‹ Relation véridique de la conquête du Pérou et de la province de Cuzco nommée Nouvelle-Castille, subjugée (volume 2)Chapitre 38 sur 75 · CHAPITRE XXll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXll

On construit à Lampère un fort, nomnië TAsiomption. — Lot chrétiens , réunis aux Carios , vont attaquer les Aygais.

NousforcàmcslesCariosdenous aider à coustruire une grande maison en pierre, en bois et eu terre , pour nous retirer et nous défendre si les indigènes venaient à se révolter.

Nous nous emparâmes de Lampère , en i539, ^^ .i^ur de T Assomption de la Vierge.

■èi

96 ULATIOV

Cest pourquoi nous lui donnâmes ce dernier nom, qu'elle conserve encore. Nous y passâmes deux mois. Elle est située à cinquante milles des Aygais , et à trois cent dnquante environ de l'tle de Bonne-Espérance, où les Tiembusont leur habitation.

Par le traité d'alliance que nous fîmes avec les Garios , ceux-ci s'engagèrent à nous fournir huit mille hommes pour faire la guerre aux Aygais. Notre commandant se mit donc à leur tête , et partit pour cette expédition accompagné de ses trois cents Espagnols. Nous descendîmes le Rio Parabol; nous fîmes ensuite par terre une marche de trente milles.

Quand nous fûmes arrivés chez les Aygais , nous trouvâmes tout comme nous l'avions laissé. Nous sui'prhnes le village entre trois et quatre heures du matin , au moment où tous les habitants étaient plongés dans le sommeil le plus profond. Les Garios les massacrèrent sans distinction d'âge ni de sexe,

D ULRICH SCHMIUBL. 9<y

car ils ont l'habitude de n épargner personne après la victoire.

Nous nous emparâmes de cinq cents canots, après avoir incendié tous les villages que nous trouvâmes sur notre route et porté la destruction de tous côtés.

Quelques Aygais, qui n'avaient pas pris part au combat , vinrent un mois après nous demander grâce. Notre commandant fut forcé de la leur accorder, puisque, selon la volonté de sa majesté impériale , on doit pardonner deux rébellions aux indigènes : ceux qui prennent les armes pour la troisième fois sont condamnés à un esclavage perpétuel.

Page 1