‹ Relations des quatre voyages entreprisChapitre 29 sur 29 · Tome II “* Personnes sans · texte numérisé non relu

Tome II “* Personnes sans

solde, qu’il y a quelques unes d’entre elles qui font très bien le service, et afin qu’il y ait de l’uniformité, on ordonne aux autres de faire de même (jy aun los otvos por scmejante se mandan que lo hagan asi ) ; pour ces trois premières années, il convient qu’il y ait ici mille hommes, afin de mettre en sûreté cette île et les rivières d’or; et quand même il y en aurait cent à cheval, loin d’être un mal, ce serait au contraire une chose très nécessaire; mais comme il faudrait que Leurs Altesses envoyassent de l’argent, on pourra s’en passer i^aunque en estos de caballo fasta que oro se envie sus altezas podrdn sobreceer ). En somme, pour ce qui regarde les deux cents personnes venues sans solde, Leurs Altesses doivent faire connaître si on doit les payer comme les autres si elles font bien leur service , car il est certain que nous en avons besoin dans le commencement, comme je lai déjà manifesté.

Leurs Altesses veulent et ordonnent que ces deux cents personnes sans solde remplacent celles qui ont manqué et qui manqueront désormais, et qui recevaient la solde, puisqu’elles sont propres au service et qu elles conviennent à l’amiral, et Leurs Altesses ordonnent au Contador de les inscrire au lieu de celles qui manqueront , ainsi que l’amiral le déterminera .

DE CHRISTOPHE COLOMB. /t83 Item. Comme il existe des moyens de diminuer les frais que ces gens occasionnent, et d’épargner la majeure partie des dépenses, en imitant les procédés (con industria y formas , etc.) que d’autres princes savent employer à propos, il faudrait faire de même. Il paraît qu’il serait bien d’ordonner que tous les bâtimens qui viendront ici portent, outre les munitions ordinaires et les médicamens, des souliers et des cuirs pour les fabriquer, des chemises communes et de qualité supérieure, des pourpoints, des tissus de fil, quelques habillemens de paysans, des chausses et des draps pour s’habiller, le tout a des prix moderes; et d’autres objets, comme confitures, qui n’entrent pas dans la ration journalière ou qui sont nécessaires à la santé ; lesquelles choses les Espagnols qui sont ici recevraient toujours avec plaisir en déduction de leur solde; et si tout cela est acheté par des préposés pleins de loyauté, et qui prennent intérêt au service de Leurs Altesses, il en résultera de glandes économies. Si Leurs Altesses trouvent que cela parait convenir à leur service, on doit s’en occuper immédiatement.

Il aurait été à désirer que V amiral entrât à ce sujet dans plus de détails ,* en attendant , on ordonnera a don Juan de Fonseca qu’il prescrive a Jimeno de Bribiesca de faire les disposi-

tions nécessaires pour l exécution de ce qu on propose.

Item. Vous direz aussi à Leurs Altesses que dans la revue que l’on passa hier, on remarqua qu’une grande partie des gens étaient sans armes, ce que je crois devoir attribuer en partie à l’échange qui se fit à Séville ou dans le port, lorsqu’on laissa ceux qui se présentèrent armés , et qu’on en prit d’autres qui donnaient peu de chose à ceux qui les remplaçaient. Il me parait qu’il conviendrait qu’on nous envoyât deux cents cuirasses, cent espingardes (i), cent arbalètes , et beaucoup d’objets de magasin de guerre {înucho almacen), car nous en avons un bien grand besoin pour armer ceux qui ne le sont pas.

On a déjà écrit à don Juan de Fonseca pour qu’il y pourvoie.

Item. Plusieurs employés ( algunos oficiales ) qui sont venus ici, tels que des maçons ou exerçant d’autres métiers, étant mariés et ayant leurs femmes en Espagne, désirent qu’on paie à leurs épouses ou aux personnes qu ils désigneront, la solde qui leur revient, pour quon leur achète ce dont ils ont besoin. En conséquence ,

(i) Grandes arquebuses.

je supplie Leurs Altesses qu’elles ordonnent des mesures convenables à ce sujet, car il convient à leurs intérêts que ces gens soient pourvus de tout.

