‹ Relation du voyage de Son Altesse Royale le prince de Galles en Amérique [microforme]Chapitre 11 sur 69 · FETE · texte numérisé non relu

FETE

300,000 milles du sol de l’île, et encore n’y a-t-il qu’un peu plus d’un tiers de cette étendue qui soit en culture. Les minéraux, tels que le charbon, le gypse, le cuivre, l’argent, le fer et le plomb sy trouvent, dit-on, en grande quantité. La compagnie du télégraphe exploite avec profit une mine de ce dernier métal, (1),

Mais les principales sources de prospérité de cette colonie seront, durant des siècles sans doute, ses pêcheries inépuisables renfermant tous les trésors de l’Océan depuis la gigantesque baleine et le marsouin, jusqu’au hareng, au madquereau, à la morue et au caplan. Le Labrador, sur plus de 100 milles de côtes, fait passer par Terreneuve la plupart de ses produits; ce qui se trouve par Len à déduire du chiffre officiel des exportations de cette colonie,

Le Labrador possède à lui seul autant de territoire que la France, l'Espagne et l’Allemagre réunies. Plus de vingt milles personnes s’y rendent tous les étés et s’y livrent à la pêche et à la traite des fourrures avec les Sauvages. Cette multitude se compose d’Ecossais, d’Irlandais, d’Américains, de Français, de Canadiens- Français et d’Acadiens. La population résidente, principalement composée de Sauvages, d’Ecossais et d’Acadiens, ne dépasse pas 9,000 âmes. L

. On porte à $4,000,000 la valeur des produits exportés de ce territoire.

Le total des exportations de Terreneuve, en 1857, a été de $8,250,000. Elles consistaient principalement en poisson, en huile et en fourrures. Ses importations se sont élevées à 87,100,000. La pêche du phoque, que l’on commence le printemps, au milieu de bancs de glace flottants, occupe plus de 10,000 hommes et met en mouvement 400 goëlettes et autres'petitesembarcations. On calcule que 35 à 40,000 individus montant plus de 10,000 petits navires et bateaux s’adonnent constamment, durant la saison favorable, sur les côtes et les bancs de Terreneuve, à la pêche de la morue, du hareng et du maquereau. Les revenus de cette province sont, en moyenne, d’un million de doilars et ses dépenses absorbent 4 peu près ce montant.

Les produits du sol sont un des principaux éléments de prospérité de la Nouvelle-Ecosse. Cette presqu'île et l’île du Cap- Breton renferment 12,000,000 d’acres de terre dont environ 5,000,000

(1) La géographie moderne de M. l’abbé Holmes, édition publiée par MM. Crémazie, en 1854; celle de M. Hodgins, député surintendant de l'éducation, pour le Haut-Canada ; le livre de M. Taché, intitulé : Des provinres de l’Amérique Britanniqua du nord et d'une union fédérale ; enfin la lecture de M. A. Morris, Novu-Brilannia, faite à Montréal en 1858, sont les sources où nous avons puisé la plupart de nos renseignemens statistiques et géographiques.

sont colonisés et un peu plus d’un million sont en culture. La Nouvelle-Écosse, an moyen de digues, a conquis sur l'Océan 40,000 acres qui sunt d’une inépuisable fécondité.

Quoiqu’ils soient sous la même latitude que le Canada, la Nouvelle-Ecosse et le Cap-Breton ont cependant un climat plus doux et moins sujet aux variations de la température: ce qui est dû sans doute à leur position isolée et au grand courant qui vient du golfe du Mexique. Le blé et l’orge s’y cultivent avec plus de profit que dans 14 des Etats de la république voisine ; aucun d’entre eux nou plus ne réussit aussi bien dans la production d’avoine, de sarrasin, de patates, de foin, et de beurre que la Nouvelle-Ecosse.

