ET LES VARIATIONS DE QUELQUES ELEMENTS PHYSIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES
Exemple d’un Blé tendre et d’un Blé dur Principe de l’ Analyse des courbes de croissance en fonction des éléments météorologiques. — Les courbes de croissance étant tra-
cées, je repère sur chacune d'elles les périodes végétatives : levée, épiaison, floraison et maturation, Je recherche sur l'ensemble des courbes de croissance pour chacune de ces périodes la portion de courbe présentant le plus grand coefficient angulaire. En me reportant aux observations météorologiques enregistrées à la station, ainsi qu'aux différentes mesures effectuées, je déduis la valeur des éléments associés du milieu physique qui ont assuré le meilleur développement de la plante.
Grâce à cette méthode je peux donc envisager les éléments physiques associés.
Pour déterminer avec plus de faciliter la valeur des éléments physiques (moyenne ou somme) correspondant au meilleur développement du Pusa x Florence 381/b, j'ai ramené les observations météorologiques et autres mesures aux intervalles suivants :
DEMAIN: lice TT ‘ LEVÉE a ri TNT A as 10 J- Fin de l'état gazonnant .... " J- | 120 j.
ÉPasON RS RTE + J- ÉIOPASONN SET EE ANR des I] J- | ÉHatolalteux 2 PR RER ES 30 3. \
30 à 25; \ 66 j Maturation
sr se Nestes nee Mods ee à
191 à 186 jours.
Ces nombres sont donnés pour un semis normal; ils résultent non seulement de mes observations, mais aussi d'observations antérieures.
Si je prends, comme je l'ai précédemment établi le 20 novembre pour époque normale des semailles, j'obtiens les dates suivantes pour les diverses périodes végétatives :
20 Novembre, 2000 Semailles.
30 Novembre \ TA
1#Décembre.:s)+ 4 ep PO:
l'huFévrer, 42 ce Fin de l'état gazonnant.
20 Narsus, és ieRe Epiaison.
Avril rs etc Floraison. CR ANIRT TR CRE Etat laiteux.
RDA RIUNVIAL, FAC PENSE Maturation.
(1) L'espace de 11 jours est effectivement celui qui sépare toujours l’épiaison de la floraison.
— on
Cette division du temps ne perd pas de vue le mois, une des unités de temps de la météorologie. Aussi, il sera facile dans la Deuxième Partie de rapprocher les résultats relatifs au milieu physique, obtenus grâce aux courbes de croissance, des indications climatiques données par des observations météorologiques pour les régions étudiées.
Il est à remarquer que la durée moyenne des interval'es que je viens d'indiquer n’est pas toujours celle que j'ai enregistrée au cours de mes expériences. Cela tient à ce que les conditions de milieu physique n’ont pas été toujours normales. En particulier pour les semis tardifs la durée du cycle: semailles-moisson est inférieur à 185 jours. Le semis tardif rattrape le semis normal et la maturation a lieu presque en même temps. Les valeurs des éléments physiques ont été établies, qu'il s'agisse de moyennes ou de sommes, pour les périodes végétatives effectives.
L’Annexe Î contient les tableaux des données, et les courbes de croissance correspondant au trente semis mentionnés dans le présent travail.
C'est de la comparaison entre elles des courbes de croissance des trente semis que j ai déduit la valeur des éléments physiques assurant, pour la culture du Pusa x Florence 381/b (des semailles à la moisson), le meilleur développement de cette lignée de Blé.
Je désignerai les semis d’une même année par les deux derniers chiffres du millésime de l’année du début des semailles. Une lettre indiquera l’ordre du semis.
Exemple: Pour l’année agricole 1933-34 tous les semis auront le nombre 33.
Le semis du 13 novembre 1933 sera désigné par 33/A Le semis du 22 novembre 1933 sera désigné par 33/B Le semis du 4 décembre 1933 sera désigné par 33/C Le semis du 12 décembre 1933 sera désigné par 33/D Le semis du 12 janvier 1933 sera désigné par 33/E
Lorsque la date des semailles d’un semis ne correspondra pas à la date moyenne des autres semis la lettre portera en plus un accent.
Exemples empruntés aux années agricoles 1931-1932 et 1932-1933. Le semis du 18 décembre 1931 sera désigné par 31/D Le semis du 30 décembre 1931 sera désigné par 31/F’ Le semis du 11 janvier 1922 sera désigné par 31/E Le semis du 3 novembre 1932 sera désigné par 32/A’ Le semis du 14 novembre 1932 sera désigné par 32/A
Il existe au cours du développement du blé des stades végétatits, ou reproductifs, très nets tels que le tallage, l'épiaison, la floraison.
