CONCLUSION
Le climogramme annuel comparé au phytoclimogramme permettra de se rendre compte des conditions de milieu physique qui ont influencé le développement de la plante. Cette comparaison conduit tout naturellement à la prévision de la récolte, et cela avec d'autant plus de certitude que le phytoclimogramme sera mieux connu. Le sujet de prévision des récoltes n’a pas été abordé dans le présent exposé. C’est un calcul statistique déjà traité par d’autres chercheurs, mais sous une autre forme.
Lorsqu'il s’agira de l'introduction d'une céréale ou de variétés nouvelles dans une région, il faudra faire entrer en ligne de compte le climogramme moyen établi d’après les valeurs publiées par le Service météorologique de la région, données portant sur une période aussi longue que possible. Du rapprochement du phytoclimogramme et du climogramme moyen correspondant, il sera possible de déduire le rendement probable de cette nouvelle culture dans la région, compte tenu des seuls éléments physiques. Mais il faudra avoir soin d'envisager, à propos des écarts à la moyenne leur fréquence.
En résumé, l'exposé rapide de cette partie montre l'importance économique de la physique du globe lorsqu'elle met à la disposi-
tion de l'agriculture ses moyens de mesure, ses statistiques météorologiques et ses méthodes d'investigation. Elle permet de déterminer soit les possibilités agricoles d'une région à mettre en valeur, soit les difficultés qu'il y aura lieu de surmonter, les techniques agricoles particulières qu'il faudra adopter. .
La lunisie présente une grande diversité de climats et toutes les régions ne sont pas également aptes à la culture du Blé Pusa x F1orence en particulier et du blé en général. À chaque région, sa culture suivant ses possibilités, telle doit être la ligne de conduite de l'exploitation rationnelle du sol de la Régence.
Du point de vue agricole, et pour les végétaux annuels, les moyens utilisés et la méthode d'investigation qui ont été exposés conduisænt à des indications précises concernant :
1° L'introduction d'une variété au rendement particulièrement intéressant dont la culture est essentielle dans un pays.
2° ‘La plante nouv£ile qui peut être introduite dans une région pour y remplacer une culture s’avérant déficitaire par suite de conditions, soit locales : invasion de crypiogames ou d'insectes; soit générales : marché mondial mieux approvisionné par des pays particulièrement bien organisés pour une grosse production.
3° Enfin, point capital, une détermination, une étude de ce genre peut être ajustée à toute plante annuelle et fournir, dans un délai très court, des sécurités dans une adaptation de certaines régions à des crises économiques.
Du point de vue de la physique du globe on peut déterminer exactement:
1° Les points du territoire envisagés qui seront particulièrement aptes à produire une variété avec l'espoir fondé d'un rendement maximum.
2° Les besoins physiques d’une plante qui ne seraient naturellement pas satisfaits et comment y porter remède artificiellement.
3° Les accidents qui seraient à redouter et comment y pallier, au moins en partie, si leur fréquence n'interdit pas la mise en exploitation de la région envisagée.
La partie agronomique que je viens d'exposer revêt donc deux aspects; il est possible:
étant donnée une CULTURE qui s'avère nécessaire, de connaître les régions où elle pourra être entreprise avec les plus grandes chances de succès ; > | étant donnés une REGION, de connaître les variétés de plantes nouvelles qui pourront remplacer une culture devenue impossible.