, aussi bien qu'à toute la race animale.

ll s'en fallait pourtant de beaucoup qu'un pareil sujet füt pour nous un objet d'amusement romanesque. Îl avait une importance trop sérieuse pour devenir la matière d'une relation badine ou poétique. Nous pouvions avoir des déjeuners ou des diners à préparer et à manger, mais nous n'étions pas tentés de con-

D me

t { K HE :

es pee me +

ee

signer de gaieté de cœur sur nos registres des circonstances d’une nécessité cruelle, ou de raconter pour l’amusement de nos lecteurs des histoires de nos estomacs affamés, et du peu de moyens que nousavions de les satisfaire. Nos maigres rations d'hier et d'aujourd'hui, la perspective certaine d'en avoir une semblable le lendemain, ne pouvaient inspirer que des pensées très-sérieuses et des inquiétudes bien fondées. Il ne s'agissait pas seulement de savoir si nous arriverions à notre but, si nous pourrions exécuter nos plans; c'était une question de vie et de mort. On dit qu'on ne plaisante pas l'estomac vide; nous n'en avions certainement aucune envie en cette occasion; il en avait déjà été de même bien des fois, et la même chose arriva encore par la suite. Non-seulement nous pouvions échouer dans nos efforts, mais nous pouvions mourir , et laisser, pour unique souvenir, des os qui n'auraient jamais été reconnus pour ceux de philosophes venus de si loin pour faire ce que nous avons fait. Le Ciel seul sait quel aurait été notre destin si les animaux de ce pays, quadrupèdes ou bipèdes, avaient pillé les dépôts de provisions que nou: avions plusieurs fois laissés en différens endroits, comptant sur leur stupidité, ou sur leur honneur plus que douteux ; ou que le manque de forces ou de moyens de transport nous eût réduits à la misérable ressource d’un renard

es des ou de quelques mouettes tuées par hasard.

ou de Un ouragan nous tint en prison toute la 26 «it.

rs des journée; mais il en résulta un repos avantageux

1 peu pour nos hommes. Le 27 de bonne heure nous 97 ait.

>. Nos essayâmes de marcher sur la glace de la mer;

à per- mais elle était si mauvaise que nous n'avancâmes

le len- que de cent cinquante toises en deux heures.

nsées Ayant enfin regagné la terrasse de glace le long

idées . du rivage, le chemin devint plus facile; mais nn nous fûmes obligés de tourner toutes les pointes

“re de terre, d’entrer dans toutes les baies pour

nn de

suivre la côte, de sorte que nous ne gagnâmes le pas | que peu de distance en droite ligne. Nous avan-

shit câmes pourtant ainsi de deux milles; mais alors — la terrasse se termina près d’un cap éscarpé, —— autour duquel la mer, jusqu'à une distance de rates trois à quatre milles, était couverte de glaces nage sur lesquelles il était impossible de passer. pont loi Il ne nous resta d'autre ressource que de tirer é ni nos traineaux sur le rivage pour tâcher de conss tinuer notre chemin par terre. Avec des fatigues s Ciel incroyables, nous parvinmes à faire passer nos ; les traîneaux , l'un après l’autre, par-dessus trois èdes , inontagnes, couvertes d'assez de neige gelée —. pour faciliter notre marche, et nous arrivâmes roits, enfin à une crique que nous avions en vue, dans sarl une île voisine d’un cap où nous avions été e de

retenus en septembre 1829. Nous nous y coneut struisimes de nouveau des huttes de neige, et nard nous nous reposÂmes.

EU ni te ur

a em rm

D po aq# tt ——

à Â rt! Oo } dE x | ji ï x À 1e ÿ ne | 1 À in D 4!

