‹ Relation véridique de la conquête du Pérou et de la province de Cuzco nommée Nouvelle-Castille, subjugée (volume 2)Chapitre 44 sur 75 · CHAPITRE XXVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIIl

Lei Tiembui font périr cinquante chrétiens par trahiion : le reste abandonne le Gorpui Ghritti , et retourne à Buenea- Ayref.

Quinze jours après, Zuche Liemi, qui méditait une trahison, envoya son frère Suelapa prier Mendoce de lui donner six chrétiens avec des armes à feu , annonçant qu'il voulait venir avec toute sa famille et d'abondantes provisions, pour habi ter avec nous ; mais qu'il crai-

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gnait que sa peuplade ne l'enempêchàt : il nous promettait de nous fournir des vivres et tout ce dont nous aurions besoin. Antonio de Mendoce se laissant prendre à ces belles promesses, aulieude six hommes qu'il avait demandés, lui en envoya cinquante, bien armes et équipés, munis de mousquets et de tout ce qui était nécessaire. Il leur recommanda cependant de se tenir sur leurs gardes, etdeveiller à ce que les Indiens ne machinassent pas quelque trahison.

Les Tiembus n'habitaient pas à plus d'un demi-mille du fort. Quand les nôtres arrivèrent chez eux , il les recurent avec des baisers de Judas, et leur servirent un repas de viande et de poisson. Pendant qu'ils étaient à manger, ces Indiens et leurs alliés , qui se tenaient cachés dans les maisons , se jetèrent sur eux, et les égorgèrent tous, à l'exception d'un jeune garçon, nommé Caldero, qui parvint à s'échapper. Ils arrivèrent ensuite au nombre de dix mille devant la forteresse où nous étions.

d'ulrich schmidbl. laf

et Tassiégèrent dans Fintentiôn de nous mas^ sacrer, s'ils parvenaient à s'en emparer* Mais Dieu nous préserva de ce malheilr; et rendit. leurs efforts impuissants. Ils s'étaient fait de longues lances avec les épées des chrétiens qu'ils avaient tués , et s'en servaient pour nous combattre. Ils noiis attaquaient jour et nuit , néanmoins ils ne gagnaient aucun avantage.

Le quatorzième jour ils nous livrèrent un assaut vigoureux, et parvinrent à mettre le feu à nos maisons. Notre capitaine, Antonio de Mendoce , sortit du fort l'épée à la main , sans apercevoir quelques Indiens qui s'étaient mis en embuscade près de la porte. Ceux-ci profitant de l'occasion, le tuèrent à coups de lance.

Cependant les Indiens qui souffraient de la famine furent obligés de lever le siège et de se retirer. Quelque temps après nous vîmes arriver deux brigantiiis charges de vivres et de toutes sortes de provisions, que Martin-Domi-

RELATION D ULRICH SCHlDEL.

que de Irala nous envoyait de Buenos-Âyres , afin que nouspussionsnous maintenir jusqu'à son retour. Nous nous réjouîmes de leur arrivée ; et ceux qui les montaient s'afiligérent de la mort de tant de chrétiens. Après nous être consultés sur ce qu'il y avaitde mieux à faire, nous prîmes la résolution de ne pas rester plus longtemps chez les Tiembus des environs du Corpus Christi, de réunir tous nos soldats , et de descendre le fleuve pour gagner Buenos-Ayres. Quand, Martin -Dominique de Irala notre chef, nous vit arriver , il fut saisi d'effroi , ne sachant quel parti prendre; car lui-même il manquait de tout.

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