‹ Relation médico-chirurgicale de l'expédition de Cochinchine en 1861-1862Chapitre 2 sur 13 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. Introduction . — La campagne de 1861-62, en Cochinchine, a ouvert aux officiers de santé de la marine et de l’armée un champ fécond d’études et d’observations intéressantes, et déjà les recueils scientifiques renferment des mémoires importants sur la topographie et la pathologie de cette contrée.

Les faits médicaux de la période expéditionnaire proprement dite ont eu pour interprète, dans la marine, notre savant confrère M. le chirurgien principal Laure (1). Quant à ceux plus particulièrement relatifs aux troupes de l’armée qui ont été les auxiliaires dela#marine en cette circonstance, je me propose, dans ce travail, d’en faire un résumé d’ensemble, d’après mes rapports officiels et ma correspondance avec le médecin en chef en Chine, M. le médecin principal

(1) Histoire médicale de la marine française pendant les expéditions de Chine et de Cochinchine ; par le docteur Laure, médecin en chef de la marine. In-8'% Paris, 1864.

de première classe Castano, dont j’étais le représentant auprès de ce petit corps d’armée, en qualité de chef du service de santé. Heureux si je puis apporter aussi quelques documents utiles à l’histoire médicale de la Gochinchine, et répondre ainsi à la fois à la confiance dont j’ai été honoré, et à de sympathiques sollicitations de la part de mes anciens collaborateurs.

II. Historique. — Après le traité de paix conclu à Pékin, le 25 octobre 1860, le corps expéditionnaire, commandé par M. le général de division Cousin de Montauban, quitta cette ville pour prendre ses quartiers d’hiver. La première brigade forma l’occupation de Tientsin et des forts de l’embouchure du Pei-ho ; les états-majors et la deuxième brigade rentrèrent à Shang-haï. J’y étais chargé de centraliser le service médical de toutes les troupes de cette brigade avec ceux de notre hôpital militaire et de l'infirmerie du poste de Si-ka-vé, lorsque se firent, dans les premiers jours de 1861, les préparatifs de l’expédition de Cochinchine.

La marine devait en avoir la haute direction ; mais le général en chef avait reçu l’ordre de mettre à la disposition de l’amiral Charner, commandant en chef de l’escadre des mers de Chine, les troupes nécessaires au prompt accomplissement des opérations, et les moyens administratifs propres à en assurer le succès.

Ces troupes, d’un effectif d’environ 1,450 hommes au début de l’expédition, furent portées plus tard à plus de 2,000 hommes, officiers compris. Elles se répartissaient de la manière suivante •

lîtat-major et cavaliers d'ordonnance, 33.— Chef d'état-major, M. de Cools, chef

d'escadron d'état-major.

Compagnies du 3e régiment du génie.. 153. — Commandant, M. Allizé de Mat;-

gnicourt, chef de bataillon.

Médecin aide-major, M. Guérin.

Batteries du 14e régiment d’artillerie, 320. — Commandant, M.Ckouzat, chefd’. sc. 2e bataillon de chasseurs à pied. . . 750. — Commandant, M.Comte, chef debataill.

Médecin-major, M. Masnou.

Médecin aide-major, M. Weber.

2ebataillon du 101e rég.d’inf. de ligne, 650. — Commandant, M. Blot

(A partir du 15 avril.) Médecin aide-major, M. Sifflet.

Services administratifs, train des équipages, ouvr. d’administ., infirmiers, 180. — Chef des services adminisl.,M.BoNAMY,

adjoint de 1re classe à l intend. milit-

Les forces de la marine à terre comprenaient: 1000 hommes environ du 3« régiment d’infanterie de marine, 850 fusiliers marins, matelots organisés en compagnies de débarquement, et 250 soldats d’infanterie espagnole (Tagals de Manille) ; le tout s’élevant aussi à peu près au chiffre de 2000 combattants et formant avec les troupes de l’armée un effectif de 4,000 hommes, sous les ordres directs d’un général de brigade d’infanterie de marine, M. de Vassoigne.

