CHAPITRE XVIII
ArrÎTée à Zennais SaWaisco et chez les Mepenes (i).
Nous remontâmes encore le Parana pendant quatre jours, et nous arrivâmes chez une
(i) H serait impossible de trouver des renseigneinents sur toutes les peuplades dont parle Schmidel. Elles sont pour la plupart entièrement détruites, et l'auteur dénature tellement les noms , qu'il n'est pas facile de reconnaître celles qui peuvent exister encore. M. del Barco, dans son poëme de VJrgentinm , cant. i^ estan. 12, donne les noms des peuplades de cette province , qui , à peu d'exceptions prés , différent de ceux rapportés par Schmidel ; les voici :
«jS RBLATION
nation qu'on appelle Zennais Sahaisco. Ces Indiens sont petits et d'une forte corpulence. Ils vivent de poisson, de viande et de miel. Les deux sexes ne portent pas le moindre vêtement, même pour couvrir les parties que la nature ordonne de cacher.
Ils sont en guerre avec les Macuerendas.
On trouve sur leur territoire des sangliers, des cerfs , des autruches , et une espèce de lapin
Mahomas , Epuaet y Galchinet , Timbues , Gberandiet y Begoaet, Agaces y Nogoes y Sanasinet , Maures , Tecos* Sansonei • Mogouaes, £1 Paraima abazo, y à los fines Habîtan los malditos CSuumsaes, NaTes y Mepenes, Chiloaças , A pesca todos son dados y caças.
Les Mahomas, les Epuaes.les Galchiiies, Les Timbues, les Cherandies , lesBeguaes, Les Agazes« les Nogoes, les Sanasines.
Les Maures, les Tecos, les Sansones et les Mogcznaes habitent les rÎTes inférieures du Parana : et sur les frontières Demeurent les maudits Charusaes , Les Naves , les Mepenes et les Chiloaças ; Tous s*adonnent à la pêche et à la chasse.
Dobritzhofer {ffùtona de Jbiponihut ^ p. 140 et suiv.) ^i^® un très^and nombre de peuples dont j'ai reproduit les noms pag. 3;, et qui n ont aucun rapport avec ceux-ci : ceux donnés par Lozano {Bistoria del gran Chaco. Cordova , 17^3 , in-4o) > ne leur ressemblent pas davantage.
D ULRICH SCHMIDEL. 79
assez semblable à des loirs ; mais dont la queue est différente. Ce pays est éloigné de seizemilles de celui des Macuerendas : nous mimes seize jours à les parcourir. Les Zennais se sont établis à environ vingt milles des rives du fleuve, pour ne pas être surpris par leurs ennemis.
Cependant cinq jours avant notre arrivée, ils s'en étaient rapprochés pour pêcher et pour faire une expédition contre les Macuerendas.
Ils comptaient environ deux mille guerriers.
En continuant notre route , nous arrivâmes chez les Mepenes (i) , qui sont au nom^
bre de dix mille, à peu prés, dispersés sur un territoire de quarante milles carrés environ. Ces Indiens peuvent se réunir en deux jours , soit par terre, soit par eau. Ils ont plus de canots qu'ils ne sont d'hommes : quelquesuns peuvent porter jusqu'à vingt rameurs.
Ils nous attaquèrent avec une flottille de cinq cents canots. Mais ils eurent tout lieu de s'en
(1) Selon Dobritzhofer, la nation des Mepenes est la même que celle des Abypons.
RELATIOK
repentir , car nous en tuâmes un grand nôtîT^ ' breàcoupsde niousque(3. Jamais ils n'avarfnt vu tle chrétiens ni d'armes à feu.
En approchant de leur village, il nous Tut facile de nous apei-cevoir qu'il n'y avait rien à faire : il est a plus d'un mille du fleuve , et environné de fossés profonds qu'ils rtsDpiissent avec les eauA d'un lac voisin. Nous ne pûmes donc les punir qu'en leur brûlant environ deux cent cinquante canots.
Nous n'osions pas nous éloignei- de nos embarcations, dans la crainte qu'ils ne profitassent de cette occasion pour les détruire.
Cette nation lait toujours la guerre par eau ; elle est à environ quatre-vingt-quinze milles des Zennais Salvaisco.