JÉSUITES
P. Petit, supérieur P. Poisson
P. Doutrelcau . . .
P. Tartarin } P. Le Boulenger | P. Guimoneau. . .
P. Souël. . . . .
P. Beaudouin .
P. Guicnne.
à la Nouvelle Orleans aux Akansas
à Ouabache
aux Kaskakias
aux Metchigamias aux Yasous
aux Chicachas
aux Alibamous.
Chactas. Il y aura un nouveau mis-
sionnaire aux Caïouïtas. Messieurs Taumar et Mercier prètres
des Missions étrangéres sont avec les Jesuites aux Kaokias et
‘Famarois.
M. Perier s'exprime ainsi sur les Jesuites de la Louisiane dans sa derniere lettre du 14 août 1728, Tl'out Ie monde se louc des Jésuites des postes où ils sont, Je dois vous dire qu'ils y font beaucoup de bien. Les postes qui étoient les plus débordés, comme les Alibamous et les Yasous sont tout à fait changés.
la Compagnie ne s'étoit pas bornée à assurer les secours
pirituels aux françois et à procurer la conversion des sauvages,
clle avoit encore en vue de mettre en régle l'hopital de la Nouvelle Orleans et d'en charger des personnes capables de travailler efficacement au soulagement des malades. Elle chercha donc pendant longtemps des sœurs grises, mais les difficultés qu'elle rencontra à en obtenir, la détermina à accepter LS propositions que lui fit le P. de Beaubois de lui donner des Ursulines, qui se chargeroient du soin des infirmes.
Le 13 septembre 1726, la Compagnie signa un traité pour l'établissement de six religieuses de cet ordre dans cet hopital (1). Elle Icur laissa en mème temps la liberté de travailler à l'éducation de la jeunesse de leur sexe, mais à condition que Ie service des malades qui étoit le principal objet de leur mission ne seroit jamais negligé.
Ces religienses arriverent à la Louisiane au mois de juillet 1727; le logement de l'hopital ne se trouvant pas en état de les recevoir, on leur donna une maison particuliére, où elles com- Méncerent à instruire de jeunes filles avec un succez qui causa beaucoup de satisfaction à la colonie.
Si les ordres de la Compagnie ont été exccutés leur logement doit être fini à présent. » (Arch. du Min. de la Mar.)
(0 En 1770, une bulle du Pape dispensa les Ursulines du service d'hospitalières. Le roi d'Espagne accorda à deux de ces religieuses, à la même époque, une subvention de 16 pistoles par mois {89 francs).
[LR
Extrait d'un placet, du 30 Octobre 1721, envoyé au Ministre par l'entremise de Messieurs Perier et Salmon
Le Pere d'Avangour represente que l'établissement des Religieuses Ursulines formé à la Nouvelle Orleans. en 1549, éstune œuvredes plus utiles Pour li colonie, où estant à rrivées elles ouvrirent une ecole publique pour les jeunes filles, qui se trouverent au nombre de 40, En âge et en ctat d'y aller tous les jours. Elles prirent aussi 24 pensionnaires, çt en 172K. elles se chargerent des orphelines qui se trouverent à la Nouvelle Orleans et aux environs, qu'ellee rctirerent et éleverent par charité La Compagnie voulut Y Entrer dans la suite ct ordonna qu'on remit chaque année aux religieuses 150 livre. par chaque orpheline qu'elles retireroient sur l'ordre du commandant.
L'objet de cet établissement a été d'avoir dans ja colon: des religieuses pour élever la Jeuncsse, faire les fonctions d'hospitaliéres et avoir soin de l'hopital.
La Compagnie fixe à six de ces religieuses six cents livres par an à chacune, outre une gratification de 3,000 livres qui leur 1ut uccordee Pour les frais de leur voyage,
Quoique la Compagnie n'en Payat que six, elles parti-ent en plus grand nombre, et n'ont pas été moins de huit, Elles sont surchargées de travail et ont besoin de secours surtout si le projet de l'établissement d'une maison de force a lieu.
La Compagnie devoit Envoyer cinq ou six autres cette année; On pourroit l’exccuter de même, sans qu'il en coûte rien au Roi; la demi année des six religieuses qui va échoir suffisant pour les frais de leur voyage à la Rochelle et de leur embarquement.
Supplie d'ajouter mille livres par an aux trois mille six cens qui leur sont accordées, afin que cette communauté puisse subsister ét ne point importuner dans la suite; moyennant laquelle somme celles seront obligées d'entretenir douze reli- Jicuses.
