CHAPITRE XXVI
Sur la nouvelle de la mort de leur commandant , les Espagnols choisissent pour gouverneur en chef Martin Dominique de Irala.
Nous retournâmes au nombre de cinquante à l'Assomption , pour y attendre des nouvelles de notre commandant et de ses gens.
Un Indien (i), que les Peisennos avaient
(i) C'est le même dont il est question sous le nom de Gonzalo dans la relation de Âlvar Nuûez Cabeça de Vaca, cap. 4.
donné comme esclave à don Juan de Ayolas, et qui l'accompagnait lors du massacre , nous raconta ce qui s'était passé. Cet homme était parvenu à échapper à la mort, parce qu'il savait la langue des ennemis. Il nous rapporta tous les détails de cet événement, mais nous avions de la peine à le croire.
Nous restâmes une année entière à l'Assomption , sans pouvoir apprendre quel avait été le sort de notre commandant et de SCS gens. Cependant les Caries annoncèrent à notre chef, Martin - Dominique de Irala , qu'Ayolas avait été massacré, lui et les siens, par les Paienibos et les Naperus. Mais nous ne pouvions on être convaincus qu'en l'apprenant des Paiembos eux-mêmes.
Deux mois après, quelques Carios amenèrent à notre capitaine deux Paiembos qu ils avaient faits prisoiniiers. iNous leur demandâmes s ils avaient été complices de l'assassinat de nos compatriotes. Ils le nièrent coui-
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plétement, disant qu'Ayolas n'était pas encore de retour chez eux.
Notre capitaine lesmitalors entre les mains des juges et du prévôt, qui leur firent suUr la torture. Ils avouèrent ce que j'ai raconté plus haut : que les nôtres avaient été attaqués dans une forêt par les Naperus et les Paiembos , et massacrés jusqu'au dernier. On les fît attacher à un arbre , et mourir à petit feu, en allumant un bûcher assez loin d'eux.
Comme Martin-Dominique de Irala avait toujours été juste et bon, il fut proclamé notre chef, jusqu'à ce que sa majesté en eût disposé autrement.