‹ Relation véridique de la conquête du Pérou et de la province de Cuzco nommée Nouvelle-Castille, subjugée (volume 2)Chapitre 51 sur 75 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Ilernando de Ribera remonte la ririère. — Il arrire chez les

Guebuecusis et les Achkerei(i).

Le commandant ordonna ensuite à Her-

nando de Ribera de prendre un brigantin, de

remonter le Parabol avec quatre-vingts hommes, à la recherche d'une nation nommée She-

rues y de s'avancera deux journées de marche

(0 Voyez la Relation de Hernando de Ribera , qui fait mite aux commentaires de Gabeça de Vaca.

seulement dans l'intérieur du pa^'s , et de t^ nie rendre compte de ce qu^îl aurait vu.

Le premier fOur, nous fimes quatre milles.

et nous arrirâmes sur le territoire des Indiens Guebuecusis, qui occupent une lie d'environ trente milles de longueur. On y trouve toutes sortes de racines , et des vitTcs en abondance : ils ressemblent aux Surucusis. Nous passâmes la nuit chez eux , et le lendemain ils nous fournirent dix eanots pour nous accompagner et nous montrer le cliemin. Ils allaient deux Tois par jour à la pêche et à la chasse , et nous donnaient tout ce qu'ils prenaient-

Aprés neuf jours de route, nous parvînmes chez le» Âchlceres. Ils sont fort nombreux, d'une taille très-élevçe : je n'ai pas vu dlodiens aussi grands dans toute la province du Rio de la Plata. Ils habitent à trente-six milles des Surucusis , et ne vivent que de viande et de poisson. Les femmes se couvrent les parties naturelles.

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Nous passâmes un jour avec eux, et les Su»

rucusis se rembarquèrent pour retoumei* dans leur village. Hemando de Ribera, notrt chef, demanda aux Achkeres de lui enseigner la route qui conduisait chez les Sherucs : ils le firent volontiers , et nous donnèrent huit canot;|3 pour nous accompagner. Ceux qui les montaient nous fournirent du gibier et du poisson en profusion.

Ces Indiens tirent leur nom d'un poisson nommé achkere , qui a la peau si dure qu'aucune arme ni flèche ne peuvent l'entamer.

Ces poissons sont très-grands , et font dat ravages considérables parmi les*autre8« Lelir^ œufs , qu'ils déposent à deux ou trois pas de l'eau , ont une très - forte odeur de musc , et sont très -bons; mais le meilleur morceau est la queue , cependant le reste n'est pas malsain. En Allemagne où on le considère comme un animal nuisible et venimeux, on le nomme crocodilL On dit que son regard et surtout son souffle sont mortels ,

l5a BELATION n'uLRICH SCBMIDEL.

cela est faux ; ce qui est vrai, c'est que quiconque a regardé ce poisson doit mourir un jour, car rien n'est plus certain que la mort.

On raconte aussi que le crocodille est produit spontanément flans les sources , que le seul moyen de le tuer est de lui présenter un miroir, qu'alors la réflexion ^e son propre regard le fait périr sur-le-charop; mais ce sont des fables inventées à plaisir. Si cela était la vérité, je serais mort depuis longtemps, puisque j'en ai vu et pris plus de trois mille, et je n'aurais pas parlé si longuement de ce poisson si Je ne le connaissais pas parfaitement.

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