‹ Relation véridique de la conquête du Pérou et de la province de Cuzco nommée Nouvelle-Castille, subjugée (volume 2)Chapitre 40 sur 75 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Du mont Saint-Ferdinand et des Paicmbos.

De là , nous arrivâmes près de la montagne de Saint-Ferdinand, qui ressemble à celle qu'en Allemagne on nomme le Bogenberg. Dans cet endroit , éloigné de douze milles de Weibingo, nous trouvâmes les Paiembos. Ils nous recurent avec des témoignages d'amitié ; mais c'était pour mieux cacher la trahison qu'ils méditaient. Ils nous

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conduisirent à leur village, et s'ompressèreâl de nous fournir des vivres. Notre général fit demander à leur cacique s'il connaissait une nation nomniée Gircariso. Celui-ci répondit qu'il ne la connaissait que par oui-dire , et qu'elle habitait un |)ays fort éloigné . où Ton trouvait de For et de l'argent en abondance.

Il ajouta qu'il n'a%'ait jamais vu aucun homme de cette nation , mais qu'il avait entendu dire qu'ils étaient aussi blancs que les chrétîeDS, et qu'ils possédaient des vibres en abondance, tant en blé de Turquie , maniîeovh mandais , podades , mandeoch wackkeku , maïudeoch parpyj mandeoch adè, mandepared et autres racines , qu'en diair de mouton , de tapir ( animal de la grandeur d'un âne , qui a les pieds comme le bœuf), de cerfe , de lapins et des poules. Cependant aucun Paiembos n'ayant jamais visilë le territoire de cette nation, il ne pouvait, dtsalt-il , assurer la véracité de ce récit. Nous apprîmes par la suite ce qui eu était.

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Notre commandant demanda au cacique de lui donner quelques Paiembos pour l'accompagner. Celui-ci y consentit sur-le-champ , et lui fournit trois cents hommes pour montrer le chemin, porter les bagages et les provisions. Ayolas leur recommanda de se tenir prêts à partir dans quatre jours , et fit détruire trois de nos cinq brigantins. Il laissa cinquante hommes à bord des deux autres , et nous ordonna de l'attendre pendant quatre mois , et si au bout de ce temps il n'avait pas reparu ,

de retourner à l'Assomption avec les deux vaisseaux.

Nous restâmes 'six mois chez les Paiembos, sans avoir de ses nouvelles; et, comme les vivres commençaient à nous manquer , Martin-Dominique Ayolas (i), qu'il avait laissé pour nous commander, se décida à reprendre la route de rAssoniptioii , comme notre chef lui en avait donné Tordre.

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