La période qui s'étend du tallage à l’épiaison est particulièrement longue: il est commode de la diviser en deux parties. La plante étant susceptible d'émettre des talles jusqu'à l'épiaison (PERCIVAL, The Wheat plant. À monograph p. 82), on ne saurait envisager la fin du tallage comme un état intermédiaire entre le début du tallage et l’épiaison. Cependant au cours de cette période l'aspect de la plante change. Le blé qui, au début du tallage, semble n'être constitué que par des feuilles tant la tige est courte, n’a plus du tout le même aspect au moment de l'épiaison. La transformation très lente au début s'accélère à un moment donné; les nœuds qui 'étaient restés très voisins les uns des autres s’éloignent, les entre-nœuds s’allongent à une vitesse accélérée, on assiste à un véritable départ de la végétation, c’est ce que j'appellerai la fin de l’état gazonnant. Cet allongement des entre-nœuds est signalé par
Bœur (Le Blé en Tunisie,. 1932, Tunis, p. 180).
« Quand la formation des pousses latérales cesse, à la fin de la période de tallage, les plantes possèdent déjà cinq à six feuilles dont le limbe seul est visible; les gaines restent emboîtées les unes dans les autres, alors que les tiges n’ont encore, avec l’ébauche d'épi qui les termine, qu'un demi-centimètre environ de longueur.
Cet état gazonnant du Blé dure tant que la température ne s’est pas relevée jusqu'à un certain degré... Lorsque cette condition de température est réalisée, le Blé commence à monter ».
La fin de l’état gazonnant correspond au point d'inflexion de la courbe de croissance, surtout visible pour les semis tardifs.
Je diviserai donc le temps qui sépare les semailles de la moisson en quatre périodes :
|" période — des semailles à la fin de l'état gazonnant, 2° période — de la fin de l'état gazonnant à l’épiaison, 3° période — de l’épiaison à la floraison,
4 période — de la floraison à la moisson (maturation).
La deuxième période et la quatrième seront elles-mêmes divisées en deux.
CE pt Q La deuxième période comporte un premier laps de temps cons-
OR
titué par le premier mois de cette période et un deuxième laps de temps qui va jusqu'à l’épiaison.
La quatrième période comporte elle aussi un premier mois de cette période et un deuxième, laps de temps qui va jusqu’à la maturation (moisson). |
Je repère sur les courbes de croissance ces quatre périodes avec leurs sous-divisions. J'obtiens de cette façon six portions de courbe pour chacun des trente semis. Je recherche par superposition des trente portions de courbes se rapportant à la même période, celle au plus grand coefficient angulaire; c’est celle qui, en principe, correspondra aux conditions de milieu physique assurant le meilleur développement du Pusa x Florence 381/b pour la j'ériode envisagée. Je lis alors les valeurs des éléments physiques au tableau qui les contient.
Il arrive parfois que les valeur ainsi déterminées pour une période ne représentent pas effectivement, la valeur cherchée. Il semble y avoir désaccord, les mêmes valeurs enregistrées pour les différents éléments ne correspondant pas à des portions de courbe de même coefficient angulaire, Ce désaccord n’est qu’apparent, il est dû aux conditions antérieures de milieu physique. L'interprétation des valeurs enregistrées sera donc souvent nécessaire en raison de ces conditions. |
Il existe évidemment une difficulté dans l'interprétation des valeurs des éléments physiques du fait que le critérium est d'ordre biologique. Mais cette difficulté peut être aplanie.
Lorsque la valeur trouvée ne correspond pas à la valeur la plus probable, pour déterminer celle-ci j'opère de la manière suivante: je recherche deux portions de courbes de même coefficient angulaire mais pour lesquelles les valeurs de l'élément envisagé sont nettement différentes (si possible, l'une supérieure, l’autre inférieure à la valeur trouvée en utilisant la portion de courbe à plus grand coefficient angulaire) les valeurs des autres éléments étant sensiblement les mêmes. Je prends comme valeur la plus probable la moyenne des deux valeurs de l’élément physique considéré. J’admets évidemment, fait établi et vérifié par les travaux antérieurs sur la croissance des végétaux, que la croissance es: une fonction continue du facteur étudié et qu'elle passe par un maximum pour une valeur déterminée de ce facteur.
Lorsque les valeurs sont ainsi établies par usage des moyennes, je fais appel, chaque fois que je le peux, à d’autres méthodes de
calcul afin de vérifier l'exactitude du résultat obtenu. Je ne suis pas ainsi obligé d'attendre de nouvelles séries d'expériences
Les anomalies apparentes que j'ai constatées à propos de la valeur des éléments physiques m'ont permi de retrouver des périodes «sensibles » fait déjà signalé par BLARINGHEM (1) à propos des agents chimiques (les engrais).
