‹ Relation historique et médicale du choléra-morbus de Pologne, comprenant l'apparition de la maladie, sa marche, ses progrès, ses symptômes, son mode de traitement et les moyens préservatifs;Chapitre 19 sur 19 · LES PRINGIPAIJX MOYENS A EMPLOYEE · texte numérisé non relu

LES PRINGIPAIJX MOYENS A EMPLOYEE

POUK SE GARANTIR

DU CHOL£RA»MORBlIS,

ET SUR I.A CONDUITE A TBSifl LORSQUE CETTK M4LAD(E SE 9ECLARE.

Le choléra est une maladie grave. Cependant il est plus effrayant quand on l'attend qu'il n'est dangereux lorsqu'il existe. D'autres maladies épidémiques^ telles que la petite vérole , la scarlatine , certaines fiè¥i«es nerveuses , ont fait beaucoup plus de ravages » puisque dans les contrées de l'Europe où il a régné et où il a rencontra le plus de circonstances favorables à sa propagation , il n'a guère attaqué qu'un individu sur 7a , et que dans quelques villes même» ses atteintes n'ont pas jusqu'alors dépassé la proportion d'un individu sur 900.

Conduite à tenir pour se préserver du choléra, 1* Le peu de danger que l'on court d'être atteint du

choléra doit rassurer les esprits. Il faut donc ne pas s*inquiéter et ne penser autrement à la maladie que pour exécuter les précautions propres à s'en garantir. Moins on a peur et moins on risque; mais comme la tranquiN lité de Tame est un grand préservatif » il faut en même temps éviter tout ce qui peut exciter des émotions fortes^ telles que la colère , la frayeur, les plaisirs trop vifs » etc.

2* Il est d'observation que plus l'air dans lequel on habite est pur et moins on est exposé au choléra*

On ne saurait donc trop faire attention à la salubrité des habitations. Ainsi il faut avoir soin de ne pas habiter et plus encore de ne pas coucher en trop grand nombre dans la même pièce , de l'aérer le matin et encore dans la journée , en ouvrant le plus long-temps et le plus souvent possible les portes et les fenêtres. II conviendra aussi de placer dans les pièces habitées un large vase contenant de l'eau chlorurée (i). On peut enfin favoriser le renouvellement de l'air en faisant pendant quelques minutes un feu bien clair et flamboyant dans la cheminée.

- Il faut faire attention que l'ouverture des portes et fenêtres n'ait lieu qu'après qu'on sera entièrement vêtu ,

(i) JEeui chlorurée.

Prenez : chlorure de chaux sec, une once.

Eau, un litre.

On verse sur le chlorure de chaux une petite quantité d^eau pour Pamener à Pétat pâteux ; puis on le délaie dans la quantité d^eau indiquée. On tire la liqueur à clair, et on la conserve dans des vases de verre ou de grès bien fermés.

On peut aussi employer avec avantage Peau chlorurée préparée avec le chlorure d'oxide de sodium, en mettant une once de chlorure dans dix à douze onces d^eau. ' " ^

afin de ne pas s'exposer au refroidissement. Il est bon ,« lorsqu'on le peut , de passer dans une autre pièce pendant cette opération.

Enfin, sous le rapport des dbambres à coucher, il faudra se servir de lits sans rideaux, ne jamais laisser séjourner Turine ou les matières fécales dans les vases de nuit , qui devront être nettoyés promptement, et toujours contenir un peu d'eau.

L'air humide des habitations , malsain en tout temps , devient très-dangereux lorsque le choléra règne. Il faut donp s'absiènir de faire sécher le. linge dans la chambre qu'on habite, surtout si on y couche.

Il faut non -seulement songer à aérer les chambres à coucher, mais maintenir encore dans le meilleur état possible de salubrité les maisons et leurs dépendances.

