CHAPITRE L
Diego d'Abrue s'insurge contre de Irala. — L'auteur reçoit des
lettres d'Allemagne.
Abrue ayant exeité une sédition, résolut de marcher contre nous : il commença par se fortifier dans TAssomption. Nous arrivâmes sur ces entrefaites aux portes de la ville ; mais il nous en refusa l'entrée , et ne voulut pas reconnaître de Ii^ala pour son chef.
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Celui-ci mit aussitùt le siège devant la ville. Les soldats qui tbrniaicnt la garnison, voyant le danger qui les menaçaient, en sortaient tous les jours, et venaient demander grâce au général. Abrue s'en aperçut, sentit qu'il ne pouvait compter sur les troupes , que nous pouvions surprendre la place pendant la nuit ouqu'onnousia livrerait par trahison, ce qui serait inévitablement arrivé. Il tint donc conseil avec les amis qui lui étaient restés fidèles : ceux-ci au nombre d'environ cinquante le décidèrent à quitter la ville. Dès qu'il fut parti , la garnison ouvrit les port» en sollicitant son pardon , le général l'accorda , et il entra dans la ville à la tète de son armée.
Diego d' Abrue m réAigia avec ses cinquante hommes i trente milles de là ,<1um uo endroit oà nous ne pouTions pas l'attaquef :
il noua harcelait journellaHenC. Cette petite guerre dura deux ans, de soi'tc que nous n'avions pas un inatuit de sécnritc.
d'vlrigh schmidel. 333
Abrue ne restait jamais deux jours dans le même endroit : il errait cà et là , nous faisant tout le mal qu'il pouvait, et se conduisait comme un véritable brigand. Notre général , voyant quil ne resterait jamais tranquille tant qu'il ne serait pas réconcilié avec Abrue, consentit à marier ses deux filles avec deux cousins de ce dernier : on les nommait Alunzo Richkel et Franco Fregero (1).
A cette époque , je reçus une letti^e de Séville en Espagne , que Christophe Raiser, agent de Fugger, me fit passer. Sébastien Neidhart Tavait écrite au nom de feu mon frère, Thomas Schmidel , pour m'engager à revenir en Allemagne le plus tôt possible. Raiser n'avait épargné aucune peine pour me faire tenir cette letti^e, que je reçus le 20 Juillet iSSa.
(1) Voici, snivant Gregorio Fîmes (Historia civil de! Paraguay, Buenos-Ayres y Tucuman. Bnenos-Ayres , Gandarillas y socios , 1816,3 vol. in-4 , t. i , p. 137 ) , les noms de ces deux Espagnols , Alonzo Richelme de Guzman , Francisco Ortiz de Bergara.