Leurs Altesses ont déjà ordonné à don Juan de Fonseca de pourvoir à cela.

Item. Outre les autres articles que nous faisons demander dans les mémoires que vous portez signés de ma main, et qui consistent en alimens et en autres munitions, pour ceux qui se portent bien comme pour ceux qui sont malades, il serait très utile qu’on transportât de l’de de Madère cinquante pipes de mélasse (iniei de azücar ), parce que c’est le meilleur aliment ( el mejor mantenimiento ) du monde et le plus sain. Chaque pipe ne coûte ordinairement que deux ducats sans la futaille, et si Leurs Altesses ordonnent qu’au retour quelqu’une des caravelles passe par ladite île, elle pourra en faire l’achat, et se procurer en même temps dix caisses de sucre dont nous avons grand besoin ; c’est la saison de l’année la plus favorable pour s’en procurer à bon compte, c’est-à-dire dès à présent jusqu’au mois d’avril. On pourrait donner les ordres nécessaires, si Leurs Altesses y consentent, en ayant soin de laisser ignorer le heu de la destination.

Don Juan de Fonseca y pourvoira.

Item. Vous direz à Leurs Altesses que, quoique les fleuves renferment dans leurs lits la quantité d’or indiquée par ceux qui l’ont vue , ce qu’il y a de certain , c’est que ce métal ne s’engendre pas dans des fleuves , mais dans le sein de la terre , et que l’eau , venant frapper contre les mines, l’entraîne enveloppé dans le sable; et comme parmi ce grand nombre de rivières qu’on a découvertes, il y en a quelques unes d’assez grandes , il y en a d’autres si peu considérables, que ce sont plutôt de petits ruisseaux ( fuentes ) que des rivières, qui n’ont pas plus de deux doigts d’eau, avec un cours très peu étendu ( y se J 'alia luego el cabo donde nasce). C’est pourquoi des laveurs seront très nécessaires pour séparer l’or du sable, et il en faudra d’autres pour le chercher dans le sein de la terre. Cette dernière opération sera la principale et la plus productive; il conviendra donc que Leurs Altesses envoient des laveurs et des ouvriers, de ceux qu’on emploie en Espagne aux mines d’Almaden, afin que d’une manière ou d’autre l’ouvrage puisse se faire. Nous n’attendrons pas cependant l’arrivée de ces ouvriers, et avec l’aide de Dieu et les laveurs que nous avons ici, une fois que nos gens seront revenus en bonne santé, nous, espérons envoyer une

DE CHRISTOPHE COLOMB. 487 bonne quantité d’or par les premières caravelles qui partiront.

Par une autre voie on pourvoira à ceci complètement', en attendant , Leurs Altesses ordonnent à don Juan de Fonseca d'envoyer les meilleurs mineurs quil pourra trouver ; elles écrivent à Almaden pour que l’on y en prenne le plus grand nombre possible , et qu’on les envoie.

Item. Vous supplierez Leurs Altesses très humblement et en mon nom, quelles veuillent bien regarder comme très recommandé Villacorta, lequel, comme Leurs Altesses ne l’ignorent pas, a été d’une très grande utilité dans cette affaire, et qui a montré la meilleure volonté du monde : d’après ce que j’ai reconnu en lui , je le considère comme un homme exact, zélé et affectionné à leur service. Je serai très reconnaissant si elles daignent lui accorder quelque emploi de confiance qui convienne à ses moyens, et dans lequel il puisse montrer son désir de servir et son application ; et vous ferez en sorte que Villacorta apprenne par des faits, que les travaux qu’il a exécutés pour moi, toutes les fois que je lui en ai commandés, ne sont pas restés sans récompense.

Cela se fera ainsi .

Item. Que lesdits Mosen Pedro , Gaspar, Beltran et d’autres qui sont restés ici , vinrent commander des caravelles qui sont déjà retournées, et ne jouissent d’aucune solde; comme ce sont des personnes qu’on doit employer dans les affaires majeures et qui exigent le plus de confiance, on n’a pas fixé la solde, qui doit être différente de celle des autres. Vous supplierez de ma part Leurs Altesses d’arrêter ce qu’on doit leur donner, soit par an, soit par mois, relativement à leur service.

