OBSERVATION II
(Farini, Presse médicale, 8 novembre 1913.)
Sa malade, âgée de vingt-trois ans, faisait remonter à quatre mois le début des accidents qui l’amenaient à l'hôpital. A ce moment, après une période de quatre à cinq mois d'aménorrhée sans cause, la malade avait commencé à ressentir un besoin invincible de boire de l’eau, en même temps que s'exagérait beaucoup la quantité de ses urines. La polydipsie s'était rapidement accrue, au point que, quand la malade entra à l'hôpital, elle était plusieurs fois par nuit obligée de
se lever pour boire de grandes quantités d'eau. À ce moment.
Ve
la quantité d'urine journalière est de 5 à G litres. Ses urines sont limpides, d'une densité qui atteint à peine 1002 ; elles ne contiennent ni sucre, ni albumine. Par ailleurs, leur teneur en principes normaux correspond à une élimination quotidienne banale.
Il n'existe pas d’autres symptômes morbides, en particulier pas de troubles nerveux, fonctionnels ou organiques. La malade a été soignée plusieurs années auparavant pour des phénomènes de tuberculose pulmonaire. avec bacilles dans les crachats ; ceux-ci ont actuellement disparu. D’autre part, trois ans avant, la malade a été soumise à un traitement spécifique prolongé, en raison d’une réaction de Wassermann positive. On ne constate alors par d’autres signes de syphilis. /
La malade est soumise à toute une série d'essais thérapeutiques. Successivement les médications par l’opium, par la pelladone, par la strychnine sont tentées sans aucun succès ; il en estde même du régime déchloruré qui ne diminue enrien la polyurie. En raison de la réaction de Wassermann, un traitement spécifique par les injections de calomel et d'iodure est même essayé ; il n’est suivi d’aucun résultat.
M. Farini se tourne alors vers l'opothérapie. L'ingestion d’adrénalineest sans effet. Par contre, la pituitrine, dès la première injection, fait tomber les urines de 5 litres à 2 lit. 1/2. En continuant les injections on maintient l'élimination urinaire aux environs et au-dessous de 2 litres. La soif cesse, les nuits redeviennent tranquilles. Mais l’effetobtenu ne persiste qu'autant qu'on continue les injections ; dès qu'on les cesse, la polyurieet la polydipsie, qui en est la conséquence,
reparaissent.
Il faut ajouter, en soulignant l’importance du fait, que M. Farini a eu soin, pour éviter toute possibilité de suggestion, d'essayer de remplacer; à l'insu de læ malade, les injections de pituitrine par des injections d’eau salée. Immédiatement la polyurie à : reparu. De même, c'est inutilement qu’on a: essayé deremplacer la: pituitrine par l’ovarine, l& pancréatine, la thyroïdine. Seul le produit hypophysaire s’est montré avec'une véritable: spécificité capable d’arréter ce syndrome: de diabète insipide.
… Le faitobservé par Farini auneimportance presque
indiscutable; ibest aussi fort intéressant au point de vue doctrinal; mais comme: le fait justement remar: quer l’auteur, son interprétation reste cependant - délicate. Il: est logique de penser que, dans ce: cas, la polyurieétait liée aw trouble de: fonctionnement de: l’hypophyse ; mais: il est impossible de düire:si ce: trouble de: fonctionnement était isolé et par buimême efficient, ow s'il ne faisait pas partie d'un ensemble de: perturbations dans le système: des glandes endocrines, dont l'injection de pituitrine: aurait été capable de rétablir-momentanément le jeu normal. aa
En tout cas, il reste une-intéressante observation: el l'indication d’une: thérapeutique efficace dans des faits qui,jusqu’à présent! restaient d’une ineurabilité: quasi-fatale. |