Outaouacs, Ottawas, ou Algonquins supéricurs
travaillent en ces Missions pour la consolation de ceux qui les connaissent.
Extrait d'une lettre du P. Claude Allouëz, écrite de Saint-François-Xavier, le 26 mai 1676.
Depuis le printemps passé, je n’ai pu faire que des Missions volantes pour ne pas abandonner les unes en m'atlachant trop aux autres. Dans le peu de temps que j'ai séjourné en celle des Mascoutins ! et des Miamis, Dieu m’a donné la consolation de trouver dans les cabanes deux enfants qui se mouraient; l’un était Miami et l’autre Mascoutin, je me hâtai de les baptiser avant leur mort, qui suivit de près. J'en avais baptisé auparavant trois autres qui s’étaient déjà envolés au ciel. La veille de mon départ, ma première hôtesse chez les Mascoutins reçut le même sacrement avec des sentiments de dévotion, et ne survécut que peu de temps à la grâce qui la faisait entrer dans l'Eglise. En quittant un de nos fervents chrétiens, nommé Joseph, capitaine d’une nation des Miamis, je lui donnai un petit crucifix et lui expliquai comme il s’en devait servir. Il le prit, le mit sur son cœur, et le serrant étroitement (car il lil n’est pas selon leurs coutumes de le baiser), il l’apos- | tropha en des termes et avec un visage qui ne respi-
1, Autrement Machkouten, nation algonquine.
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raient que tendresse et dévotion. Il le conserve bien chèremernt et le tient avec respect au nombre des choses les plus précieuses qu’il possède. | Je ne sais si j'ai marqué l’année passée que, recommandant à quelques filles chrétiennes d’être bien vertueuses, conformément à la profession qu’elles faisaient du Christianisme, et qui demandait d’elles beaucoup plus de retenue et de modestie que de celles qui n'étaient pas baptisées, elles me montrèrent dessous leurs couvertures les griffes d’un aïgle qu’elles tenaient pendues à leurs côtés, « comme un soldat porte son épée pour s’en défendre, me dirent-elles, contre l'insolence des Sauvages encore païens. » Pour la Mission des Outagamis, où nous planâmes l’an passé une croix au milieu de leur bourg, nous devons bien espérer de leur conversion, puisque Notre-Seigneur leur fait part de sa croix et qu’il les afflige en beaucoup de manières. Pendant l'hiver, ils furent défaits par les Nadouessis; l'été suivant leurs blés d'Inde gelèrent, et ils en recueillirent peu, et ce peu s’est pourri l'automne dans les lieux de réserve où ils l'avaient caché. L'hiver passé, plusieurs sont morts de maladie; les Illinois ont fait contre eux des actes d’hostilité, et en ont enlevé plusieurs en captivité. Pendant les visites que j'ai faites chez eux, jen ai baptisé dix-sept, entre lesquels il y avait deux adulles qui sont morts après le baptème. Des anciens chrétiens qui, dans cette Mission étaient au %
nombre de cent quarante-quatre, il en est mort vingtsepi, et nous avons sujet de croire, vu leur foi et leur piété, que Dieu leur aura fait miséricorde.
Les Winipégoueks ! et les Sakis qui se sont arrètés ici auprès de notre Église, pendant tout le Carême, venaient assidûment écouter nos instructions et prier Dieu; nous y avons baptisé sept de leurs enfants.
Extrait d'une lettre du P. Louis André, écrite de la baie des Puants, le 30 avril 1676.
La baie des Puants, qui est le lieu de ma Mission,
comprend six nations répandues dans la profondeur et dans les deux côtés de la baie ; elles sont éloignées les unes des autres plus ou moins, les unes de dix lieues, les autres de quinze ou plus, ce qui m'oblige d’être toujours en campagne, pendant l'été en canot, et pendant l'hiver sur les glaces, pour les aller instruire les unes après les autres. Je dirige quatre à cinq cents chrétiens dans cette baie; depuis ma dernière lettre du mois d'avril de l’année passée, j'ai augmenté cette église par le baptème de quarante-cinq personnes. Ce n’a pas été sans beaucoup souffrir de la part de ceux d’entre ces barbares qui ne sont pas