L’expédition avait pour but de débloquer Saigon, et d’assurer, contre les incessantes attaques des Annamites, la possession tranquille de notre nouvelle colonie. Quoique les opérations militaires dussent se faire à une courte distance de Saïgon même et du mouillage des bâtiments de l’escadre, la marine ne disposait point des ressources que l’administration de la guerre est chargée de procurer à des troupes en campagne. Ce fut alors à l’intendance militaire de pourvoir à tous les moyens propres à assurer tant la subsistance

de ce petit corps d’armée que le transport des blessés et les premiers secours à leur donner aux ambulances. Cette tâche fut remplie avec une sage prévoyance par le chef de l’administration en Chine, M. le sous-intendant militaire Blondeau.

Les services administratifs furent largement assurés en personnel et en matériel. La décision du 7 janvier, qui me nommait chef du service médical, me faisait connaître également le personnel que j’aurais à diriger dans cette nouvelle campagne. Il se composait, au début, de :

2 médecins-majors de \ re classe, MM. Armand et Champenois.

2 médecins-majors de 2° classe, MM. Ddfour et Hattute.

3 médecins aides-majors. . . . MM. Azais, Frilley et Jean.

auxquels vinrent bientôt se joindre :

% autres médecins-majors de 2e classe, MM. Lespiau et Dezon.

Le service pharmaceutique comprenait : MM. Olliv.er, pharmacien-major.

Strohl et Judicis, aides-majors.

3 officiers d’administration et 40 infirmiers complétaient le personnel de l’ambulance.

Une section de ISO coolies chinois, qui furent portés plus tard au nombre de 500, devait servir d’auxiliaire au train des équipages militaires, pour les transports.

Le matériel mis à notre disposition, tant en objets de pansement qu’en médicaments, composait une ambulance pour 4 ou 5,000 hommes et l’installation d’un petit hôpital de 2 à 300 lits. Ma première préoccupation fut de m’assurer de l’état des cantines et particulièrement des caisses de chirurgie, dans lesquelles plusieurs objets faisaient défaut ou avaient été mis hors de service par suite d’usage pendant l'expédi-

lion de Chine. D’après l’autorisation qui me fut accordée par le chef de l’administration, je pus faire effectuer toutes ces réparations par l’officier comptable à notre passage à Hong-Kong; c’est dans cette ville aussi que les marchés qui devaient assurer nos besoins en médicaments furent conclus avec des pharmaciens de la colonie.

Toutes les mesures furent prises pour partir sans retard ; les troupes de l’armée prises à Shanghaï et celles de la marine qui se trouvaient à Canton devaient être réunies- à Saigon au commencement du mois de février.

Le voyage se fit dans les conditions les plus satisfaisantes, et, malgré le changement de latitude et toutes les influences résultant d’une brusque transition de la saison froide et humide qui régnait à Shanghaï, au climat tropical de la Cochinchine, l’état sanitaire des troupes n’a pas eu à souffrir. Au contraire, beaucoup d’affections catharrales qui caractérisaient la constitution médicale au départ, disparurent bientôt complètement et, sur les rares décès enregistrés à bord des bâtiments pendant la traversée, la plupart reconnaissaient pour cause la dyssenterie contractée dans le nord de la Chine et sont survenus chez des marins en traitement d’une époque antérieure dans les infirmeries des bords.

Mais avant d’entrer plus complètement dans l’histoire des faits médicaux qui font l’objet de cette relation, je crois utile de faire connaître succinctement, au point de vue de la climatologie, le pays où ils devaient s’accomplir.

III. Topographie et climatologie. — La basse Cochinchine, dont trois provinces (celles de Saigon, de Mytho et

de Bien-Hoa) sont devenues françaises par suite du traité du S juin 1862, forme, à l’est de l’embouchure du Cambodje, un vaste delta qui est sillonné par de nombreux canaux navigables pour les plus grands navires et dont le sol tout d’alluvion est généralement plat, excepté à l’est et vers Te nord.

