‹ Relations de la mission de Nan-kin [microform] confiée aux religieux de la Compagnie de JésusChapitre 52 sur 81 · SECTION DE NAN-KING · texte numérisé non relu

SECTION DE NAN-KING

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MISSION DE NAN-KING, proprement dite.

Les anciens chrétiens^ comme nous le disions l'anm^e deriilcTe, se rallient autour du missionnaire. Quant .aux néophytes, la Religion n'est pour la plupart d'entre eux qu'un mot dont ils rougissent et qui ne semble leur rappeler que de tristes souvenirs. Aux jours de l'exil et de la pauvreté, ils allèrent à Chang-hai chercher asile et protection auprès des Pères de Tong-ka-dou, et furent accueillis avec charitt'. Le Baptême leur parut un moyen d'obtenir plus sûrement les secours matériels que réclamait leur indigence, ils le demandèrent ; les paroles de foi tombaient facilement de leurs lèvres ; on les voyait assister aux offices ; ils prêtaient volontiers l'oreille aux catéchistes chargés de It'S instruire, et n'aspiraient qu'au bonheur d'être reçus au sein de l'Eglise : ils y furent admis. Leur vie chrétienne a eu la môme durée que leur séjour ù Chang-hai ; rentrés à Nan-king ils ont apostasie. Des tentatives ont été faites pour les ramener au bercail de Jésus-Christ, qui probablement ne fut jamais le leur ; mais elles n'ont point t'té couronnées de succès. Il n'y a que quelques mois encore, un homme se présentait à la Résidence pour demander des remèdes ; on les lui accorda. Ce bienfait fut accompagné d'une aumône spirituelle ; on lui paria de Dieu, de ITime et de ses destinées éternelles; U accueillit volontiers cet enseignement et se montrait disposé à renoncer au paganisme pour embrasser la vérité catholique. Quelques heures après, on apprenait qu'il avait été baptisé à Chang-hai, où il avait vécu avec les apparences d'un chrétien ; mais de retour au milieu de ses parents et de ses amis, il renonça immédiatement à toute pratique religieuse et é\àta de se mettre en rapport avec les Missionnaires, qui probablement

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ne le reverront plus. Telle est l'iiistoire de la plupart des néophytes de Nan-king.

Que dire des païens"? Les calomnies seme'es à profusion au milieu des masses, pour préparer le massacre des chrétiens et des Européens en 1870, ont laissé dans les esprits des traces profondes. Les enfants grandissent en entendant répéter mille récits odieux, qui les façonnent au mépris et à la peur des prêtres et des étrangers ; et la génération qui se développe hérite d'une dose de haine contre laquelle le christianisme aura longtemps à lutter, pour se concilier les cœurs. Les preuves ne manquent pas pour appuyer cette thèse.

Trois enfants entraient au mois de mai dernier dans la cour de la Résidence, à Nan-king ; deux d'entre eux étaient coutumiers du fait; et, apercevant un Père, ils le suivirent au parloir et lui demandèrent quelques objets européens. Le troisième, malgré des invitations réitérées, refusa obstinément de faire un seul pas. Pourquoi donc ne veut-il pas entrer " ? dit alors le Père . C'est qu'il a peur qu'on lui arrache les yeux"; répondirent ses compagnons.

D'autres enfants sont encore moins courageux ; ils redoutent jusqu'à l'approche des Missionnaires ; et, dès qu'ils les aperçoivent, ils s'enfuient en toute hâte, pour sauvegarder leurs cœurs et leurs yeux. Parmi nos voisins ces paniques commencent à devenir rares ; mais dans les quartiers éloignés elles se reproduisent fréquemment.

L'établissement des écoles est un des moyens les plus efficaces que l'on puisse employer, pour réagir contre les odieux préjugés du paganisme. A Nan-king, environ GO enfants infidèles viennent chaque jour étudier dans notre Résidence. Ceux-là ne songent point à fuir les Européens; les attentions dont ils sont l'objet, les récréations intéressantes, auxquelles ils prennent part, ont complètement changé leurs idées ; ils nous connaissent, ils nous aiment, et se plaisent à nous visiter. Cet heureux résultat n'est point l'œuvre d'un jour; quoi qu'il en soit, on a pu l'obtenir, et les familles païennes qui nous confient leurs enfants contribuent à faire tomber les calomnies dirigées contre nous.

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