Les revenus que lui donnent ses forêts sont considérables. Les exportations se composent en grande partie de bois de charpente. L'industrie de la construction des navires y est exploitée sur une grande échelle. La péninsule de la Nouvelle-Ecosse et l’île du Cap-Breton sont toutes deux renommées pour leurs richesses minérales. Le charbon, le fer, le gypse et le manganèse y sont abondants. On extrait chaque année des entrailles de leur sol envi- | ron 150,000 chaldrons (1) de charbon. Les colons de la Nouvelle-

Ecosse se livrent avec succès aux travaux de la pêche ; ceux du 7 - Breton s’y adonnent également, et en tirent encore plus de profit, La valeur des exportations en poisson et en huile est annuellement de plus de trois millions de piastres. Le total des exportations est en moyenne de sept à huit millions de piastres; mais plusieurs item tels que navires construits dans la colonie et vendus hors de ses limites, ne figurent pas dans ce ternier montant. Le total des importations est en moyenne de huit à neuf millions. Les revenus de la province sont d’à peu près sept cent cinquante mille piastres, et ses dépenses absorbent environ cette somme, Suivant le Juge Halibuitou, la Nouvelle-Ecosse posséderait à peu près trois mille navires représentant une capacité collective de deux cent mille tonneaux. On y trouve quarante trois ports d’entrée. Celui d’Halifax seul est fréquenté chaque année par plus de mille vaisseaux de toutes grandeurs et appartenant à toutes les nations. ‘ Une bonne politique, dit M. Taché, le désigne comme port d’hiver naturel de toute l'Amérique britannique du Nord.??

Les pècheries et les mines du Nouveau-Branswick sont très productives ; mais les principales sources d’où la province tire ses revenus sont les forêts qui couvrent une partie de son sol, l’agriculture et l’industrie «le la construction des navires. Sur à peu près 18,000,000 d’acres, la Couronne, avant 1857, en a concédé environ 7,000,000 ; des 11,000,000 qui restent on assure qu’il s’en trouve

sept millions et demi de propres à la culture. Il n’y en a cepenï dant que 800,000 qui soient cultivés. (2)

(2) Mesure qui contient 36 boisseaux.

(1) A Hand-Book of information for Emigrauts to New-Brunswick, par M. I. Periey, Londres, 1857.

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Les commissaires nommés par le gouvernement impérial pour explorer la route d’une ligne ferrée d’Halifax à Québec, s expriment ainsi dans leur rapport : “ On ne saurait trop vanter le climat, le sol et les ressources du Nouvean-Brunswick. Il n’est pas de pays au monde dont les forêts soient plus riches et qui soit arrosé en tout sens de rivières plus belles et plus nombreuses.”?

On se fera une idée plus exacte de son importance comme pays agricole si l’on songe qu’il est constaté que l’on y récolte plus de blé que dans 14 Etats de l’Union, où la culture de ce végétal esi le plus étendue. La république américaine n’a peut-être pas non plus un seul Etat où un seul Territoire où les autres produits du sol soient plus abondants que dans cette colonie.

Les produits agricoles ont été évalués, en 1857, à 58,000,000, Cette valeur s’élève probablement aujourd’hui à près de $89,000,000. Les forêts de cette province, comme les nôtres, sont inépuisables et fournissent des bois de toute espèce. Celui qui a flotté sur la rivière St. Jean, en 1852, valait $2,000,000,

Outre la consommation que font des produits de leurs pêcheries les habitants du Nouveau Brunswick, ils en exportent tous les ans une quantité valant 175 à 225,000 piastres. Le charbon, le fer, le manganèse, la plombagine, le plomb, le cuivre, le gypse s’y trouvent en abondance, et les mines récompensent largement ceux qui les exploitent. Le nombre des manufactures tend de plus en plus à s’accroître ; et la quantité de pouvoirs d’eau qu’offrent ses belles rivières, feront sans doute avant peu du Nouveau-Brunswick un pays à la fois manufacturier et agricole. La principale industrie qu’exercent les colons est la construction des navires ; c’est aussi la principale branche de commerce de la Province. Durant les 8 années Holsantté en 1855, on y a annuellement construit de 566 à 827 vaisseaux, représentant une capacité de 110 à 122 mille tonneaux, Ceux que l’on fit en 1854 furent évalués à environ £800,000 sterling. Les importations sont en moyenne de $7,000,000 chaque année, et les exportations, non compris les navires vendus hors de la province, d’à peu près le même montant. Les revenus sont en moyenne «le six à sept cent mille dollars, et les dépenses absorbent rarement plus que cette somme.