Recouvert d’une luxuriante végétation, comme toutes les contrées tropicales, il est cultivé sur presque tous les points. Ça et là ce sont des rizières étendues ou des plaines dans lesquelles le maïs, la canne à sucre, l’indigo, le coton, le tabac et le bétel sont l’objet d’une culture préférée des indigènes ; et, de distance en distance, on rencontre des touffes d’arbres particuliers à la zone équatoriale, tels que cocotiers, aréquiers, bananiers, jacquiers et bambous, et même des forêts assez considérables qui fournissent d’excellents bois de construction.

Toutefois, aux limites extrêmes de la province de Saigon, à Tran-Bann et à Phu-Yen-Môt, comme dans le nord du côté de Bien-Hoa, l’on rencontre des accidents de terrain et des collines boisées, qui donnent au pays un aspect bien différent de celui qu’offrent les plaines marécageuses des environs de Saigon et de la province de Mytho. Alors la composition géologique du sol change ; d’alluvionnaire qu’il est dans les régions basses et au voisinage des rivières, il se présente sous forme de couches argileuses grises ou rougeâtres, de dépôts calcaires ferrugineux (poudingues) et do granits. De telles conditions contribuent, avec l’abondance et la meilleure qualité des eaux, à constituer une salubrité

relative plus grande dans cette partie de nos possessions.

Située entre 11° et 13° de latitude nord, et 103° et 104° de longitude est, cette contrée a une température constamment élevée, dont la moyenne est de 28° à 29° centigrades, et qui, atteignant 34° à 35° pendant la saison sèche, ne descend guère au-dessous de 25° ou 26° pendant la saison des pluies. Le baromètre varie de 0m,755 à 0m,760.

Les deux saisons correspondent, la première à la mousson de N.-E. et dure de fin novembre à la mi-avril, et l’autre, qui constitue l’hivernage, coïncide avec la mousson de S. -O. et se fait remarquer surtout par de nombreux orages.

En tout temps, l’air est très-humide et chargé d’une quantité considérable d’électricité. Il n’est jamais agité par des vents violents.

Ces propriétés particulières de l’atmosphère , grande humidité et tension électrique constantes, sont une des caractéristiques du climat de la Cochinchine. C’est un type de climat constant. Avec une température élevée et peu variable, son action est des plus énervantes et des plus débilitantes. C’est surtout pendant Thivernage qu'elle fait sentir son influence ; l’hématose s’opère alors incomplètement et l’organisme humain, habitué à fonctionner sous d’autres latitudes, tombe rapidement dans l’anémie.

A mon avis, la saison pluvieuse est la plus mauvaise et celle qui réclame de la part des Européens l’observation la plus scrupuleuse des lois de l’hygiène. Qu’à ces considérations on rattache celles tirées de la nature essentielle-

ment marécageuse du sol, et l’on se rendra facilement compte de l’état, d’asthénie qui domine la constitution médicale en Cochinchine, comme de l’endémicité des affections régnantes. L’indigène de la plaine, qui reste soumis à toutes ces influences, et dont la nourriture n’offre pas des qualités suffisamment réparatrices, frappe à première vue par son allure chétive , malingre et maladive, autant que par sa rapide décrépitude ; tandis que, dans les parties montagneuses, la population présente au contraire tous les attributs de la vigueur réelle et d’une certaine force de constitution.

Les espèces animales les plus remarquables sont le singe, le tigre, le buffle, l’éléphant, le cochon, les gallinacés, dont le coq et la poule sont communs en France, les oiseaux des marais, les canards, les perruches et une foule d’espèces particulières aux contrées tropicales; de nombreux reptiles, parmi lesquels le crocodile, dont les habitants se nourrissent. Le poisson y abonde dans les rivières et les canaux et constitue un objet de commerce important ; les marais renferment des sangsues en grande quantité ; les insectes de toute espèce y pullulent ; les moustiques, les fourmis blanches (termites), les scorpions sont de véritables fléaux pour le pays.