Ainsi il faut avoir grand soin des plombs et des latrines , qu'on nettoiera au moins une fois par jour avec de l'eau chlorurée , ou au moins avec de l'eau. On fera bien de tenir constamment bouchées par un tampon les ouvertures des tuyaux en plomb ou en fonte qui communiquent aux pierres h laver ou aux cuvettes extérieures, et de ne les déboucher qu'au moment de s'en servir.

Chacun devra veiller à ce que les eaux ménagères soient vidées au fur et à mesure de leur production, qu'on ne les laisse pas séjourner entre les pavés des cours ou allées , et qu'elles s'écoulent rapidement par le ruisseau ou la gargouille qui les conduit dans la rue. Il faudrait même favoriser cet écoulement ' par un lavage à grande eau , si la pente n'était pas assez rapide.

Les vitres devront être nettoyées au moins une fois par semaine ; car l'action de la lumière est nécessaire à la santé de l'homme.

Les fumiers, les excrémens, les débris d'animaux et

de végétaux récUmfenl beaucoup d'attention. On devra eh cons^uence empêcher leur accumulation en les faisant enlever le plus souvent possible.

On se débarrassera des animaux domestiques inutiles. On s'abstiendra d'élever des porcs , des lapins , des poules , ou de nourrir des pigeons ^ etc. , dans des lieux resserrés ou dans des cours peu spacieuses el; qui n'oilt pas d'air.

Les babitans des maisons , particulièrement dans les quartiers populeux, devraient à cet égard se surveiller mutuellement; ils devraient en outre contribuer, chacun pour sa part , à la propreté des rues ^ surtout lorsqu'elles sont étroites. Il y va de l'intérêt de tous.

5** Le refroidissement est placé par ceiix qui ont' observé le choléra au nombre des causés les plu^ propres h favoriser le développement dé cette maladie. Il est donc nécessaire d'éviter <^ette causé en se Vêtant chaudement , et en se garantissant particulièrement le basventre et les pieds de l'action du froid.

A cet effet, il est bon d'entourer le Ventre nti d'irtié ceinture de laine» de porte^ sur là peau des camisoles de tricot de laine ou de flanelle , dé faire tisage de chaussons de laine. Ces vêtemens seront changés et lavés quand ils seront humides ou salis. On se lavera souvettt les pieds à l'eau chaxide; on portera des sabots ou des galoches lorsqu'on sera obligé dé séjourner dans 1è frotd et l'humidité s en un mot , on se chaussera avec prôpfHs'té et de manière que les pieds soient h l'abri du froid et dé l'humidité.

Beaucoup de personties , siik*tout {iàrmi la claèse peu fortunée, ont la très-mauvaise habitude en se coùchdtlt, et plus encore en se levant, déposer les pveds nûs sût* le sol froid» et même d'y marcher. On ne saurait trop

blâmer cet. usage » qui deviendrait particulièremenk dangereux pendant que le choléra régnerait.

C'est encore dans la crainte du refroidissement qu'en été même il faudra s'abstenir de coucher les croisées ouvertes. Il faudra aussi maintenir dans les habitations une chaleur tempérée; car les chambres trop chaudes rendent les individus qui les habitent plus impressionna* blés au froid auquel ils peuveut être e^pos^s en sortant. - . .

C'est par la même raison qu^il faudra , autant que possible , rentrer chez soi de bonne heure , ne pas passer une partie de la nuit dans les assemblées j dans les cafés, les estaminets, les cabarets, etc., surtout lorsque les nuits sont froides et humides.

4^ S'occuper, mener une vie active , en évitant autant que possible les excès de fatigue , est un des meilleurs moyens de faire diversion à l'inquiétude. Les occupations qui exigent de la contention d'esprit ne conviennent pas. Il en est de même des travaux qui entraînent une privation inaccoutumée de sommeil pendant la nuit.

