‹ Relation et naufrages d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 24 sur 42 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Nous prenons la fuite.

I Dedx jours après nous être réunis, lious f nous recommandâmes au Sei&;neur et nous primes la fuite , comptant que bien que la saison fût déjà avancée et que les tunas commençassent à passer ,, nous pourrions nous nourrir avec les autres fruits qui restaient , et faire une bonne partie du chemin par terre. Ce jour-là nous marchâmes en craignant sans cesse d'être repris par les In-

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diens. Nous remarquâmes de la fumée, et le soir, étant «arrivés à l'endroit d'où elle s'élevait , nous vîmes un Indien qui , dès qu'il nous aperçut, prit la fuite sans nous regarder. Nous envoyâmes le nègre à sa poursuite.

L'Indien voyant que cet homme était seul, s'arrêta : alors le nègre lui dit que nous cherchions les gens qui faisaient la fumée que nous avions vue. Cet Indien répondit que les . maisons n'étaient pas éloignées, et qu'il nous y accompagnerait. Il courut pour donner avis dé notre arrivée , et nous le suivîmes. Au coucher du soleil nous vîmes les maisons^ et à deux portées d'arbalète avant d'y arriver, nous trouvâmes quatre IndicagÉ qui nous attendaient et qui nous reçurcBj^ fort bien. Nous leur dîmes dans la langue dcB Mareamès que nqus nous rendions chez eux^ Ils témoignèrent beaucoup de joie de nau8 voir, et nous conduisirent au village ; ils Jdgérent Dorantes el le n^rechez un médecin., moi et Oaçtillo chez un antre Ifidieû. C^ïïu^

DALVAR NUNfiZ CAliEÇA DK VACA. 1 5g

turels se nomment Avafjf^res , ils parlent une langue particulière. Ils portaient des are§ à nos anciens maîtres, et faisaient du commerce avec eux. Quoique leur langage diffère de celui de ces derniers, et qu'ils forment uiie nation à part , cependant ils les comprennenx. Les nôtres avaient été chez les Avavares ce jour-là même. Aussitôt toute la peuplade nous ofiFrit des tunas, parce qu'ils

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l^jl^ient déjà entendu parler de nous : ils savaient que nous guérissions les malades ^ ef- Cjj^naissaient les miracles que le Seigneur opérait par notre moyen* C'en était déjà un ^ien grand que de nous avoir ouvert une te dans un pays si peu habité , de noue ire trouver des hommes dans des endroits où le plus souvent il n'y en a pas , dé nous protéger dans tant de dangers , de ne pas permettre que l'on nous tuât , de nous nourrir pendant une si grande famine , et de disposer ces gens à bien nousUraiter comme nous allons le raconter.

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