La flore est très-riche et très-variée; les fruits et les légumes, abondants et de bonne qualité; les plus recherchés sont la mangue, l’ananas, le mangoustan, la banane, l’igname, la patate douce, une espèce de haricot, des concombres, etc.

On y rencontre peu de plantes médicinales. Les feuilles du datura sont employées en infusion contre la rage, et, au dire des missionnaires, ce remède serait héroïque, quand la crise qu’il détermine n’emporte pas le malade. Les Annamites emploient aussi, comme purgatif, le suc blanc d’une plante appelé Mugia-Triuh-Lcha-Hou qui, à la dose de deux à quatre gouttes, nous a paru avoir des effets émétiques et drastiques très-prononcés, d’après les expériences que nous avons faites avec M. Lespiau. Je citerai aussi le dichroa febrifuga , plante de la famille des rosacées trèscommune aux environs de Saigon, et à laquelle, prise en infusion ou décoction, les indigènes attribuent des propriétés fébrifuges.

La nourriture des Annamites est presque uniformément composée de riz, de légumes, de fruits et de poisson salé ou fermenté, avec de l’eau, le plus souvent mauvaise, pour boisson. Ils font en outre usage, comme masticatoire, de la feuille du bétel, mêlée à la noix d’arec et à de la chaux.

Les maladies les plus communes sont : la fièvre, le choléra, la dyssenterie, les affections cutanées, l’éléphantiasis et les ulcères, la syphilis.

IY. Ouverture de la campagne. — Opérations militaires . — Au commencement de 1861, Saigon était le seul point de la Cochinchine occupé parles forces de la marine. L’ennemi l’y retenait pour ainsi dire bloquée du côté du continent par les nombreux forts et travaux considérables de retranchement qu’il avait accumulés à quelques kilomètres au delà; dans la plaine de Kio-ha, et par une série de nom-

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breux barrages et d’estacades qui empêchaient les bâtiments de naviguer librement sur la rivière et les canaux.

Dès leur débarquement, les troupes furent réparties dans la ville ou cantonnées aux environs sur un plateau qui la domine à l’ouest, dans de vastes hangars ou des bâtiments annamites. L’installation primitive de ces derniers ne laissait rien d’ailleurs à désirer sous le rapport d’une large et facile aération, condition des plus précieuses dans un pays où il importe surtout de rechercher à atténuer l’influence d’une température constamment élevée.

La marine possédait déjà deux établissements hospitaliers tout organisés, l’un à Saïgon même, près de l’ancienne citadelle, dans la situation la plus avantageuse sous le rapport de la salubrité, et assez complètement installé pour y recevoir 300 malades; l’autre à Macao, destiné aux convalescents et aux évacuations de malades, s’il y avait lieu dans la suite. Elle se disposait en outre à ouvrir à Choquan, près de Saïgon, une ambulance temporaire en vue des prochaines opérations militaires et pour y recevoir ses blessés.

Il était bien dans l’intention de l’administration de nous faire fonctionner surtout en ambulance active ; mais elle ne tarda pas à sentir aussi le besoin de créer un petit établissement sédentaire pour les troupes de la guerre, afin de pouvoir y recueillir nos blessés après les combats et d’y assurer également le complet traitement de nos malades.

En conséquence, on fit choix à trois kilomètres de Saigon sur l’arroyo chinois et dans le voisinage du village de Choquan, de plusieurs bâtiments ou vastes cases qui avaient

DE LA CAMPAGNE DE COCHINCHINE EN 1861-62. Il

servi de pagodes, et qu’il était facile d’approprier à leur nouvelle destination.

Leur situation au milieu de plantations d’aréquiers et de bananiers à proximité de la ville par le canal, des positions avancées de l’ennemi et des cantonnements des troupes, où l’on pouvait arriver par un chemin carrossable, constituait la condition la plus favorable pour la salubrité et la facilité des communications. Cela suffît pour nous décider à y installer dès le principe le dépôt de notre ambulance, et, plus tard, il forma un véritable petit hôpital de 250 lits, environ, qui fut ouvert aux malades à partir du 13 février.