5** Il a déjà été parlé de l'utilité des ceintures et des chaussons de laine; mais il faut que ces vêtemens soient tenus proprement. La propreté est toujodrs très-nécessaire à la santé. Ceux qui ont le moyen de prendre de temps en temps des bains d'une chaleur agréable feront bien d'eu faire usage ; mais il ne faudra y rester que le temps nécessaire pour nettoyer le corps; il faudra avoir soin de se bien essuyer avec du lingQi chaud, et ne pas . s'exposer immédiatement à l'air extérieur en sortant du bain. Cette précaution est surtout utile lorsque la saison est froide.

Les frictions sèches conviennent beaucoup, il est fa-

(6) cile de les administrer en se firottant ou se faisant frottet le soir» ou mieux encore le* matin et le soir» le tronc »> les bras , les cuisses et les jambes , pendant un quart d'heure , avec une brosse douce ou avec une étofle dé laine.

On conçoit du reste que pour ce qui concerne en gé^ néral la manière de se vêlir, il faudra se régler selon la saison ; mais dans aucun cas on ne devra se vêtir trop légèrement.

6* Lorsque le choléra règne , la manière de se nourrir est un point fort important. La sobriété ne saurait être trop recommandée. On connaît un grand nombre d'exemples où le choléra s^est déclaré après des excès de table , et il est prouvé que les ivrognes sont plus particulièrement exposés à cette maladie.

Les viandes bien cuites ou bien rôties et pas trop grasses » ainsi que les poissons frais et d'une digestion facile > les œufs> du pain bien levé et bien cuit» devront former la nourriture principale Les viandes salées et les poissons salés ne conviennent pas; on usera le moins possi ble de charcuterie , et l'on s'abstiendra des pâtisseries lourdes et grasses.

Parmi les légumes » il faudra autant que possible s'en tenir aux moins aqueux» aux plus légers (i). Nous ne pensons pas devoir exclure de ces derniers les pommes de terre de bonne qualité. Nous approuvons même l'usage de haricots secs » de lentilles » de pois et de fèves

(i) On doit entendre par légumes aqueux ceux qui contiennent beaucoup dVau de végétation , comnie par exemple les concombres^ les betteraves^ b laitue , etc.

pris en purée (i). Les crudités , telles que les salades, les radis , etc. , ne conviennent pas.

Dans la saison des fruits , il faut être très-réservé dans l'usage qu'on en fait, surtout lorsqu'ils ne sont pas parfaitement mûrs; car alors ils peuvent devenir très-dangereux. Les fruits cuits offrent moins d'inconvénient; mais ils ne devront jamais être mangés en grande quantité; encore moins devront-ils former le fond du repas.

11 est des alimens généralement sains , mais que par une disposition particulière de l'estomac certains individus digèrent difficilement. Ces alimens devront, comme de raison , être évités par eux. Chacun doit , à cet (^ard, étudier son estomac.

11 faut 9 en temps de choléra , manger moins h la fois qu'à l'ordinaire , sauf à faire un repas de plus , mais toujours léger.

Les boissons exigent la plus grande attention. Toute boisson froide prise quand on a chaud est dangereuse. 11 ne faut se désaltérer que lorsqu'on a cessé de transpirer; c'est-à-dire qu'il ne faut pas boire froid lorsqu'on est en sueur. Les suites de cet abus sont d'autant plus funestes que la boisson est plus froide et qu'on a plus chaud. L'eau devra cire claire; l'eau filtrée est préférable à toute autre. Il faut l'aiguiser avec très-peu de vinaigre ou d'eau*de-vie lorsqu'on veut la boire pure (deux cuillerées à bouche d'cau-de-vie , ou une cuillerée à bouche de vinaigre pour une pinte d'eau ) , surtout si la saison est chaude , et qu'on soit obligé de se livrer à

(i) La robe ou pellicule de ces Icgumcssecs ou verls ne contribue en- rien à la nutrition, et elle a Pînconve'niént de ne pouvoir être digérée.