Fait dans la ville d’Isabelle, le trente janvier mil quatre cent quatre-vingt-quatorze.

On a déjà répondu plus haut à ceci ; mais comme dans ledit chapitre il est dit qu ils jouissent de leur salaire y Leurs Altesses ordonnent quon leur paie à tous leur solde depuis le moment qu’ils ont laissé le commandement.

Il se trouve une copie de la même époque , depuis le folio i o.[\ jusqu au folio 129 d’un livre infolio intitulé ; Livre des extraits des cédules et dépêches d’expéditions pour les Indes, du temps des Rois catholiques; lequel existe dans les archives générales des Indes de Séville y parmi les papiers qui y ont été portés des archives de Simancas , liasse première de celle sur différentes matières. Au folio 68 du

DE CHRI5TOPHE COLOMB. 4^9 même livre on trouve la note suivante ; Ceci est la copie du Mémoire de l’amiral des Indes, apporté par Antonio de Torres , et le même Antonio de Torres emporta l’original avec les réponses qui étaient en marge, comme elles se trouvent dans cette copie. — Collationné le Vente mai mil sept cent quatre-vingt-treize.

Signé M. F. de NAV ARRETE.

A/3 2 -lr

1JB3 aa ‘jq '£g qaA ‘ded 4g-in *°£8T i'puorj ‘iaqpnog -qojj iq ueXti

~n9 ‘f J° 9jîl lî tjîjA * ssaaSojd stiuuS[id aqj^ *Zp •puuoznvg -50e «a -pu -p *pA -ded *g-ui * 8*8T l‘fiuof *uos}»A4 ‘q9îH Aq ‘ajqiq aqj joi J^qio aqj ‘/jyuepsuqa joj auo ‘«aiSpjôd* oa\j *91;

'juap

a -gT-ui ‘ssgp ‘'pwy -qjOHqsw-M ‘paaap -isaoo 9jq snoiSipj b jq aaaBjjoapn jbqjS aq^ ’çt

•jq *g-ui

‘l0A £ i9£ST t^»dr *stiQBiss^Bij[ jfl j«d ‘uoiSqdj jqs saoaajajuoo no ‘ auisiuBpsuqa np asuaj^Q -frp

'A ‘g-UI '|OA £ ‘ÇGgF 4

aauan^ Jed 9*qBq<>A e sjinfsanbjanbap saj^aq; •£* ! -{94 'P ‘8-UJ qoA z ‘9Tgp

?°ïBd J°Pî(3 pîOSBJ jcd 4S9JBIDllIAOJtJ saq; *BP

f/ , *|9J 'p 'g~UI 'jOA Z

LTgT ?UIBJ ÎOpiQ ‘mjvj qB3Setj 9p S9?SU9. . T J

'Pjob.Wfj -uSoj *ii -pj ‘p ■ |9a -ded *jS -gp-m 9°8l ‘TO îopia -opai^ 9P saasngj :op

•j * jbui *sp-ai ‘pgZp ‘^2./ ©f/ 'anjq 9| j jBd ‘oja ‘osijSgj 0p*9p0is aaiui •0.1a 9[ smdap saimiBpuoo no sjjajjnos sanbiuioa nainossiuoAip saainB sap p ajiBaqj ap xnaf sap W-°°P ja 'isiq apcjj no ‘aipamoo bj ans sanoasiQ -6 quap 'a *[9A dod -gp-m 1 ocop yoiaisiyj *ppo(j ^ iq ‘qiuap uo suopoapajj g •juap lnajq 'jbiu ap 'iqnop jqa * jbiu -z i-ui ‘pgZp 4 *;««#/?' -(janSiiQ Jed)

3 f ap uoissBd B[ ap ajajsXuj np uoijBaqdxd •(,

*A 'SP-Ul ‘l^Zp LStJ,V(J ‘OUBJI

a -pBj) ‘ upsnSny-juiBg ap suoissajuoa sa^ -9

3-n.' ‘)3d 6pfl» ‘ffjgj nBjjojjj -j J?4 s3?abjS )a >)!J3? 3UWt»iisa.iqa aWç j 3p s^^ud s3,uies sa-j •§

Page 1