Outre cette augmentation qui sera telle que Monseigneur le jugera à propos, clles ne demandent que le passage de leurs religicuses: soit celles qui seront envoyées à la Louisiane, soit celles qui seront obligées de quitter la colonie, et le fret d'un tonneau par an.
Llles esperent par une protection particulière la confirmation en franc aleu de la terre qui leur a été concédée à la Nouvell: Orleans et d'être maintenues dans les droits et privileges de: leur institut, comme elles en jouissent en France.
Arch. du Min. de la Mar.
L'officier eue Madeleine Hachard appelle Duverger se nommait Devergès. (V., aux Arch. du Min. de la Mar., un procèsverbal du 15 avril 1731 sur le foit et les accroiss:ments de la Balise.)
Ie P, Doutreleau, que Madeleine Hachard appelle Doutrelo, fut envoyé en mission aux Illinois. En 1720, il profita de la saison des chasses pour venir régler quelques affaires à la Nouvelle-Orléans. Le 1° janvier 1730, au moment où il disait la messe à l'entrée de la rivière des Yasous, il fut traîtreusement attaqué par les Sauvages. Un de ses serviteurs tomba
lai
mort à ses côtés, un autre eut la jambe fracassée par une balle, lui-même fut blessé, Il prit son calice, sa patènc ct, couvert de es habits sacerdotaux, se sauva dans une piroguc où se trouvaient déjà deux de ses compagnons. Il atteignit sans autre accident sa destination, mais non sans avoir été longtemps poursuivi, d'abord par les Yasous, puis par les Natchez.
Cela se passait au moment du massacre des Français par les Natchez. Ce drame fut provoqué par l'avidité et la dureté du commandant Chepar.
Charlevoix, Hist. et descript. gén. de la Nouvelle France. U IV, pp. 442 et seq., éd. in-12 de 1744. Bossu, Nouveaux Voyages aux Indes Occidentales, 1° part., pp. 54 et seq. Paris, 1768.
Le F. Crucy, que son âge ct son caractère enjoue rapprochaient de Madeleine Hachard, fut envoyé au poste des Natchez. Il mourut presque subitement d'une insolation, en 1720, deux jours avant le massacre des Français.
La maison provisoirement atfectéc aux Ursulines était celle que Bienville venait de quitter. Elle était située au Sud-Ouest, entre les rues de Bienville, Roïale, Saint-Louis et de Chartres. Le monastère est à l’autre extrémité de la ville, à l'angle formé par le côté Sud de la rue de l’Arsenal. (V. la Carte de Belin, in Charlevoix, t, IV.)
Ce monastère devait être terminé en 1328: Le N déceme bre 1731, l'intendant Salmon écrivait au Ministre :
« La maison destinée pour loger les religieuses Lrsulines dont nous vous envoyons le plan n'est pas achevée, il reste à faire les couvertures en tuile et les remblais de terre jusqu'à l'élévation du sol; les planchers, escaliers, portes, croisées, ferrures, vitrages ct autres ouvrages nécessaires pour pouvoir
« les loger et on y travaille actuellement. Je pense que n'étant « que six ou huit religieuses elles auroient suffisamment pour
leur parloir, réfectoire, cuisine et dépense de la moitié du rez de chaussée et qu'on pourroit placer les malades dans l’autre moitié de ce rez de chaussée, en rompant quelques cloisons pour en faire des Salles pour les malades. Les religieuses auroient en outre de cela le premier et le second étage entier pour faire leur celules, celles de leurs pensionnaires et des orphelines qui sont actuellement chez celles au nombre de trente; et pour chacune desquelles la Compagnie paye 150 livres de pension pour nourriture et entretien.
« li est à observer que la Compagnie a fait en cela un grand acte de charité en retirant ces orphelines qui étoient la plupart des enfans dont les parens ont été tués aux Natchez, Elles ont une bonne éducation dans cette maison. On en a déjà marié quelques-unes; c’est un bien pour cette colonnie, au lieu que ç'auroit été autant d'enfans perdues si on ne les avoit pas retirées dans cette maison.
« 11 y a lieu d'espérer que Monseigneur voudra bien continuer cet acte de charité et faire un fond à ceteffet. »
(Arch. du Min. de la Mar.)
20 D DD CC Ce
‘Achevé d'imprimer POUR M. GABRIEL GRAVIER PAR E. CAGNIARD, À ROUEN,