(8) uD travail corporel. qui, en excitant. la transpiration v provoque la soif et oblige par ÇQi^séquent.^ boit^coutvent. Il faut alors boire peu à la fois. L'eai«. rou^e» c'est-à-dire l'eau à laquelle on ^ura ajouté un peu de bott vin , convient également. Enfin bn peut faire avec suc* ces usage d'une eau. légèrement aromatisée avec ùm infusion stimulante, comme par exemple af»c une in&îsion de menthe poivrée ou de camomille (une. pincde de menthe ou six têtes de camomille pour un» cbojpine d'eau bouillante, à laquelle on ajoutera après le.refroi* dissement une chopine d'eau, froide), (i)

Rien n'est pernicieux comme l'abus des Uqueurs fortes. Il est prouvé par un très-grand nombre d'exemplea que le choléra attaque de préférence , comme nous l'avons déjà dit, les ivrognes, et ceux même qui sans faire un abus habituel de boissons fortes commettent par oco»sion, par entraînement, un seul excès dé ce genre. .

L'usage de l'eau-de-vie prise seule et à jeun, usage si répandu dans la classe ouvrière , et si nuisible en tottt temps, devient particulièrement funeste lorsque le choléra règne. Les personnes qui ont cette habitude de* vraient manger quelque chose , au moins un morceau de pain , avant d'avaler le petit verre d'eau-de-vie. Le vin blanc ne sera pas non plus pris à jeun sans la méoifi précaution , et il ne le faudra prendre qu'en petite quantité.

En temps de choléra, Teau-de-vie amère , c'est-à-^re l'eau-de-vie dans laquelle on aura fait infuser dessalantes

(i) CeUe précaution d^ajouter de Pçau qui n'a pas bouilli est nécessaire , parce que rcbullition, en privant Teaade l'air qu'elle contenait , la rend moins facile à être digérée.

(9)., amèrâ «t arouatiquei ; ou encore Teau-de^vie' d'abstn* Ibe V Oit préférable à l'eàti^erTie ordinaire^ ..Le vin 9 prié en quantité modérée» eèt Une boiasc^il ednvenable pendant le repas et à la fin. du repa$| ^m il/doit ôtre da bonne qUalitÀ II Tbiît mknix boire moitié moiaâ .de vin et le dioisir de qualité supérieure* Lei •ikêfè jeunet tl aigres sont plus nuisibles qu'utiles^ Le TÎn rouge est préfl&rable au blanc. Ceux qui ont le moyien de le méianger avec ukie eau gazeuse , telle «pie Teau de Seki naturelle ou factice , feront très-bieik de se servit* dé JBOtte boisson salubre et agréhble. :. . . . / La. bière et le ddre» surtout lorsque ces boisèons sont trop. jeunes ^ qu'elles n'ont pas bien fermenté » ou qu'elles sont aigres; disposekit auA coliques» à la diarrhée, et deviennent ainsi très-dangereuses. Ce qui Vient d'être dil s'applique à plus forte raison au vin doux ou moût».. , .

Conduite à tenir lorsque le choléra se manifeste ckez ufi

individu.

Il résulte d'un très-grand nombre de faits observés jusqu'à présent dans les lieux où le choléra a régné» que les cas de guérison sont en rilison de la promptitude des secours» et. que plus ces secours sont administrés prè^ du moment de l'invasion » plus les chances de salut sont grandes.