Quoique ce soit dans de moindres proportions, l’île du Prince Edouard offre cependant un exemple l'accroissement de prospérité supérieur à celui du Nouveau-Brunswick. En effet, l’extrême fertilité de son sol a porté quelques auteurs et des statisticiens à émettre l'opinion que cette colonie pourrait aisément nourrir un million d’habitants.

Ceci peut sembler exagéré; mais cependant, sur 1,365,000 acres, à peine tronverait-on une seule portion de ce sol quine fût propre à la culture. L’avoine, le blé, lorge, la patate et le navet en sont les principaux produits. Les progrès de l’agriculture iont aujourd’hui rapidement disparaître ses riches forêts.

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On y construit environ 100 vaisseaux par année et les colons en possèdent à peu près 400.

Les pêcheries sont très pioductives. Les exportations sont évaluées à $1,250,000, et les importations à $1,500,000. Les revenus et les dépenses sont de soixante à soixante-cinq mille piastres.

Ainsi les provinces du golfe réunissent tous les éléments qui sont de nature à constituer un empire puissant et prospère. Elles sont plus rapprochées du vieux monde qu'aucune autre partie de l’Amérique. Terreneuve n’est guères qu’à 1,640 milles géographiques de l’Irlande. Elles possèdent des chemins de fer et des canaux, lesquels naturellement ont une étendue moindre que ceux du Canada. Une voie ferrée qui relierait Halifax à notre Grand Tronc de chemin de fer ne serait pas une entreprise difficile à réaliser, aujourd’hui surtout qu’il a atteint la Rivière du Loup et que l’on a construit dans les autres provinces des chemins qui pourraient se relier facilement a cette grande voie ferrée. Si l’on réfléchit que le gouvernemet impérial est maintenant plus intéressé que le Canada lui-même à l’exécution de se projet, on ne saurait attribuer son indifférence qu’au peu de renseignements qu’il possède sur ses colonies et aux grandes questions de politique européenne et asiauque qui, depuis quelques années, ont absorbé son attention.

Récapitulons : La superficie des provinces du golfe, non compris le Labrador, est d’à peu près 34,000,000 d’acres carrés. Comme nous venons de 1: voir, il n’y en a qu’une très petite partie qui soit en culture ; le reste qui se compose de millions et de millions d’acres un 60! des plus féconds n’attend pour nroduire que la volonté de Pagriculteur. Elies ont, dans leurs pêcheries, non seulement une source inépuisable de richesses, mais encore une grande école de marine où se forment les équipages d’une flotte plus importante que celle de beaucoup d’Etats européens. Les mines de charbon dont le Canada paraît être dépourvu leur assureront ces avantages économiques qui ont tant contribué à faire de la mèrc-patrie une des plus florissuntes nations du monde. Le total de leurs exporiations est d’à peu près $26,000,000, et celui de leurs importations d’environ $23,000,000. Leurs revenus réunis sent d’environ $2,0C0,000 annuellement. Leur population, en 1857, était de 725,000 individus, dont plus d’un tiers étaient catholiques, et à peu près un septième Acadiens. (1) Les quelques familles qui avaient pu se soustraire à l’exi! auquel on avait condamnée cette nation toute entière, se sont merveilleusement multipliées et il est probable que le grand poëte américain Longfellow, ignorait cet accroissement de

(1) Le chiffre de la population catholique donné par M. T'aché diffère beaucoup de celui que donne de son côté M. Hodgins. M. Taché compte 91,000 catholiques dans la province de Terreneuve, 35,000 dans celle de l’Tle du Prince Edouard, 100,000 dans la Nouvelle-Ecosse : 38,000 dans le Nouveau-Brunewick ; en tout 323,000. C’est environ la moitié de la population totale,

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