PE ja ra rie ty nr Lie PP F :

(1 L ( ñ in L L 1 4° ‘1 2# ME) ! La À | ” +!

ei | ; | f

== Le PAT IDE

mai,

Un autre ouragan nous empèécha de nous remettre en route le lendemain , mais, comme il augmenta encore le dimanche , nous résolûmes de laisser les barques en cet endroit, et de retourner au vaisseau. Nous avions le vent en arriére , et par conséquent nous pouvions nous y exposer sans beaucoup de risque. Nous arrivâmes dans la soirée aux premières huttes que nous avions construites, et, le lendemain, après y avoir laissé un dépôt de provisions, comme nous l’avions fait dans le lieu que nous avions quitté la veille, nous retournâmes au vaisseau , où nous arrivâmes vers midi. Le résultat de ce voyage fut que nous avions fait cent dix milles, mais que nous n'avions avancé que de dix-huit en réalité, et que nous aurions à, parcourir encore trois fois tout cet espace , avant que nous fussions arrivés à ce premier point d’un voyage qui était destiné à étre de trois cents milles, quoique le chemin direct ne füt que de cent quatre-vingts.

Je crois inutile de donner un résumé du mois d'avril, les détails qui précèdent étant assez circonstanciés.

Le 1‘ mai fut doux, et le thermomètre varia entre 2" et 20° au-dessus de zéro.

Nous nous occupâmes .à préparer des provisions pour notre voyage. Nous déposâmes sur le Krusenstern, que nous avions placé sur le rivage , les salaisons et autres objets que nous ne

nous omme

lûmes le rent en s NOUS arris que après omme Avions

seau, de ce nilles, -huit jourir > Nous oyage illes , > cent

L MOIS assez

varia

Dr'OYIsur le le rius ne

pouvions emporter, comme une dernière ressource , si nous étions forcés de revenir en cet endroit. Cet ouvrage et quelques autres nous occupérent encore le lendemain. Pendant cette dernière journée le thermomètre fut à 20° audessus de zéro, mais il descendit à zéro quand la nuit fut arrivée.

D nrai.

Nos hommes conduisirent les traîneaux sur la 3 mai.

glace de la mer jusqu'à quatre milles, et revin-

rent à sept heures. Le 4, nous commencâmes 4 mai,

notre second voyage. J'étais avec le commandant Ross et dix hommes de l'équipage , les seuls qui furent en état de supporter de telles fatigues. Après avoir rejoint les deux traineaux pesamment chargés qui avaient été conduits en avant la veille , nous les traînâmes sur une bonne glace pendant cinq milles ; mais l’un se cassa pendant que nous essayions de passer quelques monticules, et nous arrivâmes avec l’autre, à la nuit tombante, à la première de nos stations.

Nous y retrouvâmes tout ce que nous y avions laissé, quoique nous eussions craint la voracité des gloutons. Après huit heures de repos, nos hommes retournèrent au vaisseau pour y reconduire le traîneau cassé et le faire réparer, et pour en ramener deux autres. Nous passämes toute la journée à ce travail, et, au bout de douze heures, nous nous trouvâmes avec un traineau à 18 milles du navire.

Le second fut amené le lendemain, et le trai-

5 mai,

6 mai,

” k 4 mai

ÿ mai,

neau cassé avait été réparé. La charge de chacun d'eux ayant été égalisée, nous partimes pour la station suivante, où nous n'arrivâmes qu à buit heures du soir, une neige abondante ayant rendu le chemin plus mauvais. Déchargeant alors les traineaux, nous retournâmes à l'endroit où nous avions passé la nuit précédente, et nous y arrivämes après une marche de 14 milles. Le thermomètre était à zéro.

Nous partimes avec le reste des provisions et nos sacs de peaux pour nous coucher, et après avoir fait 18 milles, nous arrivâmes à trois heures après midi à notre dernière station, ayant enfin réussi à y transporter deux barques et des provisions pour cinq semaines , sans y comprendre une autre quantité de vivres suflisante pour dix jours. Nos travaux étaient trop sérieux, et il s'y mélait trop d'inquiétude pour nous permettre de plaisanter ; cependant nous ne pouvions nous empêcher de sentir que nous étivns dans une situation semblable à celle de l’individu chargé , dans une équation algébrique bien connue, de porter une certaine quantité d'œufs, un à un, à un point donné. Après avoir fait aux traineaux quelques réparations nécessaires, nous en conduisimes deux à sept milles, un autre à cinq, et nous retournâmes coucher dans notre hutte.

La neige nous emprisonna toute la journée et nous fit craindre de trouver la route fort mau-

Page 1