Il faut donc-que chacun connaisse les premiers signes qui indiquent qu'un individu va être atteint du choléra. Or ces signes» qui le plus ordinairement se manifestent dans la nuit ou le matin » sont les suivans :

Lassitude subite ou sentiment subit de fatigue dans tous les membres; sentiment de pesanteur dans la tête,.

comme lorsqu'on 8*est exposé à la vapeur du charbon; vertiges , étourdissement ; pâleur souvent plombée , bleuâtre » de la face » avec altération particulière des traits; le regard a quelque chose d'extraordinaire» et les yeux perdent leur éclat » leur brillant; diminution de Fappétit; soif et désir de la satisfaire par des boissons froides; sentiment d'oppression, d'anxiété dans la poitrine et d'ardeur et de brûlure dans le creux de l'estomac; élancemens passagers sous les fausses côtes (c'està-dire sous les côtes à partir du creux de l'estomac en comptant de haut en bas); borborygmes (gai^ouillemens) dans les intestins, accompagnés surtout de coliques auxquelles succède le dévoiement, ou cours de ventre : ce dévoiement semble quelquefois diminuer les douleurs : la peau devient froide et sèche; quelquefois elle se couvre d'une sueur froide. Quelques malades éprouvent des frissons le long de l'épine du dos , et une sensation dans les cheveux comme si on y soufflait de l'air froid.

Ces divers signes de l'invasion de la maladie ne se pré^ sentent pas toujours dans l'ordre où ils viennent d'être tracés. Ils ne se montrent pas non plus tous chez tous les malades.

Quoi qu'il en soit , lorsque plusieurs d'entre eux /notamment l'altération de la face, la lassitude, le sentiment de brûlure dans le creux de l'estomac, les borborygmes , le refroidissement de la surface du corps , se manifestent , il faut appeler tout de suite un médecin.

Moyens à employer avant l'arrivée du médecin»

11 faut exciter fortement la peau et y rappeler la chaleur.

A cet eSet on placera le malade nu entre deux couvertures de laine préalablement chauffées ou bassinées , et Ton promènera sur toute la surface du corps à travers la couverture des fers à repasser chauds ou une bassinoire. On arrêtera plus long-temps les fers sur le creux de l'estomiac » sous les aisselles » sur le cœur.

, On frictionnera fortement et long^temps les membres avec une brosse sèche ou avec un Uniment irritant , en se servant d'un morceau de laine ou de flanelle. Ces frictions devront» autant que faire se pourra , être pratiquées par deux personnes dont chacune frottera en mémo temps une moitié du corps en ayant toujours grand soin de découvrir le moins possible le malade.

Le Uniment dont la formule suit parait , si l'on i*en rapporte aux observations,avoir étéemployé avec un succès tout particulier :

Prenez : Eau-de-vîe, une chopine;

Vinaigre fort , une demi-chc^ine ; Farine de moutarde , une demi-once; Camphre , deux gros ; Poivre , deux gros ; Une gousse d'ail pilée.

Mettez le tout dans un flacon bien bouché > et faites infuser pendant trois jours au soleil ou dans un endroit chaud.

Ces frictions devront être continuées long-temps , et le malade devra rester couché enveloppé dans de la laine.

On pourra aussi appliquer des sinapismes chauds sur le dos et sur le ventre , ou encore des cataplasmes de farine de graine de lin bien chauds et arrosés d'essence de térébenthine.

On s'est enfin servi avec avantage de petits sacs rem-

plis de cendres chaudes ou de iabie chaud et qu^oo applique sur le corps.

L'expérience a prouvé dans plusieurs lieux oii le cholérti a régné qu'on peut obtenir de grands arantages des bains de vapeurs vinaigrées ou vinaigrées et camphrées. Ainsi , pendant qu'on cherche à réchauffer le malade par le repassage avec des fers chauds el par des frictions , on peut préparer un bain de vapeur de la manière suivante : Ou fait rougir des caUloux ou des morceaux de briques ou de 1er. On place sous un fauteuil ou sous une chaise de cannes un vase en terre qui contient du vinaigre auquel quelques-uns conseillent d'ajouter du camphre ( deux gros de camphre dissous dans suiBsante quantité d'esprit de vin pour une pinte de vinaigre )• Ces diverses dispositions étant prises p op fait asseoir le malade désha** bille sur le fauteuil et on l'entoure , à l'exception de la tête, ainsi que le fauteuil ^ de couvertures de laine qui devront descendre jusqu'au bas des pieds, lesquels devront poser sur de la laine ou sur tout autre corps chaud. On jette ensuite l'un après l'autre^ et à peu de secondes d'intervalle , les cailloux ou les morceaux de briques ou de fer dans le vinaigre, qui, parce procédé, s'échauffe et est bientôt réduit en vapeur. Ce bain doit durer de i o à 1 5 minutes.

