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Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de Jésus

Les Religieux de la Compagnie de Jésus forment une milice qui porte sur son étendard la devise : Ad majorem Dei gloriam.^ Et, comme il n'y a dans l'univers aucun coin de terre où cette gloire ne puisse être procurée, le devoir de ces soldats du Clirist est d'étendre leurs conquêtes spirituelles parmi toutes les nations. Les uns, ■sur une parole de leur Général, vivent et meurent au sein du pays qui les a vu naître ; et, apôtres dans le cœur, ils renoncent au désir de prêcher l'Evangile aux nations infidèles. D'autres, à peine arrivés à la fleur de la jeunesse, saluent une dernière fois le rivage de la patrie, traversent les mers, et vont planter leur drapeau sur la terre qui leur a été donnée en partage, et qui, un jour, recevra leur dépouille mortelle.

Mais quels que soient les destins que Dieu leur ménage et le champ qu'ils arroseront de leurs sueurs, tous n'ont qu'un même but, celui de procurer la plus grande gloire de Dieu. Séparés les uns des autres par des distances qu'ils ne franchiront jamais, ils n'en continuent pas moins à vivre de la même vie ; ils ont les mêmes affections, les mêmes espérances et les mêmes joies. Profondément pénétrés de l'esprit des lois qui façonnèrent leur enfance religieuse, ils sentent grandir en eux, avec l'âge, l'estime et le dévouement qu'elles réclament, et cherchent à conserver intact l'honneur de leur drapeau.

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En dehors des grâces attache'es h l'observation exacte des Constitutions qui perpétue, à travers les siècles, cet esprit de S. Ignace, il existe encore dans la Compagnie nn nit)yen puissant de le stimuler ; ce sont les publications périodiques, autograpliiées ou imprimées, qui vont redire aux diverses proWnces les fatigues et les succès de cette légion d'ouvriers évangéliques répandus dans toutes les parties du monde.

Toutes les grandes œuvres entreprises pour la gloire de Dieu, et mille récits édifiants trouvent place dans ces pages, et offrent à l'esprit une matière abondante d'utiles enseignements.

Là aussi, le lecteur rencontre des noms qui lui rappellent les plus doux souvenirs de la vie religieuse et qu'il n'a point oubliés. Il y revit avec des frères que, depuis longues années peut-être, il laissa sous d'autres cieux ; il prie Notre-Seignenr de bénir leur zèle ; il applaudit à leurs triomphes ; et il sent son courage grandir et se fortifier an riîcit de leurs luttes et de leurs travaux.

Les Relations de la Mission (le Nan-kin'" viennent aujourd'hui prendre leur place parmi ces publications.

Les malheurs des temps, le manque d'imprimerie dans la Mission, la pénurie d'ouvriers évangéliques, dont tous les moments étaient comptés et consacrés au saint ministère, et à qui Ton ne pouvait confier d'autres charges, telles sont les principales causes qui ont retardé jusqu'à ce jour la réalisation d'une œuvre aussi importante. Aujourd'hui ces causes ont disparu ; et nous serons heureux d'offrir à nos frères étrangers à la Chine comme à ceux qui l'habitent, le récit de nos travaux et des bénédictions que Dieu daignera leur accorder.

Ces Eclations" présentent en outre plusieurs avantages que les Missionnaires du Kiang-nan sauront apprécier. Dispersés aux quatre vents du ciel dans un immense Vicariat, ils ne se rencontrent que rarement. Ceux qui travaillent à l'orient ignorent ce qui se passe à l'occident; ceux que l'obéissance attache à une Section restent étrangers aux travaux de leurs voisins. Pour tous la marche de la IVIission reste inconnue dans ses détails. Et, chose singulière ! il arrive par-

fois que des lettres autographie'es en Europe viennent leur révéler (les faits accomplis au milieu d'eux et dont ils ne soupçonnaient pas môme l'existence. Avec ces "Kelatiuns" cette ignorance inévitable disparaîtra ; et tous auront sous les yeux la série des événements qui signalent chaque campagne apostolique.

Lorsque, en I8G0, Monseigneur Languillat quitta le Tcli(^'-ly sud-est et vint prendre possession du Vicariat-apostolique de Nan-kin, un des premiers soins de son administration fut d'inviter les Missionnaires à faire des recherches sur l'origine des chrétientés qui leur. étaient confiées. Ces recherches n'ont pas toujours été fructueuses. En beaucoup d'endroits ce n'est qu'à force de pénibles efforts que les Missionnaires ont pu recueillir des renseignements. Des vieillards ont été interrogés : leurs souvenirs formaient souvent la seule source qui permit de rédiger quelques notes : car depuis la fin du siècle dernier la série dos travaux historiques a été forcément interrompue dans le Kiang-nan. Mais une tradition orale incomplète et parfois douteuse ne saurait dissiper l'obscurité qui plane sur plusieurs origiues chrétiennes dans cette Mission. Les ' Relations " viennent nous prémunir contre un semblable état de choses qui désormais ne saurait se renouveler : elles nous offriront en effet une abondante moisson de documents. L'origine, le développement des chrétientés nouvelles et des différentes œuvres entreprises pour la gloire de Pieu, les. récits édifiants, les luttes soutenues contre les païens, les relations entretenues avec les mandarins ; tels sont les principaux éléments qui composeront notre recueil et assureront ainsi l'avenir historique de la Mission.

Il est encore une considération bien propre à faire ressortir l'utilité de ces '"Relations": c'est qu'elles forment uji lien de plus pour resserrer l'union qui doit exister entre le missionnaire et les populations qu'il évangélise. Envoyé par l'obéissance au sein d'une contrée pour lui jusqu'alors inconnue, le missionnaire en retrouvera l'histoire écrite dans ces pages. Les hommes et les choses du passé s'offriront il ses regards ; et les faits contemporains aussi religieusement

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conserves que ceux des âges pre'ce'dents lui feront connaître les chrétiens confiés à sa sollicitude. Il pourra lui-même leur raconter sûrement des origines qne l'histoire a recueillies et fait entrer dans son domaine ; et leur respect pour le prêtre augmentera, quand ils apprendront les sacrifices qu'il s'est imposés, les épreuves qu'il a subies pour faire briller aux yeux de leurs ancêtres le divin flambeau de la foi, et élever au milieu d'eux des temples en l'honneur du vrai Dieu.

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