Je vais donc appliquer tous les principes précédemment énoncés à la détermination des valeurs des éléments du milieu physique :
1° correspondant au développement optimum du Pusa x Florence 381/b.
2° provoquant des perturbations dans le métabolisme du Pusa x Florence 381 /b.
La pluie est, en Tunisie, le principal élément limitant du rendement d’une variété donnée de blé. Le siroco, lui aussi, limite le rendement en provoquant l’'échaudage des grains. Mais alors que la pluie agit depuis les semailles jusqu'à la maturation, le siroco lui, n'intervient qu’à la fin de la période reproductive, après que le grain a dépassé l'état laiteux.
Aussi dans cette partie de l’exposé de mon travail trouvera-t-on, par le jeu même des circonstances, une détermination de la valeur des précipitations un peu plus poussée qu'elle ne l’est pour les autres éléments physiques.
1° ANALYSE DES COURBES DE CROISSANCE D'UN BLE TENDRE EN FONCTION DES ELEMENTS PHYSIQUES
À. — Détermination des valeurs des éléments physiques correspondant au développement optimun du Blé 381/b
PREMIÈRE PÉRIODE. — DES SEMAILLES À LA FIN DE L'ÉTAT GAZONNANT. — Les portions de courbes de croissance correspondant à cette période et présentant le plus grand coefficient angulaire appartiennent aux trois premiers semis de chaque année, puis viennent les courbes des autres semis. Ce sont dans l'ordre de coefficient angulaire dé-
croissant les portions relatives à 31/B — 31/C — 33/B — 35/B __ 35/A
(1) BLaRINGHEM, Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, t. 177 1923, p. 407.
L. BraRiNGHEM et R. Trannoy, Comptes rendus de l’Académie d’ À. griculture, 1924, p. 919 - 1926, p! 40 - 1928, p. 41 - 1930, p. 1074.
ro
— 35/C — 34/A — 36/A — 31/A —33/C — 32/A — 36/B — 33/A — 32/B — 36/C et 35/A.
Les portions de 31/B et 31/C ont presque le même coefficient angulaire; puis viennent 33/B —— 35/B — 35/A, ces deux dernières ayant également presque le même coefficient angulaire.
Le tableau des relevés des valeurs des éléments physique donne pour ces 5 semis :
31/B 31/0 LL LEONE ANR RRQ ent PES | Température Température | Pluie Pluie air sol air sol 28.0 14°9 1494 49.6 23.8 87.3 13°0 1198 293.3 10°7 1001 206.0 906 903 9.5 909 ef 9.5 909 TS 354.6 352.4 33/B 35/B le CR.
70.1 52.1 9.2 1495 16°0 20.2 15°2 1399 0.0 1492 1027 3.9 1395 1198 47.4 IMMO 1293 200.8 928 8°4 44.9 Èe) 12°0 257.0 220.9 35/A° ————© ——— 66.5 0.2 16°6 TS 48.1 1503 1607 47.4 Et] 12°6 44.9 1172 13252 | 207.1
En appliquant le principe qu'au plus grand coefficient angulaire de la courbe de croissance correspondent les valeurs des éléments physiques assurant le développement optimum il faut prendre pour
cette période les valeurs suivantes correspondant à 31/B.
1 ie À Température | PERIODE Pluie air sol ggmm | Mois avant les semailles nee A 23.8 14°9 1404 Des semailles à la levée .......... 293.3 10°7 1001 | Mois qui suivent la levée ........ 9.5 9°9 go7 | TOTAL ER Se 354.6
Si ces nombres étaient les bons, il faudrait admettre la nécessité d'une pluie d'orage de 108,4", En effet le 13 décembre 1931, il a été enregistré 108,4" en moins de 24 heures. Or une bonne partie de cette eau a été perdue pour la plante soit en raison du ruissellement, soit en raison de l'infiltration. Dans l’état des mesures effectuées au Service Botanique et Agronomique en 1931, il m'est impossible de déterminer la valeur de la quantité d’eau restée dans
le sol, à la disposition de la plante après cette pluie.
Cependant je suis arrivé à déterminer une valeur plus probable des précipitations.
Si pour la période ici envisagée, c'est-à-dire du mois précédent les semailles jusqu'à la fin de l'état gazonnant (un peu plus de trois mois) la pluviométrie nécessaire au bon développement de la plante était de l'ordre de 350"", comme cela semble résuiter des portions relatives aux courbes 31/B e: 31/C, le coefficient angulaire de 35/A et de 34/A devrait être sensiblement le même que celui de 31/B et de 31/C. En effet voici les valeurs de la pluie et de la température correspondant à cette période pour 36/A et 34/A.
air sol air sol