Lorsqu'on en sort le malade , il doit rester couché entre des couvertures de laine très-sèches et chaudes, oh on le laissera tranquille si une transpiration modérée s'est établie. Dans le cas con^aire , on continuera les frictions , toujours entre les couvertures, /«^çtt'd C arrivée du médecin.

Mais il ne suffit pas da réchaufier le corps extérieurement , il faut aussi le réchauffer iiltériénrement.

A cet effet on donne de quart d'heure en quart d'heure

( «3 ) une pelite deqai-taaae d'une infusion aromatique IrèschaudQ (une Infusion de menthe poivrée ou de mélisse; on la prépare pominc du thé ) , et toutes les demi- heures immédiatement avant la tasse d'infusion i â à 1 5 gouttes de Ifqueur afnm0niaeal€ anisée et camphrée ( i ) dans une cuillerée à bouche. , d'eau gommée (avecnn peu d'eau sirop de gomme ). On a aussi obtenu d'heulreux effets dans certains lieu^^de l'alcali volatil ûnor dbàné à la dose de 1^^ 20 gouttes toutes les demi-heures ou toutes les heures dans ime tasse d'une forte décoction c(haudé de gruau d'avoiQ0 OM d'orge mondé , ou /à leur défaut , â*eau chaude. Ce dernier médicament ne devra néanmoins être administré au plus que deux fois avant l'arrivée dd médecin. Jl défaut de ces moyens , -on peut donner avee avantage Teau pure bue le plus chaude^ possible et prise en petite quantité à la fois.

Quoique ces divers moyens doivent être mis en usage le plus tôt possible, il faudra cependant les administrer avec ordre et sans trop de précipitation.

Il sera utile , toutes les fois qu'on le pourra , de placer le malade dans une pièce séparée de celles qu'habitent les autres membres de ça famille.

On fera bien aussi de jeter les bardes du malade dans une eau de savon très-chaude.

(i) Les pharmaciens prépareront cette liqueur de la manière suivante :

Alcool, la onces.

Ammoniaque liquide à i8 degrés , 3 onces.

Huile essentielle, une demi- once.

Camphre , un gros et demi.

Mettez et conserves dans un flacon bouche à IVmeri.

Laconyalescence exigé des précautions que le médecîii devra indiquer. Toutefois on ne saurait trop recommander aux conyalescens l'observation rigoureuse des règles de préservation qui ont été exposées plus haut ; car les personnes qui ont été atteintes du choléra sont quelquefois exposées à des rechutes.

Nous croyons devoir terminer cette instruction en priant très-instamment le public de n'ajouter aucune foi aux prétendus moyens préservatifs et curatifs dont des charlatans cupides font vanter les propriétés dans les journaux, ou qu'ils annoncent par des affiches placardées sur les murs de la capitale. Si l'autorité était assez heureuse pour connaître un semblable moyen » elle ne manquerait pas de le publier et de le recommander.

Signé, Juge. — Parisbt. — Esquihol. — Chbvai.lier. Leroux. — Legrand. — ^Baron Dbsgenxttbs. — Marc , rapporteur.

Lu et approuvé en séance, le i5 novembre i85i.

Le Président, Signé Le Duc DE CHOISEDL.

Petit , Secrétaire.

Approuvé par nouSj Préfet de Police,

Signé, GISQUET.

Imprimerie d'ÉVERAT, rue du Cadran, n® i6.

WOV 3 u 1992

STAMORD UMVERSmr UBRARIES STANFORQ CMVfORNIA

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