‹ Relations entre les Éléments Météorologiques et la Croissance d'une Lignée Pure d'un BléChapitre 10 sur 46 · MESURES BIOLOGIQUES — COURBES DE CROISSANCE · texte numérisé non relu

MESURES BIOLOGIQUES — COURBES DE CROISSANCE

Alors que les observations biologiques sont exécutées journellement depuis les semailles jusqu'à la moisson, les mesures biologiques le sont à intervalles réguliers, elles ont pour objet la détermination du poids total de matière séche élaborée par la plante.

Quoique l’agriculteur soit surtout intéressé par le poids de grain au’il récolte, les mesures biologiques pondérales, ici rapportées, ne dissocieront pas les grains de la paille.

poids de paille

Le rapport = est en effet sensiblement constant lorspoids de grain

que les conditions de milieu physique restent dans des limites telles que le blé se développe normalement.

Or ce que j'ai voulu établir ce sont les conditions de milieu les plus favorables à la céréale depuis les semailles jusqu'à la moisson; tout doit donc entrer en ligne de compte aussi bien la paille que le grain; et cela explique la raison pour laquelle on ne trouvera pas ici une étude parallèle du poids de paille et du poids de grain.

ÎIl est à remarquer que l'étude du rapport PR aeen CR donne

poids de paille des indications intéressantes lorsque, abandonnant la détermination

de la valeur des éléments physiques qui assurent le développement

optimum de la plante, on considère les valeurs de cés mêmes éléments qui provoquent des perturbations dans le métabolisme de la plante. Cette question sera exposée au chapitre III.

On trouvera à l'Annexe I le tableau des données biologiques (poids total de matière sèche) de tous les sémis qui m'ont servi à l’élaboration du présent travail. Ces données m'ont permis de construire les courbes de croissance. Celles-ci figurent également à l'Annexe I.

Lors de la construction des courbes de croissance il est bon de les grouper non seulement par année, (en mettant ensemble les courbes représentant les semis exécutés au cours d’une année agricole); mais encore suivant la date des semailles. Ce dernier mode de groupement élimine, dans le cas où il prendrait trop d'importance, le photopériodisme, phénomène qui pourrait masquer l'influence des éléments physiques autres que la durée d’éclairement de la plante.

Type de courbes de croissance d’une même année agricole et d’un même groupe

Anneë /9 31-32 ) # — EE re

Courbes de croissance du Pusa x Florence 381/b: Semis de l’année agricole 1931-1932

N D J Fi M À M J

Courbes de croissance du Pusa x Florence 381/b: Semis des séries À et A’

J'ai réparti les courbes de croissance quant aux époques de semaille de la façon suivante.

1* groupe correspond à des semailles exécutées vers le 10 novembre.

72 — =. 20 novembre.

5£ —— a 1% décembre.

4° — = 15 décembre.

5° — es 10 à 20 janvier,

Il y a lieu de remarquer l'allure générale des courbes. Plus je semis est tardif, plus le coefficient angulaire du début de la courbe est faible: la vitesse de croissance décroît au fur et à mesure que l’époque des semailles est plus tardive. Pour les courbes d'une même année, en passant successivement, de l’une à l’autre, on constate que la concavité de la courbe, de la date des semailles jusqu’au mois de mars est d'autant plus grande que le semis est plus tardif. Il semble que la plante, d’abord lente à se développer, cherche par la suite à rattraper le temps perdu. Cette impression est d'autant plus nette

que le semis est plus tardif, Pour les courbes correspondant à des semis d’une époque donnée, mais d'années différentes, on constate que quelques unes n’ont pas l'allure générale de leur série, mais cela tient, comme nous le verrons plus tard, en étudiant les éléments météorologiques, à des conditions climatiques particulières, D'une façon générale le maximum de la courbe n'est pas toujours atteint à la maturation. Pareil fait est dû à ce que le printemps est en Tunisie, le plus souvent sec, une partie des feuilles meurent et disparaissent progressivement ; la vie se concentre dans les feuilles du haut, dans la tige et dans l’épi (). Il est facile de se rendre compte grâce aux observations métérologiques, que pour les années à printemps plutôt humide, avec pluies jusqu’au moment de la maturation, la courbe présente son ordonnée maximum à la maturation du grain. Mais ces années ne sont pas favorables au point de vue industriel. Les qualités plastiques de la pâte obtenue en partant d'un tel blé (valeur boulangère) sont alors inférieures à celles des années à fin de printemps sec.

Si l’on considère l'ensemble des courbes, on voit que pour la période s'étendant des semailles à la fin de l’état gazonnant, le coefficient angulaire le plus élevé appartient, pour chaque groupe annuel, aux deuxièmes semis, c’est-à-dire à ceux effectués vers le 20 novembre. I] n'y a qu’une exception, c'est pour le semis du 4 novembre 1936 pour lequel le coefficient angulaire est égal à 0’127 alors que celui du 21 novembre n’est égal qu’à 0,122. Il est logique d'admettre la date du 20 novembre comme plus favorable aux semailles. Ce résultat est confirmé par les observations du 1aboratoire de génétique qui cultivait cette lignée, au moment où il me l'a confiée déjà depuis près de dix ans.

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