En même temps, tous les préparatifs s’achevèrent avec la plus grande activité pour le commencement des opérations militaires, et, dès le 23, les troupes purent se mettre en mouvement contre les positions les plus rapprochées de l’ennemi. Deux journées de combat suffirent pour le chasser complètement de tous ses forts et du vaste camp retranché de Kio-ha, malgré la vive résistance qu’il opposa à nos attaques.

Les pertes, il est vrai, furent sensibles : le 24, elles s’élevèrent à 4 tués et ià blessés, parmi lesquels le général d’infanterie de marine M. de Vassoigne et le plénipotentaire espagnol colonel Palanca y Guttières ; le 25, à 16 tués et à 197 blessés.

Tous les blessés sans distinction de corps reçurent les premiers soins indiqués par le genre de leurs blessures, tant auprès des médecins de notre ambulance que de ceux de la marine qui accompagnaient les troupes de débarque-

ment. Une fois les pansements terminés et toutes les opérations immédiates pratiquées, l’évacuation de l’ambulance du champ de bataille fut faite sur les deux établissements de Choquan. Dans cette circonstance, les cacolets et les mulets de train auraient manqué pour suffire aux nécessités de la situation, si l’administration n’avait organisé le transport des blessés par les coolies chinois, qui nous furent alors d'un précieux secours, et l’évacuation put être faite très-convenablement au moyen de brancards ou de cadres en bambou recouverts de nattes de jonc.

Les jours qui suivirent les combats de Kio-ha, pendant la première quinzaine du mois de mars, furent employés, par les troupes formées en plusieurs colonnes mobiles, à poursuivre l’ennemi dans toutes les directions, au delà du Taï-ning, de Rachtrack, et Tan-hua, afin de l’expulser complètement de la province, et pendant toute cette période de marches et de contre-marches pénibles et fatigantes, les médecins de l’ambulance, divisés en sections volantes, n’ont pas rendu des services moins réels à de nombreux malades qu’aux premiers blessés sous le feu de l’ennemi.

Plus tard, à la fin du mois, après des reconnaissances effectuées par les bâtiments de la marine, deux expéditions furent simultanément organisées contre les provinces de Bien-hoa et de My-tho.

La première fut accomplie dans une période de vingt jours, du 29 mars au 17 avril. La colonne qui en fut chargée se composait de 3 compagnies de chasseurs à pied , 2 compagnies d’infanterie de marine, 2 compagnies de ma-

rins de débarquement, une batterie de montagne, une section de compagnie du génie et un détachement du train, le tout formant un effectif de 700 hommes environ. Une section d'ambulance avec deux médecins, MM. Hattute ziAzaïs en ont assuré le service médical ; ce dernier n’a rien offert de particulier à signaler que les conditions relativement favorables, sous le rapport sanitaire, dans lesquelles se sont effectuées les opérations militaires qui ont eu pour conséquences de repousser les Annamites au delà de leurs ouvrages retranchés qui couvraient la route de Phu-yen-môt vers Tran*bann, et de les surveiller en vue des projets d'une attaque ultérieure contre Bien-hoa.

On verra, plus loin, qu’il n’en a pas été de même pour l’expédition dirigée contre Mytho, pendant laquelle le choléra est venu fondre sur les troupes, et soumettre à de nouvelles épreuves le courage et le dévouement des médecins. La description que je donne plus loin de cette épidémie locale suffira pour faire ressortir sa gravité.

Après la prise de Mytho, la saison des pluies était commencée et les troupes ne pouvaient être employées qu a travailler à se fortifier dans toutes leurs positions. Celles de l’armée qui n’étaient point destinées à occuper les postes avancés, rentrèrent dans leurs cantonnements à Saigon et purent se remettre de leurs fatigues pendant une période de plus de 7 mois, en attendant la reprise des opérations militaires dans la province de Bien-hoa, qui se firent en décembre, et après lesquelles elles s’embarquèrent pour France au commencement de 1862.

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